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ACTION DE L’ACIDE AZOTIQUE SUR LES MATIÈRES ORGANIQUES

tique donne toujours naissance à de l’ammoniaque, qui reste en dissolution. Ces diverses réactions sont exprimées par les équations suivantes, dans lesquelles on ne tient pas compte de l’eau de dilution :

3Zn + 8Az03II = 3(Àz03)2Zn +2AzO 4- 4H20 4Zn H- 10AzO3H = 4(Az03)2Zn + Az20 4- 5H20 5Zn4- 12Az03H — 5(Az03)2Zti4- Az2 4-6H20 4Zn 4- 9Az03H = 4(Az03)2Zn 4- AzlI3 4- 3H20

Action de l’acide sulfureux. — L'acide sulfureux réduit l’acide azotique à l’état de peroxyde d’azote et se transforme lui-même en acide sulfurique :

S024-2Az020H = S02(0H)24-Az204.

393. Action sur les matières organiques. — L’acide azotique fumant agit quelquefois avec une grande violence sur les matières organiques, par exemple sur l’essence de térébenthine ; celle-ci prend feu et il se dégage des torrents de vapeurs nitreuses. La paille, la sciure de bois imprégnées d’acide azotique peuvent aussi prendre feu spontanément. Dans d’autres cas, cette action est beaucoup plus calme et donne lieu à une réaction régulière, qui a pour effet d’introduire dans la molécule organique un groupement nitryle (AzO2) qui se substitue à 1 atome d’hydrogène.

CffP.H 4- AzO2. OH ±= CqpfAzO2) 4r H20

Benzine. Nitrobcnzine.

L’acide picrique est du phénol trinitré; il est jaune et doué d’un pouvoir colorant intense.

Il transforme de même, sans modification bien apparente, la cellulose (coton) en trinitro-cellulose (fulmi-coton), La plupart de ces dérivés sont explosibles et détonent ou déflagrent avec plus ou moins de violence sous l’influence de la chaleur.

Il corrode profondément la peau en la colorant en jaune.

L'acide azotique ordinaire agit avec beaucoup moins d’énergie et peut donner lieu à des produits réguliers d’oxydation. Il transforme les aldéhydes en acides. Souvent l’action est beaucoup plus profonde et donne naissance à de l'acide oxalique; c’est ce qui a lieu pour l’amidon, la glucose, etc., et dans ces actions il se dégage des vapeurs nitreuses. Comme l’acide fumant, il colore la peau en jaune et désorganise rapidement les tissus. C’est un poison corrosif violent.

COMPOSÉS OXYGÉNÉS DE L’AZOTE

Un acide azotique plus étendu agit le plus souvent comme agent oxydant modéré. Cette action se manifeste surtout avec l’indigo, qui est; décoloré, et cette réaction est souvent utilisée pour caractériser l’acide azotique (397).

394. Eau régale. — On a donné ce nom au mélange d’acide chlorhydrique et d acide azotique, en raison de la propriété qu’il possède de dissoudre l’or, le roi des métaux. Cette propriété était connue des alchimistes arabes, qui préparaient l’eau régale en distillent un mélange de sel ammoniac, de mtre et d’acide sulfurique.

Ni l’acide chlorhydrique ni l’acide azotique seuls ne peuvent dissoudre l’or ou le platine. Si leurmélange possède cette propriété, cela tient à ce qu’il y a production de chlore libre :

2Az03H -+- 2HC1 = Az204 + Cl2 -f- 2H20.

Le mélange le plus fréquemment employé renferme 2 volumes d’acide chlorhydrique concentré et 1 volume d’acide azotique ordinaire. Abandonné à lui-même, ce mélange se colore peu à peu en jaune, ce qui se produit immédiatement quand on le chauffe. Indépendamment de la réaction principale qui fournit le chlore, il s’en produit de secondaires qui donnent naissance au chlorure de nitrosyle AzOCl et au chlorure de nitryle AztUCl, qui n’exercent aucune action chlorurante sur les métaux.

On obtient aussi une eau régale, mais plus faible, en dissolvant du chlorure de sodium dans l’acide azotique ou de l’azotate de sodium dans l’acide chlorhydrique.

395. Applications de l’acide azotique. — Les emplois de l’acide azotique sont nombreux. Fumant, il sert à la préparation des dérivés nitrés explosifs, tels que l’acide picrique, le fulmi-coton, la nitroglycérine, ainsi que des dérivés nitrés aromatiques (nitrobenzine, par exemple), qui servent de point de départ pour la fabrication des matières colorantes artificielles.

L’acide ordinaire ou plus étendu est employé pour ledérochage du cuivre, du bronze et du laiton, ainsi que pour la gravure sur cuivre. A cet effet la plaque est recouverte d’un vernis et entourée d’un bourrelet de cire. On trace sur le vernis les traits à’graver, puis on verse sur la plaque une couche d’acide azotique étendu (■ eau-forte ) qu’on laisse jusqu'à ce que l’on estime qu’il a suffisamment mordu. On enlève ensuite le vernis à l’aide de l’essence de térébenthine.

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