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cielle, c'est seulement de cette dernière que nous allons nous entretenir ici.
Les vapeurs sont de deux genres : tantôt elles sont produites spontanément par les eaux abandonnées à leur température native, ce sont les vapeurs spontanées , auxquelles on donne encore le nom de huée; tantôt elles sont le résultat de TébuU lition de Teau et sous une pression quelconque, ce sont les vapeurs forcées. M. Jules François ^ admet encore comme variétés :
1^ Les vapeurs obtenues par Faction sur un bassin ou sur un hypocauste d'eau minérale, de tubes plongeurs ou barboteurs injectant de la vapeur forcée : ce sont les vapeurs par barbotage;
2"^ Celles que Ton obtient en recevant Teau minérale douce d'une chute naturelle ou artificielle par l'appareil de ventilation connu sous le nom de trompe : telles sont les vapeurs spontanées exaltées;
3^ Celles qui se produisent si l'on maintient artificiellement le bassin d'eau minérale à une température constante et suffisante pour déterminer une évaporation active : ainsi seraient les chaudières des salines; ce sont les vapeurs d'évaporation active;
4*" Celles que l'on obtient en faisant tomber Teau minérale en petite quantité sur une plaque, sur une lentille métallique ou sur une pierre fortement chauffée x telles sont les vapeurs précipitées.
On conçoit d'après cela que les vapeurs spontanées doivent différer très-notablement des vapeurs forcées et des autres.
§ I". — Vapeurs spontanées.
Dans celles-ci on retrouve principalement les gaz dissous, entraînés, comme l'azote et l'oxygène, ou bien résultant de la décomposition de certains sels peu stables, l'acide carbonique et l'acide sulfhydrique. Mais l'analyse décèle aussi certains principes minéraux sur la nature intime desquels on est peu fixé encore, et même des produits organiques.
1. J. François. Annàl$$ dé la Société d^ hydrologie tnédicaU de Paiit. 1854, t. I, p. 124.
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Les eaux bicarbonatées donnent lieu à des vapeurs dans lesquelles on constate la présence d'une notable quantité d'acide carbonique, et dans les eaux sulfurées, dé Tacide sulfhydrique. Le premier de ces gaz se retrouve tel quel dans les vapeurs; aussi rougissent-elles sensiblement le papier de tournesol. Mais le second, par suite de la décomposition qu'il subit au coïitact de l'air, donne du soufre qui se précipite, et de Tacide sulfurique. Les galeries du bain de César, à Cauterets, sont tapissées de soufre dû à la décomposition de l'acide sulfhydrique par l'action des corps poreux des parois mêmes de cette enceinte (Réveil). A Aix, en Savoie, les serrures, les boutons de cuivre, les barres de fer, sont profondément altérés par l'acide suifurique fourni aux dépens de l'acide sulfhydrique. Il en est de même des rideaux de fenêtre, comme brûlés par l'action du même acide (M. Dumas).
Les vapeurs spontanées, avons-nous dit, contiennent des sels fixes. A cet égard il est important de tenir compte du lieu où elles se sont produites. Loin des griffons ou des réservoirs des eaux minérales thermales, les vapeurs peuvent très- bien ne renfermer que du gaz sans traces, du moins appréciables à lanalyse^ de matières salines. Mais si la vapeur s'est condensée dans un espace confiné, et à une petite distance du point d'émergence de Teau, elle contient des matières minérales fixes et organiques plutôt entraînées que volatihsées. La vapeur condensée dans la salle du' puits de César, à Néris, qui se trouve précisément dans cette circonstance, nous a indiqué les résultats suivants ^.
C'est un liquide parfaitement incolore, d'une saveur fade, qui colore en rouge, mais très-faiblement, le papier de tournesol bleu. Le nitrate acide d'argent y produit un louche à peine visible, et le chlorure de baryum y est sans action. L'eau de chaux le blanchit d'une manière sensible. Évaporé avec précaution jusqu'à siccité dans un vase de platine, il a donné un résidu brunâtre, très-minime, que nous avons reconnu être constitué par de la matière organique et des traces de chlorure de sodium. La vapeur condensée mise en ébuUition avec de la
1. Lefort. Annales de la société d^ hydrologie médicale de Paris, 1857, t. IV p. 347.
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potasse caustique a fourni à la fin une matière brunâtre qui ne laissait aucun doute sur la présence d'une matière organique azotée. Cette eau, comme du reste presque toutes celles distillées avec des matières organiques, donne lieu, lorsqu'on la conserve pendant plusieurs mois dans des vases fermés, à des substances blanches de nature confervoïde. On remarque alors que Teau qui, peu de temps après la condensation, rougissait faiblement le papier bleu de tournesol par Tacide carbonique, devient par la suite neutre au papier réactif. Le gaz carbonique, en se décomposant, a sans nul doute servi à la première organisation de la matière organique.
Enfin quelques vapeurs contiennent des produits de décom position des matières organiques enfermées dans la terre. D'après le docteur Auphan, les eaux sulfurées d'Euzet (Gard) émettent des vapeurs bitumineuses. M. Beaude a vu aux bains de Borcette (Prusse), dans un caveau en maçonnerie, des filaments, espèce d*efflorescence qu'il attribue aux matières salines déposées par les vapeurs.
La matière organique des eaux minérales accompagne souvent, pour ne pas dire toujours, les vapeurs spontanées et forcées, et elle porte avec elle les principes d*une organisation ultérieure : sur les murs, sur les fenêtres, enfin sur tous les endroits exposés aux rayons lumineux et solaires et où la matière organique a pu se condenser, on voit, avec le temps, se développer des conferves de l'aspect le plus varié et dont l'origine ne peut être attribuée qu*à la vapeur elle-même.
§ II. — Vapeurs forcées.
Si les vapeurs spontanées peuvent contenir non-seulement des gaz, mais encore des matières fixes et organiques, à plus forte raison les vapeurs forcées en seront-elles chargées, et cela en quantité plus considérable.
G*est surtout dans les vapeurs forcées que les matières sont entraînées mécaniquement, et cela se conçoit, puisque Teau minérale, soumise à une ébullition dans des chaudières closes, subit d*abord une pression plus ou moins forte, et une température élevée. La vapeur qui se rend de ces appareils dans les étuves et les salles d*aspiration et d'inhalation, entraîne avec
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elle sinon la totalité, du moins plusieurs des principes fixes combinés d'une manière sans doute très difTérente de ceux dissous primitivement dans l'eau. MM. 0. Henry et Lhéritier *, qui ont analysé l'eau de condensation des étuves de Plombières, ont trouvé qu'elle était limpide, inodore et sans saveur; le papier rouge de tournesol était ramené au bleu lentement, et plus promptement avec celle qui avait été préalablement concentrée.
Avec le nitrate d'argent, cette eau se troublait^ et le précipité était soluble dans Tacide nitrique;
Avec le tannin : flocons légers;
Avec le sublimé corrosif: flocons plus légers encore;
Avec le chlorure d'or ; réduction très-lente ;
Avec le chlorure de baryum : rien.
Concentrée aux deux tiers, la vapeur condensée de Plombières a donné des filaments lanugineux qui, examinés au microscope, rappelaient l'organisation des conferves (ces filaments brûlés ont abandonné un dépôt de silice). Plus concentrée encore, cette eau. placée sur une lame de cuivre et sur le champ du microscope a laissé apercevoir, après son évaporalion complète à l'air, des cristaux en forme de feuilles de fougère que MM. Henry et Lhéritier ont considéré comme un sel ammoniacal.
Le produit de Tévaporation jusqu'à siccité a donné un résidu blanc, salin, très-alcaUn, bleuissant fortement le papier bleu de tournesol. Ce résidu a dégagé avec Tacide sulfurique de Tacide carbonique, et par la potasse caustique, de lammoniaque. Une solution de nitrate acide d'argent, exposée dans Tatmosphère d'une étuve à Plombières a donné des traces non douteuses de chlorure d'argent.
M. Nivet a étudié avec beaucoup de soin les vapeurs émises par l'eau minérale et thermale de Royat. Dans cette station, la salle d'aspiration était alimentée par de la vapeur d'eau minérale dégagée d'une chaudière avec une pression de deux où trois atmosphères. A son entrée dans .la salle, la vapeur marquait 75 à 80^ C. Pour la condenser, M. Nivet s'est servi : 1» d un tube conducteur se dirigeant de bas en haut; 2* d'un
1. Annalti de la Société d'hydrologie, Paris, 1854. t. T, p. 129.