ARGILES
La base de toutes les pâtes céramiques est l’argile, matière éminemment plastique lorsqu’elle est pétrie avec de l’eau ; mais les pâtes ainsi obtenues se fendillent par la dessiccation et éprouvent un retrait considérable lorsqu’on les calcine (c’est là le principe du pyromètre de Wedgwood). En y ajoutant certaines substances dites dégraissantes, on régularise ce retrait et on fait disparaître le fendillement. Gomme matières dégraissantes, on emploie les diverses variétés de silice, les feldspatlis, la craie, les os calcinés, les sulfates de baryum ou de calcium. Suivant la qualité des matières premières et suivant leur cuisson, on obtient des produits très divers qu’on peut partager en sept classes, d’après Brongniart.
1. Terres cotes. — 2. Poteries communes. — 3. Faïence commune, à couverte opaque. 4. Faïence fine ou anglaise, à couverte transparente. — 5. Grès cérames. — 6. Porcelaine dure ou chinoise. — 7. Porcelaine tendre ou française.
1284. Argiles. — Les argiles sont essentiellement formées de silicates d’aluminium hydratés, de composition variable, mais ne renfermant généralement que peu de matières étrangères, dont la principale est l’oxyde ferrique qui lui donne une teinte plus ou moins ocreuse. L’argile la plus pure est le kaolin qui résulte de l’altération des feldspatlis par les agents atmosphériques. Le kaolin est incolore, il happe à la langue comme toutes les argiles et, comme elles, possède une odeur particulière quand on le mouille.
Les argiles à peu près pures sont tout à fait infusibles, très plastiques et servent à la fabrication des creusets, des pots de verrerie, des faïences fines, des briques réfractaires.
Les argiles renferment de 40 à 66 p. 100 de silice, de 18 à 40 p. 100 d’alumine et de 8 à 17 p. 100 d’eau combinée, indépendamment d’une certaine quantité d’eau hygrométrique. Onne pourrait pas représenter l’argile par une formule chimique. Cependant la composition du kaolin se rapproche sensiblement de la formule
2Si0“.A120^.2tP0 ou (SiO-'^)2A12(Otl)--h II-O.
La figulinp ou terre glaise est une variété d’argile contenant 5 à 6 p. 100 de chaux à l’état de carbonate ou de silicate. Elle est moins plastique que l’argile pure et se ramollit un peu à une très haute température en se recouvrant d’une sorte de vernis.
On ]’cmploie ])our les faïences communes, la poterie, les hi-iqiies, etc.
Les inarnos sont des mélanges très variables d’argile et de calcaire et souvent de sable. Suivant l’élémeiit qui domine elles possèdent des propriétés différentes. Les marnes argileuses font pâte avec l’eau et servent à fabriquer les poteries communes. Les marnes calcaires ne sont employées que comme matières dégraissantes.
Les pâtes argileuses soumises à la cuisson sont poreuses et absorbent de grandes quantités d’eau. Pour leur donner l’imperméabilité nécessaire, il faut les revêtir d’un vernis ou couverte, ou bien donner à l’argile une certaine fusibilité. La couverte doit obéir à la dilatation de la pâte elle-même, sans quoi elle se fendille par le refroidissement et produit des tressaillures.
1285. Préparation des pâtes. — Les argiles doivent être purifiées par lévigation. Pour cela, on les sèche, on les écrase, on les délaye dans l’eau et l’on décante le liquide laiteux quand les matières étrangères sont déposées. L’argile se dépose ensuite à l’état de pureté et très ténue. Quant aux substances dégraissantes, elles doivent être broyées, après avoir été étonnées au besoin. Pour la poterie fine, ces substances doivent être porphyrisées et soumises à la lévigation.
L’argile et la matière dégraissante sont mélangées avec de l’eau à l’état de bouillie claire qu’il faut raffermir en la plaçant sur des filtres de laine ou dans des caisses en terre cuite poreuse, légèrement chauffées. La pâte est ensuite pétrie soit à la machine soit avec les pieds [marchage) ; enfin on l’abandonne pendant plusieurs mois dans des caves humides, opération qui porte le nom de pourriture des pâtes et qui ne paraît pas indispensable.
Le façonnage de la pâte se fait en partie à la main, en partie au tour, à l’aide d’outils en aciers nommées tournassins ; cela la pâte doit avoir acquis une certaine fermeté par dessiccation. Un grand nombre d’objets sont obtenus par moulage en comprimant la pâte dans des moules en plâtre ou en terre poreuse. Les pièces à rapporter, comme les anses, sont moulées séparément puis collées avec de la barhotine ou pâte en bouillie.
1286. Vernissage. — Il a pour but de rendre les poteries imperméables, de faire disparaître les rugosités de la surface et la couleur de la pâte. Les matières employées sont le feldspath.