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C. Sulfosels de sodium

Suif hydrate sodique^ NaH. On l'obtient de la même manière que le sulfhydrate potassique, auquel il ressemble à tous égards. Il donne des cristaux incolores et déliquescents à l'air. 11 est soluble aussi dans l'alcool. Lorsqu'on mêle une dissolution concentrée de ce sel avec une dissolution concentrée d'hydrate sodique, et qu'on laisse refroidir le mélange, il s'y forme des prismes droits à quatre pans , terminés par des sommets à quatre faces , qui sont

SULF\KSÉN1ÂTE SKSQUISODIQUE. ^49

du sulfure sodique avec de Teau de cristallisation , et qu* on regardait autrefois comme un soushydrosulfate de soude.

Les sulfures de phosphore ne se combinent pas plus avec la soude qu*avec la potasse. Pendant la préparation du sulfure de phosphore rouge au moyen du carbonate sodique et du sulfide hypophosphoreux (tome I, page 817), on obtient une combinaison de sulfure de phosphore avec le sulfure sodique , laquelle se dissout dans Teau avec une coloration jaune rouge ; et dans cette solution les acides précipitent du soufre phosphorifère, qui, mêlé de soufre libre y se sépare du sulfure sodique qui se forme en même temps. Lorsqu'on chauffe plus fortement cette masse, qui contient du carbonate sodique en excès, elle se colore en brun foncé, et se dissout ensuite dans Feau avec une coloration brune foncée. Les acides y précipitent une espèce d*humus, qui, après le lavage d'une certaine partie , se dissout dans l'ammoniaque , et forme une liqueur d'un brun foncé. La partie non dissoute est presque noire , et se dissout dans l'hydrate potassique avec une belle couleur rouge vineux. On n'a pas encore examiné la composition chimique de ce corps. Chauffée jusqu'au rouge, la masse se colore en noir ; l'eau en enlève du foie de soufre , et laisse un mélange insoluble de 'phosphate sodique et de charbon phosphorifère.

Sulfocarbonate sodique^ NaC. C'est un sel jaune, qui cristallise d'une dissolution très-concentrée, s'humecte à l'air, et se dissout aisément dans l'alcool.

Sulfotellurite tri-sodique^'^a^Te. Il ne cristallise pas, mais se dessèche en une masse saline jaune , que l'air décompose promp tement.

SulfarsénicUes sodiques. a. Suljarséniate neutre^ Na* As. Sa dissolution donne ^ quand on l'évaporé, un Uquide visqueux qui finit par se dessécher à une douce chaleur, et devient d'un jaune citrin. A l'air humide, il se ramollit. S'il contient un excès de sulfide arsénique , il jaunit avant de se dessécher. A une douce chaleur, il fond dans l'eau combinée qu'il renferme, et qui se volatilise ; par le refroidissement , il reprend la forme solide. I^a masse fondue est peu colorée ; solidifiée , elle est jaune.

h, Sulfarséniate sesquisodique ^ Na^As. On l'obtient, soit en précipitant le sel neutre par l'alcool , soit en y ajoutant du sulf-

a5o 8IILFARS£}^IATE SESQUI80DIQUK.

hydrate sodique, et abandonnant le mélange à Tévaporation spontanée. L alcool le précipite en paillettes cristallines d*un blanc de neige, qui peuvent être reçues sur un 6Itre, lavées à lalcool et séchées. Lorsqu'elles ont été bien lavées , elles restent blanches après la dessiccation, La dissolution aqueuse de ce sel , qui est presque incolore, donne des cristaux réguliers. Je Tai obtenu sous plusieurs formes. Une dissolution de sulfide arsénique dans la soude caustique produisait des tables rhomboédriques irrégulières, avec une croix diagonale^ de laquelle partaient des rayons qui constituaient la table. Le sel, précipité par lalcool et redissous dans Teau bouillante, cristallisait, par le refroidissement, en longs prismes à six pans, un peu aplatis, et ayant deux angles aigus. Une évaporation spontanée , ou une lente cristallisation par le re» froidissement , dpnnaient lieu à des prismes tétraèdres^ transparents, à base rhomboïdale, et dont les sommets avaient une fa* cette sur chacun des angles aigus ; enfin , par une cristallisation plus lente encore , et qui n*avait lieu qu'à une température inférieure à zéro, j'ai obtenu des octaèdres blancs et opaques, à base rhomboïdale. Les gros cristaux transparents ont une faible teinte jaunâtre, et un éclat comparable à celui du diamant. Les cristaux opaques sont d'un blanc de lait. Ce sel n'éprouve aucune altération de la part de l'air. Il se dissout aisément et en grande quantité dans l'eau. Placé dans le vide , au^lessus d'une capsule contenant de l'acide sulfurique, il ne perd pas son eau de cristalKsation à la température ordinaire; mais si on le fait chauffer doucement, cette eau s'échappe, et les cristaux deviennent d'un blanc laiteux, sans perdre leur forme. Si enfin on le chauffe fortement, il devient jaune, et dégage un peu de gaz sulfide hydrique, probablement parce qu'une partie de la base en excès décompose de l'eau, et se convertit en soude. Chauffé dans un appareil distilla toire, il fond dans son eau de cristallisation , et produit un liquide à peine coloré en jaune ; l'eau s'évapore peu à peu^ et il reste un sel blanc, qui , sur la fin de la dessiccation , produit une sorte de décrépîtation, pendant qu'il se dégage un peu de gaz sulfide hydrique, et que le sel devient jaune ; après quoi celui-ci fond tranquille^ ment, et sans se décomposer, en un liquide rouge foncé, jaunit par le refroidissement, et se redissout complètement dans l'eau, après avoir repris son eau de cristallisation et être devenu blana Il contient 33 pour loo, ou i5 atomes d'eau de cristallisation,

SULFANTIMONrA.T£ SODIQDB. 35 1

c. Bisuljarséniate sodïqite y NaAs. On l'obtient au moyen de lalcool. Il n*est connu qua Tétat de dissolution dans ce liquide, qui, lorsqu'on en distille une partie, laisse un sursulfure en paillettes cristallines parfaitement belles.

d. On obtient un sel sursaturé de sulfide arsénique, par le même moyen que le sursel potassique. Il est jaune et pulvérulent

Sulfarséniate potassico'sodique. On se le procure par le mélange des deux sels. Les deux soussels cristallisent ensemble en tables carrées, très-régulières et incolores , ou légèrement colorées en jaune.

Sulfarséniate sodique^ m* As. Hyposulfarsénite sodique^ m* Aa. Ils se comportent comme les sels potassiques correspondants.

Sulfantimoniates sodiques. a. Sulfaniimoniate neutre^ NSb. On no peut l'obtenir que par la voie sècbe : leau le décompose de manière que le sulfide reste avec une petite quantité de sulfure sodique , et le sulfantimoniate bibasique est dissaous sans se oo-* lorer.

b. Sulfantimoniate sodique bibasique^ Na*Sb = Na*b+2]Na. Ce sel se prépare le plus avantageusement en mêlant intimement i8 parties de sulfure d*antimoine, 12 parties de carbonate sodique anhydre , i3 parties de chaux caustique, et 3 { parties de soufre, et en traitant ce mélange comme pour la préparation du sel potassique correspondant. Le sel sodique cristallise plus facilement ; la forme cristalline appartient à la division hémiédrique du système régulier^ ce sont des tétraèdres ordinairement d'un pâle jaunâtre ou incolores, dont les arêtes et les angles sont tronqués de diverses manières. Ils renferment 18 atomes ou 33,09 pour cent d'eau de cristallisation; ils y fondent par une douce chaleur, et laissent, après Tévaporation de l'eau qui s*y trouve, une masse d'un gris blanchâtre, qui reprend son eau à l'air, et tombe en poudre. A l'abri du contact de l'air y le sel anhydre peut être fondu à la chaleur rouge sans s'altérer. Après le refroidissement , il est brun de foie, se dissout sans coloration dans l'eau, où il se dépose de nouveau en cristaux incolores. II n'exige que 2,9 parties d'eau pour se dissoudre à + 1 5°. II est insoluble dans l'alcool. Sa solution aqueuse attire lentement Tacide carbonique et l'oxygène de lair, de manière qu'au bout d'un certain temps on trouve dans la liqueur un précipité composé de i atome NaC , avec 5 ato-

2 5a HTPERSULFOMOLYBDATE SODIQUE.

mes NaS-, et 2 atomes de sulfure d'antimoine, provenant de la décomposition de a atomes de sulfantimoniate sodique bibasique.

Sulfantitnonite sodique^ NaSb. On ne peut l'obtenir que par la voie sèche. Il est décomposé par Teau , qui dissout un sel basique et sépare du sulfure d'antimoine ^ ainsi que nous l'avons déjà dit pour la préparation du kermès minéral. Lorsqu'on cherche à évaporer la solution du sel basique, il se dépose de l'antimoine métallique, et ce qui cristaUise ensuite est en grande partie le sel précédent.

Suif omoljrbdate sodique ^ NaMo. On l'obtient en décomposant, par le gaz sulfide hydrique , le molybdate sodique neutre cristallisé ; la liqueur évaporée donne, mais seulement après être arrivée à un haut degré de concentration , de petits cristaux grenus d'un rouge foncé , dans lesquels se convertit la masse entière. Il est trèsdifficile d'obtenir ce sel en cristaux réguliers ; et , après avoir été dissous plusieurs fois de suite, il devient d'un rouge clair et rayonné, en raison du molybdate régénéré qui se trouve alors mêlé avec lui. Une fois j'ai obtenu, par le refroidissement, quelques prismes longs et fins, qui, après avoir été séchés sur du papier gris , réfléchissaient une lumière verte , comme le sel potassique. Le sulfomolybdate sodique est beaucoup plus soluble dans l'alcool que le sulfomolybdate potassique ; de sorte qu'il ne se précipite pas, ou du moins se précipite en très-petite quantité, de sa dissolution aqueuse, quand on y verse de l'alcool. A la chaleur rouge, il se décompose en laissant une très-petite quantité de sel, qui a échappé à la décomposition.

J'ai essayé de préparer ce sel en faisant fondre ensemble du carbonate sodique, du soufre , du charbon pulvérisé, et un excès de sulfure molybdique naturel ; par ce moyen , j'ai obtenu une certaine quantité de sulfomolybdate , mais tellement mêlé de sulfure de sodium, qu'il était impossible de séparer le sel pur par l'évaporation. Il paraît, d'après cela, que, pour réussir, il faut employer un bien plus grand excès de sulfure molybdique naturel que quand il s'agit de préparer ainsi le sel potassique. De même que ce dernier, le sulfomolybdate sodique peut donner naissance à un sel sursaturé de sulfide molybdique, qui est peu soluble dans l'eau , et qui , à tous -égards , ressemble tellement au sel potassique, qu'on ne saurait l'en distinguer par ses caractères extérieurs. Le mode de préparation est aussi le même.

Hxpersulfomolybdate sodique , NaMo. Il se comporte de même

CHLORURE LITHIQUE. a 53

que le sel potassique , et on Tobtient de la même manière. Sulfotungstate sodique ^ Na W. Il s'obtient de même que le sulfotungstate potassique. Il cristallise difficilement. La meilleure manière de lavoir sous forme de cristaux^ consiste à abandonner sa dissolution alcoolique à Tévaporation spontanée. Les cristaux sont rouges y et ils ont une forme confuse. Ils s'humectent à lair, et y deviennent jaunâtres. Avec un excès de base, on obtient un sel également soluble dans Talcool , qui est très-déliquescent, et qui se décompose bientôt à Tair.

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