TRAITEMENT DE LA GARNIÉRITE
sèclie, le fer existant dans le minerai reste uni au nickel et ne peut pas être séparé par un traitement métallurgique. Il est donc nécessaire de le séparer préalablement par voie humide.
Le minerai concassé est soumis à une lévigation qui donne des boues ferrugineuses pauvres en nickel. Le minerai enrichi est traité par l’acide chlorhydrique de manière à ne dissoudre que le silicate et l’oxyde defer etàlaisser le silicate de nickel etde magnésium qu’on lave et qu’on sèche. Le minerai ainsi purifié est alors fondu dans des creusets, disposés sur la sole d’un four à réverbère, avec du charbon de bois et un fondant composé de 68 p. 100 de silice, de 15 p. 100 de chaux, de 12 p. 100 de soude, de 3 p. 100 de magnésie et de 2 p. 100 d’oxyde ferrique. On obtient ainsi une fonte de nickel, tandis que le restant du fer passe dans les scories.
Quant à l’acide chlorhydrique qui a servi à enlever le fer, on l’emploie pour dissoudre les boues ferrugineuses ; le nickel peut alors être retiré de la solution par les procédés de séparation indiqués plus loin.
Un autre procédé consiste à dissoudre le minerai dans l’acide chlorhydrique et à précipiter le nickel à l’état d’oxalate par l’acide oxalique. On peut aussi précipiter le fer et l’alumiuie par la craie, puis le nickel à l’état de peroxyde par le chlorure de chaux.
Purification du nickel. — Le nickel du commerce se présentait autrefois en petits pains cubiques de composition très variable, et renfermant 56 à 97 p. 100 de nickel, associé tantôt à du cuivre et à du fer, tantôt à du cobalt. Aujourd’hui le nickel presque pur, mais carburé, est livré au commerce en plaques fondues de 1 décimètre de large sur 2 environ de long, destinées à servir d’anodes solubles dans le nickelage.
Pour purifier le nickel, on le dissout dans l’acide azotique et on évapore la solution en maintenant le métal en excès, qui reprécipite le fer. On reprend le résidu de l’évaporation par l’eau, on précipite la solution par l’hydrogène sulfuré, puis l’on fait bouillir la liqueur filtrée qu’on additionne, après concentration, d’acide oxalique en excès. On calcine enfin, à l’abri de l’air, l’oxalate de nickel précipité et on le fond dans un creuset de chaux. Le nickel se réunit en un culot métallique homogène (H. Deville).
On peut encore obtenir le nickel pur en réduisant l’oxyde par l’hydrogène à 270”; on obtient ainsi une masse grise qui est pyrophorique si la température n’a pas été trop élevée.
NICKIÎL.
Nous reviendrons plus loin du reste sur les procédés qui permettent de séparer le nickel des autres métaux.
1152. Propriétés. — Le nickel est brillant, d’un blanc d’argent, tirant sur le gris d’acier. La densité du métal fondu est égale à 8,279 ; celle du métal forgé, à 8,666 (Ricbter), ou à 8,82 d’après M. Tupputi. Le nickel est ductile, malléable; sa ténacité est supérieure à celle du fer. On peut le réduire en feuilles de 0““,028 d’épaisseur et l’étirer en fils de 0““,014 de diamètre ; ces propriétés sont fortement modifiées lorsque le métal est impur.
Le nickel fond vers 1500° comme le fer et, comme pour celui-ci, la présence du carbone (fontes) en abaisse beaucoup le point de fusion. Le nickel est magnétique comme le fer, et sous l’influence de forces magnétisantes faibles, il s’aimante cinq fois plus que le fer, tandis que l’aimantation est cinq fois moindre pour des forces magnétisantes énergiques (Arndsten).
Le nickel fondu absorbe beaucoup de gaz qu’il abandonne en se solidifiant ; aussi la coulée du métal est-elle difficile et sa surface offre de nombreuses soufflures dues au roebage. Du reste, cette coulée ne s’effectue qu’en plaques de dimensions restreintes destinées à servir d’anodes solubles dans le nickelage galvanique.
La présence du magnésium empêche le roebage du nickel à cause de son action sur l’oxyde de carbone et l’anhydride carbonique.
La fonte de nickel est tenace, malléable, susceptible d’un beau poli, aussi ductile que le métal pur. Sa texture est homogène et sa surface est exempte de soufflures. Elle ne durcit pas parlatrempe.
En fondant du nickel en grenailles entre des couches de charbon, on obtient un métal très magnétique, de 8,04 de densité etrenfermant 2,10 p. 100 de carbone, principalement à l’état de graphite. La réduction de l’oxyde de nickel en présence de silice fournit une fonte blanche renfermant 9 p. 100 de carbone et 6 p. 100 de silicium (W.-E. Gard).
D’après H. Rose, le nickel cristallise dans le système cubique.
Le nickel en cubes, qui est très poreux, absorbe 165 fois son volume d’hydrogène lorsqu’on l’emploie comme électrode négative dans l’électrolyse de l’acide sulfurique étendu.
Propriétés chimiques. — Le nickel est inaltérable à l’air et ne s’oxyde que difficilement à une température élevée ; il brûle dans l’oxygène à la manière du fer. Il décompose l’eau au rouge. Il ne