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EXPLOITATION DES SOURCES SALÉES

tare de sel et agrandit les chambres qui finissent par atteindre des dimensions considérables. La mine de Duremberg-, en Saxe, renferme ainsi trente-trois lacs salés d’une contenance moyenne de 20.000 mètres cubes. Dans d’autres cas on creuse des puits de sonde dans lesquels on fait arriver de l’eau de source qu’on pompe ensuite à l’aide d’un tube percé de trous à sa partie inférieure et plong'eant jusqu’au fond du puits ôù se réunit l’eau saturée de sel. Cette eau est alors soumise à l’évaporation.

701. Exploitations des sources salées. — Dans certains cas, il existe des nappes d’eau dans les gisements salifères ; cette

eau se trouve saturée comme dans les salines artificielles et il suffit de l’amener à la surface et de l’évaporer, comme à Saliesde-Béarn par exemple.

Mais le plus souvent les sources salées sont trop peu concentrées pour qu’on puisse avec économie l’évaporer immédiatement par la chaleur. Pour leur faire subir une première concentration, on la fait couler sur des fascines de broussailles disposées en murailles très élevées abritées par un hangar ouvert de tous côtés. La longueur de ces bâtiments de graduation (fig. 173) at-

SODIUM

teint jusqu’à 300 mètres, sur une largeur de 8 à 10 mètres. Ils sont orientés de façon à offrir leurs faces latéralesaux vents régnants.

L’eau est amenée à l’aide de pompes dans une rigole qui règne tout le long du hangar à sa partie supérieure et d’où elle s’éparpille sur les fascines, sur l’une ou l’autre façade suivant la direction du vent. Elle offre ainsi une grande surface à l’évaporation et, après plusieurs passages semblables, elle ari-ive à marquer 15 à 20° Baumé. On ne pousse pas cette concentration plus loin à cause de la perte en sel qu’occasionnerait l’entraînement de l’eau en poussière, perte qui durant l’opération peut être évaluée à 10 p. 100.

La concentration ultérieure de l’eau, comme celle des salines, se fait dans de vastes chaudières en tôle ayant une grande surface et une faible profondeur (0“,40), surmontées d’une botte en bois se terminant par une cheminée, de manière à provoquer un tirage qui active l’évaporation. Au début de l’ébullition il se produit une écume plus ou moins abondante provenant des matières organiques, puis un dépôt de sulfate double de sodium et de calcium ; on enlève ce dépôt, nommé schlot, à l’aide de râbles et on le fait égoutter dans des tamis au-dessus de la chaudière. On procède alors au salinage, qui consiste à enlever à l’aide de râbles le sel qui se dépose pendant l’évaporation. Le salinage s’effectue soit dans la même chaudière, soit dans une seconde, et dure plusieurs jours. Le sel, qui n’est guère plus soïuble à froid qu’à chaud, se dépose suivant la rapidité de l’évaporation en grains plus ou moins fins ou en trémies qu’on fait égoutter. A la fin de l’opération, il se forme un nouveau scblot en croûtes compactes et dures qui porte le nom Ôl écailles [pfannenstein en allemand, en anglais) et qui, outre les sulfates de calcium,

de sodium et de potassium, renferme environ 45 p. 100 de chlorure de sodium.

Les eaux mères du salinage renferment tous les éléments salins accompagnant le chlorure de sodium dans l’eau. On les utilise pour l’extraction du sulfate de sodium, du brome, etc.

L’est de la France et la Lorraine sont très riches en mines de sel ; les principales salines exploitées sont celles de Dieuze, de Vie, de Moyenvic et de Varangéville ; celles de Salins et de Montmorot dans le Jura. Dans le sud-ouest de la France, les principales exploitations sont à Dax et à Salies de-Béarn.

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