ACTION DU FROID SUR LES EAUX MINÉRALES
S !''<'• -^ RefiroldlssMieiit Aes eaux ttocmiAlaft.
En général pour faire refroidir les eaux thermales qui sont à une température très-élevée, on les expose pendant quelque temps à Tair dans de vastes réservoirs ou bassins dits de réfrigération. On sait que certaines d'entre elles donnent naissance à des conferves.
£n raison môme de la nature de leurs principes constituants, de leur température normale et surtout de la masse que Ton accumule ainsi, ces eaux s'altèrent généralement peu. Une étude attentive des eaux de Néris ^ nous a montré, par exemple, que Teau d'un bain, qui avait été préalablement exposée dans^ les bassins de réfrigération, avait une composition à peu près identique à celle de Teau prise à sa source. Mais, avons-nous dit, ce résultat n*a pas lieu de surprendre lorsqu'on sait que l'eau minérale et thermale de Néris est très-peu minéralisée, que son refroidissement n'opère la précipitation que de quel* ques principes peu volumineux comparés à la masse énorme du liquide, et enfin que les bicarbonates terreux, qui sont les sels les plus facilement altérables, y entrent seulement pour quelques centigrammes par litre. On doit toutefois faire une exception pour l'iode, que, malgré un soin tout particulier, nous n'avons pu retrouver dans l'eau d'un bain, alors que Teau prise à son point d'émergence en renfermait des traces non douteuses. Les conferves sont, cela est certain, les seules matières qui ont pu soustraire ce métalloïde à l'eau, delà môme manière que les plantes qui végètent dans le fond de la mer s'approprient l'iode que leur apportent les eaux des rivières et des fleuves.
Le refroidissement des eaux thermales, pour l'usage des
I. Etudes chimiques sur les eaux minérales e'thermales de Néris, (Annales de la Société d^hydrologie médicale de Paris, t. IV, 1857, p. 366).
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bains, ne se faisant dans les bassins exposés à Tair libre qu'avec une extrême lenteur, on peut appliquer avec avantage le système mis autrefois en pratique à Néris. Dans cette station, pour refroidir Teau qui marque dans le puits principal 52o, on avait construit, le long des bassins de réfrigération, un appareil consistant en deux tuyaux très-longs, contenus l'un dans Tautre et dans chacun desquels coulaient en sens contraire, savoir : de l'eau commune dans l'extérieur, e/t de Teau: mii^rale dans l'intérieur. De Falvart-Montluc, sous l'administration duquel ce mode de réfrigération a été établi, a vu que de l'eau thermale entrée dans les tuyaux à 52^ en était sortie à 38^ . Ce système pré* sentait en outre l'avantage de permettre à l'eau de se refroidir sans le contact de l'air, et de plus, il lui laissait sans altération au cune la matière organique telle qu'elle était entraînée par l'eau. Mais c'est surtout pour les eaux sulfurées qu'on a besoin de laisser refroidir avant de les distribuer dans les baignoires, qu il est important d'éviter Taction de l'air ambiant. M. Filhol >, de concert avec MM. François et Chambert. conseille de faire communiquer la partie supérieure du .réservoir avec un gazomètre. Lorsque le réservoir est entièrement rempli d'air et clos de toutes parts, on y fait arriver l'eau minérale par la partie inférieure. De cette manière, l'air se trouve repoussé sous le gazomètre par l'élévation de niveau du liquide dans le réservoir ; il rentre dans ce dernier quand le niveau de l'eau s'abaisse, il est vrai, mais il n'y a que la partie supérieure du liquide qui soit en contact avec Tair ; or, dès que celui-ci s'est dépouillé de son oxygène, il ne reste plus dans le gazomètre que de l'azote, dont l'action sur le principe sulfureux est nulle. M. Filhol rappelle que ce mode de conservation, appliqué aux eaux de Labassère, a donné le résultat le plus satisfaisant.
§ IL — Conir^latton des eaux minérales.
Il y a un certain nombre d'années, on a imaginé de concentrer, par la congélation partielle, les eaux minérales jusqu'à un certain degré de leur volume, afin de diminuer les frais de transport, ou de faire servir les résidus de cette congélation à des préparations médicinales particulières.
l. Fil bol, Eauo! minéraUt des Pyrénées j p. SH.
EXPLOITATION DES KâUX MINKRALbIS i09
M» 0. Henry pèr^, qui &*est plus particuliôreiinent livré à ce genre d'expérieno6y a constaté qu'^u moyen de la congélation prodoHe par Fappareil Carré, les eaux minérales chlorurées, sul* fatées, sulfurées, bioarbonatées et f$rr(^pnettse8, pouvaientétre ramenées au i^, 1/10, 1/15 et mémo au 1/20 de leur volume sans subir d'altération appréciable; aiinsi, il ne se dégage au* cun gaz, et la tranparence de la glace, aussi bien que de l'eaumère, indique que les sels n'ont pas été modifiés dans leur constitution primitive. La glace retient seulement une très-petite quantité d*eau minérale emprisonnée dans les couches des gla* çons ; quant à l'eau^mère, ajoute M. 0. Henry, elle représente tonte la richesse minérale de l'eau avant la concentration.
Malgré les brevets qui ont été pris pour effectuer ce genre d'opération dans des conditions avantageuses, et malgré les tentatives nombreuses qui ont été Ceates pour introduire dans la thérapeutique ces agents médicamenteux, nous ne croyons pas ces essences d'eaux minérales susceptibles d'applications parce qu'elles n'ont jamais une composition bonatanté. D'autre part, M. 0. Henry semble admettre que la congélation de l'eau ne modifie pas l'arrangement moléculaire des sels qui y sont dissous, c'est là un avis que nous ne partageons pas. Il nous suffira de citer pour cela les expériences de M. Balard sur l'extraction du sulfate de soude de l'eau de la mer. Tout le monde sait aujourd'hui que lorsque l'eau de mer est exposée à une basse température elle fournit du sulfate de soude par la double décomposition du sulfate de magnésie et du chlorure de sodium qui existent normalement en grande quantité dans ce liquide.