AMALGAME D’AMMONIUM
des sels métalliques, principalement des sels de potassium, avec lesquels ils présentent un grand nombre de cas d’isomorphisme. En les envisageant comme des produits d’addition, HGlAzH3 ; Az03HAzII3 ; SOM-AzlP ; S04H22AzH3, une semblable analogie est difficile à concevoir. Elle ressort au contraire très clairement si on envisage, comme l’a fait Ampère en 1816, les sels ammoniacaux comme renfermant un radical AzH' l 'ammonium, fonctionnant comme un métal. Le sel ammoniac devient alors le chlorure dl ammonium (AzH4)G, correspondant au chlorure de potassium, KG ; le sulfate acide et le sulfate neutre d’ammoniaque deviennent les sulfates d'ammonium S04H(AzIU) et S04(AzH4)2 correspondant aux sulfates SO IIK et S04K2.
A la potasse KOH devrait correspondre Y hydrate d’ammonium AzH'OH. Cet hydrate est inconnu et ne parait même pas exister dans la solution d’ammoniaque ; pourtant il serait possible que les cristaux que fournit cette solution à — 38° représentent cet hydrate, stable seulement à très basse température. Par contre, on connaît très bien des hydrates d’ammonium dans lesquels l’hydrogène est complètement remplacé par un radical alcoolique ; tel est Y hydrate de tétraméthylammonium par exemple AzfCIPyOH dont la causticité est comparable à celle de la potasse. En outre, si l’oxyde et l’hydrate d’ammonium sont inconnus, on connaît parfaitemement le sulfure (AzH4)2S et le suif hydrate AzH4.SH (qu’on peut à la vérité aussi envisager comme des produits d’addition SIU.2AzH3 et SIP.AzII3).
Amalgame d’ammonium. — Un fait qui semble confirmer l’existence de l’ammonium est la formation d’un amalgame produit dans les mêmes circonstances que celui de potassium. On peut obtenir celui-ci en soumettant à l’électrolyse une solution de chlorure de potassium, le pôle négatif plongeant dans du mercure et le pôle positif dans la solution elle-même (p. 125) : le mercure devient pâteux en fixant le potassium mis en liberté; il reprend son état primitif dès que le courant est supprimé; le potassium de l’amalgame décompose alors l’eau avec dégagement d’hydrogène.
On observe le même phénomène lorsqu’on électrolyse une solution d’ammoniaque dans les mêmes circonstances, comme l’avait déjà observé Seebeck en 1808, ainsi que Berzelius et Pontin et H. Davy; ce dernier remplaça la solution d’ammoniaque ou de sel ammoniac par un fragment de ce sel humecté d’eau. On creuse
AMMONIAQUE
dans une plaque de sel ammoniac une cavité pouvant recevoir un globule de mercure. On humecte celui-ci avec quelques gouttes d’eau et on y plonge le pôle négatif d’une forte pile, le pôle positif étant formé par une lame de platine sur laquelle repose le bloc de sel ammoniac; pour avoir un contact parfait, on mouille aussi la partie inférieure du bloc avec une solution de sel ammoniac. Dès que le courant est établi, il se dégage du chlore au pôle positif, tandis que le mercure au pôle négatif augmente beaucoup de volume. Lorsqu’on supprime le courant, le mercure reprend peu à peu son volume primitif en émettant des bulles de gaz hydrogène et ammoniac.
On obtient l’amalgame d’ammonium beaucoup plus facilement et plus chargé en ammonium lorsqu’on agite de l’amalgame de sodium pâteux avec une solution concentrée de sel ammoniac (c’est un procédé général pour obtenir les amalgames des autres métaux). L’amalgame ainsi obtenu est très volumineux, d’une consistance butvreuse et souvent plus léger que l’eau ; abandonné à lui-même, il se décompose lentement en fournissant 1 volume d’hydrogène et 2 volumes de gaz ammoniac, c’est-à-dire dans le rapport de II à AzH3. Beaucoup de chimistes admettent que cet amalgame n’est qu’une dissolution de ces gaz dans le mercure, une espèce d’émulsion; néanmoins ni l’hydrogène seul, ni le gaz ammoniac ne se dissolvent dans le mercure, même à l’état naissant.
357. Caractères généraux des sels ammoniacaux. — Nous décrirons ces sels à la suite des sels alcalins, mais nous devons indiquer immédiatement quelques particularités qui leur sont propres. Les sels ammoniacaux à acides volatils sont volatils sans décomposition apparente ; ceux dont l’acide est fixe perdent toute leur ammoniaque sous l’influence de la chaleur.
Les sels ammoniacaux volatils occupent 4 volumes de vapeur, ce qui s’explique par une dissociation complète. Le sel ammoniac est dans ce cas (1) :
(1) Cette dissociation a été mise en évidence par Pebal, qui a moutré par des expériences de diffusion que la vapeur de sel ammoniac est un mélange d'acide chlorhydrique et de gaz ammoniac, celui-ci se diffusant beaucoup plus vite que Tacide chlorhydrique à travers une paroi poreuse. M. Marignac d’autre part, a montré que la chaleur nécessaire pour volatiliser le sel ammoniac est égale à celle qui résulte de la combinaison de HCl avec AzH3; or si l’on restitue au sel ammoniac sa chaleur de formation, il est évident que ses éléments doivent etre remis en liberté. Lorsque ceux-ci se rencontrent à la température de volatilisation du sel ammoniac, ils se mélangent sans dégagement de chaleur. C'est ce que l'on observe déjà à la température ordinaire pour l’hydrogène sulfuré et l’ammoniaque.