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BOUE

ni polils lingots. La température doit être maintenue plusieurs heures au degré de fusion du nickel. On laisse alors refroidir lentement et on brise le creuset. A la partie supérieure de celui-ci se trouve du borate d’aluminium fondu et au-dessous une masse

caverneuse métallique formée d’aluminium, de lamelles hexagonales d’un jaune d’or et de cristaux implantés dans la masse :^les uns jaunes ou bruns, les autres noirs. Les lamelles jaunes qu’on avait d’abord envisagées comme constituant une variété graphit.oïcle du bore sont un borure cl aluminium APBo\

Les en s taux jaunes ou bruns, qui sont des octaèdres quadratiques, ont la réfringence et la dureté du diamant. Ils renferment des quantités variables de carbone et d’aluminium. Enfin les cristaux noirs, très brillants, renferment également du carbone et leur transparence est d’autant plus parfaite qu’ils en contiennent davantage, d où Deville et Wœhler ont conclu que ces cristaux renferment le carbone à l’état de diamant.

En réduisant l’anhydride borique par l’aluminium dans un creuset en terre réfractaire, en l’absence du carbone, M. Hampe a obtenu, indépendamment des lamelles jaunes de borure d’aluminium, des cristaux noirs très brillants, du type clinorhombique, renfermant 17 pour 100 d’aluminium et répondant à la composition AIBo12. En opérant dans un creuset de charbon, M. Hampe a obtenu des octaèdres quadratiques jaunes ou bruns renfermant C2APBo48, soit 2CBoG + 3AlBo12. M. Joly a constaté que les cristaux noirs de AIBo12 ne se forment pas à des températures très élevées. Les cristaux jaunes sont alors mélangés de cristaux noirs, plus petits, à éclat métallique et très durs, qui sont un borure de carbone CBoG. Ils sont sans doute identiques avec les cristaux noirs de H. Deville et Wœhler.

On voit donc que le bore cristallisé n’est jamais du bore pur.

Les cristaux AIBo12 ont pour densité 2,618. Celle du borure de carbone est 2,547. Ils ont tous deux une dureté et un éclat qui se rapprochent de ceux du diamant.

Ces produits sont tous infusibles à toutes les températures de nos fourneaux.

Les uns et les autres ne brûlent dans l’oxygène qu’à une température très élevée et incomplètement à cause de la couche d’anhydride borique qui les recouvre. L’acide azotique ainsi que l’acide chlorhydrique et la soude bouillante sont sans action ;

BORURE D’HYDROGENE.

l'eau régale ne les attaque qu'à la longue. On se base là-dessus pour les isoler de l’excès d’aluminium. Fondus avec de Ja soude, ils se dissolvent avec dégagement d’hydrogène et formation de borate et d’aluminiate de sodium. Le bisulfate de potassium et les

(carbonates alcalins en fusion les dissolvent également.

561. Poids atomique. — Il a été déduit avec le plus de certitude des analyses, faites par Deville, du chlorure et du bromure de bore. Ces analyses ont conduit aux nombres 11,05 et 10,94, moyenne 11. C’est le nombre encore admis, quoiqu'il se rapporte aux anciens poids atomiques du chlore et du brome, 35,5 et 80. La chaleur spécifique du bore, qui faisait exception à la loi de Dulong et Petit, est d’accord avec cette loi quand on l’observe à 700° (44).

BORURE D HYDROGÈNE. — BoH3.

562. Le gaz qui se dégage lorsqu’on traite par l'eau le produit de la fusion du bore amorphe avec le potassium possède une odeur particulière que Davy avait attribuée à du borure d’hydrogène. Lorsqu’on fond au rouge blanc de l’anhydride borique avec de la limaille de fer et qu’on traite le produit par l’acide chlorhydrique, on produit le même gaz et l’hydrogène dégagé brûle avec une ilamme bordée de vert. Après avoir pensé que ce gaz renferme du bore, Gmelin a pourtant attribué ses propriétés à diverses impuretés. L’existence d’un hydrure de bore, mise en doute depuis, a été récemment démontrée par M. Fr. Jones. Pour le préparer on traite par l’acide chlorhydrique le borure de magnésium impur qu’on obtient en chauffant l’anhydride borique avec la quantité de magnésium indiquée par l’équation :

Bo203 + CMg = 3MgO — f- Mg3Bo2.

Le borure de magnésium renferme, en outre, de l’azoture de bore, du bore et du magnésium libre et le gaz qu’il fournit est toujours accompagné d’hydrogène. Ce gaz est doué d’une odeur très désagréable, caractéristique, qui détermine des maux de tête. Il brûle avec une belle flamme verte ; si l’on écrase celle-ci avec un corps froid, on obtient une tache brune de bore. Il est un peu soluble dans l’eau et sa solution est stable. La chaleur le décompose. Dirigé dans une solution d’azotate d’argent, il y produit un précipité noir très peu abondant, sans doute à cause de la mise en liberté d’acide azotique; ce précipité renferme du

ti:,° BORE ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES.

bore et de l’argent et est décomposé par l’eau bouillante avec dégagement de bortire d’hydrogène. Son analyse, qui n’a pu être qu approximative, conduit cependant à des nombres assez voisins de BoIP. Cette analyse a été faite en brûlant le gaz par de l’oxyde de cuivre (Jones et Taylor).

La formule BoIP est justifiée par celle du fluorure de bore et par celle du boréthyle Bo(C3IP)3.

BORE ET ÉLÉMENTS HALOGÈNES

Le bore ne forme avec les halogènes que des combinaisons triatomiques. L'iodure n’a pas été obtenu.

CHLORURE DE BORE. — BoCl3.

D. vap. — 58,55 (obs. = 58,7 ; Deville et Woehler).

563. Le bore amorphe brûle spontanément dans le chlore avec production de lumière et de chaleur (Berzelius). Il se produit également du chlorure de bore lorsqu’on fait agir le gaz acide chlorhydrique sec sur le bore amorphe.

Pour préparer le chlorure de bore, on chauffe au rouge vif dans un courant de chlore un mélange intime d’anhydride borique et de charbon de bois placé dans un tube de porcelaine.

Les gaz et vapeurs sont dirigés à travers un tube à condensation entouré d’un mélange réfrigérant (Dumas).

Bo203 + 3C + 3C12 = 2BoCl3 + 3CO.

On obtient encore le chlorure de bore en chauffant à 150° pendant quelques jours de l’anhydride borique avec deux fois son poids de perchlorure de phosphore, en tubes scellés. Ces tubes ne doivent ensuite être ouverts qu 'après avoir été fortement refroidis. On distille en chauffant d’abord à 100°, puis à une température beaucoup plus élevée. Le contenu des tubes est une masse blanche ne contenant que peu de chlorure de bore libre. C’est un oxychlorure, sans doute BoOCl qui se dédouble à 100° et au delà en anhydride borique et chlorure de bore :

3BoOCl = BoCl3 Bo203.

La réaction inverse a en effet été réalisée en chauffant à 150° en tubes scellés l’anhydride borique avec du chlorure de bore, il

FLUORURE DE BORE.

se forme, une masse gélatineuse qui se comporte comme le corps ci-dessus (Gustavson).

Le chlorure de bore est un liquide incolore, de 1,35 de densité à 17°. Il bout à 18°, 23 (Régnault). S’il renferme du chlore libre, on enlève celui-ci par le mercure. Il fume à l’air et est décomposé par l’eau en acides borique et chlorhydrique. Il paraît former un hydrate solide avec une petite quantité d’eau (Dumas).

Le sodium est sans action sur le chlorure de bore jusqu’à 150°; la poudre de zinc jusque vers 200°. Chauffé à 120° avec de l’anhydride sulfurique, le chlorure de bore donne du chlorure de sulfuryle et de l’anhydride borique (Gustavson).

3S03 -h2BoCl3 — 3S02Cl2 -h Bo203.

Il forme avec l’oxychlorure de phosphore une combinaison cristallisée BoCP. POC13, fusible à 73°. Il absorbe le gaz ammoniac sec en donnant une poudre cristalline blanche sublimable, qui a pour composition BoCl3,3AzII3. L’eau la décompose en sel ammoniac et borate d’ammonium.

BROMURE DE BORE. — BoBr3.

D. vnp. = 125,1 ; obs. = 12G,8 (Deville et Wœliler).

564. C’est un liquide incolore, fumant fortement à l’air, de 2,69 de densité et bouillant à 90°, 5 (Wœliler et Deville). On l’obtient, comme le chlorure de bore, en dirigeant des vapeurs de brome sur un mélange chauffé au rouge d’anhydride borique et de charbon, puis rectifiant le produit sur du mercure pour enlever le brome libre. Ses réactions sont celles du chlorure de hore.

FLUORURE DE BORE. — BoFF.

Dens. = 34,0; obs. = 34,2 (J. Davy).

565. Ce gaz a été découvert en 1808 par Gay-Lussac et Thénard, qui l’avaient obtenu en portant au rouge blanc, dans un canon de fusil, un mélange d’anhydride borique (1 partie) et de fluorure de calcium (2 parties) :

4Bo203 + 3CaFl2 — 2BoFl3 + 3(Bo02)2Ca.

On le prépare beaucoup plus facilement en chauffant dans un ballon le même mélange avec 12 parties d’acide sulfurique concentré (J. Davy). On recueille le gaz sur le mercure.

Le fluorure de bore est un gaz incolore, répandant à l’air lui-

B0RE ET éléments halogènes.

mille d épaisses fumées blanches; son odeur esl excessivement sullocante. Il possède une extrême avidité pour l’eau et enlève les éléments de l'eau à certaines matières organiques, le papier par exemple, qu’il charbonne comme le fait l’acide sulfurique. Il n’est pas en général décomposé par les métaux. Le potassium et le sodium chauffés dans le fluorure de bore y brûlent avec éclat en donnant des fluoborates, BoFPNa.

Dirigé à travers une flamme, il la colore en vert. Le fluorure de bore, mélangé de son volume de gaz ammoniac, s’y combine en donnant un corps blanc sublimable, BoFPAzII3, qui peut encore absorber un volume ou deux volumes de gaz ammoniac et donne les combinaisons liquides BoFl3.2AzH3 et BoFl3.3AzH3, qui perdent cet excès d’ammoniaque par la chaleur (J. Davy). ?

566. Hydrate de fluorure de bore. — L’eau absorbe 800 fois son volume de fluorure de bore (1057 fois à 0° d’après M. Basarow), avec élévation de température. Le liquide produit est oléagineux, fumant, aussi caustique que l’acide sulfurique. Lorsqu’on le distille dans une cornue de platine, il perd d’abord du fluorure de bore cà 140°. A 160-170°, il passe un liquide épais, fumant fortement à 1 air, de 1,777 de densité. Ce qui passe ensuite, devient de plus en plus fluide et moins dense. Le liquide qui distille à 200° fume à peine à l’air et a pour densité 1,580. On admettait que ce dernier liquide constitue un composé défini. Ycicide fluoxiy borique Bo02H,3HFl ou Bo203,6FlH. Mais cette composition n’est qu’accidentelle et cet acide ne doit être envisagé que comme une dissolution d’acide borique dans l’acide lluoborique. Les fluoxy borates sont des mélanges de fluorures et de boiates ; ils se dédoublent par la cristallisation et leur solution donne avec l’azotate d’argent un précipité de borate (Basarow).

567. Acide fluoborique ou borofluorliydrique BoFPH ou BoFF.HFl. — Lorsque le fluorure de bore est en contact avec une plus grande quantité d’eau, le quart du bore qu’il renferme est séparé à 1 état d acide borique, les trois autres quarts s unissent à l’acide lluorhydrique mis en même temps en liberté et restent dissous à l’état d’acide borofluorliydrique :

4BoFl3 H- 3H20 — Bo(OIl);) -f- 3BoFl4H.

On obtient le même acide en saturant une solution d’acide fluorhydrique par de l’acide borique (Berzelius). Cette solution

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