Sesquisulfure de phosphore P4S3. — M. G. Lemoine
| jui a découvert ce composé, l’obtient en chauffant dans un grand ; )allon un mélange de 3 parties de soufre et de 4 parties de pliosjphore rouge ; la réaction s’établit habituellement à 160°. Pour i iéparer le produit, qui est le meme quel que soit l’excès de phosphore rouge, on le traite par le sulfure de carbone dans lequel il se dissout seul et d’où il cristallise par l’évaporation. M. Lemoine pensait d’abord qu’on ne pouvait l’obtenir qu’avec le phosphore rouge ; mais M. Isambert a montré que l’on pouvait aussi le préparer à l’aide de phosphore ordinaire. A cet effet, il introduit dans une cornue chauffée au bain-marie, et traversée par un courant de gaz carbonique, le phosphore et le soufre qu’il agite vivement, après fusion du phosphore, avec du sable fin. La réaction n’a pas lieu à 100°; elle se produirait à 130° avec une violente explosion, sans la présence du sable qui a pour but de diviser la masse. On chauffe alors à . feu nu et on distille le sulfure produit. Enfin, on peut opérer comme l’indique M. Kekulé (473).
Le sesquisulfure de phosphore cristallise dans le sulfure de carbone en prismes orthorhombiques jaunes, les cristaux obtenus par sublimation paraissent appartenir au système cubique (Lemoine). Il fond à 166°-167° en un liquide rouge qui bout à 380°, et déjà à 260° dans un courant de gaz carbonique. Il a pour densité 2,1. — Sa densité de vapeur a été trouvée égale à 112,6; densité théoriques 109,84 (Isambert, Ramme). Le phosphore abaisse considérablement son point de fusion. Il est soluble dans le trichlorure de phosphore. Il est inaltérable à l’air à froid et s’enflamme à 100°. Il n’est attaqué que lentement par l’eau bouillante, d’après l’équation