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II. — Chimie minérale

MERCURE

9IlgC12.4AzIF^Cl et 3IIgCl*.2Azir'Cl + 4IP0.

Chlouomercuhatks de potassium. 1“ lJgCP.2KCl-j-IPO. — Se dépose en prismes orLliorhombiques lorsqu’on ajoute de l’alcool à la solution mélangée des deux chlorures (Bonsdortr).

2° lIgCl".KCl-|-IPO. — Prismes quadratiques aplatis obtenus en ajoutant une solution de sublimé saturée à 80° à une solution de chlorure de potassium saturée à froid. On obtient d’abord des cristaux du sel suivant;

3° 2rigGP.KCl-f- 2I'PO. — Aiguilles rbomboïdales très solubles dans l’eau, peu solubles dans l’alcool.

Chloromercurates DE SODIUM. 1° IlgCP. 2NaCl. — Aiguilles transparentes, altérables par l’eau pure.

2° 2(HgCP.NaCl)-|- 3tPO. — Aiguilles hexagonales fusibles à 100° dans leur eau de cristallisation.

Nous nous contenterons de signaler l’existence des cbloromercurates de lithium^ de calcium, de magnésium^ de manganèse^ ferreux^ etc. Tous ces sels sont cristallisables et fort solubles.

Le chlorure mercurique se combine aussi à des chlorures de métalloïdes, par exemple au chlorure de phosphore. Si l’on traite à 200° le chlorure mercureux par le pentachlorure de phospjiore, il se sublime des aiguilles brillantes qui ont pour composition 3HgCP.2PCP ;

3Hg2C12-i-7PGls r=:2(3HgGP.2PCls) -P 3PGP.

1052. Bromure mercureux Hg^Br^ — Il offre la plus grande analogie avec le chlorure. Obtenu par précipitation, c’est un précipité dense, incolore, insoluble dans l’eau, fusible et volatil audessous du rouge. Obtenu en chauffant le bromure mercurique avec du mercure, il se sublime en masses compactes formées d’aiguilles brillantes, de 7,3 de densité.

1053. Bromure mercurique HgBr^ — Il se produit dans les mêmes circonstances que le sublimé corrosif et donne naissance à des combinaisons analogues. Il cristallise de sa solution aqueuse en lamelles brillantes et de sa solution alcoolique en aiguilles orthorhombiques. Il fond à 222° et se sublime facilement.

1054. lodure mercureux HgT^ — On l’obtient en broyant le mercure avec de l’iode ou de l’iodure mercurique en quantités convenables, avec addition d’un peu d’alcool pour modérer la réaction. On lave alors la pâte jaune verdâtre produite avec de

lODURE MERCURIQUE.

l’alcool bouillant pour enlever un peu d’iodure mercurique. On peut aussi obtenir l’iodure mercureux en précipitant l’azotate mercureux en excès par l’iodure de potassium, ou plutôt en traitant 1 molécule de calomel Hg’Cl'^ en poudre par 2 molécules exactement d’iodure de potassium en solution. On obtient ainsi une poudre verte qu’on lave et qu’on sèche dans l’obscurité.

En cliauirant à 250° dans un matras scellé de l’iode et du mercure dans les proportions voulues, on obtient de grandes paillettes d’iodure mercureux. Les cristaux ortliorbombiques sont rouges à chaud et jaunes à froid (Yvon).

L’iodure mercureux fond à 290° en un liquide brun et distille à 510° ; mais il se sublime déjà vers 190° (Yvon).

L’iodure mercureux est à peu près insoluble dans l’eau. Il se dédouble très aisément en iodure mercurique et mercure ; ce dédoublement a lieu spontanément en quelques semaines, même à l’abri de la lumière. L’iodure de potassium provoque cette décomposition instanément en dissolvant l’iodure mercurique formé. L’acide chlorhydrique et les chlorures le décomposent plus lentement.

1055. Iodure mercurique HgL. — Il se produit par l’action de l’iode en excès sur le mercure ou sur l’oxyde de mercure, dont il déplace l’oxygène. Mais on le prépare le plus souvent en précipitant une solution de 1 molécule de chlorure mercurique par 2 molécules d’iodure de potassium. Lorsqu’on ajoute l’iodure de potassium dans le sel mercurique il se produit d’abord un précipité jaune rouge de cbloro-iodure de mercure, puis le précipité prend une couleur d’un rouge vif. Si l’on opère en sens inverse, le précipité produit se redissout d’abord dans l’iodure de potassium qui est en excès et devient ensuite permanent.

L’iodure mercurique exige 150 parties d’eau froide pour se dissoudre. Mais il se dissout davantage dans les acides chlorhydrique et iodhydrique ainsi que dans beaucoup de sels ammoniacaux et dans les chlorures alcalins en solutions concentrées. Ces solutions faites à chaud abandonnent en partie de l’iodure mercurique en cristaux jaunes, qui deviennent bientôt rouges; elles donnent un précipité jaune lorsqu’on les étend d’eau. Il est aussi soluble dans beaucoup de sels mercuriques et surtout dans les iodures alcalins avec lesquels il donne des combinaisons définies.

L’iodure mercurique est soluble dans l’alcool, surtout à chaud.

MEHCURE.

La solution, qui est incolore, abandonne des cristaux jaunes par le refroidissement; ceux qui se forment lentement sont rouges.

L’iodure mercurique est dimorphe et se présente en octaèdres quadratiques très aigus, rouges, ou en prismes orthorliombiques jaunes; cette dernière modification est la plus instable.

On obtient l’iodure rouge bien cristallisé par refroidissement de sa solution saturée à chaud dans Tiodure de potassium ou dans l’acide chlorhydrique. Il fond à 238® en un liquide jaune foncé qui se prend par le refroidissement en une masse cristalline; cette modification commence à se produire à 150®. On obtient des cristaux isolés d’iodure jaune par la sublimation. La transformation inverse s’effectue très facilement et même spontanément ou sous l’influence d’un léger frottement ou d’un fort refroidissement. Il y a dans ce cas élévation de température et l’iodure jaune dégage 3®®',0 en passant à l’état d’iodure rouge (Bertbelot).

On obtient l’iodure jaune par voie humide, en tables rhomboïdales brillantes, lorsqu’on ajoute de l’eau à la solution alcoolique de l’iodure (Mitsclierlich, H. Scliiff).

La densité de l’iodure mercurique à 0® est égale à 6,297. A son point de fusion l’iodure solide a pour densité 6,179, tandis que celle de l’iodure liquide est de 5,286 ; la fusion a donc lieu avec une dilatation considérable.

La densité de vapeur de l’iodure mercurique observée par Mitscherlich est 225,30 (densité théorique = 226,43). La vapeur est incolore; à une température élevée, elle se dissocie et de l’iode est mis en liberté.

1056. lodomercurates. — L’iodure mercurique se dissout dans l’acide iodliydrique et dans les solutions d’iodure de potassium. La combinaison de HgP avec 4HI dégage 5®"‘,6; sa dissolution dans l’iodure de potassium produit à peu près le même phénomène thermique (Berthelet).

La solution iodliydrique saturée à chaud donne par le refroidissement d’abord des cristaux rouges d’iodure mercurique, puis des aiguilles transparentes jaunes renfermant HgP. III (Boullay ; Gmelin). Cette solution n’est précipitée par l’hydrogène sulfuré que si elle est très étendue.

loDOMERCURATE DE POTASSIUM. — La solution satui'ée à chaud d’iodure de mercure dans l’iodure de potassium abandonne une partie de l’iodure mercurique par le refroidissement; elle donne

FLUORURES DE MERCURE.

eiisiiito par évaporation de longs prismes jaunes de l’iodomerciirate IlgP. KI-|-l|rPO. L’eau pure décompose ce sel en donnant de l’iodure mercurique tandis qu’il se dissout un iodomercurate HgP. 2KI.

La potasse ne précipite pas cette solution qui, rendue alcaline, constitue le réactif de Nessler pour l’ammoniaque (t. I, p. 469).

L’iodomercurate de potassium se produit aussi lorsqu’on traite l’iodure mercurique par la potasse :

2HgP + 2KHO = HgO + HgP.2KI + H^O

ou lorsqu’on fait bouillir une solution d’iodure de potassium avec de l’oxyde de mercure.

On connaît de même les iodomercurates de sodium, d’ammonium, de calcium, etc., ainsi qu’un certain nombre d’iodomercuratesde métaux pesants ; par exemple d’argent, de cadmium, de zinc. On obtient V iodomercurate cuivreux HgP.Gu^P, qui est insoluble dans l’eau, en ajoutant du sulfate de cuivre et de l’acide sulfureux à une solution d’iodomercurate de potassium. C’est un précipité d’un beau rouge vermillon qui devient d’un brun presque noir à chaud pour reprendre sa couleur rouge par le refroidissement (Willm et Caventou).

Il existe un iodure de mercure intermédiaire Hg'^P qu’on peut envisager comme \ iodomercurate mereureux 2HgP.Hg^P ; il s’obtient en effet en ajoutant de l’azotate mereureux à de l’iodure ioduré de potassium et lavant le précipité à l’alcool pour lui enlever l’iodure mercurique (Boullay). Il est soluble et sublimable en cristaux rouges qui deviennent jaunes à froid.

Periodure de mercure HgF. — Tables rliombiques brunes qui se déposent lorsqu’on ajoute de l’eau à une solution alcoolique de tri-iodure de potassium additionnée, à 50°, de chlorure mercurique. Ce corps est décomposé par l’iodure de potassium et par les lavages à l’alcool ou à l’eau (Joergensen).

1057. Fluorure mereureux Hg^FP. — Il s’obtient par double décomposition en traitant le fluorure d’argent par le calomel et se dépose en cristaux par l’évaporation. Il se décompose au delà de 260° en attaquant le verre.

1058. Fluorure mercurique HgFP. — Il cristallise de sa > solution en longues aiguilles incolores qui renferment 2IP0. Il I perd cette eau à 50° en même temps que de l’acide fluorhydrique

MERCURE

et il se forme un oxy fluorure jaune ITgFl (OU) (Fremy; Finkener).

OXYDES DE MERCURE

1059. Oxyde mercureux Ilg^O. — Il se forme en très petite quantité et très lentement à la surface du mercure exposé à l’air (Bertlielot). On l’obtient en traitant le calomel par la potasse ou en précipitant un sel mercureux par ce réactif. C’est un précipité amorphe, brunnoir, très altérable. La lumière ou une température de 100° le dédoublent en mercure et oxyde mercurique, ce qui a lieu par l’action de diverses solutions métalliques. Récemment préparé, il est transformé en sels mercureux par l’action des acides.

1060. Oxyde mercurique HgO. — Il se forme par l’action de l’air sur le mercure un peu au-dessous de son point d’ébullition, c’est le précipité se des anciens, il est signalé par Geber. On le prépare par la décomposition sous l’influence de la chaleur de l’azotate de mercure, auquel on peut ajouter du mercure. C’est alors une poudre presque noire à chaud et d’un rouge brique à froid. Ainsi obtenu, il est souvent cristallin. Sa forme est celle de tables rhomboïdales. Densité = 11,29.

On l’obtient sous la forme d’un précipité jaune lorsqu’on ajoute de la potasse à un sel mercurique. Il est anhydre comme le précédent, dont il se distingue par la couleur et par une activité chimique beaucoup plus grande, qui ne paraît pas due uniquement à un état d’agrégation différent. L’oxyde jaune est transformé immédiatement à froid en oxalate par une solution d’acide oxalique, réaction qui ne se produit pas, même à l’ébullition, avec l’oxyde rouge. L’oxyde jaune est de même transformé rapidement en un oxychlorure noir brun par l’action du biclilorure de mercure, tandis que l’oxyde rouge n’éprouve cette transformation que par une ébullition prolongée. Le chlore attaque beaucoup plus rapidement l’oxyde jaune, même lorsqu’il a été chauffé à 300 ou 400°, que l’oxyde rouge. 11 se forme, dans ce cas, de l’anhydride ou de l’acide hypochloreux (t. I, 165).

La potasse ne précipite pas immédiatement l’oxyde de mercure d'une solution de chlorure mercurique additionnée de 20 fois son poids de chlorure de sodium. La précipitation ne se fait que lentement* si elle a lieu à froid, elle fournit des lamelles jaunes, tandis qu’à chaud l’oxyde se dépose en lamelles rouges (Debray).

OXYDES DE MERCURE

L’oxyde inercurique est insoluble clans l’eau, néanmoins, d’après Wallace, il serait soluble dans 200 000 parties d’eau. L’eau tenant en suspension ou en dissolution l’oxyde précipité par l’eau de chaux était employée autrefois sous le nom à' eau phagédéniqiie jaune; l’eau pbagédénique noire était l’oxyde mercureux obtenu de même.

La lumière noircit lentement l’oxyde mercurique. La chaleur le décompose au delà de 400'*.

L’oxyde mercurique est un oxydant énergique ; chauffé avec du soufre, il produit de violentes explosions. Le sodium fondu le décompose avec une vive incandescence. Il est réduit par divers métaux, par l’acide sulfureux, le chlorure stanneux, etc. Les sels ferreux le réduisent à l’état d’oxyde mercureux.

L’oxyde mercurique déplace un grand nombre d’oxydes dissous à l’état de chlorures, par exemple la magnésie, tandis qu’il ne les déplace pas de leurs sels oxygénés. Il chasse l’ammoniaque du sel ammoniac et déplace même la potasse et la soude lorsqu’on le chauffe avec la solution des chlorures ou iodures correspondants. 11 se forme un chloromercurate ou un iodomercurate, et une partie de l’alcali est mise en liberté (Fonberg).

Chauffé avec une solution d’ammoniaque, il se convertit en hydrate de dimercurammonium, tandis que le gaz ammoniac le convertit en azoture de mercure à 130° (1071).

OxYCHLORURES DE MERCURE. — Ou en a décrit un grand nombre* En faisant agir l’oxyde de mercure sur une solution aqueuse chaude de sublimé, on obtient l’oxychlorure jaune Hg0.2HgCP en petits prismes clinorhombiques. Celui qu’on obtient en traitant l’oxyde par le chlore est en paillettes cristallines noires renfermant 2HgO.HgCP. Il se produit aussi lorsqu’on précipite le sublimé par les bicarbonjj,tes alcalins. Si l’on emploie volumes égaux des solutions saturées à froid de bicarbonate de potassium et de sublimé, le précipité cristallin, d’un jaune d’or, renferme 3HgO.IIgCP.

Quant aux oxychlorures obtenus par l’action de l’oxyde de mercure sur le sublimé, leur composition varie avec les proportions employées et avec la température, et ceux formés par l’oxyde jaune paraissent différer de ceux dérivés de l’oxyde rouge.

On connaît de même des oxij bromures, oxylodures et oxy fluorures, qui sont tous cristallins.

SELS OXYGÉNÉS DU MERGUUE.

SELS OXYGÉNÉS DU MERCURE

Il faut distinguer les sels mercureux et les sels mercuriques. Les uns et les autres ont une grande tendance à former des sels basiques. Ils s’unissent en outre au sulfure de mercure, et forment des sels thiobasiques (1070) correspondant aux sels basiques. Enfin, ils s’unissent à l’ammoniaque pour donner une série nombreuse de composés bien définis que nous étudierons dans un chapitre spécial (1072).

Les sels neutres sont incolores, tandis que les sels basiques, qu’ils fournissent en général par l’action de l’eau, sont colorés en jaune. Ils sont tous extrêmement toxiques.

SELS A ACIDES OXYGÉNÉS DES ÉLÉMENTS HALOGÈNES.

1061. Le CHLORATE MERCUREUX (ClO'^)^(Hg^), obtcuu par dissolution de l’oxyde dans l’acide, cristallise par l’évaporation en aiguilles transparentes et anhydres, qui deviennent opaques à l’air. Le sel transparent est soluble dans l’eau et dans l’alcool. Il détone par la chaleur à 250°.

Le CHLORATE MERCURiQUE (ClO^)^Hg cristallisc en petites aiguilles déliquescentes.

Le PERCHLORATC MERCUREUX (ClO^)^(Hg^) 6H^0 formc des aiguilles déliquescentes.

Le PERCHLORATE MERCURIQUE (GfO'^)-Hg cristallisc en prismes rectangulaires déliquescents, solubles dans l’alcool.

Les BROMATES sont pcu solubles. Les iodates et periodates sont des précipités à peu près insolubles.

SULFATES DE MERCURE

1062. Sulfate mercureux SO *(Hg^). — 11 se produit par l’action de l’acide sulfurique sur son poids de mercure, ou en broyant le sulfate mercurique avec du mercure. On l’obtient encore en précipitant l’azotate mercureux par l’acide sulfurique. C’est une poudre cristalline blanche soluble dans 500 parties d’eau froide et dans 300 parties d’eau bouillante qui ne le décompose qu’à la longue en sel mercurique et mercure. Il est soluble dans l’acide azotique étendu et dans l’acide sulfurique concentré et chaud. Chauffé, il fonda 300° et se décompose.

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