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C10K = CI03K -J- 2KC

C'est à l’aide des chlorates qu'on prépare l'acide chlorique libre. On décompose le chlorate de baryum, en solution aqueuse, par une quantité équivalente d’acide sulfurique :

(C103)2Ba + SOvH2 = S04Ba + 2C103H

puis on concentre la solution filtrée dans le vide. Pour obtenir le chlorate de baryum, on traite une solution concentrée chaude de chlorate de potassium par l’acide lluosilicique, on sépare par le filtre le tluosilicate de potassium précipité et on neutralise la •solution filtrée par le carbonate de baryum, qui précipite l’excès d’acide lluosilicique. Après avoir séparé le tluosilicate de baryum on fait cristalliser la solution qui renferme le chlorate de baryum.

On peut aussi se débarrasser de l’excès d’acide lluosilicique : accompagnant l’acide chlorique en ajoutant de la silice précipitée à la solution : l’acide lluosilicique se transforme ainsi par la coni centration en fluorure de silicium gazeux qui se dégage ; il ne reste plus qu’à séparer l’excès de silice par le filtre et à concentrer l’acide chlorique.

L'acide chlorique concentré dans le vide, sur l’acide sulfurique, contient 40 p. 100 d’acide réel, ce qui correspond à la formule C103H H- 7H20. Si on cherche à le concentrer davantage, il se décompose en acide perchlorique, chlore et oxygène. Cette altération se produit à la longue dans l’acide concentré.

C’est un liquide incolore ou jaunâtre, à réaction acide, détruisant les couleurs végétales.

Les matières organiques décomposent violemment l’acide chlorique. L’alcool, le papier, etc., s’enflamment au contact de cet acide qui est aussi décomposé instantanément par l’acide chlorhydrique, l’hydrogène sulfuré, l’acide sulfureux.

La formation de 1 molécule C103H dissous, à partir des éléments, est de — 12 calories (Thomsen, Berthelot).

COMPOSÉS OXYGÉNÉS DU CHLORE

La composition de l’acide clilorique a été nettement établie par M. Slas, d’après l’analyse du sel d’argent pur C103Ag.

L’acide clilorique est monobasique.

181. Chlorates. — On les obtient en général en saturant l’acide libre par un oxyde ou un carbonate.

On a vu que les liypochlorites sont transformés en chlorates par l’ ébullition et que les chlorates se forment exclusivement lorsqu’on fait agir le chlore sur un alcali ou un carbonate alcalin en solution concentrée, en chauffant au besoin.

C’est ainsi qu’on prépare le chlorate de potassium, le plus important de ces sels, découvert par Berthollet.

6KIIO + 3C12 = CI03K + 5KC1 + 3H20 3C03K2 + 3CI2 = C103K -4- 5KG1 + 3C02.

Le chlorate, beaucoup moins soluble que le chlorure, s’en sépare aisément par cristallisation.

Les chlorates sont tous solubles dans l’eau; c’est celui de potassium qui l’est le moins. On a vu comment ces sels se comportent à l’égard de l’acide sulfurique concentré (peroxyde de chlore) et de l’acide chlorhydrique (euchlorïne).

Soumis à l’action de la chaleur, les chlorates se décomposent en chlorure et oxygène; quelques-uns, par exemple celui de magnésie, donnent de l’oxyde et un mélange de chlore et d’oxygène. Le chlorate de potassium se décompose en deux phases (88, 3°) : il se transforme d’abord en chlorure et perchlorate et celui-ci se décompose ensuite en chlorure et oxygène.

Les chlorates sont des comburants énergiques. Ils fusent sur un charbon ardent et donnent avec les matières combustibles (charbon, soufre, sulfure d’antimoine) des mélanges explosifs détonant avec une extrême violence par le choc ou le frottement (Voir Potassium, chlorate).

ACIDE PERCHLORIQUE. -CIO H.

182. Découvert par Stadion en 1816, cet acide se produit par la décomposition de l’acide clilorique sous l’influence de la chaleur ou de la lumière :

3C103II = Cl CO H + Cl2 -h 202 + H20.

On peut l’obtenir facilement en partant du sel de potassium et en opérant comme pour la préparation de l’acide clilorique. Le

ACIDE PERCHLORIQUE.

perclilorate de potassium s'obtient aisément en chauffant le chlorate :

2C10SK = CIO’*K + K Cl + O2.

On fait digérer le sel fondu avec de l'acide chlorhydrique, qui est sans action sur le perclilorate, jusqu’à décomposition du chlorate existant encore dans le mélange, puis on fait cristalliser le perclilorate dans l’eau bouillante.

L'acide perchlorique a été étudié avec beaucoup de soin par VM. Roscoe, qui le prépare comme il suit :

On distille le perclilorate de potassium pur et sec dans une cornue avec 4 fois son poids d'acide sulfurique concentré. A 110° il -se produit des fumées blanches et il distille un liquide incolore ou jaunâtre qui constitue l'acide non hydraté CIO’ H. En continuant la distillation, ce liquide se convertit en une masse cristalline ! blanche, qui constitue Y hydrate C104H.H20. L’eau de cet hydrate provient de la décomposition d’une partie de l’acide perchlo- : ri que.

Si l'on chauffe cet hvdrate, il se dédouble de nouveau en acide

iC104H et en un clihydrate qui ne passe à la distillation qu’à 203°.

1 Cette rectilication de l’hydrate prive le produit de l’acide sulfurique i entraîné.

On prépare encore très facilement l'acide perchlorique en chauf- ! fant au bain-marie d’abord, puis plus fort, le perclilorate d’ammo- : ilium avec de l'acide azotique pur; l'ammoniaque est ainsi brûlée • et l’acide perchlorique mis en liberté. On chauffe pour chasser l'excès d’acide azotique jusqu’à ce qu'il se produise des vapeurs d'acide perchlorique (Sclilœsing).

L’acide perchlorique pur C104II est un liquide mobile, incolore ou jaunâtre, qui ne se concrète pas à — 35°. Sa densité à 15° est égale à 1,782. Il est très avide d’eau et émet d’abondantes fumées à l’air. Versé dans l'eau, il s’y combine avec sifflement et élévalion de température. Il enflamme le papier et le bois et se décompose avec une extrême violence au contact du charbon de bois en poudre. Appliqué sur la peau il produit des ulcères dont la guérison est très longue. Il se décompose spontanément avec explosion après quelques jours, même dans l’obscurité, et il ne peut être soumis à une nouvelle distillation.

L 'hydrate ClOil-t-ILO, d’abord envisagé comme l’acide luimême et découvert par Sérullas, cristallise en longues aiguilles

BROME

incolores, fusibles à .‘10°. Fondu, il fume à l’air et esl vivement décomposé par les matières organiques.

Le second hydrate C10lII-f-2IP0 (environ), dont la formation est indiquée plus haut, est un liquide oléagineux, d’une densité égale h 1,82, incolore et inodore. Il distille à 203° et se produit lorsqu’on distille un acide plus étendu. C’est un hydrate comparable à ceux de l’acide chlorhydrique et sa composition varie sans doute avec la pression. Distillé à 203° il renferme 28,4 p. 100 d’eau, ce qui correspond à un peu plus de 2 molécules.

La formation de C10*H dissous a lieu avec dégagement de 4C,I,9, celle de CIOMLIFO solide dégage 8cal , 6 et celle de C104H.2H20 15cal,0 (Berthelot).

183. Perchlorates. — Nous ne reviendrons pas sur les circonstances de leur formation. Ils sont en général solubles dans l’eau, cristallisables et déliquescents. Ils fusent sur les charbons ardents. Ils se décomposent à une température plus élevée que les chlorates. Ils ne sont pas décomposés à froid comme ceux-ci par les acides sulfurique et chlorhydrique. Le -sel de potassium est très peu soluble dans l’eau froide, tandis que le sel de sodium y est très soluble, ainsi que dans l’alcool.

BROME. - Br — 79,75.

Dons. vap. ; (H.) = 80,0 (air) = 5,54. P, moléc. = 159,05.

184. État naturel. — Extraction. — Le brome, découvert par Balard en \ 826, accompagne, à l’état de bromures, les chlorures

contenus dans les eaux de la mer et dans un grand nombre d’eaux

salines chlorurées, telles que celles de Kreuznach, Stessfurt, Bourbonne, Salies de Béarn, Chesshire, etc. Des sources riches en bromures ont aussi été découvertes en Amérique, notamment dans

l’État de l’Ohio. L’argent corné de Mexico renferme du bromure

d’argent à côté du chlorure.

Les bromures de sodium et de magnésium, contenus dans les eaux de la mer ou autres, sont très solubles et s’accumulent dans les eaux mères qui restent après la séparation du sel marin.

C’est des eaux mères des salines de la Méditerranée que Balard l’a retiré pour la première fois. Les eaux mères des soudes de varechs, qui ont servi à l’extraction de l’iode, renferment également des bromures.

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