‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 3 sur 359 · COHÉSION MOLÉCULAIRE DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

COHÉSION MOLÉCULAIRE DES MÉTAUX

La ductilité est le pouvoir de s’étirer en fils par le passage à travers la filière.

Ces deux propriétés ne sont pas corrélatives Tune de l’autre comme on pourrait le croire et le cuivre, par exemple, qiîi est plus malléaMe que le fer, est moins ductile que ce dernier.

La ténacité est la résistance qu’offre un métal à la rupture par . tension. On mesure cette ténacité par le poids sous lequel se rompt un fil métallique d’un diamètre déterminé. La ténacité d’un métal peut varier beaucoup avec la température ; ainsi le zinc très peu tenace à froid ne peut être laminé que vers 130° et redevient fragile vers 200°.

Les métaux les plus malléables sont l’or et l’argent. On pent les battre sous le marteau en feuilles d’une ténuité telle que le moindre souffle les emporte et qu’elles présentent une épaisseur d’un millième de millimètre.

Pour réduire un métal en lames plus ou moins minces, on fait usage du laminoir. Cet instrument est formé de deux cylindres

Fig. 1G8.

parallèles horizontaux en acier A (fig. 168), dont on peut faire varier l’écartement à l’aide des vis B et auxquels on imprime un mouvement de rotation en sens inverse. Le métal à laminer est d’abord coulé en plaque que l’on amincit sur un de ses côtés de manière à lui permettre de pénétrer dans l’écartement des cylindres. La rotation de ceux-ci entraîne alors la plaque dont l’épaisseur devient égale à l’écartement. On fait repasser la plaque entre les cylindres dont on diminue chaque fois l’écartement, jusqu’à ce qu’elle ait atteint l’épaisseur voulue.

Dans cette opération, il se produit un travail moléculaire qui est accusé par un écbauffement considérable et par une grande

MÉTAUX

(limiiiiilion de léiiacilé du méLal, qui est alors écroui; aussi ne pourrait-on poursuivre le laminage si l’on ne restituait de temps à autre au métal la clialeur perdue et en môme temps sa cohésion première. Pour cela, on le recuit^ c’est-à-dire qu’on le cliaufl’e et qu’on le laisse refroidir lentement. L’écrouissage a pour elï'et de rendre le métal dur et cassant.

La filière, qui permet d’étirer les métaux en fils, est une plaque d’acier percée d’une série de trous dont le diamètre va en dimi-

Fig. 169.

nuant et à travers lesquels on fait passer successivement une tige métallique en exerçant sur celle-ci une traction suffisante par son enroulement sur le tambour B (fig. 169).

Lorsqu’on veut obtenir certains métaux en fils très fins,- le platine par exemple, on a recours à un artifice qui consiste à engager un fil de ce métal, amené déjà à une certaine ténuité, dans un cylindre d’un autre métal, d’argent par exemple, dans l’axe duquel on a foré un trou du diamètre du premier fil ; en faisant ensuite passer ce cylindre à la filière on le réduit en un fil très fin dans l’axe duquel se trouve un fil de platine encore plus fin, qu’on peut mettre à nu en dissolvant l’argent dans l’acide azotique dilué.

Dureté. — On observe de grands écarts dans la dureté des différents métaux ; tandis que le potassium est mou comme la cire à la température ordinaire et que le plomb est rayé par l’ongle, le chrome raye le verre. La présence de certaines substances, soufre, phosphore, arsenic, peut augmenter considérablement la dureté des métaux.

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