PROPRIÉTÉS
d’eau, lorsqu’on ne cherche pas à avoir de l'acide azotique au maximum de concentration.
Généralement on emploie de l’acide sulfurique h 62°, ou meme à 56° B" (l’acide concentré marque 66°) et on emploie plus d’azotate que celui qui est nécessaire pour produire le sulfate acide ; par exemple 3 molécules d’azotate pour 2 molécules d’acide. Dans ce cas, une partie de l’acide azotique se décompose en oxygène et peroxyde d’azote; celui-ci est retenu par l’eau de la première tourie. Une colonne de coke arrosée d’eau termine la série des appareils condensateurs de manière à dissoudre les vapeurs échappées à la condensation.
L’acide azotique ainsi obtenu n’est pas pur ; il contient de l'acide sulfurique entraîné et de l’acide chlorhydrique, le nitre employé renfermant toujours du chlorure. Pour le purifier, on le distille en y ajoutant un peu d’azotate de plomb en poudre, qui transforme l’acide sulfurique en sulfate de plomb et l’acide chlorhydrique en chlorure. On néglige les premières portions distillées et on ne pousse pas la distillation jusqu’au bout. Pour priver l’acide azotique des vapeurs nitreuses qu’il tient en dissolution et qui le colorent en jaune, on le chauffe et on y fait passer un courant de gaz carbonique sec qui les entraîne.
390. Propriétés. — L’acide azotique le plus concentré est connu sous le nom d’acide fumant ou d’acide monohydraté (dans la théorie dualistique). C’est un liquide incolore quand il est tout à fait pur, mais qui jaunit rapidement à la lumière, une petite portion se décomposant en peroxyde d’azote, oxygène et eau. 11 répand des fumées blanches à l’air. Il se congèle à — 47° et bout à 86°. Sa densité à 0° est égale à 1,559 (J. Kolb).
Lorsqu’on distille l’acide azotique, il se décompose en partie et se colore en jaune rouge par du peroxyde d’azote. Après distillation des trois quarts, le résidu est de nouveau incolore et est formé d’acide plus aqueux. Le point d’ébullition s’élève alors et l’acide restant devient de plus en plus faible. Einalement le point d’ébullition s’arrête à 120°5 et l’acide qui passe renferme, ainsi que le résidu, 68 p. 100 d’acide réel ÂzOaII; cette composition varie du reste un peu suivant la pression (Roscoe), comme cela a lieu pour la solution d’acide chlorhydrique. La concentration de l’acide ainsi obtenu correspond à peu près à un hydrate 2Az03lI.3IF0 ( acide quadrihydraté
COMPOSÉS OXYGÉNÉS DE L’AZOTE
Az-08.4II-0). Cet hydrate bout, sous la pression ordinaire à 123° II renferme 70 0/0 AzOMI, d’après Dalton. Il se produit non seulement lorsqu on distille l'acide fumant, mais aussi lorsqu’on distille un acide plus faible. Dans ce cas, il passe d’abord de l’eau, avec un peu d acide et la température s’élève peu à peu à 123°,
température à laquelle passe alors sans décomposition tout l’acide hydraté.
L’hydrate 2Az0aIL3H20 a pour densité 1,42, il est incolore. On a encore signalé d’autres hydrates. L’un 2Az0aILH20 (ou Az“07IL, correspondant à l'acide pyrophosphorique), qui bout à 121°et qui a pour densité 1,484; un autre bout à 123° et renferme 4Az03H.7H20; densité = 1,405 (Millon).
L acide azotique s’échauffe par son mélange avec l’eau; il se produit une contraction qui présente un maximum pour le mélange de 3 molécules d’eau avec 1 molécule d’acide; elle est alors de 8,75 p. 100.
Le tableau suivant indique, d’après M. J. Kolb, la densité des mélanges d’acide et d’eau :
100 p. de mélange
Densité
Densité
contiennent.
100 p. Az03H
La densité de l’acide azotique commercial [eau-forte] varie entre 1,37 et 1,42.
La chaleur décompose, comme on l’a vu, l’acide azotique en eau, peroxyde d’azote et oxygène ; par le refroidissement des produits de décomposition, il y a reproduction partielle d’acide azotique. La décomposition est totale à 260° (Carius).
(1) Hydrate 2Az03H.3Hs0.
(2) Hydrate Az03II.3H20; maximum de contraction.