PURIFICATION DU MERCURE
chambres; elles remontent enfin par un second tuyau métallique refroidi et se rendent dans la cheminée d’appel.
Procédé de Deux-Ponts. — Le minerai de Deux-Ponts, qui est très pauvre, est broyé et mélangé avec de la chaux éteinte. Le mélange est introduit dans des cornues en fonte de 80 centimètres de longueur, disposées en deux rangées, au nombre de trente à cinquante, dans un fourneau de galère. Le col de chaque cornue est au dehors du four et pénètre dans un récipient en terre rempli
'Fig. 211.
d’eau aux deux tiers. L’opération, qui exige finalement le rouge, dure dix heures. On a cherché à rendre cette opération moins intermittente en substituant aux cornues ci-dessus des cornues ressemblant à celles qui servent à la fabrication du gaz. Les cornues se terminent par des tubes en fer qui plongent dans un réservoir commun rempli d’eau.
Purification du mercure. — Le mercure est livré au commerce dans des bouteilles en fer ou potiches, fermées par un bouchon à vis. Ces bouteilles sont très propres à la distillation du mercure I en vue de sa purification. A cet effet, on visse sur l’ouverture un
' canon de fusil recourbé. Au lieu de faire plonger l’extrémité de ce
tube dans de l’eau, de crainte d’un accident qui pourrait résulter ) d’une absorption, on l’entoure d’un linge en plusieurs doubles, formant un prolongement du tube ; le linge plonge dans de l’eau et est lui-même arrosé par un courant d’eau froide.
La distillation ne purifie pas complètement le mercure de tous les métaux qui l’accompagnent. Cette purification a lieu plus complètement par l’emploi de divers agents. On traite le mercure par une petite quantité d’acide azotique ; il se forme ainsi un sous-
MERCURE
azotate merciireux, mais ce sel est de nouveau décomposé parles métaux plus électropositifs, et le mercure est remis eu liberté. Ou peut aussi agiter le mercure impur avec du chlorure ferrique, qui transforme les métaux étrangers en chlorures.
Le mercure est souvent terni à sa surface par les émanations de toute sorte des laboratoires; il suffit alors de promener un tube de verre à sa surface pour enlever les crasses, ou de le filtrer, ce qui se fait en le passant à travers un entonnoir à douille effilée.
Le mercure pur ne doit pas du tout mouiller le verre, ce qu’il fait lorsqu’il renferme des traces de métaux étrangers.
1047. Propriétés. — Propriétés physiques. — Le mercure pur est un métal d’un blanc d’argent doué d’un grand éclat, et sa surface forme un miroir parfait. Il n’adhère pas aux corps, si ce Ti’est aux métaux avec lesquels il peut s’allier, tels que le cuivre, le plomb, l’argent. C’est pourquoi sa surface offre un ménisque convexe et que les petits globules de mercure sont parfaitement sphériques. Il suffit de traces de métaux étrangers, ^ de plomb par exemple, pour qu’il adhère en partie au verre et que ses gouttelettes prennent une forme allongée et aplatie; on dit alors que le mercure fait la queue.
Lorsqu’on agite le mercure avec certaines solutions salines, par exemple le chlorure de calcium, il se partage en une foule de gouttelettes qui ne se réunissent de nouveau que difficilement. Le mercure qui se sépare à l’état métallique par la réduction de ses sels forme une poudre noire qui ne se réunit en globules métalli- . ques que par une ébullition prolongée avec l’acide chlorhydrique. On obtient encore du mercure très divisé en le broyant avec du sucre, du soufre ou autres corps; on obtient ainsi ce que l’on appelait autrefois Vethiops per se.
Le mercure se solidifie à — 39°, 4 (Hutchins), en éprouvant une forte contraction, et sa densité à l’état solide est égale à 14,391, tandis que le métal liquide possède à 0° une densité de 13,595 (rapportée à l’eau à -1-4°; IL Kopp). Le mercure en se solidifiant cristallise en octaèdres. Pris en masse, il offre la consistance du plomb et l’aspect de l’argent ; il est malléable et on a pu en frapper des médailles. Les premières expériences concernant les propriétés du mercure solide ont été exécutées pendant l’expédition de Parry dans les mers polaires.
Le mercure bout à 357°, 25 (V. Régnault). Sa vapeur est incolore
PROPRIÉTÉS
et possède une densité égale à 100,74 (rapportée à l’hydrogène, ou 6,979 rapportée h l’air). Cette densité est moitié du poids atomique; elle est donc anormale et conduit à admettre que la molécule de mercure (2 vol.) ne renferme que 1 atome.
Le mercure émet déjà des vapeurs à la température ordinaire ; on peut s’en convaincre en suspendant une feuille d’or au-dessus delà surface du mercure; l’or blanchit plus ou moins rapidement, suivant la température. Y. Régnault a déterminé la tension de vapeur du mercure entre 0° et 520°.
Tension de la vapeur de mercure (Régnault).
TEMP
ailLLIM.
TEMP
aiILLIM.
TEMP