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PROPRIÉTÉS DE L’ANHYDRIDE SULFUREUX

On introduit le soufre avec l’acide sulfurique concentré dans une cornue en fonte que l’on chauffe jusque vers le point d’ébullition de l’acide sulfurique (les bouteilles en fer dans lesquelles on transporte le mercure peuvent très bien servir à cet usage en les munissant d’un tube de fer servant de tube de dégagement). Le dégagement de gaz est très régulier et s’arrête dès que la température s’abaisse, de sorte que l’appareil peut fonctionner à volonté.

3° Préparation par le charbon. — Ce procédé, certainement le plus facile, est toujours employé lorsque le gaz carbonique, dégagé en même temps que le gaz sulfureux, est sans inconvénient, comme pour la préparation de la solution d’anhydride sulfureux ou des sulfites. La réaction a lieu dans un ballon où l’on introduit l’acide sulfurique concentré et des fragments de charbon de bois :

2S04H2 -t- G = GO- — !— 2S02 + 2H20.

La réaction a lieu très régulièrement; le gaz dégagé doit, comme dans la plupart des cas précédents, passer à travers un flacon laveur contenant de l’eau, ou de l’acide sulfurique si le gaz doit être sec, pour retenir l’acide sulfurique entraîné mécaniquement.

Le gaz sulfureux, étant très soluble dans l’eau, doit être recueilli sur la cuve à mercure ou par déplacement d’air.

244. Propriétés physiques. — L’anhydride sulfureux est un gaz incolore, doué d’une odeur suffocante, qui provoque la toux. Il est 2,211 fois plus dense que l’air et un litre à 0° et 760mm de pression pèse 2gr,889. L’eau en dissout près de 80 fois son volume à 0° et 50 fois son volume à 15° ; la solution possède l’odeur du gaz et abandonne en totalité celui-ci par l’ébullition. Il est aussi très soluble dans l’alcool.

L’anhydride sulfureux se liquéfie à — 10° sous la pression ordinaire; aussi l’ob tient-on aisément liquide en le dirigeant à travers un tube condensateur refroidi par un mélange de glace et de sel (fig. 106) ; mais il faut que le gaz soit pur. L’anhydride liquide est incolore, mobile, de 1,49 de densité à — 20°. Il bout à — 8°(Is. Pierre, à — 1 0° d’après Régnault) et se concrète à — 75°. Sa tension de vapeur à 0° est de 1 ,165mm et à20°dc2,462mra de mercure. Il s’évapore rapidement sous la pression ordinaire en absorbant beaucoup de chaleur; si l’on y fait passer un courant d’air sec l’abaissement de tempérai urc peut aller à — 60°; dans le vide il produit un froid de — 68°.

COMBINAISONS OXYGÉNÉES DU SOUFRE

L expérience suivante met cet abaissement de température en évidence; dans une éprouvette en verre, supportée par un flacon dans lequel on introduit du chlorure de calcium sec afin qu'il ne

Fig. 106.

puisse pas se former de givre sur la paroi extérieure, on introduit anhydride sulfureux liquide et du mercure, ou bien on place ce dernier dans un tube plus étroit plongeant dans l’anhydride

liquide (fig. 107), puis à l'aide d’un soufflet on fait passer un courant d’air dans celui-ci ; le mercure ne tarde pas à se solidifier. Le tube intérieur peut aussi servir à liquéfier d’autres gaz, le gaz ammoniac par exemple, qu’on y fait arriver lentement pendant l’évaporation de l’anhydride sulfureux.

Lorsqu’on verse l’anhydride sulfureux dans un verre contenant de l’eau, une partie se volatilise et abaisse assez Fig. 107. la température de l’eau pour la faire

congeler. L’expérience suivante est encore plus frappante. Si l’on verse de l’anhydride sulfureux liquide dans une capsule de platine chauffée au rouge, il y prend l’état globulaire ; en y projetant alors une certaine quantité d’eau on fait cesser cet état et l’anhydride sulfureux se volatilise subitement et provoque la congélation de l’eau ajoutée.

M. R. Pictet a utilisé le pouvoir réfrigérant de l’anhydride, sulfureux pour la fabrication industrielle de la glace. L’anhydride

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