Azotite d’ammonium AzO^AzIF’. — Masse cristalline
SELS D’AMMONIUM
déliquescente, obtenue en évaporant sur l’acide sulfurique la solution produite par l’azotite de baryum et le sulfate d’ammonium. M. Bertbelot l’a obtenu aussi d’après l’équation
OAztF -f 6AzO -f 0'^ + 31PO = GAzO-’( AzH'*).
La chaleur le décompose en azote et eau. 11 détone à 60-70“ ou par le choc (Bertbelot); sa solution mousse comme du vin de Champagne.
813. Azotate d’ammonium k.z(y\\zW). — Prismes orthorbombiques anhydres, doués d’une saveur fraîche et piquante, solubles dans la moitié de leur poids d’eau froide, et presque en toute proportion à l’ébullition. En dissolvant 60 grammes de ce sel dans 100 parties d’eau, on abaisse la température de-i-13“,6 à — 13“,6; avec une température initiale de 0“ l’abaissement n’atteint que — 16°, 7, température à laquelle a lieu la congélation de la solution. Ce sel est soluble dans l’alcool.
Chauffé, l’azotate d’ammonium fond à 152“, puis se décompose à partir de 250“ en eau et protoxyde d’azote, en même temps qu’une partie du sel se sublime (Bertbelot). Lorsqu’on le chauffe brusquement, par exemple enle projetant sur une plaque chauffée au rouge, il se décompose avec une vive lumière jaune, en produisant de l’eau, de l’azote et du bioxyde d’azote.
L’azotate d’ammonium est un comburant énergique. Beaucoup de métaux, par exemple le zinc, prennent feu lorsqu’on les plonge dans ce sel en fusion.
L’azotate d’ammonium sec absorbe le gaz ammoniac en se liquéfiant. La combinaison liquide produite à — 10“ renferme AzO^(AzH^). 2x\zH^ ; elle perd à 25“ la moitié de l’ammoniaque fixée. Cette combinaison peut servir à liquéfier le gaz ammoniac dans un tube Faraday. L’azotate d’ammonium est plus soluble dans l’ammoniaque que dans l’eau (Divers, Raoult).
814. Phosphates d’ammonium. — Phosphate triammomque PO'^(AzH'")b — Il se dépose en cristaux confus, peu solubles, lorsqu’on ajoute de l’ammoniaque concentrée à la solution d’un des phosphates suivants. Il cristallise dans l’ammoniaque étendue en prismes courts qui contiennent 3PPO. Ce sel est assez instable et perd facilement le tiers de son ammoniaque, ce qui a lieu rapidement par l’ébullition de sa solution. On en fait usage pour la neutralisation des jus sucrés.
CARBONATES AMMONIQUES.
Phosphate diammonique PO^H(AzH")^. — On preparo ce sel, dit Ij .hosphate neutre, en précipilant une solution de phosphate acide le calcium par le carbonate ammonique, puis concentrant la li- [ueur filtrée avec addition d’ammoniaque. Il cristallise en gros trismes clinorhombiques transparents, perdant un peu d’ammoj liaque à l’air. Il est isomorphe avec le sel de potassium. Use dis- ,out dans 4 fois son poids d’eau froide. La solution perd la moitié de 5on ammoniaque àPébullition et renferme alors le phosphate acide. 1 Phosphate mono-ammonique PO^I'P(AzH^). — Ce sel, qui a été :rouvé dans certains échantillons de guano, se forme, comme on vient de le voir, parla décomposition des phosphates précédents. [1 cristallise en prismes quadratiques ou en octaèdres, solubles dans O parties d’eau froide.
Tous les phosphates d’ammonium laissent de l’acide métaphosphorique par la calcination. Gay-Lussac a proposé leur emploi pour rendre les tissus incombustibles.
Phosphate sodico-ammonique PO^HNa(AzhP). — Il a déjà été observé par les alchimistes et se rencontre dans l’urine ; il était désigné sous le nom de ml microsmicum; on le désigne souvent sous celui de sel de phosphore. Herapath l’a rencontré cristallisé dans le guano. On le prépare en dissolvant dans l’eau bouillante 5 parties de phosphate de sodium cristallisé et 2 parties de phosphate mono-ammonique. Il cristallise par le refroidissement en prismes clinorhombiques transparents, qui ont pour composition ’ PO''HNa(AzH'^) 4H^O. Ces cristaux s’effleurissent à l’air en perdant de l’eau et de l’ammoniaque ; c’est ce qui arrive plus rapidement à chaud; le résidu est alors le phosphate monosodique ou le métaphosphate (hexamétaphosphate) vitreux si la température a été suffisante.
Ce sel est employé dans les analyses au chalumeau.
815. Borates d’ammonium. — Le métaborate BoO^(AzII'^) -h2tI-0 s’obtient en traitant à 50° une solution d’acide borique par un excès d’ammoniaque. Il forme des cristaux efflorescents. Il a, comme les phosphates, été proposé pour rendre les tissus incombustibles, car il laisse de l’acide borique vitreux par sa calcination. On a décrit plusieurs autres borates d’ammonium cristallisés.
816. Carbonates ammoniques. — Ces sels correspondent aux carbonates de sodium et de potassium; seulement le carbonate neutre est très instable et tend à se transformer déjà à une
SELS D’AMMONIUM
température peu élevée en sesquicarbonale, en perdant de l’arnmo- | Iliaque. Ces sels ont en outre une tendance à perdre une partie 1 des éléments de l’eau qu’ils renferment, pour donner le carbamale d’ammonium, sel qui est le produit principal de l’action du gaz ammoniac sur l’anhydride carbonique I
C02 + 2AzrP = C0:
AzH2
OAzH'^
Le carbonate ammonique du commerce est un produit complexe, combinaison ou mélange, de 1 molécule de carbamate avec 1 molécule de bicarbonate d’ammonium (CO)^{AzrP) (OH) (OAzIP)^ |
Traité par l’alcool, il se dédouble en carbamate qui se dissout et i bicarbonate insoluble. L’exposition à l’air lui fait aussi perdre du ^ carbamate par volatilisation.
Le carbonate ammonique se produit dans la distillation sèche de la corne, de l’ivoire et autres matières azotées ; les anciens alchimistes le connaissaient sous le nom à' esprit de corne de cerf.
On prépare aujourd’hui le produit industriel en soumettant à la } sublimation, dans des cornues ou chaudières en fer, un mélange de i
craie et de chlorure ou de sulfate d’ammonium. La chaudière est jsurmontée d’un chapiteau de plomb qui conduit les vapeurs dans un j récipient refroidi. On purifie le produit par une seconde sublimation. On obtient ainsi une masse translucide dure, blanche et cris- if talline, possédant une odeur fortement ammoniacale.
Ce corps est surtout employé dans la boulangerie de luxe et la pâtisserie, pour faire lever la pâte par les gaz qui se produisent à [ chaud.
Le carbonate ammonique, additionné d’ammoniaque, est fré- c quemment employé dans l’analyse chimique, pour précipiter le i calcium, le baryum, le strontium.
Carbonate NORMAL d’ammonium CO^(AztP)^ H^O. — M. Divers a isolé récemment ce sel, qu’on ne connaissait qu’en dissolution. ï On peut l’obtenir en traitant le carbonate du commerce par une i solution d’ammoniaque insuffisante pour le dissoudre. Il reste alors i sous la forme d’une masse cristalline. Si l’on ajoute un peu d’al- r cool à la solution ammoniacale du carbonate commercial, il se h dépose en cristaux aplatis. Enfin on l’obtient en cristaux transpa- i rents, groupés en épis, en saturant la même solution de gaz ammoniac, ajoutant une nouvelle portion de carbonate et chauffant i
SULFURES D’AMMONIUM
oiicement. Le carbonate neutre cristallise parle refi’oidissemeiit. Ce sel perd rapidement de l’ammoniaque à l’air. Distillé, il se 4issocie complètement à 58% mais se régénère dans le récipient. 11 !St soluble dans sou poids d’eau à 15% en donnant une solution il luileuse qui abandonne, par un fort refroidissement, des cristaux le divers carbonates ammoniques. Sa solution mousse à 70'' et )out à 75-80°.
11 est insoluble dans l’alcool, qui lui enlève la moitié de ammoniaque. 11 est insoluble à froid dans l’ammoniaque concenrée; s’y dissout à 20-25° et donne des cristaux de carbonate par e refroidissement.
Sesquicarbonate d’ammonium (CO^)"H%Az11'')’' -h 2H"0. — 11 se dépose en prismes rectangulaires droits lorsqu’on abandonne à l’évaporation la solution ammoniacale du carbonate commercial (Deville). Déposé de la solution saturée à 30°, il se présente entames hexagonales contenant une molécule d’eau (Divers). 11 est soluble il ans 5 fois son poids d’eau à 15° ; traité par une plus petite quantité d’eau, il se dédouble en bicarbonate moins soluble et ammoniaque. L’alcool le décompose (Divers). L’exposition à l’air lui fait aussi perdre de l’ammoniaque.
Carbonate monammoniqüe ou bicarbonate C0^1i(AzH%. — On le rencontre quelquefois cristallisé dans le guano et dans les appatreils d’épuration du gaz. 11 se produit, comme on l’a vu, par les carbonates précédents. C’est une poudre blanche qui recouvre le carbonate du commerce exposé à l’air. Si l’on sature une solution d’ammoniaque par du gaz carbonique, le bicarbonate se dépose en prismes orthorhombiques.
Le bicarbonate d’ammonium se dissocie à 60°; distillé doucement, il se régénère dans le récipient, mais si la distillation est vpoussée rapidement, il y a élimination d’eau et le produit présente alors la composition du carbonate commercial, c’est-à-dire I qu’une partie s’est convertie en carbamate (Divers).
Le bicarbonate se dissout dans 8 parties d’eau à 15° ; la solution perd de l’acide carbonique par la chaleur.
SULFURES D’AMMONIUM
817. On connaît plusieurs sulfures ammoniques. Le monosul- V fure, le sulfhydrate et des polysulfures. Les deux premières comy binaisons sont très volatiles et leurs densités de vapeur correspon-
SELS D’AMMONIUM
dent, pour la première, à une molécule de d volumes, ou à peu près; pour la seconde, à une molécule de 4 volumes (Deville et Troost). Mais, à cet état, les combinaisons sont dissociées :
(AzH'fS — 2AzIP 4- H2S et Azir\SH = AzH^ + H^S.
4 vol. 2 vol. 2 vol. 2 vol.
En effet, si l’on mélange les gaz ammoniac et hydrogène sulfuré secs dans les proportions ci-dessus, ou en toute autre proportion, on ne remarque aucune contraction si la température ne s’abaisse pas assez pour que les sulfures cristallisent. En outre, il ne se manifeste ancun effet thermique; il n’y a donc pas combinaison à l’état gazenx (llorstmann, Salet).
Si les combinaisons se font avec les composants dissous, il y a dégagement de par l’nnion de 2AzH^ -h IPS = (AzIP)^S; la fixation d’nne nouvelle molécule IPS fournit 2 molécules de suifhydrate en dégageant 2 fois (Berthelot, Thomsen).
818. Monosulfure (AzH^)^S. — Il se produit lorsqu’on refroidit nn mélange de 2 volumes de gaz ammoniac avec un volume d^’hydrogène sulfuré, ou plus simplement en dirigeant dans un récipient, entouré d’un mélange réfrigérant, les vapeurs produites en chauffant du sulfure de potassium avec du sel ammoniac. Il se condense en cristaux incolores très solubles dans l’eau, qui perdent de l’ammoniaque à l’air.
La solution de ce sulfure, très utilisée comme réactif, s’obtient comme celle du sulfure potassique ; le réactif usuel renferme généralement un excès d’ammoniaque. Il est presque toujours coloré en jaune par nn polysulfure résultant d’une oxydation partielle à l’air; on peut le décolorer en l’agitant avec du plomb, du cuivre ou de l’argent en poudre (Merz et Weith).
Le sulfure ammonique dissout très facilement les sulfures acides pour donner des sulfosels.
819. Sulfhydrate d’ammonium AzIPSII. — Un mélange à volumes égaux des gaz AzIP et H'^S fournit à 0” des aiguilles ou des lamelles incolores. On l’obtient en solution en saturant l’ammoniaque par l’hydrogène sulfuré. Sa solution est incolore quand elle est récente, mais jaunit rapidement à l’air.
820. Polysuifures. — En dissolvant du soufre dans le suifhydrate d’ammonium, saturant d’ammoniaque, puis de nouveau d’hydrogène sulfuré, dissolvant une nouvelle quantité de soufre