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FLUOR. — HISTORIQUE. ÉTAT NATUREL

Elle a été recommandée depuis longtemps, pour la restauration des peintures noircies par l’hydrogène sulfuré, ainsi que des gravures et estampes anciennes. Enfin, elle sert dans la teinture des cheveux, qu’elle fait passer du brun au blond.

MÉTALLOÏDES MONATOMIQUES

Ils constituent la famille du chlore. Rangés d’après la valeur de leur poids atomique, qui est aussi l’ordre de leur affinité pour l’hydrogène, ils se présentent dans l’ordre suivant :

Fluor = 19, chlore — 35,37, brome = 79,76, iode — 126,56..

On les désigne sous le nom d’éléments halogènes puisqu’ils donnent naissance à des sels binaires en s’unissant aux métaux (de &\o <j, sel yewao), j’engendre).

FLUOR. — Fl = 19.

Densité inconnue.

140. Historique. État naturel. — Cet élément, peu connu à l’état de liberté, se rencontre dans la nature en combinaison avec différents métaux, principalement le calcium, l’aluminium et le sodium. Avec le calcium, il constitue le minéral désigné sous le nom de fluorine ou de spath fluor , qui est très abondant dans certains filons métallifères, formant des masses fibreuses ou des cristaux cubiques isolés. Uni à l’aluminium et au sodium, il constitue une roche puissante, la cryolithe , que l’on rencontre au Groenland. Le fluor entre encore dans la constitution d’un grand nombre d’autres minéraux plus complexes, tels que l’apatite, l’yttrocérite, la lépidolithe, etc., etc. Sa présence, en petite quantité, a été signalée dans beaucoup d’eaux minérales, dans les os, les dents, le sang, ce qui montre que sa diffusion dans la nature est très étendue (Nicklès).

On connaissait déjà au dix-septième siècle la propriété que possèdent les vapeurs produites par le spath fluor et l’huile de vitriol d’attaquer le verre. Scheele le premier isola l’acide du spath fluor, acide qui fut étudié plus tard, en 1808, par Gay-Lussac et Thénard. Ampère fit voir en 1810 que Xaci.de fluorique dans lequel on admettait jusqu’alors la présence de l’oxygène, est un

FLUOR

acide analogue à l'acide chlorhydrique, c’est-à-dire une combinaison d’hydrogène avec un élément qui fuL désigné sous le nom de fluor (de fluere , couler, à cause de l’emploi du spath fluor comme fondant). Davy confirma l’opinion d’Ampère en montrant, par l’action du potassium, que le fluorhydrate d’ammoniaque est exempt d’oxygène.

141 . Fluor libre. — De nombreuses tentatives ont été faites pour isoler le lluor de ses combinaisons, mais les affinités si puissantes dont il est doué les ont toutes fait échouer presque complètement. Son affinité pour l’hydrogène et les métaux est supérieure à celle du chlore; par contre, c’est le seul élément qui ne paraisse pas pouvoir former de combinaison avec l’oxygène. Son affinité Ja plus caractéristique est celle qu’il possède pour le silicium. Ces circonstances expliquent l’insuccès que nous venons de rappeler.

Davy chercha à décomposer le fluorure d’argent par le chlore, mais comme il opérait dans des vases de verre, il obtint du iluorure de silicium et de l’oxygène; ayant remplacé le verre par du platine, il obtint du fluorure de platine. Les frères Ivnox répétèrent cette expérience avec du fluorure de mercure, dans des vases de spath fluor, évidemment inattaquables par le fluor, mais ils n’obtinrent que de l’acide fluorhydrique et de l’oxygène, le fluorure de mercure n’ayant pas été séché. Du reste, le chlore et le brome sont sans action sur le fluorure d’argent sec, comme l'a montré M. Gore, si ce n’est au rouge; les vases de platine, d’or ou d’argent, et même de graphite, sont alors profondément attaqués. L’iode agit sur le fluorure d’argent en donnant du fluorure d’iode et du fluorure d’argent.

M. Moissan a tenté d’isoler le fluoF par l’oxydation du fluorure de phosphore, mais sans y réussir.

M. Fremy, en soumettant le fluorure de potassium à l’électrolyse, obtint un gaz attaquant rapidement le platine, décomposant l’eau avec dégagement d’oxygène et déplaçant l'iode des iodures. 11 est arrivé au même résultat en traitant les fluorures par l’oxygène.

Enfin M. Moissan est parvenu tout récemment à isoler le fluor en soumettant l’acide fluorhydrique anhydre ou le fluorhydrate de fluorure de potassium à l’électrolyse.

L’appareil qu’il emploie est un tube en U en platine, muni de tubes de dégagement en platine, et fermé par des bouchons de fluorine que traversent les électrodes de platine; l’électrode posi-

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