‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 87 sur 299 · VAPEUR D'EAU MINÉRALE · texte numérisé non relu

VAPEUR D'EAU MINÉRALE

tambour en métal destiné à retenir Teau minérale entraînée mécaniquemeint ; S^d'un tube en cuivre se détachant des parois latérales du tambour et se rendant dans un ballon de verre en< touré d'eau froide. M. Nivet a pu de la sorte recueillir deux litres d*eau provenant de 3,396 litres environ de vapeur d*eau minérale et d'air atmosphérique. Ce volume d*eau, évaporé à une douce chaleur jusqu'à siccité, n*a laissé qu*un résidu rougeâtre pesant 5 centigrammes, et dans lequel il a pu reconnaître la présence de l'acide carbonique combiné, de la soudej de Tacide sulfurique, du fer et de la matière organique.

A Royat, comme dans toutes les stations thermales, les embrasures des fenêtres de la salle d'aspiration sont tapissées de conferves déposées par la vapeur hydro-minérale à Tétat embryonnaire et qui se sont développées ensuite.

Thenard, de son côté, analysant les vapeurs forcées des eaux thermales du Mont Dore a reconnu Texistence de matières salines et de Tarsenic, que l'on constate dans Teau elle-même.. Cet illustre savant attribue les matières fixes dans les vapeurs à l'ébuUition tumultueuse et prolongée que Ton fait subir à l'eau minérale.

Un grand nombre de faits viennent confirmer l'opinion de Thenard : ainsi, pour n'en citer que quelques-uns, nous dirons que dans toutes les salines où l'on évapore, à la température de rébuUition, les dissolutions de sel gemme, les murailles, les tuyaux d'appel, les embrasures des portes, sont tapissés d'une couche mince de chlorure de sodium. A Vichy, où Ton concentre sur une grande échelle les eaux des différentes sources, afin d'en retirer les sels fixes, comme dans les sahnes de la Meuithe, l'eau de condensation est toujours notablement chargée de principes minéraux , entre autres de chlorure de sodium; les murs, les planchers et tous les objets qui avoisinent les chaudières d'évaporation sont imprégnés de sels entraînés pendant l'ébuUition. L'eau de Sahes (Basses-Pyrénées) qui ne renferme pas moins de 230 grammes de principes minéraux par titre en abandonne plus de 20 grammes à l'air libre pendant la production de sa vapeur.

Les vapeurs sont si bien reconnues contenir des principes minéraux qu'en remontant à une époque déjà très-éloignée de nous, on faisait respirer les émanations volcaniques du Vésuve ;

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les vapeurs aqueuses des grottes et des puits d'eau minérale; à Kissingen, les malades aspirent les gaz et la vapeur qui se dégagent des chaudières en ébullition.

Enfin, d'après quelques chimistes, Tiode à Tétat de combinaison ferait toujours partie des vapeurs hydro* minérales.

On le voit parce qui précède, la composition des vapeurs forcées est extrêmement variable, et sans doute lorsqu'elles seront mieux connues, parviendra-t-on à expliquer les heureux résultats qu'on en retire dans la thérapeutique hydro-rainérale. Mais le praticien ne doit jamais ignorer, qu^à moins de circonstances exceptionnelles, les principes fixes y sont toujours en proportions extrêmement minimes, par rapport aux gaz ordinaires, et enfin à la vapeur aqueuse elle-même; il est néanmoins digne de remarque que toujours on y découvre la matière organique des sources, sur les propriétés de laquelle on ne s'est peut-être pas assez appesanti. Lorsqu^on voit, par exemple, des eaux thermales à peine minéralisées^ mais chargées d'une proportion notable de matière organique, avoir cependant soit en bains, soit en vapeur, une action aussi marquée que celles de Néris et de Bourbon-rÂrchambault, on est en droit de se demander si la matière organique dissoute et vaporisée, ne joue pas un rôle important. C'est là une question que nous soumettons à l'attention des thérapeutistes.

Si, dans les vapeurs' hydro -minérales, les sels fixes ne sont qu'en proportion infinitésimale, il en est autrement des gaz primitivement à l'état de liberté ou provenant de la décomposition de certains sels, comme les bicarbonates et les sulfures alcalins et terreux. Toujours ces vapeurs contiennent des quantités notables d'acide carbonique et d* acide sulfhydrique, dont la médecine tire habilement parti pour les affections des voies respiratoires. Tels sont les bains de gaz carbonique, dont l'usage mériterait peut-être de se généraliser, et les inhalations de vapeurs sulfurées, comme à Amélie-les-Bains, au Vemet, à Allevard, et à Bagnères de Luchon,

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