L’antimoine forme 3 oxydes qui sont
COMBINAISONS OXYGÉNÉES DE L’ANTIMOINE
Le trioxyde ou oxyde antimonieux
Le tétroxyde ou peroxyde d’antimoine
Le pentoxyde ou anhydride antimonique
Sb203 Sb2 O4 Sb205
Le premier peut fonctionner comme oxyde acide et comme oxyde basique. Le second, qu’on obLient par l’action de la chaleur à l’air sur les deux autres, peut être envisagé comme de l’antimoniato antimonieux, néanmoins o'n connaît des combinaisons dans lesquelles il fonctionne comme radical acide. Le dernier, enfin, est un anhydride acide nettement caractérisé.
TRIOXYDE D’ANTIMOINE ou ANHYDRIDE ANTIMONIEUX.
Cet oxyde se rencontre dans la nature, en Bohême, dans la piovince de Constantine, a Bornéo. Il se présente en prismes orthoi hombiques ou en octaèdres réguliers. Dans le premier cas, il porte le nom de valentinite; dans le second cas, celui de sénarmontite. Ce dimorphisme, observé en premier lieu par Wœhler, est le même que celui que présente l’anhydride arsénieux ; ces deux corps sont donc isodimorphes. Mais, tandis que ce dernier affecte de préférence la forme octaédrique, l’anhydride antimonieux est plus souvent prismatique. Ces deux formes peuvent être produites artificiellement.
542. Préparation. Formation. — Le trioxyde d’antimoine se produit par calcination à l’air de l’antimoine ou de son sulfure. Lorsqu’on fond l’antimoine dans un creuset, en favorisant l’accès de l’air (on recouvre le creuset par un creuset semblable, percé à sa partie supérieure), l’oxyde formé se dépose dans les deux creusets en belles aiguilles brillantes, désignées autrefois sous le nom de fleurs argentines d'antimoine. Ces prismes sont quelquefois accompagnés de petits octaèdres.
Si 1 on chauffe 1 antimoine dans un tube en porcelaine traversé par un courant d’air très lent, on rencontre les cristaux octaédriques dans les parties les moins chaudes du tube, tandis que les cristaux prismatiques avoisinent l’antimoine. Une nouvelle sublimation de l’oxyde prismatique fournit des octaèdres (Terreil).
On obtient l’oxyde antimonieux par voie humide en versant lentement une solution de trichlorure d’antimoine dans une solution bouillante de carbonate de sodium, l’anhydride antimonieux se sépare sous la forme prismatique. Si l’on remplace la
Sb-O3.
ANTIMONITES.
solution de carbonate par de l’eau bouillante, la poudre cristalline obtenue est formée de petits octaèdres. Il en de même de l’oxyde qui se dépose par le refroidissement de la solution dans la potasse bouillante (Mitscherlich). La poudre d’algaroth se transforme lentement en cristaux octaédriques d’oxyde à la température ordinaire (Pasteur). Si au contraire on la traite par l’eau à 150°, elle se transforme en oxyde prismatique (Debray).
L’oxyde d'antimoine se produit encore dans la décomposition de l’eau par l’antimoine au rouge, ainsi que par l’action de l’acide azotique étendu sur l’antimoine.
543. Propriétés. — L’oxyde d'antimoine prismatique, naturel ou artificiel, a pour densité 5,7 ; l’oxyde octaédrique, 5,2. Le premier se dissout plus facilement que le second dans les alcalis. Il fond au rouge sombre et se prend par le refroidissement en une masse cristalline. Il est jaune à chaud et redevient blanc à froid. Calciné au contact de l’air, il est converti en tétroxyde Sb204, en brûlant comme de l’amadou. Il est facilement réduit au rouge par l’hydrogène, le charbon, etc.
Il est à peu près insoluble dans l’eau, soluble dans l'acide chlorhydrique, dans l’acide tartrique et dans la crème de tartre, ainsi que dans les alcalis. Un peu soluble dans l’acide azotique fumant, il se dissout plus facilement dans l’acide sulfurique fumant.
Traité par l’acide chlorhydrique en présence d’iodure de potassium, il ne donne pas d'iode libre, ce qui arrive lorsqu’il renferme des oxydes supérieurs.
544. Hydrate antimonieux ou d’antimonyle SbO (OH). — On l’obtient en versant une solution de chlorure d’antimoine dans une solution froide de carbonate de sodium. Il se dissout facilement dans les alcalis. Il se transforme en oxyde anhydre à l’ébullition.
Antimonites. — Ces combinaisons sont peu stables et l’on n'a isolé que les antimonites de sodium Sb02Na -h 3H20 et (Sb02)3NaH2. La première se dépose en octaèdres très peu solubles de la solution de l’oxyde dans la soude caustique. Le second se dépose en solutions saturées d’oxyde en grands cristaux quadratiques presque insolubles dans l’eau (Terreil).
Les solutions de ces sels sont jaunies par l’hydrogène sulfuré, elles ne donnent un précipité de sulfure que lorsqu’on y ajoute un acide.
COMBINAISONS OXYGÉNÉES DE L’ANTIMOINE
545. Sels d antimoine et de stibyle. — Ces combinaisons sont beaucoup mieux définies et plus nombreuses que les antimonites. Elles sont de deux ordres : dans les unes, l’antimoine Sb'" remplace 3 atomes d’hydrogène, ce sont les sels d’antimoine. Les autres résultent de la substitution du radical stibyle ou antimonyle (SbO)' à 1 atome d’hydrogène. Ce sont les sels de stibyle, au nombre desquels se trouve l’oxychlorure (SbO)'Cl.
Les sels d’antimoine sont tous décomposés par l’eau, sauf le tartrate, en donnant des sels d’antimonyle insolubles qu’on peut aussi envisager comme des sels basiques et qui, en présence d’une plus grande quantité d’eau, peuvent même être décomposés en acide libre et oxyde d’antimoine. L'acide tartrique empêche ces décompositions, les tartrates d’antimoine étant très stables et indécomposables par l’eau; il en est de même des citrates et de quelques autres sels à acide organique.
Azotate. — En traitant l’oxyde d’antimoine par l’acide azotique fumant on obtient des cristaux nacrés, peu stables, qui renferment 2(Az03Sb0), Sb2Oa (Peligot). On peut les envisager comme formés par la molécule Az207(Sb0)4 analogue aux pyrophosphates.
Sulfates. — L’acide sulfurique concentré dissout à chaud l’antimoine ou l’oxyde d’antimoine ; par la concentration, il se dépose de longues aiguilles soyeuses qui constituent le sulfate normal (S04)3Sb3. Ce sel est décomposé par l’eau en un sel acide soluble et un sel basique insoluble (Schultz-Sellack).
Avec l’acide sulfurique fumant, on obtient de petits cristaux brillants d’anhydrosulfate de stibyle S207(Sb0)2 (Peligot); M. Schultz-Sellack leur assigne la formule (S04)3Sb2. SO3 ou (S207)2Shw(Sb0), tandis qu’il envisage comme anhydrosulfale le sel très analogue obtenu en dissolvant l’oxychlorure d’antimoine dans l’acide sulfurique fumant. L’alcool ou une petite quantité d’eau décomposent cet anhydrosulfale en produisant le sulfate S04(SbO)*, poudre blanche qu’une plus grande quantité d'eau décompose.
Tartrates d’antimoine. — Ces sels, qui sont les plus importants, seront décrits à l’occasion des tartrates. Nous nous bornerons à faire connaître ici la constitution qu’on leur assigne. L 'émétique cristallisé est un tartrate double de potassium et de stibyle; Yémétique desséché représente un tartrate d’antimoine et de potassium.
PENTOXYDE D’ANTIMOINE.