PRÉPARATION ET PROPRIÉTÉS DU DORE
étant terminée, on coule la masse fondue dans de l’eau additionnée d’acide chlorhydrique. Le chlorure et le borate de sodium se dissolvent, tandis que le bore reste sous la forme d’une poudre verdâtre. On le lave, puis on le sèche à la température ordinaire; à chaud, il brûlerait à l’air comme de l’amadou. Séché à chaud dans le vide ou dans un courant d’hydrogène, il constitue une poudre brune, beaucoup plus stable à l’air (II. Deville et Wœhler).
C’est là le bore amorphe. On l’obtient encore en chauffant l’anhydride borique avec la quantité de magnésium en poudre nécessaire pour lui enlever exactement tout l’oxygène (F. Jones).
Bo203 + 3Mg — 3MgO -h Bo2.
Le bore amorphe brûle à 300° en répandant une vive lumière et en dégageant 158cal,600 pour 1 atome de bore, lorsqu’il n’a pas été chauffé dans le vide. Dans ce cas, la chaleur dégagée est beaucoup moins forte (Troost et Hautefeuille). Chauffé à l’abri de l’air, il est infusible au rouge blanc. Sa fusion peut être déterminée par le courant de 600 couples Bunsen.
Il est facilement oxydé par l’acide azotique.
Il décompose l’eau au rouge, ainsi que l’hydrogène sulfuré et brûle dans la vapeur de soufre en donnant du sulfure de bore. Il enlève de même l'oxygène aux oxydes métalliques et le soufre à beaucoup de sulfures ainsi que le chlore aux chlorures. Il brûle dans le chlore (104cal,0) et dans la vapeur de brome, mais ne s’unit pas à l’iode.
Un des faits les plus saillants dans l’histoire du bore est son affinité pour l’azote. Il brûle dans ce gaz au rouge sombre, avec dégagement de chaleur et de lumière, en donnant de l’azoture de bore. Sa combustion dans le bioxyde d’azote est très brillante et donne de l’azoture de bore et de l’anhydride borique (H. Deville et Wœhler) :
3AzO + 5Bo = Bo203 -f 3BoAz.
Bore cristallisé. — Il a été découvert en 1856 par H. Deville et Wœhler, et s’obtient lorsqu’on réduit l’anhydride borique par un métal susceptible de dissoudre le bore quand il est fondu et en excès. Le métal qu’ils ont employé est l’aluminium. Dans un creuset de charbon de cornue, protégé par un second creuset très réfractaire composé d’argile et de plombagine, on chauffe 10 grammes d’anhydride borique avec 8 grammes d’aluminium