‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 155 sur 359 · MILLIM · texte numérisé non relu

MILLIM

MO

Le coefficient de dilatation absolue du mercure entre 0 et 100° est de 3^ = 0,00018018 (Dulong et Petit); de 0,00018405 entre 100 et 200°; de 0,0001866 entre 200 et 300° (Régnault).

La vapeur du mercure est incolore. Son spectre présente six raies caractéristiques dont les trois principales sont situées dans le jaune, le vert et le violet (Plücker).

Propriétés chimiques. — Le mercure se recouvre à l’air d’une mince couche d’oxydule formant une pellicule grisâtre. Cette oxydation, à peine sensible à la température ordinaire, a lieu plus rapidement à 350°. Le mercure ne décompose l’eau à aucune température. Il se combine directement au soufre, soit par un triturage prolongé, soit à l’état de vapeurs. Le chlore s’y unit immédiatement à froid; il en est de même du brome et de l’iode. L’acide chlorhydrique gazeux est sans action à 300°, à moins que l’air n’intervienne. L’acide bromhydrique est décomposé lentement à froid; l’acide iodhydrique à peu près instantanément.

MERCURE

Le mercure se dissout dans l’acide azotique concentré, qu’il décompose énergiquement. Il réduit l’acide sulfurique concentré et chaud à l’état d’acide sulfureux.

Action physiologique. — Le mercure en vapeur exerce sur l’économie une action toxique énerg'ique; il provoque des accidents plus ou moins graves affectant un caractère chronique qui se manifeste surtout par une salivation abondante et des tremblements nerveux. Les ouvriers exposés aux émanations mercurielles sont fréquemment victimes de cette action. On rend moins nuisible l’atmosphère des ateliers en y répandant du soufre divisé, qui absorbe les vapeurs mercurielles. On a aussi recommandé l’emploi des chlorures décolorants et celui del’ammoniaque (Merget; J. Meyer).

Le mercure exerce aussi une action délétère sur la végétation.

Usages. — Outre l’emploi du mercure pour la métallurgie de l’argent et de l’or, ce métal est utilisé pour l’étamage des glaces, la construction des thermomètres et baromètres; dans les laboratoires, il sert à préparer des amalgames, à recueillir et manipuler les gaz. La médecine fait usage du mercure, le plus souvent à l’état d’onguent, en le triturant (en V éteignant) avec de l’axonge [onguent gris), ou de pilules, tablettes, etc., après l’avoir éteint avec du sucre ou autres substances.

Poids atomique et atomicité. — Le poids atomique du mercure a été établi par l’analyse de l’oxyde et du sulfure. Erdmann et Marchand sont arrivés au nombre moyen 199,8, rapporté à l’oxygène ==15,96.

La densité de vapeur du mercure correspond, comme on l’a vu, à une molécule (2 vol.) formée par un seul atome; mais, d’après la densité de vapeur de ses composés volatils, le poids de l’atome est bien 199,8 et non la moitié. Ainsi celle du bichlorure de mercure, par exemple, correspond bien à la molécule HgCP. Quant au calomel, il se dissocie en HgCP -+-Hg, et comme la densité observée correspond à 4 volumes, il s’ensuit que le mercure dans cette vapeur dissociée occupe 2 volumes, comme le mercure libre.

Le mercure est nettement diatomique dans toutes ses combinaisons saturées : bichlorure de mercure HgCP, mercurétbyle Hg(C^H^)^ chloroéthylure Hg{CHP)Cl, sulfure, etc.

Il est de même diatomique dans les composés mercureux, mais ceux-ci renferment 2 atomes de mercure échangeant entre eux une atomicité (Hg'' — H g'')''.

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