BIOXYDE D’AZOTE. — PROPRIÉTÉS
Il a été liquéfié par M. Gailletet en le soumettant à la détente après l’avoir refroidi à — 11° sous une pression de 104 atmosphères; à + 8° il est encore gazeux sous une pression de 270 atmosphères. D’après M. Olszewski, le bioxyde d’azote se liquéfie à — 93°, 5 sous une pression de 71atm,2 (point critique), à — 100° sous une pression de 49atm, 9 ; à— 119° sous une pression de 20 atmosphères; à — 153°, 6, sous la pression normale et à — 176°, 5 sous une pression de 18 millimètres.
Le bioxyde d’azote s'unit instantanément à l’oxygène avec élévation de température et production de vapeurs rutilantes. L est là son caractère le plus saillant. La combinaison donne lieu soit à de l’anhydride azoteux Az1 203, soit à du peroxyde d'azote Az2G\ suivant la proportion d'oxygène :
2AzO H- O = Az?03 ou 2AzO + O2 = Az2û\
4 vol. 1vol. 4 vol. 2 vol.
'Le bioxyde d'azote est irrespirable. Quoique renfermant deux fois plus d’oxygène pour la même quantité d’azote (cependant la même quantité sous le même volume) que le protoxyde, il est moins propre que lui à entretenir la combustion, ce qu’on a attribué à une plus grande stabilité sous l’influence de la chaleur (1). Il ne rallume pas une allumette en ignition; néanmoins un charbon incandescent continue à y brûler et le phosphore y brûle avec éclat ; le soufre ne continue pas à y brûler.
Un mélange de bioxyde d’azote et de vapeur de sulfure de carbone brûle en répandant une vive lumière, bleuâtre, douée des propriétés photogéniques de la lumière solaire et capable de provoquer la combinaison de l’hydrogène avec le chlore.
Lorsqu’on dirige un. courant de bioxyde d’azote avec un excès d’hydrogène sur de la mousse de platine chauffée au rouge, il se forme de l’eau et de l’ammoniaque. L’hydrogène sulfuré convertit de même au rouge le bioxyde d’azote en ammoniaque.
Le bioxyde d’azote agit comme oxydant sur certaines substances
(1) Le contraire pourtant ressort des expériences de M. Berthelot : le bioxyde
d’azote se décompose à 520° et le protoxyde se trouve parmi les gaz résultant de celte décomposition. Ceux-ci renferment en outre du peroxyde d’azote, de l’azote et de l’anhydride azoteux. A la température élevée des corps en combustion, le bioxyde se transforme sans doute en grande partie en peroxyde qui, lui, est réellement plus stable que le protoxyde et moins apte à entretenir la combustion.
L’étincelle agit comme la chaleur.
COMPOSÉS OXYGÉNÉS DE L’AZOTE
et se transforme alors en protoxyde ; la limaille de fer humide, les sulfures, les sulfites, agissent de cette manière.
Les sels ferreux en solution absorbent le bioxyde d’azote en se colorant en brun. Les combinaisons formées sont peu stables ; elles abandonnent de nouveau le gaz dissous par une faible élévation de température et s’oxydent rapidement à l’air. La combinaison formée par le sulfate ferreux renferme 2SO/fFe.AzO; elle se sépare sous forme cristalline lorsqu’on ajoute de l’alcool à la solution bien refroidie. Les sels chromeux et stanneux se comportent comme les sels ferreux.
Cette propriété, principalement étudiée parM. Peligot, est utilisée pour séparer le bioxyde d’azote d’un mélange gazeux et pour constater sa formation dans les réactions qui peuvent lui donner naissance; nous en retrouverons plus loin une application pour la recherche des azotates.
Le bioxyde d’azote peut jouer le rôle d'un radical monatomique et on le désigne alors sous le nom de nitrosyle.
Lorsqu'on ajoute du sulfhydrate d’ammonium à une solution de sulfate ferreux saturée de bioxyde d’azote et qu’on chauffe à 100’. puisqu’on évapore, on obtient un composé complexe renfermant le groupe AzO, du soufre et du fer, et appartenant à une série de composés très remarquables, les nitrosulfures de fer , découverts par M. Roussin. Il entre aussi dans la composition de certains composés cobaltiques et des combinaisons organiques dites nitrosées.
Il agit comme réducteur sur l’acide azotique, qu’il convertit en peroxyde d’azote.
370. Composition. — Lorsqu’on fait détoner dans l’eudiomètre un mélange de bioxyde d’azote et d’hydrogène, il se forme de l’eau et de l’azote est mis en liberté. La réaction est intégrale lorsque les deux gaz sont mélangés à volumes égaux :
AzO — {— H- Il’O — j— Àz.
L’azote produit occupe la moitié du volume du bioxyde employé; il était uni également à la moitié de ce volume d’oxygène puisqu’il a fallu un volume d’hydrogène égal au volume de bioxyde d’azote pour s’en emparer. Le bioxyde d’azote est donc formé de volumes égaux d’azote et d’oxygène, unis sans condensation. En effet, la densité du bioxyde d’azote représente la somme des demidensités des gaz qui la composent :
BROMURE DE NITROSYLE.
On peut encore faire l’analyse du bioxyde d’azote, comme celle du protoxyde, en y brûlant, dans une cloclie courbe, du potassium ou du sulfure de baryum.
CHLORURE DE NITROSYLE. — (AzO) Cl = 65,34.
Dens. vap. (H) = 32, G7.
371. Il se forme par l’union directe de 2 volumes de bioxyde d'azote avec 1 volume de chlore, avec condensation de 1 /3, et constitue l’un des produits de l’action de la chaleur sur Veau régale , mélange d’acides chlorhydrique et azotique. Il se produit aussi lorsqu'on traite le peroxyde d’azote solide par l’acide chlorhydrique gazeux ou par le perchlorure de phosphore
Az204 + 2PCL8 = 2 AzOCl + 2POC13 + Cl2.
Enfin M. Naquet l’a préparé par l'action du perchlorure de phosphore sur l’azotite de potassium
AzO.OK 4- PCP = AzOCl + KCl + POCP.
La meilleure manière pour l’obtenir consiste à décomposer les sulfates de nitrosyle par le chlorure de sodium.
C’est en réalité le chlorure de l'acide azoteux, auquel il donne naissance par l’action de l’eau.
Le chlorure de nitrosyle est un gaz jaune orangé, qui se condense à — 8° en un liquide jaune. Traité par la potasse, il donne du chlorure et de l’azotite de potassium
AzOCl + 2KHO = Az02K + KCl + li20.
Le mercure lui enlève le chlore et met le nitrosyle en liberté. L’or et le platine sont sans action.
BROMURE DE NITROSYLE. — AzOBr.
372. On l’obtient en dirigeant un courant de bioxyde d’azote à travers du brome refroidi vers — 10°. C’est un liquide brun qui bout à 2° en donnant un gaz de même couleur. Mais cette distillalion a lieu avec décomposition partielle, avec perte de AzO et formation d’un tribromure de nitrosyle AzOBr3. Ce tribromure, qu’on peut obtenir directement en saturant le brome à 5 ou 10° par du bioxyde d’azote, est un liquide brun distillant à 46° et d’une densité égale à 2,63 (Lan doit).
COMPOSÉS OXYGÉNÉS DE L’AZOTE
On a décrit un biclilorure et un bibromure de nitrosyle ; ceux-ci ne constituent sans doute que des mélanges de AzOGl et de AzOBr avec du chlore ou du brome.
SULFATES DE NITROSYLE.