RECHERCHE DE L’ARSENIC
j leur donne de la vigueur (1) et leur facilite surtout l’ascension ! le leurs montagnes en ralentissant la respiration.
Les ouvriers occupés clans les usines d’arsenic s’habituent Il également au poison en en prenant peu à peu quelques déci- Jl grammes par jour. Il est dangereux pour un mangeur d’arsenic 2 de supprimer subitement son régime; cette privation, qui amè- ! lierait un affaiblissement rapide de l’organisme, ne doit se faire J que progressivement.
Les symptômes de l’empoisonnement par l’acide arsénieux, le I composé le plus important à considérer, se rattachent a la fois à l-son action corrosive et à son action sur le système nerveux. Une 1 demi-heure ou une heure après l’ingestion du poison, il y a | salivation, hoquets, douleurs dans la région épigastrique et vomis- I sements. Ceux-ci renferment presque toujours une partie du ) poison. A cette période succède une soif intense, des coliques et j des diarrhées; les selles sont noires et sanguinolentes, et l’urine est rare. A ces symptômes d’ulcération du canal digestif se joignent des syncopes, une respiration difficile; un pouls accéléré et intermittent; la face devient livide, la peau est froide, couverte cl’une sueur visqueuse et quelquefois d’une éruption pustuleuse. La mort survient dans une syncope ou avec des convulsions. Lorsque l’empoisonnement a été provoqué par une petite dose d’arsenic, les symptômes inflammatoires sont peu caractérisés. Dans le cas contraire, on trouve les parois de l’estomac et des intestins très rouges, ulcérées; en même temps il y a dégénérescence graisseuse du foie.
Les antidotes de l’anhydride arsénieux sont l’hydrate de peroxyde de fer récemment précipité et l'hydrate de magnésium. Ils doivent être employés en grand excès pour que les acides de l’estomac ne puissent redissoudre les arsénites qui se sont formés.
Dans l’empoisonnement par l'arsenic, une partie du poison passe dans le sang et les autres liquides de l’économie, ainsi que dans le foie; une partie est éliminée par les urines et, si l’empoisonnement n’est pas suivi de mort, tout l’arsenic est éliminé après quinze jours.
523. Recherche de l’arsenic. — C’est une des opérations les’plus sûres de la chimie analytique; elle exige néanmoins une
(l) àpo-eytv.ov signifie mâle.
ARSENIC. — TOXICOLOGIE
grande habileté et des précautions minutieuses. Nous allons examiner la suite de ces opérations, applicables du reste dans tous les cas où 1 on a à rechercher l’arsenic. Dans les cas de recherches médico-légales, elles sont seulement compliquées de la nécessité de détruire la matière organique.
Lorsque l’anhydride arsénieux a été ingéré à l’état solide, comme il est très peu soluble, on en trouve généralement des parcelles dans les matières des vomissements, aussi bien que sur les parois de l’estomac. S’il en est ainsi, il est facile d’en reconnaître la nature. Pour cela, on les recueille avec soin en se servant d’une pince et d’une loupe, on les lave avec un peu d’eau et on les sèche. La poudre ainsi obtenue est introduite dans un petit tube étiré et fermé à l’une de ses extrémités, en verre peu fusible; on y superpose un fragment de charbon, puis on chauffe; l’anhydride arsénieux, en se réduisant en vapeur, passe sur le charbon porté au rouge et est ainsi amené à l’état d’arsenic métallique qui forme un peu au delà de la partie chauffée un anneau noir. On en chauffe une autre portion dans un tube semblable et on produit ainsi un anneau blanc d’anhydride arsénieux. Ces anneaux sont facilement déplacés par la chaleur et l’anneau noir d’arsenic peut être transformé en anneau blanc s’il y a assez d’air dans le tube.
La même matière étant dissoute dans l’eau donne avec l’azotate d’argent ammoniacal un précipité jaune d’arsénite d'argent et présente en général les réactions que nous avons signalées pour l’acide arsénieux. Enfin on peut caractériser celui-ci par l'appareil de Marsh.
L’emploi de cet appareil, imaginé par le chimiste écossais Marsh, en 1836, repose sur la formation de l’hydrogène arsénié par l’action de l’hydrogène naissant sur les composés oxygénés de l’arsenic et sur sa destruction par la chaleur ou sur sa combustion incomplète, qui met de l'arsenic en liberté.
L’appareil, d’une grande simplicité, consiste en un petit flacon bitubulé ou une fiole portant un tube à entonnoir et un tube de dégagement; celui-ci est ou bien un tube effilé recourbé à angle obtus ou bien un tube à angle droit auquel se raccorde un tube plus large, puis un tube de même diamètre, en verre peu fusible, effilé à son extrémité libre (fig. 146). Le tube large reçoit de l'amiante ou du coton pour retenir les poussières liquides entraînées.