SOUS-OXYDE DE PHOSPHORE
Le premier terme de celte série serait P O IF qui correspondrait , rhydroxylamine AzBFOII. On peut, de plus, supposer l’existence l'un acide PâO*H* qui serait intermédiaire entre les acides hypoihosphoreux et phosphoreux, comme l’acide hypophosphorique >st intermédiaire entre celui-ci et l’acide phosphorique.
L'acide phosphorique est un acide tribasique. L’acide phosphoreux est un acide bibasique , quoique renfermant autant d’hydrogène que l’acide phosphorique; enfin, l’acide hypophosphoreux est simplement monobasique . Ces relations ont été mises en évidence par Wurtz en 1846 et sont dues à ce que l’hydrogène peut exercer des fonctions différentes suivant la position qu’il occupe dans la molécule. Suivant la constitution qu’on assigne aujourd’hui aux acides, qui doivent leur fonction à des groupes OII unis à un radical électronégatif, ces différences sont mises en lumière par les formules :
Acide phosphorique (PO)'"(OH)3 (triatomique el tribasique).
/OH)2
— phosphoreux (PO)'"^ (triatomique et bibasique).
— hypophosphoreux. (POf'^n^ (triatomique et monobasique).
Dans l’acide phosphoreux, l’hydrogène uni directement au groupe PO peut être remplacé par des radicaux d’alcools (éthyle) ou d’acides (acétyle).
444. Sous-oxyde de phosphore P40. — L’existence de ce composé a été mise en doute par Schrœtter après la découverte du phosphore rouge, auquel il ressemble, et on était porté à croire qu’on l’avait jusque-là confondu avec ce dernier à cause des circonstances dans lesquelles il se produit. Il est pourtant établi aujourd’hui que ce sous-oxyde existe, quoiqu’il ait dû y avoir souvent confusion.
Le Verrier obtenait le sous-oxyde de phosphore en abandonnant àl’air une solution de phosphore dans le trichlorure de phosphore. Il se forme une croûte jaune (phosphate d’oxyde de phosphore (P20’P;0) soluble dans l’eau et dans l’alcool). Sa solution est précipitée par l’éther en donnant des flocons jaunes d’un sousoxyde hydraté PV0.2IP0 qui, séché dans le vide, devient anhydre et cristallin.
Pelouze le préparait par la combustion du phosphore sous l’eau ; il devait dans ce cas être mélangé de phosphore rouge. Il se pro-
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(liiil encore lorsqu’on cliauiïe le phosphore avec de petites quantités d’azotate d’ammonium (Marchand) ou en faisant bouillir du phosphore avec une solution d’acide iodiaue (Bengieser). Obtenu dans ces circonstances, l’oxvde de phosphore est ronge, tandis que celui de Leverrier est jaune. MM. Reinitzer et Goidschmidt ont préparé récemment cet oxyde jaune en chauffant à 100° l’oxychlorure de phosphore avec du zinc, du magnésium ou de l’aluminium.
L’oxyde de phosphore est inodore quand il est sec ; il est inaltérable à l’air sec, mais s’oxyde à l’air humide. L’oxyde jaune se transforme h 300°, à l’abri de l’air, en oxyde rouge. A 350% ils se décomposent l’un et l’autre en phosphore qui distille et en anhydride phosphorique qui reste.
L’oxyde de phosphore s’enflamme au contact de l’acide azotique. L oxyde jaune réduit les solutions d’argent, d’or et de mercure, ce que ne fait pas l’oxyde rouge. Il absorbe le gaz ammoniac en donnant une masse noire P40.2AzH3. Il se combine à la potasse en donnant des produits bruns que l’eau décompose avec dégagement d’hydrogène phosphoré.
L’action de l’eau sur certains composés du phosphore produit des composés très analogues à l’oxyde de phosphore. Ils ont été décrits par M. Arm. Gautier et renferment de l’hydrogène. L’action de l’eau ou de l'acide phosphoreux fournit un composé P '‘OH qui offre en général les caractères de l'oxyde jaune de Le Verrier. Il fournit de l’hydrogène phosphoré lorsqu’on le chauffe à 265° à l’abri de l’air. Chauffé à 170°, il donne de l’hydrogène phosphoré, de l’acide phosphoreux et de l’acide hypophosphorcux.