RECHERCHE DE L’ARSENIC
Le flacon reçoit du zinc pur et un peu d’eau, puis on y introduit de l’acide sulfurique pur, étendu de 3 parties d’eau froide, ou de l’acide chlorhydrique pur. Lorsque tout l’air a été expulsé, on enflamme le jet d’hydrogène et on écrase la flamme avec une soucoupe de porcelaine ; il ne doit s’y former aucune tache, et si l’on porte le tube au rouge, après l’avoir protégé par une feuille de clinquant, il ne doit pas s’y former d’anneau noir pendant quinze minutes environ ; enfin le gaz ne doit pas troubler une solution d’azotate d’argent. On est assuré ainsi de l’absence de l’arsenic
dans le zinc et dans l’acide employés; c’est là une précaution indispensable, ces corps, à moins d’opérations spéciales, étant toujours arsénicaux (1).
Après cette épreuve, sans interrompre le dégagement du gaz, qui du reste doit être mené très lentement et sans que le liquide du flacon s’échauffe, on ajoute la solution renfermant l’acide arsénieux. A ce moment, le dégagement devient beaucoup plus énergique par suite de la formation d’un couple voltaïque produit par le dépôt d'une trace d’arsenic sur le zinc. Si l’on observe alors la flamme de l’hydrogène dégagé à l’extrémité du tube, celui-ci
(1) On a vu § 263 et 158 comment on débarrasse l’acide sulfurique et l’acide chlorhydrique de l’arsenic. Quant au zinc, on le prive de l’arsenic qu’il, renferme très souvent en le fondant à plusieurs reprises avec un peu de salpêtre et d’un fondant, de chlorure de sodium, par exemple. L’arsenic est entièrement transformé en arséniate de potassium qui passe dans le fondant. La distillation du zinc ne le priverait pas de l’arsenic.
ARSENIC. — TOXICOLOGIE
n étant pas chauffé, on voit qu’elle s allonge considérablement et qu’elle prend une couleur livide et répand des fumées blanches d’anhydride arsénieux si celui-ci est un peu abondant. Si on écrase cette flamme avec une soucoupe de porcelaine, celle-ci se recouvre de taches noires d’arsenic métallique.
I on chauffe le tube, la flamme perd ses caractères de flamme arsenicale, 1 hydrogène arsénié étant décomposé par la chaleur; l’arsenic se dépose alors dans le tube au delà de la
Fig. 147.
partie chauffée, formant un anneau miroitant noir. Pour obtenir une série d’anneaux, afin de les soumettre chacun aux épreuves indiquées plus loin, on donne souvent à l’appareil la disposition indiquée par la figure 147.
Le tube est muni de plusieurs étranglements et l’anneau d'arsenic étant formé on le volatilise en le chauffant dans un courant d'hydrogène, et on le répartit ainsi dans les diverses parties du tube ou bien on chauffe successivement celles-ci, et on les sépare ensuite en fermant les étranglements au chalumeau. Le tube se recourbe à angle droit à son extrémité, et plonge dans une solution d’azotate d’argent. L’hydrogène arsénié qui a pu échapper à la décomposition réduit alors le nitrate d'argent (498 ); il se dépose de l’argent métallique tandis qu'il entre de l’anhydride arsénieux en dissolution. On peut le constater en neutralisant exactement la solution par de l’ammoniaque qui y produit un précipité jaune d'arsénite d’argent, ou bien on précipite tout l'argent par l'acide chlorhydrique, puis l’arsenic par l'hydrogène sulfuré.