‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 95 sur 299 · OR · texte numérisé non relu

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Iode absorbé h Paris.

Perte sur 100 parties,

Une analyse spéciale nous a également prouvé que l'eau d'Enghien, telle qu'on la livre à la médecine, à Paris^ contenait un tiers de moins d'acide suiïhydrique que celle essayée à la source.

Deux causes, ainsi que le fait très-bien remarquer M. Filhol, concourent à la décomposition des sulfures dans les eaux minérales ; d'abord, la présence de l'air interposé entre le liquide et le bouchon de la bouteille, puis la petite portion d'air dissous naturellement : c'est pourquoi il conseille pour se mettre autant que possible à l'abri de la première, de réduire le volume de l'air atmosphérique en remplissait, autant que faire se peut, les bouteilles. La seconde cause est plus difficile à éviter, mais il faut le dire , l'altération est moins sensible et s'arrête , complètement dès que la totalité de l'oxygène a été absorbée.

Il est évident que plus Tair a accès dans les vases qui les contiennent, plus l'altération est profonde. M. Filhol a exposé pendant vingt-quatre heures, dans des bouteilles en vidange et non bouchées, différentes eaux minérales sulfurées froides et chaudes, et il a vu que la perte éprouvée par chacune d'elles variait entre 69 et 85 pour 100. Trois de celles-ci, les moins sulfurées, n'ont plus accusé de sulfure ou d'acide sulfhydrique par le sulfhydromètre.

Les produits résultant de la décomposition partielle ou totale des sulfures alcalins dans les eaux conservées et transportées sont faciles à expliquer.

Dans le premier moment, il se forme un polysulfure alcalin, tandis que le métal s'oxyde ; puis, apparaît l'acide sulfhydrique et hypothétiquement de l'acide hyposulfureux et enfin de l'acide sulfureux (ces deux derniers à l'état de sels), si l'air est en notable quantité ; une fois ces nouvelles substances produites, les autres principes minéralisateurs ne tardent pas à subir quelques modifications, moins faciles à saisir, il est vrai, mais que le raisonnement suffît pour expliquer.

Quelles sont maintenant les précautions à prendre pour empêcher, autant que possible, que les eaux sulfurées destinées au transport ne s'altèrent pas? Et d'abord on avait supposé que les eaux les plus chaudes étaient celles qui se. conservaient le plus difficilement : M. Filhol a encore montré qu'il n'en était rien. Pour les eaux froides, comme pour celles qui sont tempe-

rées et thermales, leur conservation repose uniquement sur le soin que Ton a apporté pendant le puisement, la mise en bouteilles et enfin le bouchage, afin d'éviter le contact de Tair ambiant. Le moyen indiqué par M. Filhol consiste, pour les eaux chaudes, à les refroidir préalablement en les faisant circuler sans bulles d'air dans un serpentin plongeant dans de Teau froide, enfin à laisser le moins d'air possible emprisonné entre le tiquide et le bouchon.

Ck)mme le degré d'altération varie avec chaque source, M. Filhol insiste pour que celles qui sont succeptibles de se conserver le moins tongtemps et que Ton est obligé de laisser .en vidange pendant plusieurs heures, soient mises dans des bouteilles de petite dimension, ainsi que cela se pratique pour les eaux de Bonnes, qu'on livre aux malades en demi et en quart de litre.

On sait que les eaux minérales sulfurées appartenant aux terrains primitifs et de transition ne jouissent pas toutes et partout du privilège de se conserver, même lorsqu'on a apporté tout le soin possible à leur embouteillage.

M. Filhol, dont nous avons eu si souvent l'occasion d'invoquer l'autorité, pense que dans les eaux des Pyrénées, le principe sulfureux est combiné d'une manière particulière, ce qui leur donne la propriété de se conserver. Mais la durée de cette conservation est encore subordonnée à la présence de l'air contenu naturellement dans les eaux elles-mêmes et aux précautions qu on a apportées pour les mettre eh bouteilles. M. Filhol a vu que toutes les eaux sulfurées des Pyrénées, généralement très-altérables au contact de l'air^ supportaient très-bien le transport lorsqu'on prenait le soin de purger les vases d'air. Quant à celles qui sont plus aérées, l'altération s'arrête dès que Toxygène a été absorbé.

On admet généralement que les eaux sulfurées froides se conservent mieux en bouteilles que lorsqu'elles sont thermales : c'est pour cela que M 0. Henry a conseillé de faire refroidir les dernières à l'abri du contact de l'air, avant d'en remplir les bouteilles. M. Filhol a confirmé ce fait en thèse générale; cependant, il a vu qu'avec les eaux de Bagnères de Luchon, dont la température varie depuis 17 jusqu'à 68 degré^s le calorique naturel n'apportait aucun changement appréciable dans la pro-

portion du principe sulfureux, toutes les fois qu on avait pris les plus grandes précautions pour préserver le liquide du contact de Tair.

Après les eaux sulfurées viennent, dans Tordre d'altération, les eaux bicarbonatées, principalement ferrugineuses et à base de chaux et de magnésie. .

En prenant comme exemple d*eaux bicarbonatées sodiques, celles de Vichy, nous aurons recours aux recherches de M. Bouquet sur ce sujets parce que ce chimiste s'est bien rendu compte des altérations que les eaux de cette station subissent lorsqu'elles ont été mises en bouteilles et transportées.

D'après M. Bouquet, l'altération, et mieux, les modifications des eaux bicarbonatées sodiques tiennent à deux causes : la première, à l'absorption de Toxygène ; la seconde, à Télimination de l'acide carbonique.

Toutes les fois que les eaux de cette classe sont exposées à l'air, elles dégagent spontanément de Tacid^ carbonique : les bicarbonates alcalins et terreux restent en dissolution, parce que la proportion en est toujours minime par rapport à la masse de liquide; puis, elles retiennent toujours assez de gaz pour conserver les sels à l'état de bicarbonates ; si, par exemple, on les fait chauffer, le gaz libre et une partie de celui formant les bicarbonates se dégagent, tandis qu'il se forme des sesqui* carbonates de potasse et de soude solubles ; et des carbonates de chaux et de magnésie insolubles se précipitent.

Mais dans presque toutes les eaux bicarbonatées sodiques on rencontre des bicarbonates de fer et de manganèse, dont la stabilité est infiniment moindre que les précédents; en perdant leur excès d'acide carbonique, ces sels absorbent Toxygène de Tair ambiant, d'où il résulte un dépôt rouge ocracé volumineux que l'on regarde^ suivant les auteurs, comme du carbonate de sesquioyde de fer, ou bien comme de l'oxyde rouge de fer hydraté.

Le phénomène en question n'a pas seulement lieu avec les eaux exposées pendant quelque temps à Tair ambiant, mais encore avec celles qui sont conservées en bouteilles et qui ont subi le transport. Dans toutes les eaux qui sont notablement chargées de bicarbonate de fer on voit, après un temps qui varie suivant la source, des flocons rougeâtres nager dans le liquide.

La quantité de fer qui se précipite est généralement en raison de la nature de Teau elle-même. Voici le résultat auquel est arrivé M. Bouquet, avec les eaux les plus ferrugineuses de Vichy, de Cusset, etc.

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