‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 106 sur 359 · Protoxyde de strontium ou strontiane SrO · texte numérisé non relu

Protoxyde de strontium ou strontiane SrO

Masse grisâtre poreuse, infusible, obtenue par la calcination de l’azotate. Il attire l’humidité et l’acide carbonique de l’air. Il se combine à l’eau avec une grande énergie et se réduit en une poudre blanche qui Y hydrate Sr(OH)^

L’hydrate de strontium, de 3,6 de densité, fond au rouge sombre ’ et se déshydrate à une température beaucoup plus élevée. Il est soluble dans l’eau et cristallise, parle refroidissement delà solution bouillante, en longues aiguilles quadratiques transparentes qui ont pour composition Sr(01I)^-h8IPO et qui perdent leur eau de cristallisation (à 100". Ces cristaux sont solubles dans 50 parties d'eau

SULFATE DE STRONTIUM.

froide et dans 2>‘,4 d’eau bouillante. Leur solution est très alcaline, caustique et avide d’acide carbonique.

La stronliane est employée dans l’industrie sucrière pour l’extraction du sucre des mélasses.

872. Peroxyde de strontium SrO^ — On ne l’obtient que par l’action do la chaleur sur son hydrate. Cet hydrate, SrO^+SrPO, se précipite en lamelles cristallines lorsqu’on ajoute de l’eau oxY§énee a une solution de strontiane. Le peroxyde anliydie est une poudre blanche qui perd de l’oxygène au rouge, sans fondre (Thénard, Scliœne).

SELS OXYGÉNÉS DU STRONTIUM.

Le CHLORATE et le perchlorate sont des sels cristallisés déliquescents, très solubles dans l’eau, solubles dans l’alcool.

L’iodate est très peu soluble.

873. Sulfate de strontium SO^Sr. — C’est le minéral désigné sous le nom de célestine, en raison de la teinte bleuâtre qu’il offre quelquefois. Il se rencontre en cristaux orthorhombiques bien définis ou en masses fibreuses. C’est un sel très peu soluble dans l’eau et qu’on obtient en ajoutant de l’acide sulfurique ou un sulfate soluble à un sel de strontium. C’est un précipité blanc, de 3,707 de densité. Moins soluble que le sulfate de calcium, celui-ci en provoque la précipitation. Il est moins soluble à chaud qu’à froid, 1 litre d’eau à la température ordinaire en dissout 0^‘‘,I45 et seulement 0®%104 à 100° (Fresenius). Sa solution est employée pour distinguer la baryte de la strontiane, car elle précipite les sels de baryum et non ceux de strontium. La présence de sulfates alcalins diminue sa solubilité en donnant un sulfate double insoluble. La présence d’acide sulfurique libre diminue aussi sa solubilité. Il est par contre plus soluble en présence du chlorure de sodium. Il est un peu plus soluble aussi dans l’acide chlorhydrique concentré et dans Tacide azotique. L’acide sulfurique concentré le dissout, mais l’addition d’eau le précipite de nouveau. Si la solution est faite à chaud, il se dépose, par le refroidissement, des cristaux grenus de sulfate acide (SO'O'Srlf^ ; le même sel se dépose en lamelles par l’exposition de la solulion à l’air humide; ces lamelles reufcrmout 1 molécule d eau de crislallisalion (SchuHz-Sellack).

SELS OXYGÉNÉS DU STRONTIUM.

Le siillaLe do sLronlium fond à une lemporalurc olovée. Calciné avec du charbon, il est converti en sulfure. Une digestion prolongée avec le carbonate ainmonique ou l’ébullition avec les carbonates alcalins le transforment en carbonate.

874. Azotate de strontium (ÂzO^)^Sr. — (Jn le prépare en dissolvant le carbonate de strontium dans l’acide azotique

étendu et cbaud et faisant cristalliser. Si la crislallisation a lieu à cbaud, elle fournit des octaèdres réguliers ou descubo-octaèdres limpides qui sont anhydres (densité = 2,962). Les cristaux déposés à froid sont des prismes clinorbombiques volumineux, renfermant (AzO^)^Sr-t-4I-PO et perdant rapidement leur eau par efflorescence.

100 parties d’eau à 0° dissolvent 40’’,16 d’azotate de strontium sec; à 40'*, 9P,3 et à 108°, 103 parties (Mulder). Il est à peu près insoluble dans l’alcool absolu et dans l’acide azotique concentré.

Il donne avec le charbon et le soufre des mélanges qui brûlent avec une belle flamme rouge ; cette propriété le fait employer dans la pyrotechnie.

875. Carbonate de strontium CO^Sr. — strontimiite, qui est le carbonate naturel de strontium, est isomorphe avec l’arragonite. Il est à peu près insoluble dans l’eau et s’obtient par double décomposition sous la forme d’un précipité blanc de 3,62 de densité. 1 litre d’eau peut en dissoudre 0^",0o54 (Fresenius); il est un peu plus soluble en présence des sels ammoniacaux, mais moins soluble en présence de l’ammoniaque libre. Il déplace à chaud l’ammoniaque des sels ammoniacaux.

Chauffé au rouge blanc, il perd de l’anhydride carbonique; cette décomposition est facilitée par la vapeur d’eau. Avec le charbon au rouge, il se décompose en strontiane et oxyde de carbone.

SULFURES DE STRONTIUM.

876. Ces composés correspondent aux sulfures de calcium el s’obtiennent de même. Comme le monosulfure de calcium, celui de strontium est phosphorescent après avoir subi l’action des rayons solaires. Celui qui est obtenu par l’action du soufre sur le carbonate de strontium présente une belle phosphorescence d’un vert jaune; la phosphorescence est violette ])our le sulfure préparé on chaufl’ant cà 300° la strontiane avec du soufre (becquerel).

BARYUM.

RECHERCHE ET DOSAGE DU STRONTIUM

877. L’IiYclro o'èiie sulfuré et les sulfures alcalins sont sans

action sur les sels de strontium. La potasse ne donne un précipité de strontiane que dans les solutions concentrées. L’ammoniaque n’y produit pas de précipité. Les sulfates solubles, y compris le Il sulfate de calcium^ donnent un précipité de sulfate de strontium, à moins que les solutions ne soient très étendues. Les carbonates I et oxalates alcalins précipitent les sels de strontium comme les j sels de calcium.

Le ebromate neutre de potassium donne lentement un précipité cristallin jaune. Le bicliromatc ne précipite pas les solutions strontiques. Il en est de même des acides fliiosilicique ci perchlorique.

Les sels de strontium colorent les flammes en rouge et fournissent un spectre très brillant composé de six raies rouges, d’une raie orange et d’une raie bleue; les plus caractéristiques, sont la raie orange Sra, les raies rouges Sr(3 et y et la raie bleue Srâ.

Le dosage du strontium s’effectue sous la forme de sulfate ou de carbonate. Dans le premier cas, il faut diminuer la solubilité du précipité par l’addition d’alcool si celui-ci ne précipite pas en même temps d’autres sels. On pèse le sulfate ou le carbonate après lavage, dessiccation et calcination.

Le strontium se sépare des autres métaux en même temps que le calcium et le baryum. Pour le séparer du calcium, on dissout le précipité de carbonate dans l’acide azotique, on évapore la solution à sec et on reprend le résidu par l’alcool absolu qui dissout l’azotate de calcium et laisse l’azotate de strontium.

BARYUM. — Bazrr 136,8.

878. La baryte fut découverte en 1774, par Sclieele, qui la nomma terre jiesante (terra ponderosa) pour la distinguer de la cliaux. Guyton de Morveau lui donna le nom de barote (de lourd), nom qui fut transformé ensuite en baryte. En 1808, Davy reconnut que la baryte est l’oxyde d’un métal qu’il nomma baryum.

Le baryum se rencontre dans la nature principalement à l’étal fle sulfate (harytine) et de cai’bonate (ivïthérite ^ spath pesant), ces minéraux sont souvent accompagnés de strontium ou de calcium

MAllYUM.

à l’éLat lie mélanges isomorphes, 11 est. aussi coiiLeiiu dans quelques silicates complexes et, en petite quantité, dans les eaux de la mer et dans les coquilles de mollusques.

Baryum métallique. — Davy a le premier isolé le baryum en soumettant la baryte au courant d’une pile de 500 éléments, le pôle négatif plongeant dans du mercure placé dans une cavité pratiquée à cet effet dans la baryte, 11 soumit ensuite l’amalgame produit à ,1a distillation dans un appareil rempli de vapeurs de naphte ; le baryum resta ainsi sous la forme d’une poudre d’un blanc d’argent. M. Bunsen l’a préparé en électrolysant à 100° une bouillie de chlorure de baryum légèrement acidulée, en présence de mercure mis en communication avec le pôle négatif. 11 a obtenu ainsi un amalgame solide qu’il a distillé dans un courant d’hydrogène sec. Enfin, M. Mathiessen l’a préparé par l’électrolyse de chlorure de baryum fondu, avec une tige de fer comme électrode négative sur laquelle le métal se dépose en petits grains.

Le baryum est très oxydable à l’air et brûle avec une flamme verte; il décompose l’eau avec effervescence. Il ne fond qu’à une température très élevée, supérieure à celle de la fonte (Frey).

CHLORURE DE BARYUM. — BaCl^.

879. Le chlorure de baryum prend naissance par l’action du chlore sur la baryte à une température élevée (Davy). L’action du gaz chlorhydrique sur la baryte a lieu avec incandescence.

On prépare facilement le chlorure de baryum en dissolvant la withérite dans l’acide chlorbydrique étendu et chaud. La withérite renfermant presque toujours du calcium, du fer, du manganèse, doit être employée en excès, le carbonate de baryum entre alors seul en dissolution. On le prépare encore en traitant, par l’acide chlorhydrique, le sulfure de baryum obtenu en réduisant le sulfate de baryum naturel par le charbon. On fait cristalliser la solution, on fond les cristaux et on soumet le chlorure fondu à une nouvelle cristallisation.

Le chlorure de baryum cristallise en tables orthorbombiques limpides, ayant pour composition BaCF-t- 211*0, dé 3,05 de densité, inaltérables à l’air. Il perd son eau à 113° et fond au rouge. Maintenu fondu à l’air, il perd un peu de chlore et le produit renferme de la baryte. La vapeur d’eau lui fait perdre de l’acide chlorhydrique au ronge. IjO chlonire de baryum fondu s échaufle

OXYDE DE RARYUM OU BARYTE.

uvcc rcciii cl cibsoi’bo l'iiiiniiditc do 1 tiir. Lti solubililo du cliloiuic de baryum augmente proportionnellement avec la température : 100 parties d’eau à 10° dissolvent 33’’, 3 et a 104 ,3, point d ébullition de la solution saturée, 60’’, 3 (chlorure supposé anhydre). L’acide clilorbydrique libre diminue sa solubilité, qui est nulle

dans l’acide concentré; celui-ci précipite donc la solution aqueuse. Le cbloriire de baryum est insoluble dans l’alcool absolu. La solution de chlorure de baryum possède une saveur amère, désagréable; elle est très toxique.

880. Bromure et iodure de baryum. — Le bromure est isomorphe avec le chlorure. Il est très soluble dans l’eau, soluble dansl’alcool. L’iodure est déliquescent et très soluble dans l’alcool.

Le fluorure est un peu soluble dans l’eau.

OXYDE DE BARYUM ou BARYTE. — BaO.

881. On prépare le protoxyde de baryum en calcinant l’azotate au rouge blanc dans un creuset de fer ou de porcelaine. C’est une masse grisâtre, boursouflée, par suite du dégagement de gaz du sel en fusion. Densité = 4, 73.

On obtient encore la baryte en calcinant le carbonate avec 10 p. 100 de charbon, mais le produit est moins pur.

La baryte ne fond qu’à une température très élevée. Chauffée au rouge sombre, elle absorbe l’oxygène de l’air et se convertit en bioxyde. Exposée à l’air, elle en absorbe riiumidité et l’acide carbonique et se réduit en une poudre blanche. Son avidité pour l’eau est considérable; si l’on arrose un morceau de baryte de quelques gouttes d’eau, l’élévation de température peut aller jusqu’à l'incandescence (BaO-i-rPO=17°“‘,6, Berthelot).

L’hydrate de baryum ou baryte hydratée BaO^H^ obtenu par l’hydratation de la baryte ou par la dessiccation de l’hydrate cristallisé est une poudre blanche fusible au rouge en un liquide oléagineux qui se concrète par le refroidissement en une masse crislalline. 11 ne se déshydrate à aucune température.

La baryte est soluble dans l’eau. tOO parties d’eau à 80° peuvent en dissoudre 90’’, 8; mais par le refroidissement, la plus grande partie se dépose en cristaux incolores et transparents. A 20", l’eau ne retient que 3,5 p. 100 de baryte supposée anhydre. Les cristaux qui se déposent ainsi sont des prismes quelquefois 1res nets, lransf»arenls, du type (piadralique el renfeiTuant

BAUYUM,

Ba(()U)^ + 811^0. Ils pcrdciiL 7II"() lentCMiiGiil, il l’air, rapidcmeiil, à 100° cL la liuilièmo molécule d’eau de crislallisaliou seulement à une température plus élevée (à i ÜO” dans le vide d’après M .Lescœui-).

On peut préparer l’hydrate de baryum par plusieurs procédés. 11 se dépose par le refroidissement des solutions saturées bouillantes de chlorure ou d’azotate de baryum additionnées d’une quantité calculée de soude caustique. Le procédé le plus commode consiste à décomposer le sulfure de baryum en solution concentrée et bouillante par l’oxyde de cuivre ou l’oxyde de zinc; l’hydrate cristallise par le refroidissement de la solution filtrée.

BaS -h CuO H^O = Ba02H2 + CuS.

Industriellement, on le prépare aussi en faisant passer un courant de gaz carbonique humide sur le sulfure de baryum préparé dans des cornues en terre puis dirigeant sur le carbonate ainsi' formé et maintenu au rouge un courant de vapeur d’eau :

COn^a H2Q Ba(OH)2 + CO^

La solution de baryte, ou eau de baryte^ est caustique et très alcaline. Elle absorbe rapidement l’acide carbonique de l’air et est utilisée dans l’analyse pour condenser ce gaz. On la remplace \ souvent, dans ce but, par une solution de chlorure de baryum additionnée d’ammoniaque.

La baryte corrode lentement le verre en lui enlevant de la silice.

On fait usage de la baryte dans les raffineries de sucre, au lieu de chaux : elle fournit avec le sucre une combinaison peu soluble, contrairement à ce qui a lieu avec la chaux, combinaison qu’oji détruit ensuite par l’acide carbonique. î

BIOXYDE DE BARYUM. — BaO!=.

88S. Il se produit lorsqu^’on maintient le protoxyde au rouge sombre dans un courant d’oxygène ou d’air, privé d’acide carbonique. Il ressemble à la baryte, mais s’en distingue en ce qu’il ne s’échauffe pas avec l’eau. Il perd un atome d’oxygène au rouge vif, ou au rouge sombre dans le vide (Boussingault). Chaulïé doucement dans un courant d’hydrogène, il est réduit à l’état de protoxyde en produisant une lumière verte intense.

Le bioxyde de baryum se combine à l’eau pour donner l’hvdrale BaO‘^-t-8ILO. On oblient cet hydrate a l’élat de pureté, en lamelles cristallines, en a.joulanl de l’eau de baryte à de l’eau oxygénée

SULFATE DE BARYUM.

(133). Les premières portions du précipité renferment de l’oxyde ferrique, de raluminc et de la silice; on les sépare par le filtre et on achève la précipitation. Cet hydrate perd son eau à 130°.

Le principal emploi du bioxyde de baryum est la préparation de l’eau oxygénée.

SELS OXYGÉNÉS DU BARYUM.

883. Le CHLORATE (C10^)^Ba+IP0 est soluble et cristallise en prismes clinorhombiques. Il forme avec le sucre, le charbon ou le soufre des mélanges brûlant avec une belle flamme verte.

Le PERCHLORATE (C10')^BaH-4H^0 est très soluble.

L’iodate, très peu soluble, est un précipité cristallin. Il se dissout dans l’acide azotique chaud et s’en dépose par le refroidissement en petits prismes clinorhombique's brillants.

884. Sulfate de baryum SO'‘Ba. — La barytine ou sulfate naturel est le composé barytique le plus répandu dans la nature ; cristallisé, il offre la forme de prismes orthorhombiques, isomorphes avec les sulfates de strontium et de plomb; densité=4,35 à 4,58.

Le sulfate de baryum se produit par l’action des vapeurs d’an- Uiydride sulfurique sur la baryte anhydre; la combinaison a lieu avec incandescence; il en est de même, lorsqu’on arrose la baryte avec de l’acide sulfurique fumant, tandis que l’acide sulfurique ordinaire n’a d’action que si on chauffe un point du mélange avec une tige de fer chauffée (Kublmann). L’acide sulfurique et les sulfates produisent, dans les sels de baryum, un précipité de sulfate. Ce précipité est amorphe, blanc, de 4,53 de densité. Il est insoluble dans l’eau (il faut plus de 400,000 parties d’eau pour dissoudre une partie de sel), un peu plus soluble dans les acides étendus. L’acide sulfurique concentré en dissout 5,7 p. 100.

La solution, faite à chaud, abandonne parle refroidissementde petits cristaux du sel acide (SO^)'^BafP. Cette solution, en absorbant i’immidité de l’air, abandonne le même sel acide, avec 2rPO.

Le précipité de sulfate de baryum passe facilement à travers les bit res lorsqu’il a été produit à froid ; il faut donc le précipiter à chaud. Ce précipité sert au dosage de l’acide sulfurique (269) et du baryum.

Le sulfale de baryum arlibciel est employé sous le nom de b!nnc

SlilLS OXYGÉNÉS DU DADYUiM.

fixe dans la peiiilui'e à l’huilo et dans la l’abricaLion du carloii, dn pajjiei’, oLc.

Lo SULFITE DE iJARYüM Gst uii prucipité blaiic, insoluble dans l’eau, soluble dans l’acide sulfureux.

L’iiyposülfite S^O^Ban-IPO est un précipité crislallin. Le dithionate S^O“Ba-|-2IPO est soluble dans 4'',0 d’eau froide et dans l'’,1 d’eau bouillante et cristallise en prismes ortliorliombiques.

885. Azotate de baryum (AzO'^)^Ba. — On le prépare en dissolvant le carbonate ou le sulfure de baryum dans l’acide azotique étendu, ou bien en mélangeant des solutions concentrées et bouillantes d’azotate de sodium et de chlorure de baryum. Ce sel cristallise en cubo-octaëdres ou autres formes du système cubique.

Les cristaux sont anhydres, solubles dans 15 parties environ d’eau froide et dans 3 parties d’eau bouillante. 11 est insoluble dans l’acide azotique concentré et dans l’alcool absolu.

Ce sel est employé en pyrotechnie pour la fabrication de feux verts. Il sert à la préparation de la baryte.

886. Carbonate de baryum. — Le carbonate naturel ou withérite est isomorphe avec l’arragonite et le carbonate de strontium. On l’obtient en précipitant l’eau de baryte par l’acide carbonique ou un sel de baryum par un carbonate alcalin. C’est un précipité blanc, amorphe, dense, soluble dans 14,000 parties d’eau froide et dans 15,400 parties d’eau bouillante (Fresenius) ; l’acide carbonique favorise sa dissolution.

887. Silicates de baryum. — Les silicates de baryum sont des sels mal définis et nous ne les signalons qu’en raison de leur existence dans certaines variétés de verre.

Fluosilicate de baryum SiFPBa. — Précipité crislallin blanc soluble dans 3,800 parties d’eau froide, plus soluble dans l’acide chlorhydrique et dans l’eau bouillante.

SULFURES DE BARYUM.

888. Le protosulfüre BaS se produit lorsqu’on dirige un courant d’hydrogène sulfuré sur de la baryte au rouge. On le prépare eu réduisant le sulfate par le charbon. On réduit le sulfate en poudre fine, on le mélange intimement avec du charbon, du coke ou de la bouille, et l’on pétrit le mélange avec de la colle ou avec du goudron ou de riuiiie. LAdditiou de sciure de bois ou d’amidon facilile la réduclionpar les gaz qu’ils fournissent. Ibi grand, on ojière

UECIIERCIIE ET DOSAGE DU IJAUYUM.

dans des fours à réverbère; en peut, dans des creuseLs. La masse calcinée doit être refroidie a 1 abri de 1 air.

Le sulfure de baryum, lorsqu’il ne renferme pas de cliarbon en excès, est une masse blanche, phosphorescente après insolation . On oblient un semblable de Bologne en chauffant pendant

une demi-heure sur une lampe à gaz, puis sur la lampe d’émailleur, dans un creuset fermé, 5 parties de sulfate de baryum précipité avec 1 partie de charbon et enfermant le produit dans des tubes avant son refroidissement complet. La phosphorescence est

d’un vert orangé.

Le sulfure de baryum se dissout dans l’eau, mais en se décom-

posant en hydrate et sulfhydrate

2BaS -h 2H2Q = Ba(HS)2 +Ba(0H)2.

En faisant bouillir la solution de 5 parties de sulfure avec 1 partie de soufre et évaporant dans le vide, on obtient des tables hexagonales transparentes ayant pour composition BaS-i-6IPO (H. Rose) ; les eaux mères renferment des polysulfures. Les cristaux subissent la décomposition ci-dessus, lorsqu’on les traite par l’eau.

Le sulfhydrate se dépose parle refroidissement en longues aiguilles limpides qu’on obtient pures si l’on sature préalablement la solution par l’hydrogène sulfuré.

889. Polysulfures. — Lorsqu’on maintient longtemps à 360° un mélange de 2 parties de protosulfure de baryum et de 1 partie de soufre, on obtient une masse d’un vert jaunâtre donnant avec l’eau une solution rouge, à réaction alcaline, altérable à l’air et fournissant par l'évaporation dans le vide : 1” des cristaux presque incolores du monosulfure hydraté BaS-^-6H-0; 2° des aiguilles mamelonnées rouges, qui constituent le BaS^'-^-TPO ; 3° des

prismes orangés clairs (BaS)hBaS^-l-25H-0 (Schœne).

Il n’existe pas de pentasulfure de baryum, si ce n’est en solution. On obtient une semblable solution en faisant bouillir le monosulfure avec un excès de soufre. La solution jaune abandonne par l’évaporation des cristaux de tétrasulfure et du soufre libre (Schœne).

RECHERCHE ET DOSAGE DU BARYUM

890. Les caractères généraux des sels de' baryum sont ceux des sels de calcium et de strontium. On les distingue de ceux-ci

VEIIRE.

pai‘ imc solüliou do sulf’alu ou du chromalu du slroiiliuni (|ui y doiineiiL un précipité do siilfalo ou do clironialo baryliqiios.

Le chromaLe ncutro de potassium précipito Jos sols do ])aryum sans excès d’acide. L’acide nuosiliciqiie y produit un précipité cristallin.

Les sels de baryum communiquent aux flammes une couleur verte. Le spectre qu’ils fournissent est assez compliqué, les raies les plus caractéristiques sont les raies vertes Ba 7. et Ba [3 ; la raie verte y est moins brillante ; on remarque en outre une raie orangée. La baryte se reconnaît très bien à côté de la strontiane. Quant au calcium, sa présence pouvant masquer les raies de Ba et de Sr, il est nécessaire de le séparer d’abord, par exemple en épuisant par l’alcool le mélange des azotates.

Le baryum peut être séparé à l’état de sulfate de tous les métaux dont les sulfates sont solubles, y compris le calcium. Dans ce dernier cas, les solutions doivent être assez étendues pour que le calcium ne soit pas précipité. La séparation du baryum et du strontium s’effectue en faisant digérer le mélange des sulfates précipités avec du bicarbonate de potassium ou du carbonate ammonique, et agitant fréquemment; après vingt-quatre heures, tout le sulfate do strontium (et de calcium) est converti en carbonate, tandis que le sulfate de baryum n’est pas modifié. Le précipité, bien lavé avec une solution faible de carbonate alcalin, puis avec de l’eau pure, est traité par l’acide chlorhydrique qui dissout le carbonate de strontium et laisse le sulfate de baryum.

Le dosage du baryum s’effectue à l’état de sulfate, en suivant les indications données pour le dosage de l’acide sulfurique ; ou bien à l’état de carbonate, qu’on lave, qu’on sèche et qu’on calcine en le détachant du fdtre.

VERRE

891. Les verres sont des polysilicates complexes doués de propriétés spéciales qui sont la dureté, la transparence, une cassure et un éclat particuliers dits vitreux, une inaltérabilité plus ou moins grande à l’égard de l’eau et des agents chimiques, sauf l’acide fluorhydrique.

Les verres sont fusibles à une température élevée, et ils sont formés en général par un silicate fusible associé à un silicate infu-

VEKKE.

sible. Le silicate fusible est iiii silicate alcalin; le silicate infusible, un silicate alcalino-terreux. Les premiers sont amorphes, fondent à une température relativement basse et sont solubles dans l’eau [verre soluble]', les autres sont cristallins, insolubles dans l’eau, mais attaquables par l’acide chlorhydrique. Associés, ils sont amorphes et résistent plus ou moins complètement à l’action de l’eau et des acides, et cela d’autant plus qu’ils sont plus riches en silice. Leur fusibilité diminue aussi avec l’aug-mentation de la silice.

En général, plus un silicate est complexe, plus sa fusibilité est augmentée, et l’association de plusieurs silicates infusibles peut donner lieu à un mélange fusible. C’est ainsi qu’on a pu préparer à Saint-Gobain un verre constitué par un silicate baryto-calcique Si-0'Ba.2SP0'^Ca (soit 6SiO^BaO,2CaO).

La chaux constitue à côté des alcalis la base des verres proprement dits; elle peut être remplacée non seulement par la baryte ou la strontiane, mais aussi par l’oxyde de plomb ou par ceux de zinc, de bismuth, de thallium. Enfin l’oxyde de thallium, de son côté, peut encore plus facilement remplacer la soude ou la potasse (Lamy).

L’alumine existe dans quelques verres, mais sa présence n’est on quelque sorte qu’accidentelle. La magnésie n’entre guère que dans la composition du verre à bouteilles. Celui-ci renferme, en outre de l’alumine, des oxydes de fer et de manganèse qui lui donnent sa coloration et plus de fusibilité.

Le fer donne au verre une teinte verte lorsqu’il y est à l’état de silicate ferreux; une teinte jaune quand il y est à l’état de composé ferrique; mais cette dernière teinte est inappréciable lorsqu’il n’y a que peu de fer. Il faut donc, pour obtenir un verre incolore avec des matières premières légèrement ferrugineuses, comme c’est le plus souvent le cas, suroxyder le fer dans le mélange. On y arrive par l’addition d’anhydride arsénieux ou d’une petite ({uantité de peroxyde de manganèse des verriers). Ce dernier

agent, outre son action oxydante, produit un effet physique : la couleur violette que communique le manganèse au verre, étant complémentaire de la couleur jaune occasionnée par le silicate ferrique, en détermine l’extinction.

892. l .es verres peuvent se partager en plusieurs catégories :

\ CUISES A uASc DE CHAUX ET UE SOUDE. — lls comproiiueut le verre

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