COMPOSITION DE L’ACIDE CHLORHYDRIQUE
La préparation de l’acide chlorhydrique dans les laboratoires, aussi bien que dans l’industrie, repose sur la décomposition du chlorure de sodium par l’acide sulfurique. Suivant la température à laquelle on effectue la réaction, on décompose I ou 2 molécules de chlorure de sodium par 1 molécule d’acide sulfurique
NaCl + S04H2 = SOMINa + HCl 2NaCl + S04H2 = S04Na2 + 2HC1.
La première réaction est celle qui a lieu à une température peu élevée, même avec un excès de chlorure de sodium.
Pour préparer le gaz acide chlorhydrique, on place dans un ballon, muni d'un tube de sûreté en S et d’un tube de dégagement, 6 parties de chlorure de sodium et l’on y verse peu à peu par le tube de sûreté 10 à 11 parties d’acide sulfurique concentré. Le sel ordinaire est décomposé tumultueusement par l’acide sulfurique et le dégagement de gaz est difficile h régulariser, aussi le remplace-t-on par le sel fondu qui, beaucoup plus compact, se décompose régulièrement à une douce chaleur. Le ballon n’a pas besoin d’être aussi spacieux et tout l’acide concentré peut être ajouté d’un coup. Il ne se produit pas d’eau dans la réaction, on peut donc directement recueillir le gaz sur le mercure; on ne peut pas le recueillir sur l’eau à cause de sa grande solubilité.
156. Composition de l’acide chlorhydrique. — L’expérience synthétique rappelée plus haut montre que les gaz hydrogène et chlore s’unissent à volumes égaux et sans cond ensation. On arrive au même résultat en analysant le mélange gazeux produit par l’électrolyse d’une solution d’acide chlorhydrique. En absorbant le chlore par la potasse, le volume du mélange se réduit de moitié; ce qui reste est de l’hydrogène. Le même mélange soumis à l’action de la lumière ne change pas de volume e t le produit de la combinaison est totalement soluble dans l’eau. Pour effectuer cette électrolyse, il faut employer des électrodes de charbon et opérer suide l’acide chlorhydrique très concentré; comme celui-ci dissout beaucoup de chlore, l’expérience doit être prolongée longtemps avant que les gaz de l’électrolyse se dégagent dans les rapports voulus. Ces expériences sont donc peu précises.
On met plus aisément en évidence la composition du gaz chlorhydrique en décomposant celui-ci par l’étain ou par le sodium. On introduit un volume déterminé de gaz bien sec dans une
CHLORE
Fi". 88.
cloche courbe ([ Ig. 88) et l'on y fait passer un morceau d’étain ou de sodium, qui reste dans la cavité pratiquée dans la cloche à cet
effet. En chauffant le métal, celui-ci décompose l’acide chlorhydrique dont il met l’hydrogène en liberté.
En mesurant celui-ci, on voit que son volume est juste la moitié de celui du gaz chlorhydrique employé. Si donc de la densité du gaz chlorhydrique, par rapport à l’hydrogène, 18,185, on retranche la moitié de la densité de l’hydrogène, soit 0,5, on trouve le nombre 17,685, qui est la moitié de la densité du chlore. On en conclut que l’acide chlorhydrique renferme la moitié de son volume de chacun des gaz composants, unis par conséquent sans condensation.
157. Propriétés. — L’ acide chlorhydrique est un gaz incolore, doué d’une odeur très irritante ; exposé à l’air il en absorbe l'humidité et donne un acide hydraté, qui produit des fumées blanches épaisses. Sa densité par rapport à l’air est égale à 1,247 (Biot et Gay-Lussac). Il se liquéfie à 10°, sous une pression de 40 atmosphères ; à — 4°, sous une pression de 25 et à — 16° sous une pression de 20 atmosphères. L’acide liquéfié a pour densité 1,27 (Davy et Faraday). Il se concrète à — 115°, 7 en une masse cristalline fusible à — 112°, 5 (Olszewski). L'acide liquide est sans action sur les métaux, sauf l’aluminium (Gore).
Le gaz chlorhydrique est dissocié à une température élevée, mais sa tension de dissociation est très faible à 1400° (IL Deville).
Il est sans action sur la plupart des métalloïdes. La majeure partie des métaux le décomposent, à froid ou à chaud. L'or, le platine et quelques autres métaux sont sans action.
158. Solubilité. — Le gaz acide chlorhydrique est très soluble dans l’eau qui, à 0°, en dissout 503 fois son volume; à 10°, 472 volumes ; à 2.0°, 442 volumes; à 60°, 343 volumes. Celle solubilité n’obéit pas à la loi de Dalton. L'eau, qui dissout 524 volumes de gaz à 0°, sous une pression de 1 mètre de mercure, devrait en dissoudre 52v0’y4 sous une pression de 0 m , 1 0 ; or elle en dissout encore alors 402 volumes (Roscoe et Ditlmar).