‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 48 sur 359 · CO^K · texte numérisé non relu

CO^K

Ainsi l’acide normal doit neutraliser son propre volume d’une solution de carbonate de sodium, par exemple, renfermant 106 grammes de ce sel pur par litre. La neutralisation s’observe avec la teinture de tournesol. L’acide carbonique, colorant le tournesol en rouge vineux et étant mis en liberté par l’acide sulfurique, produit cette teinte bien avant que la neutralisation soit atteinte et il faut atteindre, avec l’acide sulfurique, la teinte dite pelure cV oignon. On n’obtient ainsi qu’un résultat approximatif qui devient plus rigoureux lorsqu’on se sert comme réactif indicateur d’une feuille de papier de tournesol sur laquelle on dépose une goutte de l’essai ; dans ce cas, l’acide carbonique se dégageant plus facilement, on observe mieux le terme de la réaction; le papier doit rester rouge, même après avoir été légèrement chauffé. Il vaut

(1) L’acide sulfurique pur et concentré ne renferme jamais 100 p. 100 d’acide réel SO^H^, il faut donc peser un poids un peu supérieur à 98 grammes, le mélanger avec précaution à l’eau, ne compléter le litre qu’après refroidissement du mélange, puis doser l’acide sulfurique dans h ou 10 centimètres cubes à l’état de sulfate de baryum (269). Si l’on a trouvé par exemple que le litre renferme 10ieï",5 d’acide sulfurique, les 990 centimètres cubes restant en renfermeront 100s'’,48o. Pour ramener le titre à 98 grammes, il faudra y ajouter une certairte quantité d’eau et compléter le volume donné par les rapports 98 gr. : 1000 cc. = 100af,48.i :x;x— 10î.’)‘^'',y0 ; il faudra donc rajouler •3ô'''',3R d'eau aux 990 cenlimètros cubes si l’on en a prélevé 10 sur lr> litre.

SELS OXYGÉNÉS UU SODIUM

encore mieux opérer l’essai dans le voisinage de l’ébulliLion (1), Pour faire un essai alcalimélriqne, on prélève, sur le produit à analyser, un écliantillon moyen de G2 grammes de soude ou 94 grammes de potasse (poids moléculaire de NaHj ou de K^O supposé exister dans le produit), qu’on dissout dans l’eau; on filtre et on complète 1 litre. On opère sur 50 centimètres culios de cette solution, en ajoutant l’acide à l’aide d’une burette divisée en demicentimètres cubes. Chaque demi-centimètre cube indique 1 p. dOÜ Na^O ; c’est le titre pondéral de Gay-Lussac. Le degré alcalimétrique de Descroizilles est obtenu avec un essai pesant a grammes. Il équivaut pour la soude à 0°62 pondéral et pour la potasse à 0°94.

C’est là le principe des essais industriels. La quantité absolue de soude ou de carbonate contenue dans un essai quelconque est facilement donnée par la quantité d’acide sulfurique ajoutée.

Pour connaître la quantité d’alcali caustique contenue dans un carbonate alcalin, on établit d’abord le titre alcalimétrique total, puis on précipite une autre portion de l’essai par une quantité suffisante de chlorure de baryum; on fütre pour séparer le carbonate de baryum et on établit le titre alcalimétrique de la liqueur liltrée renfermant l’alcali caustique; mais celle-ci contenant du chlorure de baryum, il est bon de remplacer l’acide sulfurique titré par une solution équivalente d’acide azotique. On peut aussi précipiter la solution filtrée par un courant d’acide carbonique et peser le carbonate de baryum obtenu; l’alcali caustique se calcule d’après l’équation :

BaC12 -f 2NaOH H- CO^ = CO^Ba -h 2NaCl -h H^O A 197'LO^Ba correspondent SO^NaOPI.

(i) La teinture de tournesol est un réactif peu sensible, et on la remplace avantageusement par le tournesol artificiel obtenu avec Vorcine et dissous dans l’alcool. Depuis quelques années on remplace fréquemment ce réactif par des matières colorantes artificielles. La coralline (acide rosolique) est colorée en pourpre par les alcalis et décolorée par les acides. La phtaléine du phénol est violette avec les alcalis, incolore avec les acides, h' hélianthine (orangé de diniéthylaniliue) vire au rouge par les acides forts et n’est pas influencée par l’acide carbonique ni par l’hydrogène sulfuré; elle doit être employée à froid, ce qui n’a pas d’inconvénient, parce qu’on n’est pas obligé de chasser l’acide carbonique. Enfin le bleu soluble CL B de Poirrier est rouge eu présence des alcalis caustiques et bleu avec les carbonates alcalins; il peut servir à titrer les alcalis caustiques à côté des carbonates.

SILICATES DE SODIUM.

SILIGATES DE SODIUM.

736. On ne connaît pas rortliosilicate Si (ONa)'^ ; niais le mélasilicale Si(ONa)^ correspondant au carbonate neutre, a été obtenu à divers degrés d’hydratation. Si l’on dissout dans une lessive de soude caustique une quantité de silice hydratée égale à celle de l’oxyde de sodium tenu en dissolution, on obtient par la concentralion une niasse cristalline ou, si la concentration est poussée moins loin, des masses hémisphériques radiées ou des croûtes cristallines. Ces cristaux renferment tantôt 6, tantôt 9IPO ; les premiers sont des prismes tricliniques ; les seconds, des prismes quadratiques. Les uns et les autres sont efflorescents; ils fondent à 40° et attirent l’acide carbonique de l’air (Fritzsclie). On a aussi décrit ce sel avec 7 et avec 8 molécules d’eau.

Si l’on ajoute de l’alcool à une lessive de soude saturée de silice à l’ébullition, on obtient un abondant précipité qui constitue le trimé tasilicale. Si^O^Na’-^ + 3IPO ou

(NaO)SiO SiO SiO(OxNa).

On obtient les silicates sodiques [verres solubles à base de soude) V par voie sèche en fondant de la silice avec de la soude, du cart boriate, de l’azotate ou du chlorure de sodium. Avec ce dernier sel,

I il faut faire intervenir la vapeur d’eau. Le verre soluble de soude ^ s’obtient généralement en fondant 45 parties de quartz avec 23 par- I ties de carbonate sodique sec, quelquefois avec addition. C’est i le tétrasilicate Si^O®Na’^ C’est une masse vitreuse incolore ou jau- ; nâtre, quelquefois verdâtre, qui se dissout dans l’eau cbaudc après : pulvérisation. On l’obtient aussi sous forme de lessive en dissol- ' vant le quartz en poudre ou de la terre à infusoires dans de la soude ' chaulTée sous pression.

Neutralisée exactement par un acide, la lessive de silicate se prend en gelée, qui se redissout en partie dans un excès d’acide. L’addition de sel ammoniac la fait aussi gélatiniser ; beaucoup t d’autres sels alcalins produisent le même etfet. Le précipité pro- - diiit est un silicate de sodium plus riche en silice.

Les silicates de sodium sont employés comme ceux de potassium pour la silicatisation des pierres. Si l’on met du calcaire en poudre en conlact avec une lessive de silicate alcalin, il y a Iransformalion

SlJU’UHl-iS Ub: SODIUM.

partielle en silicate de calciuni et carbonate alcalin, et production d’une pâle qui durcit peu à peu à l’air et qui adhère fortement à la surtace des pierres sur lesquelles on rappli(jue. J1 suffit, pour produire un eflet analogue, de plonger un bloc de calcaire dans une lessive de silicate, j)uis de l’exposer à l’air. L’acide carbonique de l'air intervient dans cette silicatisation, et le carbonate alcalin, surtout celui de [)otassium, est peu à peu exsudé. On peut le faire participer an durcissement en faisant intervenir de l’acide lluosilicique qui dorme un fluosilicate insoluble. Le silicate complexe formé à la surface de la pierre est très dur et susceptible d’un beau poli ; il rend la pierre inaltérable à l’aii*. C’est là un mode de conservation qui a été appliqué aux statues qui ornent le Louvre et aux principales sculptures de Notre-Dame à Paris.

La stéréochromie conÿisia à appliquer les couleurs, dans la peinture murale, à l’aide des silicates alcalins (Fuchs).

Les silicates alcalins servent encore à rendre incombustibles le bois, les étoffes, etc.

Le silicate de sodium entre dans la composition de certains savons; il trouve en outre des applications dans l’industrie des toiles peintes pour le fixage des mordants, et dans le lavage des laines. Enfin il entre dans la constitution du verre ordinaire.

737. Fluosilicate de sodium SiFPNal — Ce sel est un précipité très peu soluble dans l’eau, qui en prend 0'’,0Gp. 100 à froid et 2'’, 46 p. 100 à l’ébullition.

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