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BROME. — EXTRACTION

Ces différentes eaux mères sont concentrées pour les priver le dus possible des chlorures restants, après quoi on y ajoute du >eroxyde de manganèse et de l’acide sulfurique, pour décomposer e bromure de magnésium et mettre le brome en liberté.

MgBra + MnO2 + 2SO*H2 = S04Mg + S04Mn + 2H20 + Br2.

On opère soit dans des cornues de verre, soit, en grand, dans les appareils en grès. Les vapeurs de brome sont amenées parles tubes de grès daqs une série de flacons de Woulf refroidis, ni elles sé condensent.

Comme le bromure de l’eau mère est toujours accompagné de bhlorure, il se dégage en même temps du chlorure de brome très volatil dont les vapeurs, moins condensables que le brome, sont •eçues dans une lessive de soude.

Le brome condensé renferme néanmoins toujours un peu de •hlore. Pour l’en priver entièrement, le mieux est de le distiller sur du bromure de potassium.

La lessive de soude qui a. dissous le chlorure de brome renferme iiu chlorure et du bromate. En calcinant ce mélange salin, le bromate se trouve converti en bromure, que l’on sépare facilement du chlorure par cristallisation, le chlorure étant beaucoup moins soluble.

On peut aussi saturer le chlorure de brome par la baryte, calciner le mélange de chlorure et de bromate, puis reprendre par l'alcool qui ne dissout que le bromure de baryum.

Pour retirer le brome des eaux-mères des soudes de varech, id’où l’on a isolé l’iode, on peut suivre le même traitement.

Quand on n’a à extraire qu’une petite quantité de brome des eaux mères, ou que l’on veut seulement en constater la présence, on a recours au procédé qui a servi à Balard et qui repose sur le déplacement du brome par le chlore. On traite l’eau mère par le chlore gazeux ou par l’eau de chlore ; la présence du brome se manifeste par la couleur jaune plus ou moins foncée que prend l’eau mère. En agitant avec de l’éther, celui-ci enlève le brome à l’eau et donne une solution éthérée de brome plus légère que l’eau. On peut remplacer l’éther par le chloroforme, qui est plus dense, et l’on obtient alors le brome dans la couche inférieure. On traite la solution éthérée ou chloroformique par une solution dépotasse, qoi lui enlève le brome et donne un mélange de bromure et de bro-

Chimie minérale.

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mate ; on calcine ce mélange après évaporation et on traite le résidu de bromure par le peroxyde de manganèse et l’acide sulfurique.

Il faut, dans cette opération, éviter l’emploi d’un excès de chlore.

185. Propriétés. — Le brome est un liquide rouge brun foncé, opaque, qui a pour densité 3,1872 à 0° (Is. Pierre). Il ne se solidifie qu’à — 24°, 5 en une masse cristalline d'un rouge brun (de Baumhauer); quand il est humide, cette solidification peut se faire déjà à — 7°. Il est très volatil et émet à l'air d’abondantes vapeurs rouges, douées d’une odeur désagréable, des plus irritantes, qui le rend très dangereux à respirer; c’est cette odeur qui lui a valu son nom (de (üpûgoç). On diminue l’émission de ces vapeurs en le conservant sous une couche d’acide sulfurique. Il attaque profondément la peau et les muqueuses.

Le brome pur bout à 63° (Is. Pierre, Stas) (1). Sa densité de vapeur est égale à 5,54 (Mitscherlich) par rapport à l’air, soit 80,0 par rapport à l’hydrogène. Lorsqu’elle est observée à une température très élevée, elle s’abaisse à 4,0 ou 4,4 (Crafts, Y. Meyer et Züblin), ce qui indique une dissociation partielle des molécules. MM. Meyer et Züblin ayant observé la densité de vapeur du brome naissant (décomposition du bromure de platine) à une haute température (1.500° environ) sont arrivés au nombre 3,64, qui est exactement les 2/3 de la densité normale.

Les propriétés chimiques du brome le rapprochent du chlore. Il agit comme lui sur les matières organiques, en leur enlevant l'hydrogène. Il décolore les couleurs végétales, mais moins énergiquement que le chlore. Il se combine directement à la plupart des métaux. Sa combinaison avec le potassium est très violente, tandis qu’il est sans action sur le sodium à froid (Merz et Weith). Il se combine avec incandescence au phosphore, à l’antimoine, à l’étain.

Le brome se dissout dans 33 parties d’eau à la température ordinaire. La solution est jaune brun et perd du brome quand on l’abandonne à l’air. L 'eau de brome se décompose à la lumière comme l’eau de chlore, en dégageantdc l’oxygène.

Le brome forme avec l’eau, à 0°, un hydrate qui se dissocie à 15° et qui renferme Br2-t-10II2O (Lœwig).

(1) Les indications relatives à la densité et au point d’ébullition du brome sont très divergentes :

Solidification: Balard, Sérullas, — 18°; Liebig , — 25°; Pierre, — 7°, 5; 11egnauld, — 7°, 32; J. Philipp, — 7°, 3 (pour le brome sec et exempt de chlore).

Ébullition: Pierre, 63°; Laudolt, Andrews, 58°, 6; Lœwig, 45°.

ACIDE BROMHYDRIQUE.

Le brome est beaucoup plus soluble dans l’acide chlorhydrique [ne dans l’eau et parait former une combinaison très instable ICI H- Br2 (Berthelot).

Le brome libre colore l’empois d’amidon en jaune rougeâtre.

186. Poids atomique du brome. — Le nombre usuel est 80. ,e nombre plus exact est 79,75, l’oxygène étant 15,96 (Stas).

Usages. — Le brome libre est surtout employé pour les opéraions de laboratoire et dans la préparation de beaucoup de maières colorantes artificielles (éosine). Les bromures trouvent divers mplois en médecine et dans les arts. Celui de potassium est fré- [uemment administré comme agent sédatif et est d’un usage imjortant dans la photographie.

ACIDE BROMHYDRIQUE. — HBr=8i (ou 80,75).

187. Formation et préparation. — L’union directe de l’hy- Irogène avec la vapeur de brome ne s’observe que lorsqu’on fait >asser le mélange à travers un tube chauffé au rouge et renfermant le la mousse de platine. L’hydrogène continue à brûler dans la /apeur de brome en produisant du gaz acide bromhydrique qui urne à l’air. Il se produit, du reste, dans les mêmes circonstances {ue l’acide chlorhydrique : action de l’acide sulfurique sur lesbronures; décomposition de certains bromures par l’eau ; action du nome sur beaucoup de combinaisons hydrogénées, minérales ou organiques.

La production de l’acide bromhydrique à l’aide des bromures et I le l’acide sulfurique ne peut être utilisée pour sa préparation, à uause de l’action réductrice qu’exerce l’acide bromhydrique sur acide sulfurique concentré, action dans laquelle du brome est mis )n liberté et se mélange à l’acide bromhydrique.

On pourrait remplacer l’acide sulfurique par l’acide phospho- .’ique concentré.

Le procédé le plus généralement suivi consiste à décomposer le pentabromure de phosphore par l’eau

PBr5 + 4II20 = 5HBr -f- PO 4H3.

Pour cela, il est inutile de préparer le bromure de phosphore et il suffit de traiter le phosphore par le brome en présence de l’eau. Un tube en W fermé à une de ses extrémités par un bouchon,

BROME

terminé à l’autre par un tube de dégagement, reçoit dans la branche CD (fig. 98), voisine du tube de dégagement, des fragments de phosphore et du verre concassé humecté d’eau, en couches alternatives : le coude A reçoit le brome que l’on fait passer en vapeur, en le chauffant doucement, sur la colonne CD où se passe la réaction : le bromure de phosphore qui se produit est instantanément décomposé par l’eau en donnant du gaz bromhydrique que l’on recueille sur la cuve à mercure ou par déplacement d’air.

Cette disposition est aujourd’hui généralement abandonnée et remplacée par la suivante :

Fig. 98. Fig. 99.

On introduit dans un ballon 1 partie de phosphore amorphe, qui réagit moins énergiquement sur le brome que le phosphore ordinaire, et 15 parties d’eau; puis, par un tube à brome (fig. 99), qui traverse, ainsi que le tube de dégagement, le bouchon du ballon, on y fait tomber goutte à goutte 10 parties de brome. La réaction, d’abord assez énergique, se calme à mesure que l’eau en présence se sature d'acide bromhydrique, le brome ajouté se dissout alors dans le liquide et son action se régularise. Le gaz se dégage quand on chauffe, et comme il entraîne un peu de vapeur de brome, on fait passer le gaz à travers un tube renfermant du phosphore et des fragments de verre mouillé (Topsoë).

On obtient beaucoup d’acide bromhydrique lorsqu’on traite h* naphtaline ou d’autres composés analogues, par le brome, pour

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