EXTRACTION DU MERCURE
Le mercure joue un grand rôle dans les conceptions des alchimistes ; il constitue pour eux un des principes des métaux et de tous les êtres, et son nom revient fréquemment dans leurs écrits, mais avec un sens abstrait. L’activité de ses composés sur l’éco-
nomie a motivé un nombre incalculable de recherches dont la description souvent très obscure se complique d’une nomenclature des plus arbitraires.
La plupart des auteurs jusqu’au siècle dernier l’envisageaient commenm demi-métal jusqu’à ce que Braune à Saint-Pétersbourg parvint à l’amener à l’état solide.
Le mercure se rencontre dans la nature à l’état de sulfure ou cinabre et à l’état natif; ce sont là ses minerais. On le trouve, mais beaucoup plus rarement, à l’état de calomel ou à l’état d’amalgame d’argent ou d’or.
1046. Extraction du mercure. — Le cinabre est disséniiné dans les schistes argileux ou les calcaires compactes superposés au terrain bouiller ; il est fréquemment accompagné de pyrites de fer et de cuivre. Ses principaux gisements sont à Idria, en Garniole; à Almaden en Espagne; au Mexique, au Pérou, à Ne\v- Almaden (Californie) ; en Chine et au Japon. On l’exploite aussi à Deux-Ponts, dans le Palatinat.
Le traitement des minerais de mercure est fort simple. Il consiste en une simple distillation si le mercure est natif; en une distillation avec addition de fer ou de chaux, s’il est sulfuré. Le plus souvent on soumet le cinabre à un grillage qui le transforme en gaz sulfureux et mercure.
Procédé d’Almaden. — Les mines d’Almaden, connues dans
l’antiquité, senties plus abondantes de l’Europe. Le grillage se fait dans un four prismatique AB (fig. 210), où l’on entasse le minerai sur une voûte à jour au-dessous de laquelle on allume un feu de fagots. Sous l’influence de l’air qui traverse la grille et de la chaleur du foyer, le mercure distille et ses vapeurs vont se condenser dans plusieurs séries d’allonges, nommées aludels^ formant un double plan incliné et s’emboîtant les unes dans les autres; les joints sont lutés à l’argile. Le mercure condensé se rend dans la partie médiane h portant des ouvertures par lesquelles il s’écoule dans une rigole, d’où il se rend dans les réservoirs dd. Les s'éries ascendantes d’aludels hc se terminentpar un tube qui descend dans la chambre C ; les vapeurs de mercure entraînées par les gaz chauds
MERCURE
s’échappent par ce tube et viennent raser la surface de l’eau contenue dans un réservoir. Quant à l’acide sulfureux, il s’échappe par une cheminée d’appel. Le four reçoit 9 à 10 tonnes de minerai et 1 opération dure 15 heures. Après quelques jours, on délute les aludels et on recueille le mercure.
Ce procédé est aussi suivi à New-Almaden en Californie.
Fig. 2J0.
Procédé d’Idria. — Le fourneau est composé d’une g-rille qui reçoit le combustible, puis de plusieurs voûtes à jour où l'on charge le minerai en commençant par le plus gros ; quant à la partie ténue elle est chargée dans des écuelles placées sur la voûte supérieure, qui est plane. Les vapeurs produites par le grillage se rendent par des carnaux dans une série de chambres de condensation, placées à gauche et à droite du four. Elles circulent dans ces chambres successives, altérnativement de haut en bas et de bas en haut.
Le four, qui a 1 0 mètres de haut, reçoit 50 à 60 tonnes de minerai ; l’opération dure douze heures et le mercure est recueilli après quatre jours de refroidissement. Chaque opération produit 4,000 à 4,500 kilogrammes de mercure.
* Depuis 1860, on a substitué à ce four intermittent un four continu. C’est un four à réverbère cylindrique (fig. 211), sur lequel on étale le minerai venant d’une trémie supérieure. Le minerai est grillé par la flamme et l’air venant d’une grille contiguë. Les vapeurs du grillage se rendent dans un gros cylindre métallique refroidi par des affusions d’eau, puis dans une série de quatre