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CARACTÈRES ET DOSAGE DU RUTHÉNIUM

1582. Nous ne nous occuperons ici que des réactions du sesquichlorure de ruthénium ou des cblororuthéniies. On a vu plus haut l’action de l’hydrog-ène sulfuré et du sulfure ammonique. La potasse fournit un précipité incomplet de sesquihydrate de ruthénium insoluble dans un excès de potasse. L’acide formique décolore la solution acide et réduit le ruthénium à l’état métallique si on la neutralise par l’acétate de sodium.

Four rechercher le ruthénium dans un alliage, il faut fondre celui-ci avec du nitre et de la potasse, reprendre par l’eau et constater dans la solution la présence du ruthénate de potassium. La comhinaison la plus caractéristique du ruthénium est l’oxyde volatil RuO’\

On dose le ruthénium à l’état métallique comme tous les autres niétaux du groupe.

GROUPE DU VANADIUM.

Ce groupe se rattache étroitement, par la constitution des comhisons formées par les éléments qui le composent (vanadium, tantale et niobium), au groupe métalloïdique de l’azote. Les principales combinaisons appartiennent aux types VaCUet VaCF. Pour le vanadium, on a décrit de plus des combinaisons constituées comme les oxydes inférieurs de l’azote. Pour les trois métaux de ce groupe on connaît en outre des composés analogues au peroxyde d’azote et au peroxyde d’antimoine Sb^OL Dans la classification de Mendeléeff, le vanadium s’intercale entre le phosphore et l’arsenic; le niobium entre l’arsenic et l’antimoine; le tantale entre l’antimoine et le bismuth.

VANADIUM. — Va 51,2.

1583. Historique. État naturel. — Le vanadium fut découvert en 1805 à Mexico dans un mineivai de plomb de Zimapan,

EXTRACT10N.de L’ACIDE VANADIQUE.

par (lel Rio, ([iii le nomma éryllironium, mais que Collet Descolils al’drma être un cliromate de plomb, opinion qui fut partagée par del Rio. En 1830, Sefstroem fit la meme découverte dans un minerai de Fahlun et nomma son métal vanadium (du nom d’une divinité Scandinave), et Wœliler lit voir la même année que le minerai de Zimapan est un vanadate de plomb, et que le métal trouvé par del Rio est identique avec le vanadium.

L’étude que lit Berzelius de ce métal en 1831 le conduisit à le ranger à côté du chrome et du molybdène, opinion qui a prévalu jusqu’en 1867, époque à laquelle M. Roscoe fit voir que le métal étudié par Berzelius est en réalité un oxyde inférieur du vanadium ou son azoture; que le chlorure de Berzelius est un oxychlorure ayant la constitution de l’oxychlorure de phosphore.

Le vanadium se rencontre dans la nature à l’état de divers vanadates métalliques, surtout de plomb et de cuivre ; la vanadi- )iite est un chlorovanadate de la classe des apatites. Quoique rare, le vanadium se rencontre en petite quantité dans une foule de composés minéraux, tels que la cérite, le rutile, le pechurane, etc., ainsi que dans beaucoup de minerais de fer, d’argiles, notamment celles de Forges-les-Eaux, de Gentilly, deDreux, etc., qui en contiennent de 2 à 7 dix-millièmes. On l’a rencontré dans les basaltes et dans certains produits industriels comme la soude, les scories d’affinage, etc.

Un des minerais les plus importants, découvert par Roscoe, est un grès schisteux cuprifère, le mottramite (dans le Cheshire).

1584. Extraction de l’acide vanadique des minéraux vanadiféres. — Les procédés recommandés pour cette extraction sont très nombreux et varient nécessairement avec la nature de la matière première. Nous ne parlerons ici que du traitement des minerais de fer vanadiféres ou de leurs scories et du grès cuprifère du Cheshire.

On traite le minerai de fer, suivant le procédé de H. Deville, par l’acide chlorhydrique étendu pour dissoudre le calcaire, puis on fond le résidu avec de la soude, on reprend par l’eau et on traite la solution alcaline par l’hydrogène sulfuré. Il se précipite ainsi du sulfovanadate de sodium qu’on décompose par un acide, puis on grille le résidu de sulfure de vanadium qui se précipite, pour le transformer en anhydride vanadique.

Le minerai oolithique de Mazenay (Saône-et-Loire) est particu-

VANADIUM.

lièromont riche en vanadium et les scories résulLanl de leur Irailemenl renfermeuL jusqu’à 1,98 p. 100 d’anhydride vanadique avec 4G p. 100 de chaux et 10,7 d’acide phosphorique, etc. Voici commenl MM. Wilz el Osman Iraitcnlces scories. Après hroyage, on les fait digérer avec de l’acide chlorhydrique concentré, ou sépare la silice el on étend la solution de manière à la faire marquer (cette solution peut directement être employée

pour l’impression en noir d’aniline). On neutralise cette solution, qui renferme 100 grammes de scories par 2 litres, par des scories en poudre et on y ajoute une solution saturée d’acétate d’ammonium. On précipite ainsi, outre l’hydrate ferrique et l’alumine, du phosphate hj^povanadique. On dissout le précipité dans une petite ([uantité d’acide et on le précipite de nouveau par l’acétate d’ammonium. On transforme alors le phosphate hypovanadique en vauadate d’ammonium ; pour cela, on grille le précipité de manière à suroxyder le vanadium, on traite le produit grillé par l’eau ammoniacale et l’on fait bouillir la solution jaune jusqu’à décoloration; enfin on précipite le métavanadate d’ammonium par l’addition de sel ammoniac en excès.

Voici enfin le procédé suivi par M. Roscoe pour le traitement du grès cuprifère de Mottram (Cheshire). On épuise le minerai par l’acide chlorhydrique concentré, on concentre la solution et on l’évapore avec addition de sel ammoniac en excès. Il se précipite ainsi du métavanadate d’ammonium qui laisse l’anhydride vanadique par calcination; on redissout ce dernier dans l’eau ammoniacale, qui laisse la silice, les phosphates, etc.

1585. Vanadium métallique. — La réduction de l’oxychlorure volatil de vanadium par le gaz ammoniac fournit l’azoture YaAz, que Berzelius croyait être le vanadium. De même, la réduction de l’acide vanadique par le potassium fournit non le vanadium, comme on le croyait, mais le protoxyde de vanadium. C’est ce qu’ont fait voir les recherches de M. Roscoe. La senle manière d’obtenir le vanadium libre est de réduire par l’hydrogène, seul ou en présence du sodium, le chlorure de vanadium exempt d’oxygène. L’opération nécessite des précautions toutes particulières pour éviter la présence de l’air et de l’humidité. L’hydrogène purifié avec le plus grand soin est dirigé sur de la mousse de platine pour déterminer la combinaison de traces d’oxygène qu’il pourrait renfermer, puis sur de l’anhydride phosphorique pour

VANADIUM METALLIQUE.

lo priver de l’eau formée. Tous les bouchons et tubes de caoulchouc doivent être solidement fixés et rendus hermétiques par de la paraffine. La réduction est très lente et dure plusieurs jours pour quelques grammes de chlorure; elle s’effectue au rouge et on ne doit chauffer qu’après que l’appareil a été traversé pendant douze heures par le courant d’hydrogène pur. Des précautions spéciales que nous ne pouvons pas préciser ici sont prises pour l’inirocluction, dans une nacelle de platine, du diclilorure à réduire. Cette nacelle est amenée dans la partie du tube qui doit être chauffée.

La réduction terminée, on trouve dans la nacelle le vanadium sous la forme d’une poudre grisâtre, argentée,' cristalline sous le microscope, de 5,5 de densité.

Le vanadium s’oxyde lentement à l’air. A chaud, il brûle avec éclat dans l’oxygène. A l’air, il se transforme successivement en ses divers oxydes; chauffé dans un courant d’hydrogène, il est infusihle et fixe. Il se combine directement à’cliaud au chlore et à l’azote. Il est insoluble dans l’acide chlorhydrique concentré et dans l’acide sulfurique étendu ; l’acide sulfurique concentré le dissout avec une couleur jaune ; l’acide azotique, avec une couleur bleue. Les lessives alcalines ne l’altèrent pas, mais les alcalis en fusion le dissolvent avec dégagement d’hydrogène.

Le vanadium obtenu par M. Roscoe renfermait des traces d’hydrogène occlus et d’oxyde de vanadium.

Poids atomique. — Dans les anciennes formules des composés vanadiques, le symbole Va représente en réalité l’oxyde VaO ou vanadyle pour lequel Berzelius admettait le poids atomique 68,5. En retranchant de ce nombre la valeur de l’oxygène, on a pour le poids atomique du vanadium le nombre de 52,5, qili est assez voisin de 51,2, résultat des déterminations de M. Roscoë, faites d’une part par la réduction du pentoxyde à l’état de trioxyde par l’hydrogène (Va = 51,24), d’autre part par dix-sept analyses du trichlorure (Va ~ 51,16); la composition du diazoture de vanadium conduit au même résultat.

Usages. — Les composés du vanadium sont employés^ malgré leur prix élevé, pour la préparation du noir d’aniline. Leur intervention tient évidemment à la facilité avec laquelle ils passent d’un degré d’oxydation à un autre, par réductions et réoxydations alternatives. C’est à M. Lightfoot, en 1870, qu’on doit les premières observations à cet égard. M. Wilz estime qu’une partie de

VANADIUM.

composé (le vanadium suflil pour Iransformer en noir (>7,000 parti(*s (le sel d’aniline.

VANADIUM ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES.

1586. Chlorures de vanadium: — Le vanadium forme les trois chlorures VaCP ou Va^Gl% YaCP et VaCl'*. (')n ne connaît pas le pentaclilorure, qui est cependant représenté par l’oxyclilorure VaOCP. Au tétrachlorure correspond en outre l’oxychlorure VaOCh, et au trichlorure l’oxychlorure VaOCl. Ces oxychlorures sont les anciens chlorures de vanadium, on cldorure^^ de vanadyle ; il faut y joindre le chlorure de di vanadyle Ya^O^Cl.

Dichlorure de vanadium YaCP ou Ya^(îih. — Tables hexagonales micacées, d’un vert pomme, produites par l’action de l’hydrogene sur la vapeur du tétrachlorure au rouge sombre; si l’hydrogène fait défaut, le dichlorure peut être mélangé de trichlorure. Si l’hydrogène est en excès et la température plus élevée, il est mélangé de grains de vanadium métallique (Roscoe).

La densité du dichlorure est égale à 3,23. Ce chlorure est déliquescent; il se dissout dans l’eau avec une couleur violette.

Trichlorure de vanadium YaCP ou Ya^CP. — Tables brillantes couleur fleur de pêcher, de 3,00 de densité. Il se produit par l’action de la chaleur sur le tétrachlorure qu’on distille à plusieurs reprises dans un courant d’anhydride carbonique. On peut le préparer par l’action du chlore sur le trisulfure (Halberstadt). Il ne se volatilise pas dans un courant d’hydrogène, qui le transforme au rouge en dichlorure. Chauffé à l’air, il donne des vapeurs d’oxychlorure et finalement un résidu de pentoxyde. Il attire l’humidité de l’air et se convertit en un liquide brun qui verdit par l’addition d’acide chlorhydrique. L’alcool le dissout avec une couleur bleu-vert, l’éther avec une couleur verte (Roscoe).

Tétrachlorure de vanadium. — Il se forme par l’action du chlore sur le vanadium ou sur l’azoture de vanadium. On le prépare plus facilement en faisant passer à plusieurs reprises les vapeurs de trichlorure de vanadyle YaOCP, entraînées par un courant do chlore sec, sur une colonne de charbon sec chauffée au rouge (Uoscoe).

Le tétrachlorure de vanadium est un liquide brun foucé, de 1,838 de densité à0°. Il distille à 434° en se décomposant partiellement en chlore et trichlorure. Il no se concrète pas à — 18°. Sa

OXYCIILORURES DE VANADIUM.

lensilé de vapeur a élé

trouvée égale à 9(1, (> ;

densité tliéo-

’ique — 96,35.

Il ne fixe pas de chlore, quelle que soit la température, ni do brome, qui lui enlève au contraire du chlore.

L’eau le dissout avec une couleur bleue.

1587. Oxy chlorures. — Tiuculorüre DEVANADYLEVaOCh. — 11 correspond à l’oxychlorure de phosphore et se produit par l’aclion lau rouge du chlore sur le bioxyde Va^O^ ou sur le trioxyde :

Va203 -4- 6C12 4VaOCP 4- Va^O».

h Mais on le prépare plus aisément par l’action du chlore sur un [imélange intime d’anhydride vanadique et de charbon.

Va-20S-h3G + 3Cl^=r:2Va0C13 + 3G0.

Le produit est recueilli dans un récipient et se condense en un liquide coloré en rouge par du tétrachlorure de x^anadium. Poulie purifier, on le rectifie sur du sodium. C’est un liquide mobile, d’un jaune d’or, de 1,841 de densité, ne se concrétant pas à 15“ et distillant à 126“7 ; densité de vapeur = 88,2 (th. ~ 86,7).

Le trichlorure de vanadyle émet des vapeurs rouges à l’air et se dédouble sous l’influence de l’immidité en acides vanadique et chlorhydrique. Additionné d’une petite quantité d’eau, il devient épais et d’un rouge de sang. Avec une plus grande quantité d’eau, il donne une solution limpide jaune qui, chauffée ou à la longue, devient verte ou bleue et renferme alors un oxychlorure inférieur.

Dichlorure de vanadyle VaOCh ou Ya'^O^Clh — Il se forme lorsqu’on chauffe le trichlorure avec du zinc à 400“ en tubes scellés ; il se forme de l’oxyde noir Va*0^ et le dichlorure se sublime en tables d’un vert clair, de 2,88 de densité. Il est déliquescent. On l’obtient en dissolution par l’action de l’acide chlorhydrique sur le tétroxyde de vanadium ou sur l’anhydride vanadique ; dans ce dernier cas, il y a dégagement de chlore. La solution est d’un beau bleu.

Protochlorure DE VANADYLE VaOGl. — Il prend naissance, en même temps que le précédent et que le chlorure (Va'-^O^)Cl par l’action au rouge de l’hydrogène sur la vapeur du trichlorure de vanadyle. 11 forme des lamelles micacées brunes (Schaffarik), ou une poudre brune légère (Roscoe). Il se dissout dans l’eau avec une couleur verte très foncée.

Chlorure de divanadyle Va^OHJ]. — 11 se forme en même temps

VANADIUM.

que le chlorure de vanadyle VaOCl et se dépose à rextrémilé du tube, formant un enduit qui ressemble à l’or mussif; il est insoluble dans l’eau, soluble dans l’acide azotique.

1588. Bromures de vanadium. — On ne connaît que le tribromure et des oxybromures. Le tribromure VaBr® se produit par l’action du brome sur l’azoture de vanadium ou sur un mélange de charbon et de trioxyde de vanadium. C’est un sublimé

amorphe d’un gris noir, perdant facilement du brome et soluble dans l’eau comme le trichlorure (Roscoe).

Les iodiires de vanadium ne sont pas connus.

Oxybromures. — Le tribromure de vanadyle YaOBr^ est un liquide rouge foncé fumant àl’air, de 2,967 de densité. On l’obtient en faisant passer du brome en vapeur sur le trioxyde de vanadium au rouge. On ne peut le distiller que sous une diminution de pression; il bout de 130 à 135° sous une pression de 0“,100 de mercure. L’eau le dissout avec une couleur jaune.

Chauffé, il se transforme en dihromure VaOBr^, poudre brune, déliquescente, dont la solution est bleue; il se produit aussi par l’action de l’acide bromhydrique sur le tétroxyde de vanadium.

En faisant agir la vapeur de brome sur un mélange de charbon et de trioxyde de vanadium, M. Schaffarik a obtenu des aiguilles brunes à reflets métalliques bleuâtres, déliquescentes, ^qui constituent le bromure pyrovanadique Ya^O^Brk

1589. Fluorures. On ne connaît bien ni fluorures ni

oxyfluorures définis du vanadium. M. A. Guyard a pourtant décrit l’oxyfluorure YaOFP obtenu sous forme d’une masse blanche en évaporant à 40° la solution fluorhydrique de l’acide vanadique. Mais ce corps devient rouge par la dessiccation et se transforme en acide vanadique. Si la solution est faite en présence de l’alcool, elle est bleue et renferme par conséquent un fluorure inférieur.

M. Baker a fait connaître, par contre, des combinaisons plus stables, bien définies, les fluoxyvanadates , obtenus en dissolvant l’acide vanadique dans les fluorhydrates de fluorures alcalins.

Le composé potassique, qui se produit avec élévation de température, se dépose par le refroidissement en lamelles hexagonales nacrées renfermant ;

V cvO». 2 VaO Fl 3 . 6K K 1 -f 2 H 20 .

La solution est jaune et acide. Le sel ne se décompose pas par

OXYÜES DE VANADIUM.

la dessiccation. Il ri’en est pas de môme des aiguilles incolores obtenues en faisant dissoudre ce sel dans l’acide fluorhydrique chaud, aiguilles qui ont pour composition 2VaOFP.3KIlFP.

Le co7nposé ammoniacal obtenu de même, avec un excès de Iluorhydrate d’ammonium, a la constitution du sel de potassium auquel il ressemble et fournit également un sel acide par dissolution dans l’acide fluorhydrique.

Eu dissolvant à la fois de l’acide vanadique et du carbonate de zinc dans l’acide fluorhydrique, on obtient des prismes clinorhombiques durs et jaunes du sel : 2VaOFP.Zn^OFP -h 141PO.

OXYDES DE VANADIUM.

Le vanadium forme la meme série d’oxydes que l’azote, soit : Va^O VaOoLiVa202 Va^O-» Va^O'- WO®.

On a signalé, en outre, divers oxydes intermédiaires ;

Le protoyxde Ya“0 se forme par l’oxydation lente du métal à l’air; c’est une poudre brune qui s’oxyde rapidement davantage quand on la chauffe.

1 590. Dioxyde de vanadium ou vanadyle VaO ou Va^Oh — C’est l’ancien vanadium métallique. Il entre comme radical, à la manière du stibyle et du bismuthyle dans la composition d’un grand nombre de combinaisons, parmi lesquelles les oxychlorures que nous avons décrits plus haut.

Le vanadyle a été obtenu par Berzelius en réduisant l’anhydride vanadique par le potassium. On le prépare en dirigeant à travers un tube chauffé au rouge des vapeurs de chlorure de vanadyle VaOCP mélangées d’hydrogène (Schaffarik). C’est une poudre grise, à éclat métallique, parsemée de lamelles noires et brillantes; il se présente aussi en croûtes cristallines. Densité = 3,64.

Chauffé à l’air, le vanadyle se transforme d’abord en sesquioxyde, puis en anhydride vanadique. Il se combine directement au chlore à chaud. Il est insoluble dans les acides, soluble dans l’eau régale avec une couleur bleue.

Quoique directement insoluble dans les acides, on l’obtient en dissolution lorsqu’on traite par le zinc ou par l’amalgame de sodium la solution sulfurique d’anhydride vanadique. La solution jaune ou rouge passe par toutes les nuances du bleu et du vert pour devenir finalement violette. Cette solution qui renferme un ,sc/ hypovanadciix est extrêmement oxydable; elle brunit rapidc- II. — Chimio minérale. 4o

VANADIUM.

meut à l’air et si ou y ajoute un acide, elle se colore en vert et renferme alors un sel vanadeux. Elle transforme instantanément l’indigo en indigo blanc. L’ammoniaque y produit un précipité brun qui s’oxyde instantanément à l’air; traversée par un courant d’air, elle devient peu à peu bleue et renferme alors un sel hypovanadiq iie.

1591. Trioxyde ou sesquioxyde de vanadium Ya^O^ — Il se produit lorsqu’on réduit l’anbydride vanadique au rouge par l’hydrogène ou par le charbon, dans un creuset brasqué.

C’est une poudre noire et brillante, infusible, de 4,72 de (lensité. Encore chaude, elle est pyropliorique et se transforme en brûlant en tétroxyde. A froid la même transformation se produit à la longue, et la poudre noire se transforme en petits cristaux bleus. Chauffé dans un courant de chlore, le trioxyde se convertit en trichlorure de vanadyle (1578) et anhydride vanadique.

Il est insoluble dans les acides, mais donne néanmoins naissance à des sels {sels vanadeux). On l’obtient en dissolution en traitant la solution sulfurique d’acide vanadique par le magnésium qui, chose curieuse, ne produit pas une réduction plus avancée alors que le zinc donne naissance à du sulfate bypovanadeux. La solution réduite par le magnésium est verte si elle est acide et reste verte; elle est brune si elle est neutre.

1592. Tétroxyde de vanadium [anhydride hypova-nadique) Va^Oh II se forme, comme on l’a vu par l’oxydation des oxydes précédents, quelquefois en petits cristaux bleus brillants. On l’obtient en cristaux microscopiques d’un gris d’acier par l’électrolyse de Tanhydride vanadique fondu. M. Ditte l’a obtenu en aiguilles bleues par l’action du gaz sulfureux sur l’anhydride vanadique au rouge sombre.

Il est soluble dans les acides avec une couleur bleue, et ces solutions renferment des sels hypovanadiques ou de di vanadyle dont quelques-uns sont cristallisables. On obtient les mêmes solutions par l’oxydation des sels vanadeux verts par un courant d’air, ainsi que par l’action de certains agents réducteurs sur les solutions acides d’anhydride vanadique. C’est ainsi qu’agissent l’acide sulfureux, l’hydrogène sulfuré, l’acide oxaliquq, le glucose. Les carbonates alcalins donnent dans ces solutions un précipité grisâtre ^hydrate Ya^0^7IP0 soit Ya^O\'OH)^-f SILO se desséchant en une masse amorphe noire qui perd 4IPO à 100® (Grow).

ANHYDRIDE VANADIQUE. 707

L'hydrate hypovanadique peut fonctionner comme acide et comme base. Dans le premier cas, il donne les hypovanadates ; dans le seeond cas les sels hypovanadiques.

1593. Hypovanadates. — Le sel de potassium Va'‘0”K^ -j- 71PO s’obtient par l’addition d’un excès de potasse à la solution concentrée du chlorure Ya^O^Cb ou du sulfate hypovanadique. La 'Solution brune abandonnée à elle-même dans un flacon bouché le laisse déposer en fines aiguilles ou en lamelles brunes solubles idans l’eaü,peu solubles dans la potasse en excès, insolubles dans ' l’alcool. La solution brune se décolore à la longue à l’air en 'S’oxydant. Le sel de sodium préparé de même a la constitution ict les propriétés du sel de potassium.

Le sel d'am7no?iiu'//i\di’"0^{XzWy-\-3ll-0, obtenu de même, est un précipité cristallin brun.

Les autres hypovanadates sont insolubles et s’obtiennent par double décomposition. Le sel d'argent est une poudre cristalline noire renfermant Ya^O^Ag^; le sel de plomb Ya^O'^Pb est un précipité caillebotté.

1594. Anhydride vanadique Ya^OL — C’est le plus important des oxydes du vanadium. On le prépare par la calcination de l’un de ses hydrates ou du vanadate d’ammonium à l’air.

L’anhydride vanadique est d’un jaune rougeâtre, soluble dans 1000 parties d’eau, à réaction acide.

11 fond sans décomposition à l’abri des poussières en un liquide rouge qui, si le produit est pur, cristallise par le refroidissement on longues aiguilles ortborbombiques d’un rouge brun, transparentes et brillantes, de 3,47 à 3,56 de densité. La solidification est accompagnée d’un phénomène d’incandescence.

Acides vanadiques. — On en connaît deux : \ acide pijrovanadique Ya^O'H^ et l’acide métavanadique YaO^II. L’acide ortbovanadique YaO^H^ est inconnu.

L’acide pyrovanadique est un précipité ressemblant à l’iiydrate ferrique, que l’on obtient en précipitant la solution d’un vanadate acide par l’acide azotique. Il se transforme en acide métavanaclique déjà par la dessiccation sur l’acide sulfurique.

L’acide métavanadique ainsi obtenu est amorphe. On l’obtient en paillettes cristallines en traitant le vanadate de cuivre par l’acide sulfureux bouillant. Un procédé préférable consiste à ajouter du vanadate acide d’ammonium à une solution do sulfate

VANADIUM.

(le cuivre addilioimée de sel ammoniac en excès jusqu’à ce que le précipité cesse de se redissoiidre. En chaunariL ensuite à 7;?, l’acide métavanadique se dépose peu à peu en totalité à l’état de paillettes d’un jaune d’or, d’autant plus belles qu’elles se sont déposées plus lentement. Ce produit qu’on désigne dans les arts sous le nom do bronze de vanadium est employé dans les enluminures à la place de l’or en coquilles. Le bronze de vanadium est quelquefois formé par un vanadate ammonique.

Si l’on évapore rapidement une solution de métavanadate de cuivre, elle laisse un résidu cristallin soluble dans l’eau. Par la dialyse de Sa solution, on obtient une solution aqueuse d’acide vanadique colloïdal qui ne se trouble pas par l’ébullition et qui, par l’évaporation, laisse un résidu d’anhydride vanadique amorphe rouge (Gerland).

VANADATES.

1595. Berzelius, qui prenait le vanadyle pour le vanadium, assimilait les vanadates aux chromâtes. D’après les remarquables recherches de M. Roscoe, ces sels ont la constitution des phosphates. Les plus simples d’entre eux correspondant aux types suivants (M étant un métal monoatomique) :

Métavanadates VaO^M

Pyrovanadates Va-O'^AP

Orthovanadates VaO^M^

Tiïvanadates Va^0®M

Tétravanadates Va^O“M^

Ces derniers sont des anhydrovanadates complexes. Il faut y joindre un grand nombre d’autres polyvanadates dont la constitution rappelle la complication moléculaire des polyborates et dont nous ne pouvons ici que signaler l’existence.

Les orthovanadates solubles présentent les caractères indiqués pour le sel de sodium. Les métavanadates sont en général jaunes; quelques-uns deviennent incolores sous l’influence de la chaleur. Les métavanadates alcalins, d’ammonium, de calcium, de baryum sont peu solubles ; les autres sont insolubles. Ils ne sont pas décomposés par la chaleur (si ce n’est ceux d’ammonium et de mercure).

Les acides forts colorent la solution des vanadates en rouge en donnant souvent un sel très acide. L’acide azotique eu

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