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CONCENTRATION DE L’ACIDE SULFURIQUE

L’acide à 60° a pour densité 1,70, et contient 77 p. 100 d’acide SOvH2et 25 p. 100 d’eau. Ou ne peut pousser plus loin la concentration dans des vases de plomb, parce que ce métal décompose alors facilement l’acide sulfurique. On la continue ensuite dans des alambics de platine ou de verre. La figure 114 représente un des nombreux dispositifs adoptés.

Fig. 114.

La concentration à 60° s’effectue dans les bassins de plomb A disposés en gradins et reposant sur des plaques de fonte. Elle commence dans le bassin le plus éloigné du foyer et se termine dans celui qui est chauffé directement. L’acide circule, à l’aide de siphons, d’un bassin à l’autre pour se rendre finalement dans l’alambic en platine B où se poursuit la concentration jusque vers 66°, densité de l’acide concentré , retenant encore 1,5 p. 100 d’eau. L’acide concentré est soutiré à l’aide d’un siphon G dont la longue branche est refroidie par un courant d’eau froide circulant dans la caisse D. L’opération est continue, et l’acide concentré qui s’écoule est constamment remplacé par l’acide à 60°.

Durant cette concentration, il distille un acide faible, marquant 40 à 45° ou même 48 à 50° lorsque l’acide de l’alambic marque 65 à 66 B". Pour obtenir l’acide pur, [celui qui distille doit avoir la densité de celui de l’alambic. L’observation de la densité de l’acide qui distille permet donc de contrôler la marche de la concentration. Le col de l’alambic et le serpentin qui s’y relie, et où se condense l’acide qui distille, ne sont pas représentés sur la figure 114.

Le prix élevé du platine fait quelquefois remplacer ce métal par le verre. On emploie alors des cornues en verre, disposées en bal-

ü92 combinaisons oxygénées du soufre.

tories. La figure 115 représente un modèle de cornue de verre I), chauffée au bain do safile cl qui reçoit l’acide à fit)0. Le col de cette cornue ou bouteille, d’une capacité de 135 litres, est recouvert par une allonge E dont le col b s’engage dans un tuyau de

plomb F dans lequel se condensent les petites eaux acides qui distillent. Ce tuyau F, qui dessert une série de bouteilles, communique avec une cheminée dont le tirage rend inutile la fermeture, à l’aide d’un lut, du joint#, ici la marche n’est plus continue, et quand l’acide a atteint la concentration voulue il faut laisser refroidir la cornue, puis siphonner l’acide.

D’autres dispositions ont été adoptées pour effectuer la concentration de l’acide sulfurique; le cadre de notre traité ne nous permet pas de les décrire.

Le platine du reste, comme l’a constaté M. Scheurer-Kestner, est toujours plus ou moins attaqué par l’acide sulfurique concentré, surtout lorsque celui-ci renferme des vapeurs nitreuses. Dans ces conditions, il disparait 2gl',859 par 1000 kilogrammes d’acide concentré vers 66°; l'introduction du sulfate d ammonium diminue cette proportion, qui s abaisse à 2gr,220. Avec de 1 acide sulfurique contenant de l’acide sulfureux, la perte s abaisse à 0gr,925.

L'acide considéré dans ces expériences était de 1 acide contenant encore G p. 100 d’eau. Avec de 1 acide a 66" ne renfermant que 1 ou 0,5 p. 100 d'eau, il disparaît jusqu a 9 grammes de platine par tonne d’acide. Ce sont la des proportions qui peinent varier beaucoup suivant la durée de la concentration et suhanl l'étendue de la surface de platine en contact avec 1 acide sulfurique ; aussi les nouveaux modèles d alambics de platine sont-ils de forme très basse; l’acide y occupe une faible hauteur et se concentre beaucoup plus rapidement que dans les anciens appareils.

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