TRAITEMENT DES MINÉRAUX LITIIIFÈRES
LITHIUM. — Li = 7,01.
j 682. Historique. État naturel. — Découvert en 1817 par Arfvedson à l’état d’oxyde, le lithium (1) entre dans la constitution d’un certain nombre de minéraux. La tripJnjlline est un I phosphate complexe PO'^(LiNa)L (PO^)^ (FeMn)^ renfermant de j 1,6 à 3,7p. 100 de lithium; V ambhjgonite (PO'^f (A.P)* 3 Fl (NaLi)
I en contient 3,6 à 4,7 p. 100. Beaucoup de feldspaths et de micas
' sont lithifères; la pétalithe ou silicate alumino-lithique en renferme 1,3 à L7 p. 100. La lépidolithe ou mica rose de Bohême est le seul minéral lithifère abondant; il renferme de 0,6 à 2,7 de lithium.
On a aussi rencontré le lithium dans diverses météorites.
Le lithium est du reste un métal dont la diffusion dans la nature est très grande. On le rencontre dans une foule d’eaux minérales, surtout dans celles qui sortent des terrains primitifs. Berzelius a signalé sa présence dans les eaux de Carlsbad, de Marienbad et autres; M. Bunsen dans les eaux de Baden-Baden. Il est surtout abondant dans les eaux de Weal-Clifford (Cornouailles). En France les eaux les plus riches sont celles de Bourbonne-les-Bains; toutes les eaux d’Auvergne sont lithifères, ainsi que les eaux sulfureuses des Pyrénées, ces dernières, très peu minéralisées, n’en renferment que des traces. On l’a aussi rencontré dans les eaux de la mer et dans les lagoni de Toscane.
Il existe enfin dans les terres arables, et on le rencontre dans les cendres de beaucoup de végétaux, principalement dans le tabac. Il s’accumule aussi dans les eaux mères de la fabrication de l’acide tartrique ; sa présence dans les plantes explique sa présence dans le règne animal.
683. Traitement des minéraux lithifères. — Le procédé le plus avantageux pour retirer le lithium de la lépidolithe est celui qui a été recommandé par M. Troost. On fond dans un fourneau à vent 10 parties de lépidolithe pulvérisée, 10 parties de carbonate de baryum, 5 parties de sulfate de baryum et 3 parties de sulfate de potassium. Le produit de la fusion se sépare en deux couches, les silicates formés constituent une masse vi-
(1) De ).i9o;, piei're.
LITEIIUM.
trcuse qui occupe ]c fond du creuset, tandis que la couche supérieure, qu’on en détache facilement renferme le sulfate de haryum en excès, le sulfate de potassium et le sulfate de lithium. On épuise ces sulfates par l’eau houillante, puis on précipite la solution par le chlorure de haryum pour convertir les sulfates solubles en chlorures.
Le carbonate de lithium étant peu soluble, on peut précipiter la solution des chlorures, après concentration, par le carbonate potassique ou le carbonate ammonique. Mais il vaut mieux évaporer à sec la solution des chlorures et reprendre le résidu par l’alcool ordinaire qui dissout facilement le chlorure de lithium et laisse presque tout le chlorure de potassium. La solution du chlorure de lithium, encore impure, est alors précipitée par du carbonate de potassium ou évaporée de nouveau à sec. On reprend dans ce cas le résidu par l’alcool absolu additionné d’éther, qui dissout le chlorure du lithium pur.
Si l’on a affaire à un minerai phosphaté, il faut procéder différemment. On dissout la triphylline dans l’acide chlorhydric^ue bouillant, avec addition de temps à autre d’acide azotique; on évapore la solution à sec et on reprend le résidu par l’eau houillante. On précipite le manganèse et la magnésie, dissous avec les chlorures alcalins, par la chaux, au contact de l’air; puis la chaux par le carbonate ammonique et l’ammoniaque. On évapore à sec, on chasse le sel ammoniac, puis on extrait le chlorure de lithium par l’alcool (Hugo Muller).