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ARSENIC. — TOXICOLOGIE

Les anneaux métalliques eux-mêmes se transforment en anneaux de sulfure lorsqu’on les chauffe dans un courant d’hydrogène sulfuré. L’anneau de sulfure d’antimoine est fixe, celui de sulfure d’arsenic est volatil. Si l’on chauffe ensuite les anneaux de sulfures dans un courant de gaz chlorhydrique, le sulfure d’antimoine est converti en chlorure qui se volatilise, et qu’on peut recueillir dans l’eau; le sulfure d’arsenic reste intact. C’est un moyen de les séparer nettement l’un de l’autre (Fresenius).

Cette série d'épreuves par voie sèche doit être contrôlée par des essais par voie humide, applicables aux taches et aux anneaux. Les taches d’arsenic disparaissent facilement par l’acide azotique en donnant de l’anhydride arsénieux à froid, de l’acide arsénique h chaud. Dans le premier cas l’addition d’une goutte d’azotate d’argent et d’une goutte d’ammoniaque si l’acide azotique n'a pas été chassé produit un dépôt jaune d’arsénite d’argent; dans le second cas un dépôt rouge d’arséniate. Il faut éviter un excès d’ammoniaque qui redissoudrait ces sels.

Les taches d’antimoine disparaissent de même en donnant de l’acide antimonique insoluble, qui ne donne rien avec l'azotate d’argent.

Les chlorures de chaux et de soude dissolvent rapidement les taches d’arsenic et laissent intactes les taches d’antimoine.

524. Destruction des matières organiques. — Si l’on n'a pas retrouvé d’arsenic solide dans les matières suspectes, il faut le rechercher dans les vomissements ou dans les organes où il peut être contenu en dissolution. Pour cela, il faut détruire la matière organique par un des procédés suivants :

La méthode de Flandin et Danger, consistant à détruire les matières organiques par l’acide sulfurique pur, concentré et chaud, fournit une masse charbonneuse d’où l’on extrait le poison par l’eau et l’acide azotique. Elle ne doit pas être appliquée pour la recherche de l’arsenic; en effet, si les matières organiques renferment du chlorure de sodium, ce qui est généralement le cas, l’arsenic peut se dégager entièrement à l’état de chlorure d'arsenic. Cette réaction a suscité un autre mode de traitement consistant à ajouter du chlorure de sodium aux matières suspectes contenues dans une cornue tubulée munie d’un récipient. On y fait arriver de l’acide sulfurique et l’on distille ; le chlorure d’arsenic passe dans le récipient contenant de l’eau où il se dissout; on précipite alors

MÉTHODE DE REINSCH.

l’arsenic par l’hydrogène sulfuré et on traite le sulfure comme plus loin (R. Schneider).

La marche le plus souvent suivie consiste à détruire la matière organique par le chlore qui se dégage par l'action de l’acide chlorhydrique sur le chlorate de potassium. Il se forme dans ces circonstances non du chlorure d’arsenic mais de l’acide arsénique. On arrose les matières suspectes avec de l’acide chlorhydrique pur, de 1,12 de densité, on chauffe au bain-marie et on y ajoute de 5 en 5 minutes 1 gramme environ de chlorate de potassium. Quand la masse est devenue homogène, jaune et demi-liquide, on continue à chauffer jusqu'à expulsion de tout le chlore, on reprend par un peu d’eau, on filtre et on traite la solution par l’hydrogène sulfuré à 70°. Comme l’acide arsénique n’est précipité qu'avec lenteur, il est bon de réduire celui-ci par l'acide sulfureux et de chasser l’excès de ce dernier par la chaleur; le précipité par l'hydrogène sulfuré est alors immédiat.

Pour séparer le sulfure d’arsenic, obtenu dans ces diverses circonstances, des autres sulfures qui peuvent l’accompagner, on le dissout dans l’ammoniaque ou plutôt dans le carbonate amnionique, on évapore la solution filtrée dans une capsule et on reprend le vernis jaune de sulfure d'arsenic qui reste par l’acide azotique, puis on évapore de nouveau à sec. Le résidu renferme alors de l’acide arsénique, qu'il est bon de réduire par l’acide sulfureux, l’anhydride arsénieux se comportant plus régulièrement dans l’appareil de Marsh. Il faut seulement avoir soin de chasser tout l'excès d'anhydride sulfureux.

525. Méthode de Reinsch. — Nous avons déjà signalé cette méthode (508). Elle peut être appliquée avec avantage lorsque l’on a à caractériser l’arsenic dans certains composés employés dans l'industrie, par exemple dans les verts de Scheele et de Schweinfurt employés dans l’industrie des papiers peints (1). Pour les caractériser dans ces derniers, on les traite par l’acide chlorhydrique concentré, qui dissout les arsénites et on chauffe la solution avec une lame de cuivre qui se recouvre d’arséniure

(1) Les papiers peints avec les verts de Scheele et de Schweinfurt produisent fréquemment des accidents d’intoxication, surtout lorsque ces papiers ne sont pas glacés, à cause des poussières qui s’en détachent. Une autre cause d’insalubrité de ces papiers provient de ce qu’ils peuvent émettre de l’hydrogène arsénié dont on attribue l’origine à l’action des moisissures dont le développement est accompagné d’hydrogène naissant (Selmi).

ANTIMOINE

(K* cuivre. Celui-ci, lavé et séché, abandonne la moitié de son arsenic, donnant un anneau facile à caractériser.

L’acide arsénique n’est pas décelé par cette méthode; il faut, le ramener à l’état d’anhydride arsénieux. Cela tient à ce que c’est le chlorure d’arsenic qui est réduit par le cuivre et que l’acide arsénique n’en fournit pas avec l’acide chlorhydrique.

ANTIMOINE. — Sb = J 20.

526. État naturel. Historique. — L’antimoine se rencontre dans la nature principalement à l’état de sulfure (stibine , rarement à l’état natif ou combiné à l’arsenic. Il est fréquemment associé aux métaux sous forme de sulfures doubles ou sulfosels. La zinkénite , la micirgyrite, la wolfsbergite , la berthiérite , sont des sulfo-antimonites de plomb, de cuivre, d’argent, de fer. de la forme Sb2S+M" ou Sb2S4M'2. La bournonite est un sulfo-antimonite

de plomb et de cuivre (SbS3)2CuPb3, la boulangérite et Yargyrit/irose sont des sulfo-antimonites de plomb, d’argent, (SbS3)2Pb3, SbS3Ag3, etc., etc. Enfin on rencontre aussi les combinaisons oxygénées de l’antimoine Sb203 (valentmüe)}Sb*0*(ceruantite), etc. L arsenic accompagne toujours l’antimoine dans ses minerais.

Le sulfure d’antimoine ou stibine est connu depuis un temps immémorial et était employé par les Arabes et les Hébreux, sous le nom de kohl, pour se peindre les sourcils. Cet usage est signalé dans l’Ancien Testament par Ézéchiel et dans le livre des Rois. Pline le désigne sous le nom de stibium et la traduction latine des ouvrages de Geber sous celui d ' antimonium. Ces deux dénominations, jusqu’à l’époque de Lavoisier, indiquaient le sulfure d’antimoine.

L’antimoine libre ou régule cV antimoine est décrit pour la première fois par Basile Valentin vers le xv° siècle. Il a souvent été confondu avec le bismuth.

Les combinaisons de l’antimoine connues des alchimistes étaient nombreuses et leur application à la médecine avait une importance considérable. Elle avait même donné lieu à tant d’abus que la Faculté de Paris en fit sévèrement proscrire l’usage par un arrêté du Parlement, en 1566, et ce n’est que cent ans plus tard que cette interdiction fut levée.

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