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PURIFICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE

rique. Voici quelques renseignements pouvant donner une idée

de l’importance de cette industrie. Une fabrique composée d’un système de chambres ayant une capacité totale de 3,240 mètres cubes, pourvue d’une tour de Glover de 10 mètres de haut sur 2m,7 de côté et d’une colonne de Gay-Lussac de 14 mètres sur tm,8 de diamètre, utilise, par vingt-quatre heures, l’acide sulfureux produit par le grillage, dans 16 fours, de 3,600 kilogrammes de pyrite, correspondant à 2,688 kilogrammes de soufre. Le rendement en acide sulfurique pouvant être évalué en moyenne à 270 p. 100 du soufre brûlé, on voit que cette fabrique pourra produire environ 7,250 kilogrammes d’acide concentré. Cette production exige l’emploi de 110 kilogrammes d’azotate de sodium ou d’une quantité équivalente d’acide azotique (1).

Quant au prix de revient de cet acide, il varie évidemment suivant les localités et le prix des matières premières; il peut être évalué en moyenne à 50 francs les 1000 kilogrammes pour l’acide obtenu avec les pyrites. 11 est plus élevé pour l’acide du soufre, qui revient à 85 francs ; mais celui-ci est plus pur.

L’introduction des tours de Gay-Lussac et de Glover a apporté une économie considérable en diminuant les quantités d’acide azotique ou d’azotate à employer. Pour 100 parties de soufre brûlé, elle a fait baisser la proportion d’azotate de 12 p. 100 à 3,5 — 6,5 p. 100.

263. Purification de l’acide sulfurique. — L’acide sulfurique livré par l'industrie renferme toujours beaucoup d’impuretés. L’acide obtenu par la combustion du soufre est le plus pur et ne renferme guère que du sulfate de plomb provenant de la concentration à 60° ; quelquefois des vapeurs nitreuses. L’acide obtenu avec les pyrites renferme en outre les produits échappés à la condensation des poussières et fumées du grillage ; ce sont principalement les acides de l’arsenic et de l'acide sélénieux. L’acide concentré par les tours de Glover contient en outre du fer. L’acide sulfurique chargé de sulfate de plomb abandonne ce sel lorsqu’on y ajoute de l’eau; il ne reste alors en dissolution que des traces de plomb que l’on peut précipiter par l’hydrogène sulfuré.

L’acide contenant des vapeurs nitreuses ne peut en être débar-

(I) Lunge, Traité de la fabrication de la sonde , t. 1.

COMBINAISONS OXYGÉNÉES DU SOUFRE

rassé par l'ébullition, mais l’addition à chaud d’un peu de sulfate d’ammonium 08r, l à 0Br,5 par 100 kilogrammes d’acide détruit ces vapeurs nitreuses en dégageant de l’azote (Pelouze). On peu! aussi, après avoir étendu d’un peu d’eau, traiter l’acide sulfurique nitrosé par l’acide sulfureux. La présence des vapeurs nitreuses se reconnaît à la coloration brune qu’elles communiquent à un cristal de sulfate ferreux qu’on plonge dans l’acide ; si les vapeurs nitreuses sont en faible quantité on observe une coloration rose. L’acide nitrosé décolore en outre une solution de sulfate d’indigo.

Le fer est contenu à l’état de sulfate ferrique dans l’acide à 60° des tours de Glover ; ce sel est tout à fait insoluble dans l’acide à 66° et se dépose en petits cristaux durs lorsqu’on concentre l’acide à 66°, la formation de ce dépôt très adhérent ne permet pas la concentration dans le platine.

La présence de l’arsenic se reconnaît par l’appareil de Marsh. Pour en débarrasser l’acide sulfurique, où il est dissous sous forme d’acide arsénieux et d’acide arsénique, plusieurs procédés peuvent être suivis.

Le procédé pratiqué en grand consiste à transformer l’arsenic en sulfure d’arsenic par l’hydrogène sulfuré qui précipite en outre le plomb, ainsi que le cuivre et l’antimoine que peut contenir l’acide sulfurique. Pour cela on étend l’acide sulfurique à 45° Bé, on le chauffe à 75° dans des auges de plomb et on y fait passer un courant d’hydrogène sulfuré sortant du tube de dégagement par un grand nombre de trous ; on recueille le précipité de sulfure sur de l’amiante, ou on le laisse déposer pour décanter ensuite l’acide clarifié par le repos.

Dans les laboratoires, le procédé le plus simple consiste à transformer l’acide arsénieux en acide arsénique, qui est fixe, par l’addition du peroxyde de manganèse ou de permanganate de potassium, puis à soumettre l’acide à la distillation.

Un autre procédé consiste à volatiliser l’arsenic à l’état de chlorure; pour cela il est nécessaire au contraire de ramener à l’état d’acide arsénieux celui qui est sous forme d’acide arsénique. On y arrive aisément en chauffant l’acide sulfurique avec un peu de charbon ; il se forme de l’anhydride sulfureux qui réduit l’acide arsénique. Pour produire le chlorure d’arsenic, qui distille à 125°, on chauffe l’acide avec addition de chlorure de sodium ou

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