ALLIAGES DE BISMUTH
1368. Nous avons vu, en nous occupant des alliages (p. 20 et 22), que le bismutli forme avec le plomlj et l’étain des alliages fusibles au-dessous de 100°; la fusibilité est encore aug’mentée par l’addition de cadmium. Les alliages à 50 p. 100 de bismuth avec le plomb et l’étain en proportions variables fondent au-dessous de 100°. En diminuantla proportion du bismuth, l’alliage fond audelà de 100°. Ainsi un alliage de 8 de bismuth, 8 de plomb et
3 d’étain fond à 123", c’est-à-dire à la température de la vapeur d’eau sous une pression de 2 atmosphères. Un alliage à 8 de bismuth, 16 de plomb et 12 d’étain fond à 146° (vapeur d’eau à
4 atmosphères), etc. Ces alliages sont employés comme plaques de sûreté pour les chaudières à vapeur. Si la pression devient supérieure à celle que doit supporter la chaudière, l’alliage fond et la vapeur trouve une issue. Quant aux alliages plus fusibles, ils sont surtout employés pour le clicbage des gravures sur bois, des planches d’imprimerie, etc. Ils se prêtent d’autant mieux à cet usage qu’ils se dilatent en se solidifiant et pénètrent ainsi dans les creux les plus délicats. Ces alliages passent par l’état pâteux avant de se solidiber.
On obtient un alliage de bismuth et de potassium en fondant au rouge blanc 20 parties de bismuth avec 16 parties de crème de tartre. Cet alliage a l’aspect métallique et fond en passant par l’état pâteux; sa solidification a lieu avec dilatation. L’alliage avec le sodium peut s’obtenir directement. Si on le traite par une solution de sel ammoniac, il se gonfle, devient pâteux, puis se concrète de nouveau. Il est alors transformé en ammomure de bismuth, analogue à l’amalgame d’ammonium. Cet ammoniure se décompose lentement en décrépitant par suite du dégagement d’hydrogène et du gaz ammoniac. Il sépare le cuivre de ses solutions, ce que ne fait pas le bismuth lui-même (Gallatin).
Les alliages du bismuth avec l’or, l’argent, le platine, le cuivre sont cassants.
Le bismuth peut être déposé sur le cuivre ou le laiton par électrolyse du chlorure double de bismuth et d’ammonium. Il forme une couche adhérente et brillante ayant l’aspect du vieil argent (A. Bertrand).
BISMUTH ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES
BISMUTH ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES
Outre le tri chlorure de bismuth, on a décrit un bichlorure BiCl^ ou Bi^CP et un chlorure intermédiaire Bi^GP.
1369. Biclilorure Bi^CP (ou CPBi — BiCP). — Il se forme par l’action d’un courant lent de chlore sur le bismuth; par l’action du bismuth sur le calomel à 400” (R. Schneider) ou sur le trichlorure de bismuth. C’est une masse cristalline noire, peu volatile. Chauffé au contact de Pair, il abandonne une partie du bismuth à l’état métallique, et il se forme du trichlorure volatil et un oxychlorure Bi^GPO® ou Bi^CP.3Bi^O^
En traitant ce dichlorure par le chlore pour le transformer en trichlorure il se forme d’abord un produit rouge-jaunâtre décomposable par l’eau, qui constitue le chlorure intermédiaire Bi^CP ouBiCP.SBiCP (Dehérain).
1370. Trichlorure de bismuth BiCP (Densité de vapeur — 163,9; théorie = 156,8). — Il est volatil et se produit par l’action du chlore en excès sur le bismuth fondu. On l’obtient encore comme l’avait déjà faitBoyle, en chauffant le bichlorure de mercure avec du bismuth. Enfin on peut le préparer en distillant sa solution chlorhydrique concentrée, comme on le fait pour le trichlorure d’antimoine (533).
Le trichlorure de bismuth est une masse grenue blanche, fusible et volatile. Il se sublime en beaux cristaux qui fondent à 225 -230”. Chauffé dans un courant d’hydrogène, il est converti en bichlorure (Muir).
Le trichlorure de bismuth est déliquescent et se dissout dans une petite quantité d’eau en donnant une solution sirupeuse d’où l’eau en excès précipite Voxychlorure BiOCl, poudre blanche, brillante, insoluble dans l’eau, soluble dans les acides. Chauffé à l’abri de l’air, cet oxychlorure devient momentanément jaune et fond sans décomposition. Au contact de l’air, une partie du chlore est remplacée par de l’oxygène.
La solution chlorhydrique du chlorure de bismuth, qu’on peut préparer par dissolution de l’oxyde, abandonne par l’évaporation de fines aiguilles blanches du chlorhydrate BiCP.2HGl auquel correspondent des sels doubles, par exemple BiCP.2NaCl-|-IPO (oin-.SIPO) décomposables par l’eau comme le chlorure de bismuth lui-même.