OXYDES D’OR
bien indigo, avec une tluorescence brune; elle offre un spectre d’absorption caractérisé par une raie X = 587,0. L’acide chlorhydrique le dissout en donnant de l’or et du trichlorure d’or. Les autres acides sont sans action. L’hydrate perd les éléments de l’eau vers 200° et l’oxyde anhydre se décompose complètement à 250°.
1354. Oxyde aureux Au^O^ ou AuO. — L’existence de cet oxyde qui était douteuse a été confirmée par M. Schottlænder, qui a en outre obtenu des sels correspondants, et parM. Krüss. M. Prat le préparait en traitant l’or par une quantité d’eau régale pauvre en acide azotique, insuffisante pour le dissoudre en totalité, puis précipitant la solution par le bicarbonate de sodium. M. Schottlænder l’obtient en décomposant le sulfate aureux par l’eau, et M. Krüss en chauffant l’hydrate aurique à 160°. Celui de M. Schottlænder est une poudre cristalline noire, 3Au^0^2H-0, ne se déshydratant qu’au delà de 160° avec réduction partielle, inattaquable par la potasse et par le mercure. Le produit de M. Krüss est une poudre ténue, brune, très hygroscopique.
1355. Oxyde aurique Au^OL — Il n’est guère connu qu’à l’état d’hydrate et s’obtient par l’action d’une chaleur modérée sur ce dernier; mais il est difficile d’éviter en même temps une réduction partielle.
L’hydrate aurique s’obtient en décomposant les aurates alcalins ou alcalino-terreux par un acide (Fremy) ou le trichlorure d’or par un alcali. Comme dans ce cas le précipité retient facilement de l’alcali ou du chlorure alcalin, il vaut mieux le produire par la magnésie (Pelletier, Krüss) ou par la baryte (Dumas), puis laver le précipité avec de l’acide azotique dilué. M. Schottlænder enfin l’obtient en décomposant les sels auriques par l’eau.
L’hydrate aurique séché sur l’anhydride phosphorique renferme Au^O^tPO, soit AuO. OH. C’est une poudre d’un brun plus ou moins foncé, altérable à la lumière, décomposable à 245° en eau, or et oxygène. Il est facilement réduit par l’hydrogène, par l’alcool bouillant, etc.
Il est soluble dans les hydracides, sauf l'acide Iluorhydrique, ainsi que dans les acides azotique et sulfurique concentrés ; ces dernières solutions sont précipitées par l’eau. Il se dissout également dans les alcalis caustiques pour former des aurates solubles dans l’eau avec une coloration jaune. D’après M. Figuier, la po-
SELS D’On.
:\:iù
lasse bouillante le dédouble en oxyde sous-aureux et peraurate de ])otassium; d’après M. Krüss, cette action n’a pas lieu ayec un alcali tout à fait exempt de matières organiques, et la séparation de sous-oxyde observée par M. Figuier^ est due à une réduction et non à un dédoublement.
L’ammoniaque convertit l’oxyde d’or en un composé fulminant (voir plus loin, § 1361).
Aurate de potassium. — La solution d’bydrate aurique dans la potasse cristallise dans le vide en petites aiguilles mamelonnées jaunes, très solubles, à réaction très alcaline (Fremy). Ce produit se forme aussi lorsqu’on fond l’or avec du salpêtre. La solution d’aurate de potassium donne avec la plupart des sels métalliques des précipités d’aurates insolubles. Le cuivre, le laiton, le bronze se recouvrent immédiatement d’une couche d’or lorsqu’on les plonge dans cette solution ; mais le dépôt n’est pas adhérent.