VERRE
froid où de chaleur pour qu*elles changent de situation respective : c'est ce dont les larmes bataviques nous offrent un exemple frappant. On appelle ainsi des gouttes de verre fondu, qu'on laisse tomber dans de l'eau froide, où elles s'allongent en une queue mince, qui se refroidit la première. On peut frapper le bout épais, qui s'est refroidi moins rapidement, sans qu'il casse; mais, dès qu'on brise la pointe, la lame entière se réduit bruyamment en poudre. Un effpt analogue a lieu quand on fabrique de petits matras ordinaires en verre , à fond épais, sans les laisser refroidir au four : leur surface interne, qui est celle dont le refroidissement a été plus lent, consolide tellement le vase entier, qu'il peut supporter de petits chocs à l'extérieur, ou dans Tintérieur la chute de corps ronds et polis ; mais, dès qu'on laisse tomber dedans un corps anguleux, même très-petit, comme un petit fragment de pierre à fusil , le fond éclate et le matras se brise, effet dû à la cessation de l'état de tension dans lequel la surface extérieure était tenue auparavant. On peut se faire une idée sensible de ce qui a lieu dans ce cas par ce qui arrive à un morceau d'étoffe fortement tendu, qui résiste à la tension tant qu'il conserve son intégrité, mais qui se déchire à la moindre fissure qu'on y pratique avec des ciseaux ou avec un couteau.
La soude, ou la potasse et l'acide silicique, sont les principaux matériaux du verre. La soude donne un verre plus fusible et plus exempt de bulles que la potasse ; mais il est ordinairement un peu verdàtre. Le sel marin qu'on ajoute sert presque toujours à ihtroduire de la soude dans le verre, parce qu'alors il se sépare du chlorure potassique à l'état de fiel de verre. Le nitre , l'arsenic et le manganèse fournissent l'oxygène nécessaire pour brûleries madères combustibles qui pourraient se trouver dans la masse et la colorer. L'oxyde plombique rend le verre plus fusible, par conséquent plus homogène, moins huileux et moins strié. Le verre vert doit sa couleur à l'oxyde ferreux contenu dans la cendre. Cette teinte diminue par l'addition du manganèse en juste proportion. On met aussi du manganèse dans le verre blanc^ pour le dépouiller de toute nuance verdâtre.
Le mauvais verre, qui contient trop de bases, devient trouble avec le temps et s'effleurit à la surface. Quand on le chauffe, il se décompose à la superficie, même au-dessous du degré d'ébullition, devient opaque, et se sépare par petites écailles.
a38 VERRE.
Le verre de bonne qualité est parfaitement transparent. Son poids spécifique varie entre 2,3 et 4, suivant la quantité d'oxyde plombique qu'il contient. A la chaleur rouge, il peut être tiré en fils assez minces pour qu'on puisse à peine les apercevoir à l'œil nu. Il est élastique et sonore. Peu de substances l'attaquent, à l'exception de l'acide fluorbydrique et des fortes lessives d'alcalis caustiques. A une haute température, il est attaqué aussi par l'acide sulfurique concentré et par l'acide phosphorique. L'eau même le décompose par une longue ébullition , ainsi que j'ai déjà eu occasion de le dire dans le tome I, page 4<^i2. Le verre sodique résiste beaucoup mieux à l'action des acides que le verre potassique, parce que la soude est une base plus faible. Le plus mauvais de tous les verres, pour l'usage des chimistes, est celui qui contient beaucoup de silicate calcique, parce que la chaux ne sature pas assez d'acide silicique , pendant la fusion , pour être en état de résister à l'action des acides.
Avant d'appliquer le verre aux besoins de la chimie, il faut l'essayer : la meilleure épreuve à laquelle on puisse le soumettre est d'y faire bouillir de l'eau régale pendant quelques heures, et de l'évaporer à siccité j après quoi on lave le verre et on le laisse sécher. Lorsque, étant complètement sec, il ne présente point de tache au fond, on en conclut qu'il est de bonne qualité. Dans les analyses, on ne doit jamais employer des vases de verre qui n'aient subi cette épreuve ; et celui qui n'y résiste point n'est pas rare (en Suède) , parce qu'on se sert presque généralement de potasse, et non de soude, pour le fabriquer.
Le lierre opaque blanc ^ qu'on appelle verre laiteux ^ s'obtient en faisant fondre le verre avec des os calcinés à blanc. Un tiers de poudre d'os le rend parfaitement blanc et opaque.
Je dois encore, pour terminer cet article, parler de la modification du verre qu'on opp elle porcelaine de Réaumur^ du nom de son inventeur. On l'obtient en entourant le verre de gypse ou de sable, le disposant ainsi dans un four et l'y tenant longtemps au rouge , sans le fondre. Il perd alors sa transparence, acquiert une surface inégale , résiste mieux qu'auparavant aux variations de la température et aux chocs extérieurs, raye le verre, fait feu au briquet , et ressemble en quelque sorte à la porcelaine. On a cru pendant longtemps que le verre traité de cette manière perdait une grande partie de son alcali; et que ce qui restait contenait plus de
BÏTARTRATE SODIQUE. a^g
silice : cest une erreur. La composition du verre reste la même; mais, pendant le ramollissement que la chaleur rouge longtemps soutenue lui fait éprouver, ses molécules changent de situation les unes par rapport aux autres, et, obéissant à leur force djagrégation , prennent une texture cristalline. La porcelaine de Réaumur n*est donc autre chose qu'une masse vitreuse cristalline.
Formiate sodique^ Na Fo, Il forme soit des tables rhomboïdales à facettes aigués , soit des prismes plats quadrilatères, contenant 2 atomes ou ao,9 pour cent d eau de cristallisation. Soumis à la chaleur^ il fond dans son eau de cristallisation , et se prend, à mesure que révaporation avance^ en une masse saline sèche, qui, suivant Goebel^ coule à Tair humide, et exige, selon Afzeliuê ^ a parties d'eau pour se dissoudre.
Acétate sodique ^ NaAc. On peut l'obtenir cristallisé avec deux proportions d'eau différentes. Le sel qui se dépose par le refroidissement d'une solution saturée à chaud forme des cristaux prismatiques, transparents , contenant 4o, II pour cent ou 6 atomes d'eau, et qui ne s*efBeurissent que lentement à l'air. Par une évaporation spontanée de la liqueur, le sel cristallise avec 9 atomes ou 49i6 pour cent d'eau , et il s'effleurit ensuite beaucoup plus promptement à l'air. L'acétate sodique fond dans son eau de cristallisation; et lorsque, pendant la fusion, on le recouvre d'une couche d'huile, il reste liquide après le refroidissement; mais il se prend en masse en peu d'instants, lorsqu'on y introduit un cristal de ce sel. Il a une saveur fortement saline, nullement désagréable, et se dissout dans 2,86 parties deau froide. Il se dissout aussi dans l'alcool. Sa dissolution , saturée à chaud , renferme , pour 100 parties d'eau, 209 parties de sel, et a son point d'ébullitionà +124^37.
Tartrates sadiques, a. Tartrate neutre^ NaT. Ce sel est inalté** rable à l'air, mais s'effleurit et tombe en poussière quand on le chaufTe doucement. Il est soluble dans cinq parties deau froide, et en toutes proportions dans l'eau bouillante, à tel point qu'on peut l'obtenir liquide dans ^ de partie de cette dernière. Il n'est point soluble dans l'alcool anhydre. D'après Bucholz^ il contient 17 pour cent ou 2 atomes d'eau.
b. Bitartraie sodique^ NaTr+HÏ*. On l'obtient en dissolvant le sel précédent dans huit parties d'eau bouillante, en le mêlant
Û^O BITARTRATE SODIQUE.
avec moitié de son poids d acide tartrique dissous dans le moins d'eau possible. Après Févaporation , la liqueur donne de petits cristaux par le refroidissement. Ce sel a une saveur acide , faiblement saline. Il se dissout dans huit parties d eau froide et dans 1,8 deau bouillante , mais il est insoluble dans Talcool. Il contient
i4 pour cent ou 3 atomes d'eau.
Tartrate potassico-sodique (sel de Seignette)^ KTr+NaTr.
Pour l'obtenir, on neutralise la crème de tartre par la soude, et Ton évapore lentement la dissolution pour la faire cristalliser. A Tétat cristallisé, ce sel contient souvent une certaine quantité de tartrate calcique, dont on est obligé de le débarrasser en le dissolvant et le faisant cristalliser de nouveau. On le prépare également en saturant de potasse six parties de crème de tartre, et y ajoutant ensuite une dissolution de cinq parties de sulfate sodique cristallisé. Après 1 evaporation , on obtient des cristaux, d abord de sulfate potassique^ et ensuite de tartrate potassico-sodique. Ce sel est remarquable par le grand volume de ses cristaux. Il cristallise en gros prismes à ^^6, 8, lo, 12 ou 16 faces à sommet droit. Il a une saveur salée, désagréable, s altère peu à Tair, et s'efQeurit seulement à la surface lorsque lair est sec et chaud. Il renferme , d Câpres Dumas , 7 atomes ou 23 pour cent d'eau ; et , d après les expériences concordantes de Mitscherlich el .de Schaffgottsch^ 8 atomes ou 25,4 pour cent. Il se dissout dans deux parties et demie d'eau froide, et dans une quantité bien moindre d'eau chaude. On l'emploie en médecine. Son nom lui vient de celui d'un pharmacien delà Rochelle, qui Fa découvert.
Le bitartrate sodique et \ acide borique forment un sel composé comme le sel potassique correspondant. La formule de ce sel est ,
par conséquent, NaTr+Br ïr. On Fobtient en dissolvant i atome de sururtrate sodique et i atome d*acide borique cristallisé dans Feau, et en évaporant la dissolution. Il est entièrement semblable au sel potassique.
On appelle tartre borate un sel qu on emploie en médecine , et qui se prépai^e en dissolvant le surtartrate potassique dans une dissolution de borax. D'après Duflos^ i atome de borax peut rendre 3 atomes de surtartrate potassique soluble dans Feau. On filti-e Je sel potassique qui est en excès , et on évapore la liqueur ; il reste une masse visqueuse et gluante, qui s'humecte dans l'air. Après
SELÉNITES SODIQUES. ^^l
la dessiccation complète du sel, le borax a perdu son eau de cristallisation, tandis que celle du tartre reste dans la combinaison. Le sel est soluble dans un poids d*eau égal au sien. Lalcool ne le dissout pas. Il contient 59,661 parties d acide tartrique, 10,437 parties d'acide borique, 47^79 parties de soude, a 1,1 84 parties de
potasse , et 4)^39 parties d eau , == Na Tr + 3K Tr + 2B Tr -f- 3H.
On obtient un sel tout à fait semblable avec le borax et le sur^
tartrate sodique. Sa composition peut être exprimée par la formule
aNaTr + B Tr , qui fait voir que le sel précédent n'est autre chose qu'un mélange de deux sels doubles , savoir, d'un atome de sel sodique et 3 atomes de sel potassique.
Du reste, il importe de remarquer que le sel préparé au moyen du borax et du surtartrate sodique contient, pour i atome de tartrate d'acide borique , deux fois autant de tartrate sodique que le sel préparé avec le surtartrate sodique et l'acide borique. La composition de ces différentes combinaisons d'acide tartrique, d'acide borique et d'alcali a été déterminée parZ)w/7o^. Plusieurs chimistes, avant lui, avaient déjà tenté la solution de ce problème, mais inutilement.
Succinate sodique. a, Succinate neutre^ NaSc. On l'obtient trèsfacilement, par une évapora tion modérée, en prismes rhomboïdaux incolores, transparents, contenant 6 atomes ou 39,8 pour cent d'eau, qui y restent à la température ordinaire, mais qui s'en vont totalement à -|-ioo^. Il est très-soluble dans l'eau et dans l'alcool hydraté.
i. Le bisuccinate^ NaSc, cristallise en prismes hexagonaux, comprimés, contenant 7 atomes ou 32,3 pour cent d'eau de cristallisation , dont une partie s'en va par l'efAorescence à l'air, tandis que le reste ne se dégage qu'à + 100^. Il est soluble dans l'eau et dans l'alcool. Soumis à la chaleur , il se comporte comme le sel potassique.
Séléniate sodique^ NaSe. On l'obtient en faisant détoner du sélénium avec du nitrate sodique. Il ressemble au sulfate, non-seulement sous le rapport de la forme cristalline et des multiples de Veau de cristallisation , mais encore relativement aux singulières variations que présente sa solubilité à différentes températures. On peut aussi l'obtenir cristallisé sans eau.
Sélénites sodiques.a. Sélémte netUrejNsiSe. Il se dissout avec la III. 16
a4^ TELLURATES SODIQUES.
plus grande facilité dans Teau. Sa saveur ressemble à celle du borax. Après avoir été amenée à consistance d'extrait^ sa dissolution dépose, lorsqu'on continue à Tévaporer, mais non par le refroidissement, de petits grains cristallins, tandis que la surface de la liqueur se couvre d'une croûte d'un blanc d'émail. Une fois qu'il est parfaitement sec, il se conserve à l'air sans éprouver d'altération. L'alcool ne le dissout point.
b. BUélénite sodique^ NaSe*. Il ne cristallise que quand sa dissolution , évaporée jusqu'à consistance de sirop , est abandonnée à elle-même dans un endroit frais. Il forme un assemblage, soit de figures étoilées, soit de gros grains ^ qui sont composés de rayons concentriques. Il n'est point efflorescent ; mais lorsqu'on le chauffe il perd son eau, puis se fond en un liquide jaune clair, qui, par le refroidissement, devient blanc et cristallin, et prend une cassure rayonnée. Au rouge naissant, l'excès d'acide sélénieux se volatilise sous forme d'une fumée blanche , et il finit par ne plus rester que du sel neutre.
c. Quadrîsélenite sodique y NaSe*. Il cristallise en rayons quand on l'abandonne à l'évaporation spontanée. Il n'est point efflorescent.
Tellurates sodiqiies.a, Tellurate neutre^ NaTe. Lorsqu'on neutralise l'acide tellurique avec de la soude caustique , lacide se dissout; mais quand l'alcali est en excès, et surtout quand on favorise l'action par une douce chaleur, le sel neutre se sépare en grains cristallins , ou sous la forme d'une croûte cristalline. Dans cet état, il est presque insoluble dans l'eau, tant froide que chaude. La portion de ce sel qui reste dans la lessive alcaline peut en être séparée au moyen de l'alcool, qui la précipite également à l'état grenu. Le sel cristallisé contient i3,i pour cent, = 2 atomes d eau. Lorsqu'on le fait bouillir avec des quantités d'eau qu'on renouvelle à plusieurs reprises , il se dissout et il reste dissous, tant qu'on n'y ajoute pas un excès de soude. Quand on évapore la dissolution au bain-marie, il ne se dépose rien, et le sel finit par rester sous la forme d'une masse gommeuse , molle et soluble dans Veau. Lorsqu'on pousse, au contraire, l'évaporation jusqu'à siccité complète, il devient aussi peu soluble qu'auparavant. Chauffé à un degré voisin du rouge, de manière qu'il perde son eau de cristalUsation , ce sel laisse une masse qui est blanche même à chaud, et qui est une autre modification du même corn-
QUADRITELLURA.TE SODIQUE. ^43
pose, qui ne se dissout ni dans l'eau froide, ni dans Teau chaude. Cependant Tacide nitrique le dissout par le concours de la chaleur. La combinaison se divise dans la liqueur comme un lait , et elle gagne bien le fond , mais ne se dépose pas assez complète» ment pour que la liqueur cesse d'être trouble.
b, Bitellurate sodique^ NaTe*. Lorsqu'on ajoute de Tacide acétique à une dissolution d'acide tellurique dans une dissolution de carbonate sodique opérée à chaud et refroidie , il se précipite d'abord un sel , qui se redissout immédiatement après. Ce sel est le bitellurate sodique. Il est peu soluble dans la dissolution de l'acétate sodique , au sein de laquelle il se forme. Lorsqu'on évapore b dissolution claire au bain-roarie, il reste un mélange de bitellurate et d'acétate telluriques; on peut extraire ce dernier sel par l'alcool de o,85. Ce tellurate est une poudre blanche, qui se dissout d'une manière lente, mais complète, dans l'eau. 11 contient 14,78 pour cent, ou 4 atomes d'eau de cristallisation. Sa dissolution dans l'eau se dessèche, par i'évaporation spontanée, en une masse claire comme de l'eau, gommeuse et fendillée, qui, à chaud, devient d*un blanc de lait et se détache du verre. On obtient aussi ce sel en mêlant a atomes d'acide tellurique avec i atome de car^ bonate sodique. Si l'on ajoute encore ^ atome ou i atome de carbonate sodique, il ne se forme pas de sel neutre à froid; si on laisse , au contraire , la liqueur s'évaporer à une douce chaleur, il s'en sépare des gouttes limpides de bitellurate, qui se réunissent insensiblement en une couche sirupeuse sous la liqueur alcaline. — Chauffé jusqu'à ce qu'il ait perdu complètement son eau de cristallisation, le bitellurate sodique prend une couleur jaune citrineet pâle, et se transforme en quadritellurate. En lavant ce sel avec de l'eau, on le débarrasse du tellurate neutre qui s'est produit en même temps.
c. Quadritellurate sodique ^ NaTe*. La meilleure manière de se le procurer consiste à mêler l'acide tellurique avec le carbonate sodique dans les proportions atomiques requises, à dissoudre le mélange dans l'eau, et à abandonner la liqueur à I'évaporation spontanée. Par ce moyen, l'on obtient une masse claire, gommeuse, peu fendillée, qui ne durcit pas tout à fait, et qui tourne au blanc de lait par l'application de la chaleur. L'eau froide la redissout avec lenteur , mais il reste une poudre blanche , qui se reproduit chaque fois qu'on dessèche de nouveau la dissolution
a44 ABS^NIATES SODIQUES.
au moyen de la chaleur. Ce corps blanc, insoluble dans Teau bouillante , est la même combinaison hydratée , mais sous une autre modification, qui est insoluble et analogue au sel potassique correspondant. Soumis à Faction de la chaleur, il se convertit, comme le sel gommeux lui-même, en quadritellurate sodique jaune et anhydre , qui est tout aussi insoluble que le sel potassique, composé de la même manière.
Traité à la fusion par le nitrate sodique, lacide tellureux donne des combinaisons semblables à celles que nous avons examinées à propos du sel potassique.
TeUurites sodiques. a. Sel neutre^ NaTe. Préparé par la voie sèche , il se liquéfie à une vive chaleur rouge, et donne des cristaux volumineux et réguliers à une température plus basse, mais visiblement rouge encore. Refroidi brusquement , il se boursoufle au moment de la congélation , et présente Taspect d une végétation. L'eau froide le dissout d'une manière lente , mais complète ; l'eau chaude le dissout plus vite ; la dissolution reste claire en refroidis* sant. Si Tacide contient une autre base , on obtient un résidu insoluble. On ne peut faire cristalliser ce sel par une addition de soude caustique ; mais en mêlant la liqueur avec de l'alcool , qui sépare une dissolution concentrée dans l'eau, on obtient parfois^ au bout de quelques jours , des cristaux réguliers et assez volumineux d'un sel hydraté. Enfermé au-dessus d'un vase contenant de lacide sulfurique, il se dessèche en une masse blanche et terreuse.
b. Bitellurite sodique^ NaTe*. Obtenu par la voie sèche, il est très-fusible , et cristallise en refroidissant. Cependant les cristaux ne sont pas aussi réguliers que ceux du sel neutre. L'eau le décompose comme le sel potassique correspondant.
c. Quadritellurate sodique , NaTe\ Il s'obtient comme le sel potassique , en laissant refroidir lentement la dissolution bouillante du bitellurite. Il cristalUse en écailles nacrées, qui prennent quelquefois beaucoup d'accroissement, et ressemblent alors à des tables à 6 pans. Du reste , il ressemble , dans toutes ses propriétés , au sel potassique, excepté qu'il se boursoufle plus que ce dernier par l'application de la chaleur. Il contient ii^^pi pour cent, ou 5 atomes d'eau.
ArsérUates sadiques, a. Sel neutre^ Na'Às. Pour l'obtenir, on sa-
BIARSÉNIATE SODIQUE. ^4^
ture l'acide arsénique par du carbonate sodique employé en léger excès. Il cristallise en gros et beaux cristaux , qui s effleurissent promptement. La dissolution de ce sel réagit à la manière des alcalis, et se comporte d'ailleurs parfaitement de même que le phosphate correspondant. Les cristaux contiennent 54,8 pour cent, ou 24 atomes d'eau de cristallisation. Z. Gmelin a fait voir que quand ce sel cristallise à une température de -f- 18 à +20 degrés, au sein d'une dissolution concentrée ^ abandonnée à l'évaporation spontanée, il ne contient que 44 pour cent, ou 16 atomes d'eau de cristallisation. Il ne s'effleurit pas, et affecte une forme cristalline différente de celle de l'autre. — Mitscherlich a trouvé qu'en ajoutant à une dissolution de ce sel assez d'acide arsénique pour que la liqueur devienne tout à fait neutre, on obtient une combinaison dans laquelle l'acide contient trois fois et un tiers autant d'oxygène que la base. La dissolution de ce sel se décompose par l'évaporation ; elle donne des cristaux du sel dont il a été parlé plus haut, tandis qu'il reste dans l'eau mère un sel avec excès d'acide. Lorsqu'on se sert de la dissolution du sel cristallisé à réaction alcaline, pour précipiter des sels plombiques ou bary tiques neutres, la liqueur qui surnage le précipité est neutre , parce que la décomposition réciproque est complète; mais si l'on emploie, pour opérer cette précipitation, une dissolution parfaitement neutre d'arséniate sodique , la liqueur surnageante est acide , parce que la composition des précipités est proportionnelle à l'arséniate sodique, qui cristallise quand on évapore la dissolution neutre. Beaucoup de bases ont une tendance prononcée à former des sels basiques avec Tacide arsénique, de même qu'avec l'acide phosphorique : tels sont la chaux, la magnésie, l'oxyde zincique, l'oxyde cuivrique, l'oxyde argen tique, l'oxyde mercurique, et quelques autres. Si l'on mêle une dissolution neutre d'une de ces bases avec la dissolution de l'arséniate sodique cristallisé, il se précipite un soussel , et la liqueur présente une réaction acide.
b. On obtient le biarséniate sodique y NaÀs, en versant de l'acide arsénique dans la dissolution du sel précédent, jusqu'à ce que la liqueur ne précipite plus le chlorure baryiique. Ce sel donne, par l'évaporation, de gros cristaux non efilorescents, dont la forme est le prisme droit à base rhombe. Ces cristaux contiennent 19,72 pour 100, ou 4 atomes d'eau.
uf{6 ANTIMONIATE SODIQUE.
c. Sousarséniate sodique^ Na^ As. On Tob tient, d'après Graham^ en traitant le sel neutre par Thydrate sodique, de la manière indiquée pour le sousphosphate sodique. Il a le même aspect et la même forme cristalline que ce dernier sel, et il retient, même au rouge, 0,47 pour cent d'eau, qu'il ne perd que par la fusion avec le sel acide. Il contient 5o,29 pour cent, ou ^3 \ atomes deau; mais Graham admet que la quantité d'eau doit être de So^Si pour cent , ou 24 atomes , comme pour le sousphosphate. 100 parties d'eau, à i5'',5, dissolvent 28 parties de sel. Bien que ces cristaux soient plus solubles que ceux du phosphate, ils ne fondent qu'à 85%5 , par conséquent à une température plus élevée que ce dernier sel. A l'état solide, le sousarséniate est inaltérable à l'air; dissous, il attire, au contraire, l'acide carbonique, et il présente, du reste , la même tendance qu'a le phosphore de cristalliser en combinaison avec une petite quantité de carbonate sodique.
Arséniate potassico-sodique ^ K*As4-Na*Â8. On l'obtient de la même manière que le phosphate double correspondant, aveclequel il a une ressemblance parfaite. Il est composé de 3o,24 parties d'arséniate potassique, 26,65 d'arséniate sodique, et 449^1 9 ou 17 atomes d'eau.
Arsénite sodique. Après l'évaporation , il forme une masse visqueuse, et la liqueur, évaporée jusqu'à consistance de sirop, donne, par le refroidissement, de petits cristaux grenus.
Antimoniate sodique ^ Na^b. C'est un sel peu soluble dans l'eau. On l'obtient en mêlant la solution étendue d'un sel de soude avec une solution d'antimoniate potassique. La liqueur n'est pas troublée; mais, au bout de douze heures, l'intérieur du vase se trouve recouvert d'innombrables petits cristaux d'antimoniate sodique. Si la solution est concentrée , ce sel se précipite immédiatement sous forme de flocons qui, au bout de quelque temps, se transforment en cristaux. L'antimoniate sodique est très-peu soluble dans l'eau froide; il y est encore plus soluble, si l'eau contient de l'hydrate sodique. Par l'évaporation de la liqueur, on obtient le sel cristallisé en petits prismes quadrangulaires à sommet horizontal ; toutes les arêtes sont aiguës; les prismes deviennent quelquefois si courts, qu'ils forment des tables, dont la face large représente le sommet du prisme. Les cristaux obtenus par le mélange des sels offrent la même forme sous le microscope. Frémy a proposé l'insolubilité
TUICGSTATES SODIQUBS. Ik^'J
de lantiinoniate sodique comme un moyen dedécouTrir la soude dans les sels de potasse. Ce sel peut, en effet, être employé comme réactif: une liqueur qui ne contiendrait que j^-^ de son poids d'un sel de soude, lorsqu'elle est traitée par lantimoniate potassique, laisse, au bout de 12 à 24 heures, des cristaux d'antimoniate sodique reconnaissables sous le microscope. Si la liqueur contient en même temps des sels de lithium, d'ammonium ou de terres, ceux-ci produisent également des précipités ; c'est pourquoi il faut les éloigner auparavant.
jintimonite (hyperantimonite) sodique, Na^b. Tout ce qui a été dit de Tantimonite potassique est applicable à celui-là.
Chromâtes sadiques, a, Chromate neutre, NaCr. On l'obtient de la même manière que le chromate potassique , tant neutre qu'a* cide. Le chromate sodique neutre cristallise, suivant Kopp, à 0% en cristaux jaune clair y qui sont isomorphes avec le sulfate sodique, et qui, comme celui-ci, renferment 10 atomes d'eau, ou 5 1,9 pour cent. 11 est déliquescent à l'air, et fond par la chaleur de la main ; la masse fondue à + Zo"* dépose , par l'évaporation , le sel anhydre sous forme d'une matière jaune , irrégulièrement cristalline.
b. Bichromate sadique^ NaCr*. Il est très-soluble, et cristallise en prismes hexagonaux minces, d'un rouge hyacinthe.
Fanadates sodiques. a. Sel neutre, Na V. Ce qui a été dit du sel potassique est entièrement applicable au sel sodique.
b. Le bii^anadate sodique, Na V , diffère du bivanadate potassique en ce qu'il est plus soluble, et qu'il cristallise plus facilement par Tévaporation spontanée. Les cristaux sont grands, transparents, et d'un rouge orangé magnifique. Ils s'elfleurissent à l'air sec , en devenant jaunes et opaques , sans perdre leur forme. L'alcool précipite ce sel complètement de sa dissolution.
Moljbdate sodique, NaMo. 11 produit de gros cristaux efflorescents à l'air, et très-solubles dans l'eau. Les acides en précipitent un surmolybdate.
Tungstates sodiques.a.Tungstate neutre,^diyf . Il cristallise en tables rhomboïdales transparentes, inaltérables dans l'air, solubles dans i -^ partie d'eau froide et dans \ partie d'eau bouillante. Il ne se dissolut pas dans lalcool. 11 présente une réaction alcaline et se trouble par la perte de l'eau, qui est io,63 pour cent;
a48 SDLFHTDRATE SODIQUK.
il fond ayant la chaleur rouge , et se prend en une niasse cristalline.
b. Le bitungstatej NaW', cristallise en rhomboèdres striés, inaltérables à l'air. Il est insoluble dans l'alcool, et se dissout dans 8 parties d'eau froide. Il fond comme le sel potassique , et cristallise par le refroidissement. Il contient a atomes ou io,63 pour cent d'eau de cristallisation. Le sel neutre dissout, pendant sa fusion , une grande quantité d'acide tungstique , et se prend, par le refroidissement, en une masse fortement cristalline.
Bitungstite sodique ^ NaW\ Il s'obtient de la même manière que le sel potassique correspondant, auquel il ressemble entièrement (voir tome II, page 34 1). D'après une analyse plus récente de MalaguU^ en changeant le sel en sulfure, le bitungslite sodique contient 6,o3 soude, 74)33 tungstène, et 19,64 oxygène ; de là la formule calculée, NaW+WW. Mais il n'est pas probable que la réduction de l'acide tungstique s'arrête à ce degré. C'est là un objet qui mérite de nouvelles recherches.
Tantalate sodique. On l'obtient de la même manière que le sel potassique. Il est moins soluble dans l'eau , et se précipite en grande partie pendant le refroidissement de la dissolution bouillante , sous forme d'une poudre blanche.
Stannate sodique^ NaSn. Il s'obtient de la même manière que le sel potassique correspondant; mais il cristallise moins bien. Il forme des tables hexagonales , contenant 3 atomes ou ao,a8 pour cent d'eau.
Manganate et permanganate sodique. Ils sont analogues aux sels potassiques. Le permanganate cristallise, mais plus difficilement que le sel potassique ; il se liquéfie à l'air.