C. Sulfosels de lithium
On obtient le sulfide lithique, qui sert de base à ces sels, eu réduisant le sulfate avec du charbon en poudre , dans une cornue de porcelaine. Il faut éviter l'emploi d'un excès de charbon, dont la présence donnerait à la masse réduite des propriétés pyrophoriques. Le sulfure lithique est assez soluble dans l'eau. Une trèspetite quantité de fer suffit pour donner à la dissolution une teinte verte, qui se conserve longtemps, même pendant la digestion en vases clos. C'est de préférence à l'état de dissolution qu'on emploie le sulfure lithique, pour préparer les sulfosels de lithium.
Suif hydrate lithique^ LH. On le prépare en saturant de sulfide hydrique une dissolution de sulfure lithique; on obtient une dissolution incolore, qu'on évapore dans une cornue au milieu d'une atmosphère de gaz hydrogène, jusqu'à consistance légèrement sirupeuse. On obtient ainsi une liqueur d'un jaune de miel pâle,
SULFOMOLYBOATE LITnïQIIE. a6l
qui ne cristallise pas même à — lo degrés. On conllniie h l'évaporer dans le vide, sur de la potasse calcinée, jusqna ce qu*elle ne coule presque plus; on y voit alors paraître une masse saline irrégulière, et peu à peu tout le liquide passe à cet élat. Cette masse s'humecte à Fair, et se dissout facilement dans Talcool. Evaporée au contact de lair, la dissolution donne de longs prismes jaunes, qui sont du sulfure de lithium contenant deux fois autant de soufre que la sulfobase. — Si Ion fait passer un courant de gaz sulfide hydrique sur du carbonate lithique chauffé au rouge, on obtient une masse d'un brun foncé, qui finit par fondre, et qui, après le refroidissement, est légèrement jaunâtre ou presque incolore. Cette masse précipite les sels manganeux , avec dégagement de gaz sulfide hydrique ; elle consiste , par consé* quent, en sulfhydrate lithique anhydre, qui, de même que les sels correspondants des autres alcalis fixes , supporte la chaleur rouge sans être décomposé.
Sulfocarbonate lithique^ LC. Il est presque aussi insoluble dans Veau que le sel précédent , et donne, quand on évapore sa dissolution jusqu'à siccité, une masse saline, qui s'humecte promptement à l'air. Il est très-soluble dans l'alcool.
Sidfotellurite lUhique^ U'ï^e. Il forme une dissolution jaune, qu'on ne saurait foire cristalliser , et qui se décompose facilement
à l'air.
Sulfarséniate lithique. a. Suljarsèmate neutre^ L'As. Il ne cristallise pas, mais se dessèche en une masse jaune citrine, qui n'attire pas l'humidité de l'air, et se redissout totalement dans l'eau.
i. Sulfarséniate sesquilithique ^ U As. Il est précipité par l'alcool ^ sous forme de grandes paillettes cristallines, brillantes et incolores, qui se dissolvent facilement dans leau, prennent la forme de prismes hexaèdres par le refroidissement rapide d'une dissolution bouillante, et cristallisent, par une évaporation spontanée, en prismes tétraèdres aplatis, à base rhomboîdale. Pendant et après la calcination , il se comporte comme le sel sodique. c. Le bisuljarsémate et le sursulfarséniate lithiques ressemblent beaucoup aux sels sodiques correspondants.
Sulfarsénite lithique^ L'As. Il présente les mêmes propriétés que les sels analogues de potassium et de sodium.
Sulfomolyhdate lithique , Llïo. 11 est très-soluble dans l'eau, et
a6a SELS d^mmoitium.
ne peut être obtenu sous forme cristalline. Quand on évapore sa dissolution , on obtient un sirop brun , qui ne donpe aucun dépôt par le refroidissement. En continuant de 1 évaporer , il conserve •pendant longtemps de laipoUesse, et finit par se réduire en une masse solide^ d'un rouge foncé, qui n'attire pas Thumidité de Tair* Soumis à Taction de la chaleur, le sulfomolybdate lithique se décompose totalement; le résidu, traité par Teau, abandonne ^ celle-ci du bisulfure de lithium , tandis que la totalité du molybdène reste à Tétat de sulfure gris. Ce sel se combine avec un excès de sulfide molybdique , et produit ainsi un sursel semblable aux sels correspondants de potassium et de sodium.
Hypersulfomolybdate lithique^ LMo. Il se présente sons forme d'une poudre demi-cristalline , de couleur jaune claire , et semblable aux hypersulfomolybdates des sulfobases précédentes, L eau |!>oi|illante le dissout^ en prenant une couleur rouge, La dissolution n'abandonne rien par le refroidissement, et donne, quand on 1 évapore, une masse rouge, extractive, très-peu soluble dans Teau froide,
4* Sels (Tammonium et tfammonia^^
Les sels d'ammonium sont faciles è^ distinguer des autres sels ; quand on les mêle avec l'hydrate d'un alcali fixe ou avec une d^s terres alcalines , ils dégagent de lammoniaque, qu'on reconnaît par son odeur, ou, si la quantité en est trop petite, par la fumée qui se forme autour d'une baguette que l'on tient au-dessus du mélange, après l'avoir trempée dans de l'acide acétique, chlorhydrique ou i^itrique. La saveur des sels d'ammonium est saline et mordicante; plusieurs d'entre eux se volatilisent sans subir de décomposition ; il pn est d'autres qui abandonnent l'ammqniaque à une température élevée , tandis que l'acide reste ; mais la plupart d'entre eux sont décomposés de telle manière , que l'hydrogène de l'ammoniaque fait passer lacide à un moindre degré d'oxydation, ou le réduit totalement; d'où résulte un dégagement d'eau et de gaz nitrogène. Beaucoup de sels d'ammonium perdent de l'ammoniaque quand on évapore leurs dissolutions, qui deviennent alors acides. Si l'on évapore ces dissolutions pour les faire cristalliser, il faut, quand Tévaporation est terminée, y ajouter de l'ammoniaque pour neutraliser l'excès d acide.
8ELS d'ammonium. a63
Les sois d'ammonium te divisent en deux clasies^ que nous pon- Yons appeler m§Is ammoniquet et seU ammoniacaux^ pour éviter de lea confondre^ L#6 seU ammoniquei résultent de la combinaison d*un double atome d ammonium, NH^aveo un doubleatome d'un corps halogène ^ ou avec un atome d oxygène et un atome d un oxacide* On avait déjà observé depuis longtemps que les sels neutres d'ammoniaque renferment un ptome d'eau, qu'on n'en peut éliminer dans les décomposer; et MUscherlich a démontré que cesseU d'ammoniaque avec un atonie d'eau, c'est-ànlire, les sels contenant un atome d'oxyde ammonique sans eau, sont isomorphes avec les sels potassiques anhydres des mêmes acides, de mèmie que les sels haloïdes du potassium et de l'ammonium sont isomorphes entre eux. Par conséquent, sel d* ammoniaque a9^o un atome deau signifie la même chose qw sel ammonique^
Le^ sels de la seconde classe ^ qu'pn a confondus avec les sels ^Dimoniquesy et que nous distinguons par le nom de selsammo^ niaçmux , ne contiennent pas la quantité d'hydrogène nécessaire pour convertir Fammoniaque en ammonium. Ces sels prennent naissance quand des corps électronégatifs , qui ne contiennent ni eau ni hydrogène , absorbent du gaz ammoniac sec. J ai déjà dit dans le tome II ^ à Tarticle Ammonium ^ comment l'eau des oxacides et l'hydrogène des hydracides servait à transformer l'ammoniaque en ammonium. Les sels ammoniacaux, c'est-à-dire ceux qui renferment de Fammoniaque et non de l'ammonium , consistffnt principalement en sels haloïdes. Parmi les sels ammoniacaux à oxacides ) nous ne connaissons de sels simples que le sulfate, le sulfite et le carbonate ; parmi les sulfosels, le sulfocarbonate et le sulfarsénite. Ces sels sont presque Ipus volatils, pulvérulents, et ne présentent aucune trace de cristallisation. L'eau les décompose en général instantanément^ et les convertit en sels d'ammonium. L'ammonipque (NH^) aune grande tendance à se combiner avec lef sels; et les sel$ qui s'y unissent sont bien plus nombreux que ceux qui ne s'y unissent point» Les combinaisons que les sels forment avec l'ammoniaque sput en général très-peu stables : elles perdent déjà leur amutoniaque par l'exposition à l'air. On les obtient soit en fai^nt absorber le gas^ ammoniac par le sel sec, soit en traitant le sel paf l'ammoniaque caustique qu'on y verse. Les opinipns sont partagées relativement à la manière dont il faut envisager la constitution de ces combinaisons. Quelques chimistes
a64 CHLORURE AMMOXrQTfE.
les regardent comme des sels d'oxyde d ammonium : la base primitive du sel est, d*après cette opinion, séparée par Tacide ; mais elle reste en combinaison avec le sel , ou avec une autre portion d'ammoniaque, si celle-ci est suffisante. Cette explication ne s'applique qu'à certains cas, mais pas à un plus grand nombre, tandis qu'une explication exacte doit s'appliquer à tous les cas : elle est tout à fait inadmissible là où il n'y a pas d'eau chimiquement combinée. D'autres chimistes, au contraire, semblent les considérer avec raison comme des combinaisons du sel intact avec l'ammoniaque; celle-ci s'y trouverait unie comme l'eau de cristallisation, l'alcool, etc. Cette théorie explique également tous les cas, et s'accorde avec cette circonstance , que l'ammoniaque s'en separe par l'évaporation, et laisse le sel non altéré. Plusieurs de ces combinaisons cristallisant en dissolution dans l'ammoniaque caustique sont anhydres; d'autres contiennent de l'eau de cristallisation ; mais ces dernières perdentleur ammoniaque à l'air. Lorsqu'on dissout ces sels dans l'eau pure, un grand nombre d'entre eux se décomposent, de manière que l'ammoniaque se change en oxyde ammonique, qui se combine avec l'acide , et sépare l'autre base, seule ou à l'état de sel basique , par la fixation d'une petite quantité d'acide. Quelques-uns de ces sels se dissolvent, sans altération , dans une petite portion d'eau; mais alors ils se décomposent de la manière indiquée, par 1 evaporation de la liqueur. Ce même changement a lieu pour quelques-uns d'entre eux , lorsqu'on les expose au contact de l'air libre ; mais alors l'acide carbonique de l'air intervient par la formation d'un carbonate, qui se sépare.
A. Sels haloïdes d'ammonium.
Chlorure ammonique (sel ammoniac, muriate d'ammoniaque), NH*€I. Autrefois on ne préparait ce sel qu'en Egypte, où on le retirait, par sublimation, de la suie provenant de la combustion de la fiente des chameaux. Aujourd'hui on le fabrique dans presque toutes les contrées de l'Europe. La matière qui sert à la préparation du chlorure ammonique est le carbonate ammonique fétide , souillé d'huile et de résine empyreumatiques , et qui se forme en même temps que d'autres produits, par la distillation sèche des os et d'autres substances animales. Le carbonate impur , ainsi obtenu , est dissous dans l'eau, puis mêlé avec une dissolution de
CHLORURK AMMONTQTTK. ^65
sulfate ferreux, ou quelquefois d'alun : l'ammoniaque se combine avec l'acide sulfurique , tandis que Toxjde ferrique ou l'alumine se précipitent. On filtre la liqueur et on l'évaporé jusqu'au point de cristallbation , puis on mêle le sulfate ammonique cristallisé avec du sel marin , et on chauffe le mélange dans des vases en grès, en poussant le feu avec rapidité ; il se sublime alors du sel ammoniac à la partie supérieure des vases, et il reste du sulfate sodique au fond. Actuellement, pour extraire du sel ammoniac de la dissolution brune de carbonate ammonique , salie par de l'huile empyreumatique , on la fait filtrer à travers des couches de gypse (sulfate calcique) réduit en poudre fine, d'où résulte du carbonate calcique et du sulfate ammonique dissous. Par ce procédé, le sulfate ammonique revient beaucoup moins cher que quand on emploie du vitriol de fer; mais l'oxyde ferreux entraîne avec lui de l'huile empyreumatique , tandis que le carbonate calcique qui s'est formé n'en précipite point; et cette huile, devenue libre pendant Tévaporation , nage à la surface de la liqueur , et finit par la couvrir entièrement, de sorte qu'elle entrave l'opération, raison pour laquelle il faut constamment l'écumer avec soin. Quelquefois on dissout le sulfate ammonique avec du sel marin dans de l'eau, et on évapore la liqueur jusqu'au point de cristallisation ; le sel ammoniac cristallise le premier , le sulfate sodique ensuite. Le sel ammoniac sublimé se présente sous forme de gâteaux demi-transparents , très-tenaces; dans cet état, il est plus pur que sous toute autre forme. Quant au sel ammoniac cristallisé, on le met égoutter dans des formes coniques , on le tasse et on le sèche. Il contient du sulfate sodique et de l'eau.
La saveur du sel ammoniac est acre et piquante. Il cristallise ordinairement en plumes , moins souvent en cubes ou en octaèdres. Son poids spécifique est de i,55. Le sel ammoniac sublimé étant très-tenace, il est difficile de le réduire en poudre. loo parties d'eau dissolvent 36 | parties de sel ammoniac à + i8°,5. La solution saturée à chaud contient, sur loo parties d'eau, 88,9 parties de sel , et son point d'ébullition est à + 1 14%2. Il ne s'altère pas à l'air , et se sublime sans décomposition. Il est soluble dans l'alcool. Décomposé par des oxybases, il donne 16,78 pour 100 d'eau. Le potassium, le zinc et le fer en dégagent du gaz ammoniac et du gaz hydrogène. — Il est formé de volumes égaux de gaz ammoniac et de gaz acide chlorhydrique. On peut le produire
a66 BROMURE AMMOiriQUE.
en combinant directement les deux gaz , qui s* unissent avec production d'une fumée épaisse.
Sulfate de chlorure ammonique^ NH*fil + S\ II se produit de la même manière que les composés correspondants dq pptassium et du sodium. C'est une masse amorphe, transparent»^ qi|î, ré^ oemment formée, est mplle et flexible, mais se durcit peu à peu. Au contact de Teau ou de l air humide, elle donne n^ssanoe à du sulfate ammonique, avec dégagement de gaz acide chlorhydrique. Chauffée à une température pas trop élevée, mais sfins le contact de Teau, ellç donne naissance à du sulfate d ammoniaque NH^S, et à du gaz acide chlorhydrique. A une température plus élevée , il se produit du gaz nitrogène, de l'acide aulfureux, et du luliite ammonique.
Le chlorure ammonique n'est pas susceptible de se combiner avec Taçide chlorhydrique. Celui-ci rend, au contraire, le sel moins soluble dans Teau , de manière qu'il s'en sépare une grande partie, 3oit par précipitation, soit par cristallisation, lorsqu'on mêle une solution concentrée de sel ammoniac avec de l'acide chlorhydrique.
Chlorure ammonique açec le chlorure d^iode^ NH*d + I€l'. Ce composé s'obtient à peu près comme le sel potassique correspondant ; mais il est beaucoup plus soluble que celui-ci , et on ne Tobtient pas oristallisé, si l'on ne sature pas la liqueur par du gaz acide chlorhydrique qu'on y fait arriver. Le composé en question cristallise en longues aiguilles jaunes , et ressemble, sous le rapport de ses propriétés , au sel potassique.
Une dissolution concentrée de chlorure ammonique dissout de l'iode, de ipanière à former un liquide brun, transparent. Cette solution repose probablement sur la formation du composé précédent et d'un iodide ammonique.
Chromate dechlorure ammonique^ N H*€l+ aCr. Composé semblable au sel potassique, quant à la forme cristalline et aux autres propriétés.
Bromure ammojiique^ NH^&r. On le prépare en dissolvant du brome dans de l'ammpniaque liquide. La liqueur s'échauffe, il se dégage du gaz nitrogène avec effervescence ; et quand l'ammoniaque est saturée , la dissolution se trouve colorée en jaune par un peu de brome dissous. En évaporant la liqueur, on obtient des prismes quadrilatères, qui se croisent quelquefois à angles droits.
FLU0R1TRS AMIfO]flQ|]E« ^67
C« sel peut être êublimé, A Tair , il devient peu à peu jaiinÂtrei et rofigit glorff le papier de tournesol.
lodures d'ammonium, a, lodure ammoniquê^ N U\h Le meilleur moyen pouf* obtenir ce sel consiste à saturer Tacide iodhydrique liquide par de Taifimoniaque caustique, et à faire évaporer la dissolution. Ce sel cristallise difficilement eu cubes, et la niasse saline sèche l'humecte ^ Tain II se sublime sans aUération dans une atmo<}phère exempte de gaz oxygène; mais quand on opère au contact de Tair, il se décompose en partie ; de Fammoniaque se dégagf^i et le sublimé est coloré en jaqne par du biiodur«f A l'air libre et à la température ordinaire, l'excès d'iode se volatilise, et )e sel devient blanc^
b. Biiodure ammonique. Il prend naissance quand on sature d'iode une dissolution conceptrée du sel précédent. La liqueur devient d'|in brun foncé e( opaque. Quand on expose à l'air de Fipdure amo^onique en dissolution aqueuse , il se transforme eu bîîpdurc^, et la liqueur se charge d'ammpniaque libre» On ignore si l'ammoniuni s'uQit ^ l'iode en plus de deux proportions. Le brpmurfi ^nuuoniqucj aussi bien que l'iodure ammonique, condensent les vapeurs de l'acide sulfurique anhydre ; mais ils sont décomposési ei) ce qu'il se développe du brome et de l'iode libres.
Fluomre ammomqu0 (fluate d'ammoniaque), a. Fluorure neutre^ NH^F. Le meilleur moyen pour le préparer consiste à mêler une partie de sel ammoniac en poudre fine avec deux parties un quart de fluorure §pdique également en poudre très- fine , et à chauffer le mélange dans un vase de platine, Je vfie ^gxs, , à cet effet , d'un creuset de platine muni 4uQ couvercle concave, dont la cavité est remplie d'eaq; celle-ci doit êfre remplacée à mesure qu'elle s'évapore d^ns le courant de l'opération, £n chauffant doucement le fond du creu3ef , le fluorure ammonique se sublime et se dépose 2|u couvercle, dont la température ne peut excéder +100 degrés. Il est très-facile d'obtenir ce sel exempt de sel ammoniac , e( sublimé en petits cristaux prismatiques. Quand le sel qu'on sublime est humide, il se dégage ^a l'î^mmoniaque au commencement de Texpérience, et le produit est mêlé avec un sel acide. Le fluorure ammonique se conserve bien à l'air et se dissout facilement dans.l'eau; il est aussi légèrement soluble dans lalçool, mais la majeure partie du sel contenu dans la dissolution forme, avec Teau de l'espfit-de-vin, fifi liquide pesant, qui tombe au fond du
a68 FLIlOnilRR BORîCO-AMMONIQUE.
vase. A une température élevée, il entre en fusion avant de se sublimer. Ce sel attaque le verre avec une telle violence , qu'il le corrode même sous forme sèche , par le simple contact. Sa dissolution aqueuse fournit un excellent moyen pour graver sur verre : on la porte avec un pinceau sur le mastic qui couvre le verre, et sur lequel on a dessiné; et quand elle s'est desséchée, on peut enlever le sel avec de l'eau ; et la dissolution , ainsi obtenue , peut servir une autre fois. D'après ce qui précède, le fluorure ammo* nique ne peut être conservé dans des vases de verre.
b: Quand on introduit du fluorure amnionique sec dans du gaz ammoniac , ce sel absorbe promptement une portion du gaz, et il se forme un fluorure basique ^ qui dégage du gaz ammoniac et redevient neutre quand on le sublime.
c. Fluorure ammonique acide (fluate acide d'ammoniaque) , NH*F -f-HF. On obtient ce sel quand on fait évaporer une dissolution de fluorure neutre, soit à l'aide de la chaleur, soit spontanément. Par révaporation à une température de + 36° à +4o% on obtient , quand la liqueur commence à acquérir plus de consistance, une masse cristalline, grenue, qui peut être séchée sur du papier Joseph, et qui se maintient à cette température à l'air sec; mais à la température ordinaire elle tombe si promptement en déliquescence, que la masse en éprouve un mouvement particulier.
Fluorure borico-ammonique (fluoborate d'ammoniaque) , N H* F -4-BF\ On ne peut pas obtenir ce sel en faisant sublimer un mélange de sel ammoniac et de fluorure borico-potassique. Le meilleur moyen pour le préparer consiste à ajouter de l'acide borique au fluorure ammonique; il se dégage de suite de l'ammoniaque; et si l'on a employé la proportion convenable d'acide borique, le sel cristallise par l'évaporation de la liqueur. 11 est remarquable que, dans ce cas, l'acide borique chasse l'ammoniaque, et joue le rôle d'une base plus forte. Le fluorure borico-ammonique cristallise en prismes à six pans , terminés par des sommets dièdres. Il a la même saveur que le sel ammoniac , rougit le papier de tournesol, se dissout facilement dans l'eau, et assez bien dans l'alcool. Si l'on sature la dissolution par un excès d'ammoniaque et qu'on l'évaporé , ce sel cristallise sans avoir subi d'altération. Le sel sec peut être sublimé sans éprouver d'altération ni laisser de résidu. On le purifie , par voie de sublimation , de l'excès d'à-
FLUORURE TAHTALICOAMMONJQUE, 269
cide borique qu'il peut contenir , et qui reste. Le sublimé ne présente aucune trace de cristallisation; et aux endroits qui étaient les plus près du feu, il est denii*fondu et translucide. Il n attaque pas le verre.
Fluorure silico-ammonique (fluosilicate d'ammoniaque), 3NB*F -f- aSi F\ Il est difficile de le préparer par la voie humide , car Tammoniaque , mêlée avec de Tacide hydrofluosilicique , en précipite une portion d acide silicique, qui se redissout toutefois pendant Tévaporation. Il est préférable d'employer la voie sèche pour obtenir ce sel , et de faire sublimer un mélange intime de fluorure silico*potassique ou sodique avec du sel ammoniac en poudre fine, opération qui s exécute très-bien dans des vaisseaux de verf e. Le sel sublimé forme une masse cohérente non cristalline. Il est très-soluble dans leau, et cristallise, par Tévaporation spontanée, en gros cristaux transparents, qui affectent la forme de rhomboïdes ou de prismes à six pans. Soumis à Faction de la chaleur, ce sel se fendille et se sublime ensuite, sans entrer d'abord en fusion. L'ammoniaque ne précipite pas tout l'acide silicique de ce sel : il en reste beaucoup en dissolution dans la liqueur.
Fluorure titamco'ommonique {du^Lle de titane et d'ammoniaque), NH*F + TiF*. On le prépare en mêlant de l'acide hydrofluotitanique avec de l'ammoniaque caustique , jusqu'à ce que le précipité commence à devenir stable ; après quoi on évapore la liqueur. Le sel cristallise en paillettes brillantes, tout à fait semblables à celles que forme le sel potassique. Si on chauffe ce sel dans un vase de platine, il donne, à une température qui ne s'élève pas jusqu'au rouge, un sublimé de fluorure ammonique ; et il reste dans la cornue du fluorure titanico'ammonique acide y qui conserve la forme du sel qu'on a chauffé , et se compose de fluorure amnionique combiné probablement avec une quantité double de fluorure titanique. Au rouge naissant, il entre d'abord en fusion, et se sublime ensuite en flocons nullement cristallins. Il se dissout dans l'eau. La saveur est acide et astringente, et on peut verser beaucoup d'alcali dans sa dissolution avant qu'elle soit précipitée.
Fluorure tantalico-ammonique (fluate de tantale et d'ammoniaque), 2NH*F-f-TaF\ On l'obtient en versant de lammoniaque caustique dans de l'acide hydrofluotantalique, jusqu'à ce qu'il se forme un précipité permanent. Après une douce évaporation, le
^'JO GTANURE AMMOlflQUE.
fiel crisuUise en paillattes parfaitement semblables à celles produites par le sel potassique. Traité par l'eau , il se décompose , laisse une poudre blanche , et donne une dissolution acide; d'où il paraît résulter qu'il ne se dissout que dans une liqueur contenant un excès d'acide ) par Fébullition , il se décompose encore davantage. Chauffé dans un vase de platine, le sel sec donne un sublimé de fluorure ammonique contenant des traces de fluorure tantalique , et ce dernier reste dans la cornue sans âtre altéré da* vantage par l'action de la chaleur.
Oxyfiuorure molybdico'amnionique ; oxjfiaonure tungsticthammonique. Ils ressemblent parfaitement aux sels correspondants de potassium, par leur extérieur, leur solubilité et leur mode de composition.
Cyanure ammonique (prussiate d'ammoniaque), NH^6y. On l'obtient en saturant de gaz ammoniac l'acide cjanhydrique , ou lorsqu'on mêle ensemble atomes égaux de chlorure ammonique et de cyanure potassique, et qu'on chauffe le mélange doucement dans un vase sublimatoire. La température du bain-marie est pour cela plus que suffisante. On l'obtient encore en faisant passer du gaz ammoniac sec sur des charbons incandescents , dans un tube de porcelaine : il se dégage du gaz hydrogène , et il se dépose du cyanure ammonique aux parties froides de ra|)pareil. La moitié de l'ummoniaque détermine la formation du cyanogène; et des trois équivalents d'hydrogène qui abandonnent le nitrogéne, il y en a un qui s'unit à l'autre moitié de l'ammoniaque , tandis que les deux autres se dégagent à l'état de gaz. Usifrès d'Itlner^ on obtient une dissolution très-chargée de ce sel , en distillant un mélange de 3 parties de sel ammoniac, a parties de cyanure ferrosopotassique, et lo parties d'eau. Le sel sec forme des cristaux incolores, cubiques , et il est très-volatil : sa vapeur fait équilibre, à la température de as", à une colonne de mercure de o*",45 , et à -h36^ il fait probablement équilibre à l'atmosphère. Lorsque le gaz ammoniac et le gaz acide cyanhydrique s'unissent, à volumes égaux, à une température où le cyanure ammonique se maintient gazeux, il ne s'opère pas de condensation. Le poids spécifique du gaz est donc :=zO,7644* U répand une forte odeur d'acide cyanhydrique et d'ammoniaque. Sa décomposition a lieu très-facilement même dans l'atmosphère au milieu de laquelle il a pris naissance; il se produit en même temps une matière nitrogénée,
MELLA.NDRE AMMOITIQUE. 27]
charbonneuse (comparer tome I , p. 781), qui conserve la forme des cristaut. Ce sel se forme pendant la distillation sèche de la plupart des composés dans lesquels entre du cyanure ferreux, surtout celle du cyanure ferroso-animonique.
Rhodanure ammoni'que (sulfocyanure ammonique), NH*C*ff N*S*. On l'obtient quand on sature Tacide rhodanhydrique par Tammoniaque, ou quand on chauffe un mélange de sulfocyanure potassique sec et de sel ammoniac dans un appareil distillatoire, cas dans lequel le sel ammonique se sublime. 11 est très-soluble dans leau, déliquescent, et difficile à obtenir sous forme de crbtaux réguliers. Il cristallise en tables brillantes , qui ne renferment pas deau chimiquement combinée, et se dissolvent aussi facilement dans Talcool. D'après Zeise, on peut avoir des cristaux en exposant une dissolution de sulfide carbonique dans lalcool, saturée de gaz ammoniac, pendant 7a heures, dans un endroit froid, décantant la liqueur de dessus les cristaux de sulfurénate ammonique qui se forment au bout de ce temps , et la réduisant par la distillation jusqu'au quart de son volume primitif. On obtient d'abord des cristaux de soufre, puis d'autres de rhodanure ammonique. En distillant ce sel à une température de quelques degrés plus élevée <jue + 100 degrés, on obtient d'abord de l'ammoniaque, puis du sulfhydrate ammonique, du sulfide carbonique et de l'hydrogène sulfuré, qui se dégagent; enfin, il reste un corps particulier, découvert et analysé par Liebig^ qui lui a donné le nom de mélam. Ses éléments sont le carbone, l'hydrogène et le nitrogène; ce dernier provient en partie du rhodan , et en partie de l'ammonium. Ce corps particulier, ainsi que les produits qui dérivent de sa décomposition, sont d'un très-grand intérêt scientifique; mais nous ne saurions en parler ici sans faire une digression déplacée dans rhalurgie. Je consacrerai donc à ce sujet un article spécial, à la fin de la Chimie végétale^ en traitant de la distillation sèche des corps composés, et des produits de la distillation sèche du rhodanure ammonique.
Mellanure ammonique, NH*C^N*. Ou l'obtient en décomposant lemellanure barytique par le carbonate ammonique. Il se dépose, par 1 evaporation de la liqueur, en cristaux, qui ressemblent parfaitement au mellanure potassique , et contiennent de l'eau de cristallisation , qui peut en être expulsée à une température convenable. Exposé à une température plus élevée , le sel anhydre
U73 SULFOCliLOlilUE A.HMOjyi ACAL.
perd de 1 ammoniaque : le résidu jaunit, et donne à la fin les mêmes produits de distillation que lacide mellanhydrique.
B. Sels haloïdes d'ammoniaque,
Sulfochlorure ammoniacal^ aNH' + S €1. On l'obtient, d après MertenSj en saturant le chlorure de soufre liquide par du gaz ammoniac mêlé d*air atmosphérique, et remplaçant le gaz ammoniac à mesure qu*il est absorbé. Le mélange d'air n*a d'autre but que de prévenir une absorption trop rapide, et le dégagement de calorique qui s'ensuivrait. Après la saturation du chlorure de soufre, on a un liquide jaune clair , qui peut se conserver intact à l'air sec et dans un vase bien clos. 11 ne se dissout pas dans l'eau, mais il s'altère insensiblement : il se dépose du soufre, en même temps qu'il se forme dans la liqueur du sel ammoniac et du dithionite ammonique. Il se dissout sans décomposition dans l'alcool anhydre ; mais , par l'addition de Teau , il se décompose comme s'il n'y avait pas d'alcool : une grande partie des sels nouvellement formés se précipite dans l'alcool.
Lorsqu'on mêle du chlorure de soufre avec une solution trèsconcentrée d'ammoniaque caustique, il y a une violente décomposition réciproque, accompagnée d'un dégagement de vapeur rouge. Mais lorsqu'on fait couler le chlorure jusqu'au fond, dans une petite quantité d'ammoniaque caustique étendue et refroidie , à travers un tube de verre fin , en même temps qu'on agite continuellement la partie qui y arrive, il ne se produit aucun gaz: il reste une matière rouge non dissoute, qu'il faut retirer immédiatement, et la traiter par l'eau glacée et souvent renouvelée, jusqu'à ce qu'il ne se dissolve plus de sel ammoniac. Soubeiran , qui a découvert ce corps, le considère comme composé de sulfochloride et de sulfonitrite d'ammoniaque, =NH'S€1 + NIÏ'N. Ce corps n'est pas très-stable. En contact soit avec l'air, soit avec l'eau ou l'ammoniaque caustique , il ne tarde pas à s'échauffer et à se décomposer. Il devient eu même temps soluble dans l'eau^ qui se charge de sel ammoniac, de dithionite ammonique et d'ammoniaque libre. S'il se dépose aussi un peu de soufre , ce n'est là qu'un mélange accidentel.
Sulfochloride ammoniacal, a. Composé neutre y ^WSGX. On l'obtient en faisant absorber au chloride de soufre, compléle-
Sl)L£OClILOIUD£ AMMOBTIAGAL. 373
ment saturé de chlore, du gaz ammoniac anhydre en petites por* tions successives, jusqu*à ce qu'il se forme ainsi un corps rouge brun, floconneux. Ce produit fut découvert par H. Rosè^ qui en détermina aussi la composition. 11 a une odeur particulière, désagréable^ un peu analogue à celle du chlorure de souft'e; il ne rougit pas le papier de tournesol , a une saveur acre et saline , et se décompose par la chaleur. Il se dissout dans Talcool et dans Téther anhydres. II se décompose dans Teau, après s*y être dissous ; il se produit en même temps du sel ammoniac et de l'acide dithioneux ; ce dernier se dédouble bientôt en acide sulfureux et en soufre, qui se dépose.
A + loo"", le sulfochloride ammoniacal jaunit sans changer de poids. Il se compose alors , d'après Soubeiran , de 3 équivalents de sel ammoniac combiné , ou seulement mêlé avec N+S61. Le composé de nitrosulfide et de chloride de soufre n'a pas encore pu être obtenu à l'état isolé; mais on en a soupçonné l'existence en ce que, par une élévation de température au-dessus de -f-'ioo*, il se sublime du sel ammoniac , du soufre et du chlorure de sou« fire , en même temps qu'il se dégage du gaz nitrogène. Le corps jaune qui se forme à + loo*" absorbe du gaz ammoniac, et de-» vient ainsi d'abord vert, puis bleu. On n'a pas examiné davantage cette combinaison. Le corps jaune se dissout dans l'eau qu'on verse dessus. La solution renferme, outre les sels ammoniacaux, un sulfure qui colore la liqueur d'abord en jaune , puis en brun. Cette liqueur brune ne tarde pas à laisser déposer une matière brune, pendant une digestion modérée de deux ou trois jours ^ jusqu'à ce que la solution devienne incolore. «9oiiiMra/> sépara en* suite le corps brun , le lava d*abord à l'eau pure , puis à l'alcool anhydre, et crut ainsi l'avoir obtenu à l'état de pureté. Ce corps se décompose par la distillation sèche : il donne volumes égaux de gaz ammoniac et de gaz nitrogène , pendant qu'il se sublime du soufre. Les quantités relatives dans lesquelles on obtient ces corps témoignent d'une combinaison formée de i équivalent d'ammoniaque avec I équivalent de sulfure de nitrogène, composé de a équivalents de nitrogène et de 7 atomes de soufre ; on poiurait donc l'exprimer parla formule N H' +N* S'. Lorsqu'on traite cette combinaison par l'eau pure, elle se dbsout^ en se changeant en dithionite ammonique, avec séparation d'une petite quantité de soufre. Traité par ime solution alcoolique d'hydrate potassique , III. 18
274 SULfOCHLOBlDE AMMOKIAGÀL.
il se disiout avec une belle coloration rouge, qui caractérise le sulfonitrite potassique. Cette coloration disparaît peu à peu; il se dépose du dithlonite potassique dans lalcool, pendant quil se forme de [ammoniaque libre dans la liqueur. Si le sulfosel, formé pendant la dissolution du corps brun dans Teau, eût été, en rai* son du mode de préparation , accidentellement mêlé de soufre, il aurait tout simplement pour composition i équivalent dammo* Iliaque et a atomes de sulfide de nitrogène , =NH^-|-aN, et se convertirait, au moyen de 8 atomes d*eau, exactement en 3 atomes de dithionite ammonique.
i. Composé basique, 2Nff4-S€l. On l'obtient en exposant le composé précédent pendant longtemps, et jusqu'à saturation complète, à une atmosphère de gaz ammoniac anhydre. On lobtient immédiatement, et avec un fort dégagement de chaleur, en exposant le chloride de soufre à une atmosphère de gaz ammoniac non mélangé. Cependant il se détruit ainsi en partie, si Ton ne détourne pas Faction de la chaleur. Il vaut donc toujours mieux produire d*abord le composé neutre, et saturer ensuite celuici insensiblement par du gaz ammoniac* A mesure que le gaz am« moniac est absorbé, la couleur brune devient plus claire; elle devient ensuite verdâtre, et enfin d'un jaune citron. A ce moment la combinaison est saturée. C'est ce corps qu'on emploie pour la préparation du sulfide de nitrogène, tome I , page 8i3.
Il présente laspect d'une poudre jaune citron , qui perd à Tiir sec un peu d'ammoniaque. Soumis à la chaleur, il commence à se décomposer entre -h 35° et -4- 4o° ; à + ioo°, cette décomposition est très-^rapide , et au delà de cette température elle est encore plus rapide. Il se dégage en même temps du gaz nitrogène et du gaz ammoniac; il se sublime du sulfide de nitrogène sous forme de cristaux déliés; il se produit en outre du soufre et du sel ammoniac. Pour empêcher toute action de l'air, il vaut mieux opérer cette décomposition dans un courant de gaz hydrogène sec. Le corps en question se dissout en petite quantité dans l'ai* cool et réther anhydres ; il cristallise par l'évaporation de ces li* quides, mais en même temps il subit une légère décomposition. Il se décompose dans l'eau avec formation d'un sulfide de nitrogène insoluble, mais dont on n'obtient que le tiers de ce qui devrait se former d'après le calcul. Si le sulfide de nitrogène ne se sépare pas immédiatement, il disparaît totalement au bout de quel*
CHLORQPH0SPrilJK£ A.MMQIÎ1ACAL. 2^5
ques jours, en laissant un peu de soufre; et la liqueur renferme en dissolution du sel ammoniac et du dithionite ammonique. Par Teau bouillante , cette décomposition s'effectue sur-le-champ.
Siuvhlorophosphure ammoniacal^ 'SGV-^' SNH^ On ^obtient en saturant complètement de gaz ammoniac le chloride phospho» rique. Il est difficile de saturer complètement ce chloride. La combinaison forme une poudre blanche , et contient, d après H, Roêe^ 70,84 parties de chloride et 29,16 parties d ammoniaque.
Chlorophoâphure ammoniacal^ P€F+5NM\ On l'obtient de la même manière, au moyen du chloride phosphoreux, qui, ton* tefbis, est beaucoup plus facile à saturer de gaz. Quelquef<ns la combinaison présente des taches brunes, qui résultent de ce qu'il s est séparé du phosphore. On prévient cette décomposition en diminuant, par un froid arttfidel, la forte chaleur qui se déve«» loppe au moment de la réaction. On obtient alors une combinai^ son incolore, qui, d après H. Rose y renferme 61,6 parties decblo* ride phosphoreux et 38,4 parties d'ammoniaque.
H. Davy est le premier qui ait préparé ces combinaisons. Le même chimiste s'est aperçu de quelques phénomènes peu ordi«* naires, qu elles produisent par la caléfaction dans des vaisseaux distillatoires; mais il ne les a pas observés avec assez d'exactitude pour pouvoir s'en former une idée nette. Les recherches de B. Rose ont rempli cette lacune. — Les deux combinaisons se comportent à peu près de la même manière avec les réactifs. L'eau même bouillante les dissout avec une lenteur telle, qu'on les prendrait pour des corps insolubles dans ce véhicule : cependant elles finissent par s'y dissoudre ; la dissolution contient du chlorure ammonique , avec du phosphate ou du pbosphite d'ammoniaque. La matière colorante de la combinaison brune ne se dis^ sout pas. Les acides les dissolvent plus aisément« Ils se combinent avec l'ammoniaque; après quoi la liqueur contient de l'acide phosphorique ou phosphoreux, et de l'acide dbbrhydrique. Les alcalis caustiques et fixes paraissent d'abord sans action sur elles; mais si on continue l'ébulUtion, il se développe de l'ammoniaque, et la liqueur dissout un chlorure et Un phosphate ou un phosphite« Gliauffées seules dans des vaisseaux distillatoires que l'on a préalablement purgés d'air au moyen de l'acide carbonique , elles donneot un sublimé de sel ammoniac et de phosphore, développant un peu de gaz hydrogène, et laissent un corps pulvérulent, blanc,
^^6 CHLOROPHOSPHUUE ÂMMONJACAL.
qui ne fond ni ne se volatilise à la chaleur rouge. Ce corps est du phosphore nitrique {voyez tome I , page 201).
Pendant la décomposition du phosphure nitrique, il se forme encore une autre combinaison , découverte par fVoehler et Liebig. Lorsqu'on fait bouillir le surchlorophosphiire ammoniacal avec de Teau dans une cornue à récipient, on voit que les vapeurs aqueuses entraînent un corps volatil, qui cristallise dans le récipient, sans se dissoudre dans Feau. On lobtient aussi en introduisant le surchlorure de phosphore dans un tube de verre soufflé à un bout , y projetant, jusqu'à une certaine hauteur, du sel ammoniac en fragments ou en poudre grossière, et en chauffant ensuite le tube, disposé horizontalement, dans l'endroit où se trouve le sel ammoniac; on chauffe le sel jusqu*au point de sublimation, puis on vaporise le surchlorure, et on le fait traverser le sel ammoniac à l'état de vapeur. Le sel ammoniac est ensuite décomposé par le surchlorure, en même temps qu'il se développe du gaz acide chlorhydrique qui laisse déposer, aux parties refroidies du tube, un produit de sublimation , mêlé de beaucoup de sel ammoniac sublimé; l'opération étant achevée, ce dernier se dissout dans l'eau et laisse le nouveau composé. La portion de sel ammoniac qui ne se décompose ni ne se sublime se dissout dans l'eau, en laissant du phosphure nitrique.
D'après l'analyse de Woehler et de Liebig^ ce nouveau composé contient :
Centièmes. KqaÎTalents.
Posphore 69,1 1 3
Nitrogène 9,45 2
Chlore 3i,44 5
Poids atomique, =221 3,25. Les éléments peuvent être groupés de deux manières différentes , sans qu'on sache laquelle des deux est la vraie : 2N€1 + 3PC1, ou 2PN + PCI». Ce composé se dissout dans Féther, et y cristallise, par ëvaporation, sous forme de prismes hexagonaux, transparents. Il se laisse facilement ré* duire en poudre, et ne se mouille pas d'eau, comme la graisse. Chauffé un peu au-dessus de + 100^, il fond en un liquide incolore ; et, à une température encore plus élevée, il se sublime sans altération. Sa vapeur répand une odeur particulière, nullement acre. Il est, ainsi que nous l'avons dit, insoluble dans l'eau, mais il se dissout facilement dans l'alcool et Téther. Il n'est attaqué ni
PERCHLORIDE DE C\RBONE. ^77
par voie humide par lacide sulfurîque , ni par Tacide nitrique, ni par la potasse ; ces réactifs ne Tattaquent pas même au moyen de la chaleur. Il entre en fusion y nage ensuite sur l'eau, et passe à la distillation avec les vapeurs aqueuses. Conduit, à l'état de vapeur, sur du fer incandescent , il est absorbé par celui-ci avec dégagement de gaz nitrogène : le fer se recouvre d'une substance noire , cristalline , à laquelle l'eau enlève du chlorure ferreux, en laissant du phosphure de fer.
Surbromophosphure ammoniacal ^ PBr'+5NH^. Il ressemble, sous tous les rapports, au chlorure correspondant, et donne, comme celui-ci, du phosphure nitrique, tant par la dissolution dans l'eau que par l'application de la chaleur.
Perchloride de carbone ammoniacal avec carbonate d^ammo^ tt/af {^^(chloroxycarbure ammoniacal), (aNH'+CGl*)-|-(aNH'+C). 11 se forme par l'action du gaz ammoniac sur le gaz oxycbloride carbonique. Un volume de gaz oxychloride carbonique en condense quatre de gaz ammoniac , et donne ainsi naissance à une masse saline blanche , qui se maintient sans altération tant qu'elle est à l'abri du contact de l'eau. Ce sel est volatil , et peut être sublimé. Exposé à l'air, il en attire l'humidité et dégage du gaz ammoniac» en se décomposant en chlorure et en carbonate ammoniques, qui se subliment chacun à part.
Perchloride de carbone etsulfoperchlorure ammoniacal aifec car^ bonate et sulfite d'ammoniaque , =(2NH'+C€1*) + (2NH'+S€P) (aNH^ + C)-4-(aNH*+S). Ce sel est, par conséquent, composé de 4 ^Is ammoniacaux simples, dont 2 sels haloïdes et a oxysels. On Tobtient en introduisant dans du gaz ammoniac le corps blanc cristallin {voyez tome I , page Spa) qui résulte de l'action de l'eau régale sur le sulfide carbonique, et qui absorbe ce gaz peu à peu. Le sel qui se forme est volatil, et peut être sublimé dans le vase où il a pris naissance. Il attire Thumidité de l'air , et ses éléments se séparent peu à peu, à mesure qu'ils absorbent de l'eau les uns après les autres. Si Ton retire le sel , qu'on l'introduise le plus prompt ement possible dans un vase distillatoire, et qu'on le chauffe, il subit un changement, et ne se sublime plus sans altération, comme il se sublimait dans le gaz ammoniac. En effet, il entre d'abord en fusion , et abandonne un excès d'ammoniaque; puis il distille un liquide éthéré, qui répand une odeur d'acide cyanhydrique, mais qui ne précipite pas les sels de fer, et qui
278 lODURE AMlVrONIQUF.
pourrait bien contenir du cyanogène ; ensuite il passe de Tacide sulfureux , et à la fin il se sublime un mélange de chlorure et de sulfite ammoniques.
Chlorohorure ammoniacal. On Tobtient quand on mêle ensemble du gaz chloride borique et du gaz ammoniac. Le premier se condense avec une fois et demie son volume du dernier, d*où résulte un sel pulvérulent , moins volatil que le sel ammoniac. Si on le met en contact avec de Teau , il se forme du chlorure et du borate ammoniques; et quand on sublime alors le sel, il reste de Tacide borique. Il contient 81,64 ^^ chloride borique et i8,36 d'ammoniaque , BCl' + 3NH\
Chlorosiliciure ammoniacal^ Si€l'-t-4Nff. Il ressemble au chlorohorure par ses caractères extérieurs. L eau le transforme en chlorure ammonique, en ammoniaque et en acide silicique. Il n'est pas sur que sa formule soit celle que nous venons de rapporter.
Chloroarsénture ammoniacal^ As€l*-t- aNH*. Sel pulvérulent, qui peut être sublimé et contient, d'après Persoz^ 84 parties de chlorure d'arsenic et 16 parties d'ammoniaque. Lorsqu'on le dissout jusqu'à saturation dans' l'eau bouillante, il se dépose, par le refroidissement, une croûte saline qui, d'après fFoehler et Uebig^ renferme de larsenic, du chlore et de l'ammoniaque. Ce même composé cristallise en cubes transparents dans une solution alcoolique saturée à la température de l'ébullition. Mais on n*a pas examiné si c'est là la même combinaison que la partie dissoute. Lorsqu'on traite le produit par l'acide sulfurique , il se dégage de l'acide chlorhydrique, pendant qu'il se forme du sulfate ammonique, et qu'il se précipite dans la Uqueur un chlorure d'arsenic oléagineux.
lodure ammonique. J'ai déjà parlé de cette combinaison dans le tome II , en traitant de Tammoniaque , ainsi que de la propriété qu'elle a de former de l'iodure de nitrogène, par le traitement avec l'eau. Les opinions sont partagées relativement à la composition de riodure ammonique. Bineau trouva que 100 parties d'iode absorbent !io4 parties de gaz ammoniac, =3NH*-|-aI. Millon constata, au contraire, que iio parties d'iode à -|- 10* n'absorbent que 8,3 parties d'ammoniaque, absorption qui, à — '18", n'est que de ^^ii parties. Ces résultats ne s'accordent pas ?jvep les poids fixes des équivalents. C'03t donc là un sujet qui mér
CTATTURE AMMONIACAL. a'jg
rite de nouvelles recherches. Millon regarde Fiodure aromonique comme une combinaison d'iodure d*ammonium avec de Tiodiire de nitrogène : le premier s'enlèverait par leau, tandis que le der* nier reste. Il essaye d'appuyer cette manière de voir sur ce qu'un mélange d'iodure d'ammonium anhydre et d'iodure de nitrogène se dissout dans l'iodure ammoniacal liquide par lequel on le traite, et que l'ensemble prend toutes les propriétés de l'iodure ammoniacal. Mais l'iodure ammoniacal se dissout dans l'alcool, et il n'en est pas de même de l'iodure de nitrogène; il paraît suivre de là que l'iodure de nitrogène ne se forme que par l'influence de l'eau.
Fluoborure ftmmoniacaL Le gax fluoride borique se combine avec un volume degax ammoniac égal au sien, pour produire un sel double, qui se sublime k l'état sec sans subir d'altération. Mais quand le sel se trouve dans le cas de pouvoir se combiner avec de l'eau, les deux sels se séparent; et si Ton essaye alors de les sublimer, il se dégage du fluorure borico^ammonique avec excès de base , et l'acide borique reste. Lorsqu'on mêle un volume de gaz fluoride borique avec deux volumes de gax ammoniac, les deux gax se condensent en un soussel liquide qui abandonne son excès d'alcali quand on le chauffe , et devient solide avant de se sublimer. Le sel liquide, mis en contact avec le gaz ammoniac, en absorbe encore un volume et se maintient à l'état liquide. Le gaz fluoride borique s'unit donc à un , deux et trois fois son volume de gaz ammoniac; d'où l'on déduit, au moyen du calcul d'après le poids spécifique desgiiz, i atome simple de fluoride borique, BP^, et respectivement i , 2 et 3 atomes doubles d'ammoniaque.
Fiuofilicturê ammoniacal y aSiP^-t-ÎNH'. On l'obtient en mêlant le gaz fluoride silicique avec le gaz ammoniac ; le premier de ces gaz condense deux fois son volume du second. Tant que le sel n'est pas mis en contact avec de l'eau, il se sublime sans subir d'altération; mais dès qu'il rencontre de l'eau, il se sépare une certaine quantité d'acide silicique , et l'on obtient du fluorure silico-ammonique, qui prend, après 1* évapora tlon , la forme de petits cristaux; le fluosiliciure ammoniacal contient, sur loo parties, 75 parties de fluoride silicique et 2 5 parties d'ammo* niaque.
Cyanure ammoniacal. Si l'on mêle du gaz ammoniac et du gaz cyanogène ) il se wodulf une vapeur blanche , et les gaz se çoxx'^
aSo • CHLOROCYANURE AMMONIACAL.
densent peu à peu , en se combinant dans la proportion d*un volume de cyanogène et d'un volume et demi d^ammoniaque. Sur les parois du vase se dépose une masse brune ^ elle se dissout en petite quantité dans leau, qui en est colorée en brun. Si, au lieu d'opérer comme il vient d être dit , on fait absorber le gaz cyanogène par de lammoniaque liquide , il ne se forme point , d après ff^oehler, du cyanate ammonique, mais du cyanure, et on obtient beaucoup du nitrure de carbone brun , de Toxalate et du cyanate ammoniques; ce dernier sel se change en urée, par Tévaporation et la cristallisation.
Chlorocyanure ammoniacaL D'après ce que f ai déjà communiqué tome I , page 3^6 , il est évident que le chlorocyanogène a trois modifications isoinériques , dont deux , la modification gazéiforme et la modification solide, ont été plus exactement étudiées. Nous appelons le premier ^chlorocyanogène^ et le dernier ''ch lorocyanogène*
"* Chlorocyanure ammoniacal^ aNH^-|-€yGl. On l'obtient en mêlant du gaz chlorocyanogène avec du gaz ammoniac : i volume du premier condense 2 volumes du dernier. Le produit se dépose sous forme de grains cristallins blancs, qui sont inodores, insipides , rougissent le papier de tournesol , et ne s'altèrent pas à l'air. Chauffés dans un appareil distillatoire , ces cristaux se décomposent, et laissent du mellan comme résidu. L'eau n y exerce aucune action, pas même à la température de l'ébullition. Le composé n'absorbe pas le gaz acide chlorhydrique sec , et il n'est pas décomposé par l'acide chlorhydrique liquide. L'acide sulfurique concentré le dissout avec dégagement de gaz acide chlorhydrique, mais il ne se forme pas en même temps d'acide carbonique. L'acide nitrique le dissout à peine avec dégagement d'un peu d'oxyde nitrique , d'acide carbonique et de chlore. La potasse en dégage de l'ammoniaque.
^Chlorocyanure ammoniacal^ NH'-|-€yGl. On l'obtient en faisant absorber du gaz ammoniac par du ^chlorocyanogène jusqu'à saturation. Il s'absorbe assez promptement i équivalent de gaz ammoniac; et si le *chlorocyanogène y reste longtemps, il en prend encore un peu plus. Bineau , qui a fait celle expérience , trouva que 100 parties de chlorocyanogène absorbent 27 parties d'ammoniaque dans l'espace de a4 heures. S'il n'y avait eu que I équivalent d'ammoniaque, il n'y en aurait eu que ai,8 parties.
BROMOCTAHURE AMMONIACAL. Îl8f
I! est donc évident que le composé aNS^ + €761 était en train de se former , mais qu'on n*en a pas attendu la formation cornplète. Le produit est solide, blanc, inodore, sans saveur déterminée , et inaltérable à l'air. Il ne se décompose qu'au-dessus de 4- i3o**, et donne, sans fondre, du gaz acide chlorhydrique et du sel ammoniac sublimé. Il se fond ensuite en une masse blanche , qui se décompose par l'application d'une chaleur plus forte : il se dégage de l'ammoniaque, et il reste du mellan. Il rougit le papier de tournesol plus faiblement que le composé précédent, et il est insoluble dans l'eau, qui se charge cependant de quelques traces de produits de décomposition. L'acide sulfurique le dissout avec dégagement de gaz acide chlorhydrique; l'acide nitrique y agit difficilement, et ne le convertit en acide cyanurique que par une ébullition de plusieurs heures ; la potasse le dissout avec dégagement d'ammoniaque.
Bromocyanure ammoniacaL Le bromocyanogène se combine , d'après Bineau^ en deux proportions avec l'ammoniaque, savoir^ avec SI et avec 6 équivalents. On obtient le mieux les deux combinaisons en saturant le bromocyanogène, au-dessus du mercure, complètement de gaz ammoniac : il se produit la combinaison à 6 équivalents , bien que la saturation complète ait lieu lentement. C'est un liquide incolore, qui renferme 49)6 pour cent d'ammoniaque^ dont il perd à l'air, très-rapidement, 4 équivalents; il se transforme ainsi en un corps solide, qui renferme sà équivalents, ou 24,731 pour cent d'ammoniaque. Lorsqu'on veut préparer ce corps , on n'a qu'à laisser le bromocyanogène en contact avec le gaz ammoniac jusqu'à la fusion commençante. Lorsqu'on l'obtient par la solidification insensible de la combinaison liquide , il cristallise, à mesure qu'il se forme, en cristaux incolores déliés. Après que l'excès d'ammoniaque a été chassé par la chaleur , il forme une poudre blanche , inodore, et d'une saveur piquante. Il ne fond qu'à une température élevée ; mais avant d^atteindre la chaleur rouge , il donne du bromure d'ammonium et de l'ammoniaque, et laisse du mellan. Il est soluble dans l'eau, et s'obtient intact par l'évaporation de celle-ci. La solution aqueuse , traitée par le nitrate argentique , donne un précipité blanc , caséiforme. L'acide sulfurique le dissout avec dégagement d'acide bromhydrique et de brome; l'acide nitrique n'en développe que du brome. L'acide chlorhydrique le dissout sans altération.
î8a SULFATE ACIDE.
lodocyanure ammoniacal. L'iodocyanogène absorbe lentement du gaz ammoniac; il se passe une semaine avant qu il en soit saturé. 11 forme un liquide rouge jaune , qui exhale de lammo* niaqueet en contient 25,2i pour cent, =3NIP+CyI. Exposé à lair , il perd 2 équivalents d'ammoniaque , et le résidu qui se dépose en lamelles cristallines est NH^ + €yI. L'un et l'autre donnent y par la distillation sèche, de Tiode et deViodure d ammonium, pendant qu'il reste du mellan.
G. Sels ammoniques et ammoniacaux (i).
Sulfate ammonique, a. Sulfate neutre^ NH*S. On l'obtient le mieux par l'union directe de la base avec l'acide. On en concentre la solution par l'évaporation à chaud ^ puis on la sature par un peu d'ammoniaque libre , parce que, d'ordinaire, elle perd une petite quantité d'ammoniaque pendant l'évaporation; en6n, on l'abandonne à l'évaporation spontanée : le sel se dépose en cristaux passablement gros, qui sont isomorphes avec le sulfate potassique. Ils ne renferment pas d'eau de cristallisation , pas même lorsqu'ils ont été formés au-dessous de o^ Le sulfate ammonique a une saveur fortement saline, décrépite par la chaleur, fond à + i4o°, et commence, à -i-280% à se décomposer, en même temps que le vase de verre où cette décomposition s'opère est fortement attaqué. Il se dégage de l'ammoniaque, de Veau et du gaz nitrogène; puis il se sublime du sulfite ammonique, mêlé d'un peu de sulfate non altéré. Il se dissout dans a parties d'eau froide et dans I partie d*eau bouillante; il est insoluble dans l'alcool d'un poids spécifique inférieur à o,85. 1000 parties d'alcool de 0,872 poids spécifique en dissolvent 6 parties, tandis que l'alcool de o,9o5 en
dissout II parties.
b. Sulfate acide ^ 3NH^-f-HS. On l'obtient en traitant la solution du sulfate neutre par l'acide sulfurique en excès, et évaporant la liqueur jusqu'à cristallisation. Il présente la même forme cristalline que le sel potassique correspondant. Il est très-sotuble dans l'eau , et ne se dépose, par conséquent, que dans une dissolution
(r) Il importe de se rappeler ici que M. Berzelius appelle sels ammoniques ceux qui ont pour base X oxyde tt ammonium , izzrfK* , et sels ammoniacaux ou ù^amnwnia(^u^ mix c|ui ont pour baçe V ammoniaque , p: ?f H*. U^ote d, trad,)
SULFATE AMMOiriACAL. a83
très-concentrée. D'après Mitscherlich ^ on ne saurait obtenir le sulfate ammonique acide cristallisé aTec une quantité d*acide plus grande que ne l'indique la formule.
Le sulfate ammonique anhydre condense les vapeurs de Tacide sulfurique anhydre , et se convertit ainsi en une masse compacte, dont on n'a pas encore déterminé les proportions élémentaires.
Sulfate ammoniacal (sulphat-ammon de H, Rose)y NH'S. Il a été découvert et analysé par H. Rose, qui en indique les méthodes de préparation suivantes : i"* On fait arriver des vapeurs d'acide sulfurique anhydre dans un flacon parfaitement sec^ entouré d'un mélange réfrigérant, de manière que les parois se tapissent intérieurement d'une mince couche d'acide. Puis, en continuant l'action réfrigérante , on y fait arriver un courant lent de gaz ammo^ niac anhydre , qui est absorbé par l'acide avec dégagement de chaleur; cette chaleur ferait fondre le sel sans l'appKcation du mélange réfrigérant, rendrait ainsi difficile une saturation com* plète, et donnerait naissance à un sel acide. Dans le commencement, l'absorption de l'ammoniaque se fait rapidement; mais, après la formation du sel acide, la saturation complète marche plus lentement , surtout dans les points qui touchent immédiatement au verre. On détache ensuite le sel à l'aide d'un fil de platine, aussi parfaitement que possible , et avec toute la précaution nécessaire pour qu'il ne pénètre pas d'air humide dans le flacon ; on fait arriver dans le flacon une nouvelle quantité de gat ammoniac , et lorsque l'absorption commence à se ralentir , on entoure solidement l'ouverture du flacon avec du papier bien desséché par la chaleur, et on introduit le flacon , sur le mercure , dans une cloche remplie de gaz ammoniac ; on l'y laisse jusqu'à ce qu'on n'y remarque plus d'absorption. Il faut beaucoup de temps pour que la saturation soit complète, a^ Au lieu de saturer ainsi le sel complètement, mais lentement, on arrête le courant de gaz ammoniac dès que l'absorption du gaz ne se fait plus aussi promptement; on expulse ensuite, par un courant d'air bien privé d'eau , le reste de gaz ammoniac qui n'a pas été absorbé, et on continue cette opération jusqu'à ce que le produit qui se dégage du flacon ne fume plus au contact d'une tige de verre mouillée d'acide chlorhydrique. S'il restait un peu d'ammopiaque libre, on obtiendrait une formation partielle de sulfote
a84 SULFATE AMMONIACAL.
ammonique. Le sel ainsi préparé n'est qu'un mélange de sulfate neutre pulvérulent, et de sulfate acide gommeux.On met le flacon dans une capsule contenant de Teau froide, et on le couvre d'une cloche. Il se forme ainsi dans Tintérieurde la cloche un air saturé de vapeur aqueuse , qui est absorbé par le sel, pendant que Teau qui entoure le flacon empêche la caléfaction, qui aurait pour résultat la fixation de Teau. Au bout de vingt-quatre heures, on peut traiter le sel par Teau froide, dans laquelle il se dissout sans s échauffer. La solution acide est traitée par le carbonate barytique.jusqua ce quelle soit devenue complètement neutre par la saturation de Facide sulfurique en excès, à Taide de la baryte. On filtre ensuite la liqueur, et on Tévapore à une température qui ne doit pas dépasser + 5o°; après un certain degré de concentration, on la fait lentement cristalliser dans le dessiccateur. Le sel forme des cristaux assez gros , transparents, réguliers, dont la forme dérive d'un octaèdre carré. D'ordinaire ces cristaux présentent une hémiédrie peu commune à faces parallèles d'un octaèdre carré, et prennent quelquefois la forme de tables. On retire les cristaux des eaux mères, qui finissent par se dessécher en une masse irrégulière; celle-ci contient aussi le sulfate ammonique qui aura pu se former en même temps*
Les produits obtenus par ces deux méthodes différentes sont le sulfate neutre ammoniacal, mais dans deux états isoméric|[ues différents.
Le sel entièrement préparé par la voie sèche est pulvérulent , amorphe, et offre, sous le microscope composé, des parcelles sphéroïdales. Par Faction de l'eau, il se change bien plus vite en sulfate ammonique que le sel cristallisé; c'est le pendant de ce qui a été dit page ii4 pour le trithionate potassique, qui, étant cristallisé , résiste bien mieux à la décomposition qu'avant la cristallisation.
Lorsqu'on dissout les deux sels, mais chacun séparément, dans l'eau 9 ils conservent leur composition, et l'ammoniaque ne se transforme pas en oxyde ammonique. Mais cette transformation a lieu lorsqu'on chauffe la liqueur au-dessus de 4- 5o° ; elle a surtout heu très-rapidement pour le sel amorphe, lorsqu'on chauffe jusqu'à la température de l'ébullition. Lorsqu'on traite la solution dans l'eau froide par le chlorure barytique, l'un et l'autre produit
SULFATE AGIDJb: AMMONIACAL. ^ 285
précipitent un peu de sulfate barytique; car il est impossible d*einpécher absolument, pendant la préparation , la formation de sidfate animonique. Après la filtration , la liqueur qui contient en dissolution le sel amorphe continue à déposer du sulfate barjtique, jusqu'à ce que tout l'acide sullurique soit précipité; de son côté, la solution du sel cristallisé reste limpide pendant plusieurs mois. La solution du sel amorphe, traitée par l'acide tartrique, laisse déposer, en très-peu de temps, la plus grande quantité possible d'ammoniaque à l'état de bitartrate ammonique. La solution du sel cristallisé, soumise au même traitement, n'en abandonne que très-peu. Par l'ébuUition , l'un et l'autre sel sont décomposés par le même réactif, et, en général, le mélange d'un acide libre facilite la transformation en sel ammonique.
Sulfate acide anunoniacal^ 3NH'S + S. Ce sel , également découvert par H. Rose , a été analysé par Jacquelain. Il est bon de faire remarquer qu'il renferme exactement le même excès d acide que le sulfate ammonique. On l'obtient en chauffant jusqu'à fusion le mélange de sel acide et neutre dans un courant de gaz ammoniac : l'excès d'ammoniaque s'évapore , sans que celle-ci soit reprise en quantité notable par le sel au moment où il se solidifie par le refroidissement. Il est complètement cristallin après le refroidissement ; il ne s'altère pas à l'air , à moins que ce ne soit de manière que la partie qui aurait pu se changer en sel neutre ne perde un peu d'ammoniaque , et ne devienne ainsi acide. 11 exerce une réaction acide sur le papier de tournesol. Lorsque le sel fondu est chauffé au-dessus du point de fusion, surtout s'il n'est pas entouré de gaz ammoniac, il se dégage du gaz nitrogène, il se sublime du sulfite ammonique, et il reste du sulfate acide ammonique anhydre. Il se dissout dans Teau avec abaissement de température , et 1 alcool précipite , dans cette solution, un sel dont on n*a pas examiné l'identité. La solution aqueuse n'est pas précipitée par le chlorure bary tique , qui a été traité par un peu d'acide chlorhydrique. Par l'ébullition et Tévaporation à chaud de la liqueur , le composé se change en sel ammonique. Le sulfate acide ammoniacal se dissout dans l'acide sulfurique concentré, qui se décompose à chaud, avec dégagement d'acide sulfureux. La solution du sel dans l'eau froide, après avoir été traitée par Tammoniaque caustique, donne, avec les solutions de sels de baryte et
286 SCJLFITE ACIDE*
de plomb) des précipités qui sont des sulfates doubles de plomb,
et qui seront décrits à l'histoire de ces bases.
Sulfate ammoniacal avec suljate ammonique , N H' S + NB* S. On l'obtient, selon H, Rose ^ en dissolvant dans Teau le sulfate ammoniacal neutre cristallisé, et évaporant doucement la solution jusqu'à cristallisation. Une partie du sel se transforme ainsi en sel ammonique , qui s*unit à une portion de sulfate non altéré, pour former un sel double. Le sulfate simple ammoniacal cristallise d*abord dans une eau mère très-concentrée , et Teau mère restante, décantée, évaporée dans le dessiccateur, donne une masse irréglilière, déliquescente à Tair : c est le sel double en question. Cette eau mère est quelquefois un peu acide ; mais en enlevant lacide par le carbonate barytique , avant que Tévaporation à siccité s'effectue, on obtient encore le même sel déliquescent.
Sulfate ammonico'SodiqueyNWS + Na S. Suivant Mitseherlichy on l'obtient en évaporant la solution des deux sels jusqu'à cristallisation. Les cristaux qui se forment dérivent du prisme droit rhomboïdal. Le sel double renferme 4 atomes d'eau de cristallisation.
Sulfate ammonîcO'lU/iique, C'est un sel double très-soluble, qui cristallise en tables, et laisse , après la calcination, du sulfate Htliique. ^
Sulfites ammoniques. a. Sulfite neutre y N W S. On l'obtient en faisant arriver du gaz acide sulfureux dans de Taounoniaque caustique, presque jusqu'à saturation , pendant qu'on entoure la liqueur d'un mélange réfrigérant, pour prévenir une élévation de température trop grande. Si, pendant la saturation, il se sépare du sel, celui-ci se redissout par l'application de la chaleur. Le sel se dépose , par le refroidissement, en prismes à six pans, à sommet hexaèdre; il a une saveur acre, salée et sulfureuse. Il décrépite par la chaleur , dégage ensuite du gaz ammoniac , et il se sublime enfin du bisulfite ammonique anhydre. A l'air, il se change peu à peu, par l'oxydation, en sulfate. Il se dbsout dans i partie d'eau froide et dans beaucoup moins deau bouillante. Il renferme I atome ou i3,4 pour cent d'eau de cristallisation. La solution aqueuse est précipitée , par l'alcool , en aiguilles.
b. Sulfite acide, NH^S\ Outre la méthode décrite, on l'obtient encore en saturant la solution du sulfite neutre par l'acide sulfu-
StJLFXTË AUMomkCkhé 287
reux, et évaporant la solution à une douce chaleur jusqu'à cristallisation. Il est très-soluble , tant dans Teau que dans Talcool. Il se précipite sous forme de poudre ^ lorsqu'on sature Téther de gaz ammoniac, et qu'on y fait arriver du gaz acide sulfureux. Il se décompose rapidement à l'air, en dégageant de l'acide sulfureux et laissant du sulfate ammonique. Suivant l'analyse de Muspratt^ il est anhydi*e.
Sulfite ammonico-nitrique j NH^ + SN. Le meilleur moyen de l'obtenir consiste à dissoudre du sulfite ammonique neutre dans de l'anunoniaque caustique très-concentrée^ et à exposer la solution y environ à o^ , à une atmosphère de gaz oxyde nitrique. Ce gaz est peu à peu absorbé, pendant que la nouvelle combinaison se produit. Si le liquide ne contient pas un grand excès d'ammoniaque , le gaz se décompose : il se forme du gaz oxyde nitreux et du sulfate ammonique, qui reste dans la liqueur. Mais si l'on peut opérer à une température de — 18** à — ao°, on n'a pas besoin d'employer un excès d'ammoniaque, et le gaz oxyde nitrique est absorbé sans altération. Le sel qui se dépose forme des prismes rhomboïdaux transparents, parfaitement neutres^ et ayant une saveur piquante et amère. On le dépouille le mieux de l'eau mère par le lavage avec de l'ammoniaque très-concentrée, où il se dissout; puis par le lavage à l'alcool. A l'état sec, le sel se conserve à toutes les températures au-dessous de -t-ioo". Il ne renferme pas d'eau de cristallisation. Soumis à l'action de la chaleur , il se décompose avec une sorte d'explosion , occasionnée par un dégagement instantané de gaz oxyde nitreux : il reste du sulfate ammonique. Le sel est très-soluble dans l'eau pure, et il en est précipité par l'alcool. La solution aqueuse est peu subie, et ne tarde pas à se changer en sulfate, avec dégagement de gaz oxyde nitreux. A G** , ce changement est peu considérable ; mais à -h 40^ il «'effectue avec effervescence. Un grand excès d'ammoniaque n'y apporte pas d'obstacle; mais la décomposition est hâtée par l'éponge de platine y par l'argent en poudre, et par d'autres corps catalytiques, ainsi que par une addition d'acides ou de sels métalliques.
Sulfite ammoniacal, a. Sulfite neutre^ ÎÏB'S. Il a été étudié par //. Rose. On l'obtient en mêlant du gaz acide sulfureux avec le double de son volume, ou avec une plus grande quantité, de gaz ammoniac : un volume de gaz acide sulfureux condense 2 volumes Ae gaz ammoniac. L'excès du dernier reste à l'état de gaz<i^e qui
u88 NITRATE AMUOMIQUK.
s'est condensé est une masse molle, jaune rougeàtre, qui se change insensiblement en aiguilles d'un jaune rouge, groupées en étoiles. Ces cristaux deviennent d'abord blancs à Tair, et tombent ensuite en déliquium. D'après les expériences de Rose^ ils se changent en trithionate ammonique. Le sel se dissout facilement dans l'eau avec une coloration jaune, et il reste d'abord inaltéré. Mais peu à peu il commence à se décomposer, de manière que 4 atomes donnent naissance à 2 atomes de sulfate et i atome de dithionite ammoniques : la solution devient par là incolore , et renferme de l'ammoniaque libre. Comme ce changement ne s'opère pas tout d'un coup , on peut, en examinant la liqueur au moyen des réactifs, obtenir des résultats qui témoigneut tout à la fois de la présence des sels qui viennent d'être décrits, ainsi que du trithionate ammonique.
i. Bisulfite^ Nff S*. Il se produit lorsqu'on fait condenser ensemble des volumes égaux de gaz ammoniac et de gaz sulfureux : un excès du gaz acide n'est pas absorbé. On n'a pas examiné davantage la combinaison qui en résulte.
Dithionate (hyposulfate) ammonique^ NH*S. On l'obtient en
décomposant le sel manganeux par le sulfhydrate ammonique, ou le sel barytique par le sulfate ammonique. 11 est très-soluble dans l'eau, et difficile à obtenir sous forme cristalline. Les cristaux sont prismatiques, ne s'altèrent pas à l'air, et se dissolvent à +16**, dans 0,79 partie d'eau. 11 renferme i atome ou 8,38 pour cent d'eau de cristallisation.
DUfdonite ammonique y NH*S. On l'obtient par la décomposition de l'hyposulfite calcique au moyen du carbonate ammonique. La solution donne, après i'évaporation, une masse saline, composée de petites aiguilles ; par une évaporation lente de la liqueur dans le dessiccateur y elle donne des écailles rhomboïdales ou de petites tables. Ces cristaux, après avoir été desséchés, ne s'eftleurissent pas sous la cloche ; mais ils sont déliquescents à Tair. Us ne renferment, d'après RammeUberg^ que i atome ou 3,88 pour cent d'eau sur 3 atomes de sel. Par la distillation sèche , ils donnent de l'ammoniaque, de l'eau, du soufre, et un sel sublimé, qui est un mélange de sulfate, de sulfite et de dithionite ammoniques.
Niti^ate ammonique (nitrum flammans), NH*N. En évaporant
NJTRITE AMMONIQUE. 289
la dissolution de ce sel avec beaucoup de soin , et la faisant refroidir lentement , on obtient des cristaux d'une forme bien déterminée; ce sont des prismes hexagonaux , semblables à ceux du nitre. Le sel est anhydre, et a pour poids spécifique 1,707. Si l'on concentre la dissolution en la faisant bouillir, et qu'on la refroidisse promptement , le sel cristallise en fils longs , flexibles et élastiques; et si l'on chauffe jusqu'à ce que toute l'eau soit évaporée, le sel se prend , par le refroidissement, en une masse opaque. Le nitrate ammonique a une saveur acre et amère. Il se dissout, à +18°, dans la moitié de son poids d'eau, et sa solution saturée à chaud, dont le point d'ébullition est à + i64'*, renferme, d'après Lepage\ 2084 parties de sel pour 100 parties d'eau. 11 est également soluble dans l'alcool. 11 s'humecte facilement dans l'air au maximum d'humidité. Chauffé rapidement dans une cornue de verre jusqu'à 200°, il fond, entre en ébullition et perd son eau de cristallisation; à 25o°, il est décomposé avec dégagement d'eau et de gaz oxyde nitreux, comme je l'ai déjà dit tome 1, page 5og. La formule de composition fait voir qu'un atome de sel donne 4 atomes d'eau et 2 atomes de gaz oxyde nitreux. Quand le sel est pur et qu'on le chauffe avec précaution , il ne se forme aucun autre produit. Mais si la décomposition s'opère avec une rapidité telle que le vase se remplit de fumée, on trouve aussi du nitrite ammonique parmi les produits delà distillation, de l'ammoniaque et du gaz oxyde nitrique. Le sel obtenu par l'évaporation à siccité se sublime en partie , sans avoir subi d'altération ; de sorte qu'il est moins propre à la préparation du gaz oxyde nitreux. Si on chauffe le nitrate ammonique au delà de Soo", ou qu'on le jeiie dans uu creuset rouge, il brûle avec un léger sifflement, et en répandant une lueur jaunâtre.
Nitrite ammonique ^ NH*N. On l'obtient en précipitant le nitrite plombique neutre parle sulfate ammonique, ou en triturant ensemble du nitrite argentique, du sel ammoniac et de l'eau. Ce sel se décomposant par la moindre élévation de température , on ne peut l'obtenir à l'état solide qu'au moyen de l'évaporation spontanée, ou par l'évaporation dans le vide sur l'acide sulfurique. Il forme une masse saUne d'une figure irrégulière, et contenant 12,27 pour cent ou i atome d'eau. Si l'on fait chauffer une dissolution de ce sel , il s'y opère une effervescence, même longtemps avant qu'elle n'ait atteint le point d'ébullition : du gaz nitrogène m. 19
290 BIPHOSPHATE AMMONIQUE.
se dégage , et le sel se transforme à peu près intégralement en eau et en gaz nitrogène : en effet, la formule indique que Thydrogène de Tammoniaque suffit précisément pour former de l'eau avec Toxygène de Tacide , tandis que la totalité du nitrogène se dégage. Au contraire, lorsqu'on chauffe le sel solide, on n'obtient point de gaz nitrogène, mais du gaz oxyde nitreux , de l'eau et de lammoniaque libre. Dans cette circonstance, il subit une décomposition double, tant en nitrogène et en eau (absolument comme quand on chauffe la dissolution), qu'en nitrate ammonique et gaz oxyde nitrique (comme les nitrites); et comme l'acide nitrique produit ne suffit pas à la saturation de la base , une partie de celle-ci devient libre. Comme, pendant cette double décomposition, les gaz nitrogène et oxyde nitrique se dégagent simultanément, ils se combinent l'un avec l'autre, et on obtient en définitive du gaz oxyde nitreux, de l'eau , et de l'ammoniaque libre.
Phosphates ammoniques. a. Phosphate neutre^ 2NH*P.On ne l'obtient qu'en saturant par l'ammoniaque une dissolution un peu concentrée d'acide phosphorique ; quand la liqueur, qui s'échauffe pendant qu'on opère le mélange, contient un léger excès d'alcali, on la laisse refroidir lentement; le sel cristallise alors peu à peu en prismes à 4 pans. La dissolution ne peut être évaporée à chaud sans perdre une partie de l'ammoniaque, ni devenir acide; mais on peut ajouter de l'ammoniaque après l'évaporation. Le sel cristallisé réagit à la manière des alcalis ; il est très-sol ubie dans l'eau, s'efBeurit à l'air, abandonne de l'ammoniaque, et devient acide. Il ne se dissout pas dans l'alcool. Ce sel renferme i atome ou 6,8 pour cent d'eau de cristallisation. — Le *phosphate ammonique n'a pas encore été obtenu à l'état solide.
b, Bfphosphate ammonique^ NH*P. On le prépare en saturant d'ammoniaque l'acide phosphorique qu'on obtient lorsqu'on traite les os calcinés par l'acide sulfurique , et évaporant la liqueur jusqu'au point de cristallisation. Il forme de gros prismes quadrilatères, à sommet tétraèdre. Quelquefois le prisme manque, et les cristaux forment alors des octaèdres qui se dissolvent dans cinq parties d'eau froide, et dans moins d'eau bouillante. Ce sel contient if),6 pour cent ou a atomes d'eau, dont l'un est de Teau de cristallisation; quand on le chauffe, il perd une partie de cette eau, et abandonne peu à peu toute son ammoniaque, de sorte
PHOSPHATE AMMOWICO-SOJDIQUK. agi
qu'il ne reste à la fin que de Tacide phosphorique aqueux. C'est sur la décomposition de ce sel par l'action de la chaleur que repose la préparation de l'acide phosphorique ^ par le procédé décrit page 493 du premier volume.
c. Sousphosphate ammonique. On obtient ce sel en ajoutant de l'ammoniaque caustique à une dissolution concentrée de phosphate ammonique. Il est très-peu soluble dans l'eau , et se précipite de la dissolution, qui se prend ainsi en un magma. A l'air libre , il perd son excès de base et devient neutre.
Gay-'Lufsac a trouvé qu'en trempant des étoffes de lin , ou , en général, des étoffes combustibles dans une dissolution saline, et les séchant ensuite , elles deviennent moins combustibles quand les sels employés sont fusibles et renferment des éléments volatils. Des sels fixes et peu fusibles ne produisent aucun effet. La présence des sels n'empêche pas que l'étoffe soit détruite et charbonnée par la chaleur; mais elle ne peut pas brûler, et s'éteint dès qu'on la sort du feu. Cet effet tient, d'une part, à ce que les parties du sel qui se volatilisent, mêlées avec les gai provenant de l'étoffe brûlée, diminuent la combustibilité de celle-ci; et, d'une autre part, à ce que le sel fondu pénètre la masse charbonnée, et s'oppose ainsi à ce que l'air soit mis en contact avec le charbon. D'après le même chimiste, il convient, pour atteindre ce but, d'employer un mélange de parties égales de phosphate ammonique et de sel ammoniac , ou bien de parties égales de sel ammoniac et de borax. Pour que l'étoffe soit complètement incombustible, il faut qu'elle contienne, à l'état sec, un cinquième de son poids de sel.
Phosphate ammonico^sodique (sel de phosphore , sel microcosmique , sel fusible de l'urine). On le rencontre en quantité assez considérable dans l'urine , d'où on peut l'extraire par l'évaporation, après la décomposition de l'urée. Pour le purifier, il faut lui faire subir plusieurs cristallisations. Le meilleur moyen pour le préparer consiste à faire fondre dans deux parties d'eau six à sept parties de phosphate sodique cristallisé, à dissoudre dans cette liqueur une partie de sel ammoniac en poudre fine , à filtrer la dissolution chaude, et à la mettre cristalliser dans un endroit froid. Pour préparer le sel, on prend une quantité d'eau assez petite pour qu'on n'ait pas besoin de l'évaporer; car autrement l'ammo* niaque se dégagerait. S'il ne se dépose pas sans évaporation préa-
292 HVPOPHOSPMITE AMMOJN IQIK.
lable, on neutralise la liqueur par rammoniaque^ avant qu'on Tabandonne à la cristallisation. L*eau mère ne renferme presque que du chlorure sodique. Le sel qui s*est déposé doit être soumis à une nouvelle cristallisation; à cet effet, on le dissout jusqu'à saturation dans Teau bouillante, on ajoute à la solution un peu d ammoniaque, et on la laisse refroidir. En préparant le sel sur une grande échelle, on obtient de gros cristaux prismatiques, transparents , qui renferment 9 atomes ou 38,17 pour cent d'eau de cristallisation. Le sel s*effleurit à l'air , et perd , avec son eau de cristallisation , une partie de son anunoniaque. Chauffé au chalumeau sur du charbon, il fond avec effervescence, dégage de l'ammoniaque , et finit par laisser une perle de biphosphate sodique, qui conserve sa limpidité après le refroidissement. On Tem» ploie de la même manière que le borax ^ dans les essais au chalumeau.
Phosphate ammonico^lUhique. Ce sel se précipite sous forme de grains cristallins , quand on évapore un mélange dissous d'un sel lithique et de phosphate ammonique. Le sel double ne se forme pas quand la liqueur contient un excès de phosphate , ou qu elle est étendue ; il est nécessaire de l'évaporer lentement, pour éviter que l'ammoniaque se volatilise, et que la dissolution devienne acide. Il ressemble, par son aspect, au phosphate ammonicomagnésique, entre facilement en fusion^ et perd son ammoniaque. Il diffère toutefois du sel magnésique , en ce que celui-ci devient rouge par la calcination avec le nitrate cobaltique , tandis que le sel lithique devient bleu.
Phosphite ammonique ^ 2NH*P. 11 cristallise en gros prismes quadrilatères à sommet tétraèdre ; il devient humide à l'air, se dissout dans deux parties d'eau froide , et dans moins d'eau bouillante; soumis à la distillation, il donne de l'ammoniaque et laisse de l'acide phosphoreux aqueux , qui se décompose ensuite en gaz phosphure d'hydrogène, qui se dégage, et en acide phosphorique aqueux, qui reste.
Hypophosphiie ammoniqite ^ NW9. Il est déliquescent, et se dissout dans l'eau et dans l'alcool anhydre. Exposé à une douce chaleur, il dégage de l'ammoniaque et laisse de l'acide hypophosphoreux aqueux, qui se décompose quand on augmente la chaleur, et donne du gaz phosphure d'hydrogène et de l'acide phosphorique hydraté.
CHLORATE AMMONIQUE. ÎIqS
Oxyde phosphorico-ammonique , N H* P* O. On l'obtient en versant de Tammouiaque caustique sur de Thydrate phosphorîque. Le composé qui en résulte est insoluble et brun foncé, comme l'oxyde phosphorico-potassique; il s'oxyde peu à peu dans la liqueur, avec dégagement de gaz hydrogène , et se change en phosphate ammonique.
Oxyde phosphorîque ammoniacal. On l'obtient en faisant absorber du gaz ammoniac par de l'oxyde phosphorique anhydre; diaprés Leiferrier ^ loo parties d'oxyde prennent ainsi 4>8 à 4^9 parties d'ammoniaque. Le composé qui prend naissance est noir, et perd , dans l'air, un peu d'ammoniaque, et ne s'altère pas davantage. Il n'est pas décomposé par l'eau, pas même par les acides faibles ; mais les acides sulfurique et chlorhydrique absorbent peu à peu l'ammoniaque à froid ; cette absorption est instantanée si Ton chauffe la Uqueur, et il reste de l'oxyde phosphorique.
Perchlorate ammonique, N H* €1. Il cristallise en prismes droits, transparents, et terminés par des sommets dièdres. Il exige 5 parties d'eau pour se dissoudre ; l'alcool le dissout aussi , mais en petite quantité. Lorsqu'on fiait évaporer la dissolution , celle-ci devient acide ; mais le sel qui cristallise est neutre. L'acide perchlorique le précipite de sa dissolution , parce qu'il est peu soluble dans une liqueur acide.
Chlorate ammonique^ NH*€1. Le meilleur moyen pour l'obtenir consiste à mêler du chlorate potassique en poudre fine , avec une dissolution de fluorure silico-ammonique ; on ajoute le chlorate par petites portions , jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de fluorure silico-potassique. On peut aussi peser et mêler les sels secs dans les proportions nécessaires , pour qu'ils se décomposent réciproquement; après quoi on y ajoute de l'eau. On évapore la dissolution à une douce chaleur; le sel cristallise en aiguilles déliées , très-solubles dans l'eàu et dans l'alcool. Il cristallise aussi en lames , comme le sel potassique. Wonfor le prépare en mêlant une solution de bitartrate ammonique saturée à la température de Tébullition , avec une solution de chlorate potassique également saturée à la température de Fébullition ; on continue ainsi jusqu'à ce qu'il ne se dépose plus de surtartrate potassique. On laisse ensuite la liqueur refroidir aussi promptement que possible, on la filtre , on l'évaporé à -f-38% on la débarrasse du sursel potas-
•294 lODATK AMMONÏQUE.
sique qui se dépose y et enfin on la concentre au point que le sel cristallise par le refroidissement. Il ne faut pas le conserver à 1 état solide , parce que ordinairement il détone tût ou tard avec une violence extrême , même lorsqu'il n y a qu'un seul cristal. Récemment précipité 9 il peut être chauffé en petite quantité, mais avec précaution , par exemple, a5 centigrammes au plus, sans quil y ait d'explosion; et alors il y a dégagement de gaz chlore, de gaz nitrogène et de gaz acide nitreux. Lorsqu'on conserve le sel quelques jours, il commence, suivant Wonfor^ à jaunir et à dégager un gaz qui irrite les yeux et les narines, et détone ensuite spontanément au bout de quelques heures, soit qu'on le conseiTe dans un vase ouvert ou dans un vase hermétiquement fermé. La cause de ce phénomène semble tenir à ce que l'hydrogène de Tammoniaque s'unit à Toxygène de Tacide pour former de l'eau, pendant que le nitrogène et le chlore donnent naissance à du chlorure de nitrogène; en même temps une portion d'acide chlorhydrique extrêmement concentré devient libre, et se décompose ensuite simultanément avec production de lumière, par la tendance du chlorure de nitrogène à l'explosion. Sur une lame métallique chauffée, le sel récemment préparé détone faiblement avec une lumière rouge. Sa dissolution se décompose par l'ébullition , avec dégagement de gaz nitrogène et de gaz chlore.
Le chlorite et X hypochlorite ammoniques s'obtiennent en saturant les acides par l'ammoniaque. La solution blanchit les couleurs végétales , même lorsque l'ammoniaque y est en excès. Aucun de ces sels n'a pu être obtenu à Tét.'it solide sans altération.
Bromate ammonique , N H^ èr. On l'obtient en saturant Tacide par le carbonate ammonique , ou en décomposant le bromate barytique par le carbonate ammonique. Par une évaporation trèsdouce de la Hqueur, le sel cristallise en grains incolores, qui paraissent appartenir au système régulier , et qui ont une saveur piquante et rafraîchissante. Par la moindre élévation de température, il détone violemment; il ne faut pas le conserver, parce qu'il détone spontanément, et bien plus promptement que le chlorate, par suite d'une transposition analogue des éléments.
lodate ammonique y NH^I. Ce sel se forme quand on sature d'ammoniaque le chlorure d'iode ou l'acide iodique. 11 est très-peu soluble dan& l'eau, et se précipite sous forme d'une
BICARBONATE AMMOlfIQUE. SqS
poudre blanche crisulline.En dissolutioii dans Teau tiède et abandonnant la liqueur à Tëvaporation spontanée y on Tobtient cristallisé en petits cubes brillants, qui ne renferment pas d'eau de cristallisation. Le sel exige, pour se dissoudre, 38 | parties d'eau à + x5°; mais il n*a besoin que de 6,9 parties d'eau bouillante. A + 150"*^ il se décompose, avec un bruit de sifflement, en eau, iode, gaznitrogène et gaz oxygène.
Carbonates ammoniques. a. Carbonate neutre , N H^ C. C'est un sel déliquescent et volatil , qui n'a pu encore être obtenu à l'état solide; car, dans tous les essais tentés à cet égard , ou dans cer* taines circonstances qui seront mentionnées plus bas , il ne perd que de l'eau provenant de l'oxyde ammonique , et se change ainsi en un sel double de carbonate ammonique et de carbonate ammoniacal. Mais lorsqu'on chauffe la solution aqueuse d'un sel qui renferme de l'acide carbonique en excès, on obtient un dégagement d'acide carbonique , et la liqueur contient du carbonate neutre, jusqu'à ce que, à un certain degré de concentration, il se dégage , avec Feau , une plus forte proportion d'ammoniaque que d'acide carbonique ; et le sel redevient ainsi acide;
b. Bicarbonate y NH*C + HG. U se forme facilement lorsqu'on laisse le carbonate ammonique ordinaire solide exposé à l'air, jusqu'à ce qu'il n'exhale plus d'ammoniaque. Ce carbonate subit un changement semblable lorsqu'on en abandonne la solution aqueuse à l'évaporation spontanée : il se dégage de l'ammoniaque avec l'eau , et le bicarbonate ammonique se dépose en cristaux , qui sont parfaitement isomorphes avec ceux du carbonate potassique. On l'obtient sans perte d'ammoniaque , si la solution est saturée d acide carbonique. On peut encore le préparer en mêlant une solution concentrée du carbonate solide ordinaire avec de l'alcool: le bicarbonate ammonique se précipite, tandis que le carbonate ammoniacal neutre, mêlé d'une petite quantité du premier , reste dans la liqueur. Si Ton verse l'alcool à la surface de la liqueur, le bicarbonate se sépare peu à peu en cristaux réguliers. Ce sel renferme , ainsi que l'indique la formule, i atome d'eau chimiquement cofbbinée, qui correspond à ii,4 pour cent. 11 n'a pas d'odeur; sa saveur est piquante et un peu ammoniacale. 11 se volatilise à l'air, mais très-lentement. A une température moyenne de l'air, il lui faut environ 6 parties d'eau pour se dissoudre. Lorsqu'on chauffe cette solution au-dessus de -4- 36*, il se
296 SKSQïIIC/VRHOjVATE ammonique.
dégage de I acide carbonique avec effervescence, et le sel finit par
devenir neutre. 11 est peu ou point soluble dans Talcool.
D'après H, Rose , on peut obtenir ce sel combiné avec deux proportions différentes d'eau de cristallisation. En effet, lorsqu'on dissout le carbonate solide ordinaire jusqu'à saturation, dans l'eau chaude contenue dans un flacon fermé , et qu'on laisse ensuite cette solution refroidir aussi lentement que possible, on voit le bicarbonate cristalliser en prismes quadrilatères à sommet dièdre fortement tronqué^ et les arêtes du sonmiet sont remplacées par des facettes hexagonales. Ces cristaux renferment, sur 2 atomes de sel anhydre, 3 atomes ou 16,1 pour cent d'eau, =2(NH*C + H C) 4- H. On obtient la seconde proportion d'eau lorsqu'on sublime, à une douce chaleur, dans une cornue à très-long col , le sel double composé de 3 atomes de carbonate neutre et de i atome de bicarbonate ammonique, dont il sera question plus bas: il se dépose, aux parties éloignées du col de la cornue, un autre sel double volatil, pendant qu'il se sublime du bicarbonate ammonique, en cristaux irréguliers, à la voûte de la cornue. Ces cristaux renferment 2 atomes ou 2o,43 pour cent d'eau, =5fH*C+ HC + H.
c. Sesquicarbonate ammonique^ 2NH* + C^. C'est le carbonate solide ordinaire, qui se rencontre dans le commerce, et se prépare en grand. C'est, à proprement parler, un sel double, composé de I atome de carbonate neutre et de i atome de bicarbonate r=NlPC-|-NIi*C\ Mais il se trouve mêlé de bicarbonate nouvellement formé, surtout si on le conserve quelque temps dans des vaisseaux incomplètement fermés; car il perd de l'ammoniaque au contact de l'air. On l'obtient en mêlant une partie de sel ammoniac avec deux parties de craie en poudre fine , et distillant le mélange sec dans une cornue de verre munie d'un récipient luté, jusqu'à ce qu'il ne se sublime plus de sel. Il reste du chlorure calcique dans la cornue, et le sesquicarbonate, volatilisé par la chaleur, se dépose dans le récipient. On peut aussi le préparer à laide d'un mélange de sel ammoniac et de carbonate potassique. Dans cette opération , on ne devrait obtenir que du carbonate ammonique neutre; mais, au commencement de la distillation, il se dégage de l'eau et de l'ammoniaque liquide; par conséquent , la chaleur paraît décomposer le sel neutre de telle
SESQUICARBONATE AMMONIQUE. ^97
façon qu'une partie de loxyde ammonique passe à Tétat d^ammoniaque et d'eau y et que le sesquicarbonate se sublime ensuite à Fétat solide. Dés lors il ne reprend plus la base qu'il a perdue, parce que le liquide distillé ne peut dissoudre qu'une petite quantité du sel sublimé. Le sel sublimé forme une croûte de cristaux irréguliers , qui ne renferment pas d'eau de cristallisation , pas même l'atome (si les analyses qu'on en a faites sont parfaitement exactes) sans lequel le bicarbonate ammonique ne pourrait exister seul. En raison de la solubilité différente des deux sels simples dans l'eau , il peut être décomposé par une quantité d'eau moindre. En le portant , sous forme de poudre , sur un filtre, et y versant de l'eau par petites portions successiyes, on peut en enlever complètement le sel neutre par le lavage , tandis que le bicarbonate, qui a fixé i atome d'eau, reste. Cependant une partie de ce dernier et du carbonate neutre se dissolvent en même temps dans l'eau. Nous avons déjà vu que l'alcool les sépare l'un de l'autre, et cela plus complètement encore. 100 parties d'eau dissolvent 25 parties du sel double à +i3°; 3o parties à +17°; 87 parties à +32**; 40 parties à + 4i**> et 5o parties à -|- 49- Au delà de cette température , il commence à se dégager de l'acide carbonique avec effervescence, à moins qu'on ne s'y oppose en fermant le vaisseau.
Le travail de M. H. Rose sur la manière dont le sel double se comporte à la chaleur, est un chef-d'œuvre; il a fait connaître plusieurs combinaisons intermédiaires entre le carbonate neutre et le bicarbonate, et que nous allons décrire en employant, pour plus de facilité, la formule Am pour indiquer NB*, et celle de Ak pour représenter NW. Comme ces sels ne sauraient être distingués par des noms particuliers, je les désignerai par leurs formules.
I. 3AmC+ AmC*. En introduisant le sel double qui vient d'être décrit dans une cornue dont le col communique avec un tube de verre large et long, et plonge, par l'extrémité ouverte, dans du mercure , pour éviter le renouvellement de l'air, et en chauffant la cornue avec précaution dans un bain qui l'entoure , à une température insuffisante pour sublimer tout le sel , on voit qu'il se dégage d'abord du gaz acide carbonique, qui entraîne avec lui, et le dépose dans le tube, un sel double neutre d'ammoniaque et d'oxyde ammonique, que je mentionnerai plus bas, et
agS SKSQUIGARBONATE AMMONIQUE.
qui se compose de AmC + AkC. En même temps il se sublime à la voûte de ia cornue un autre sel; lorsque le résidu qui se trouye dans la cornue commence peu à peu à se fondre en un liquide clair , on arrête ropération , parce que , si l'on continuait , il se formerait bientôt d autres produits. C'est au sel sublime au col de la cornue que convient la formule ci-dessus indiquée. Il a laspect d'une croûte cristalline, tout à fait semblable au sel double ordi* naire, et représente , en poids, plus de la moitié du sel employée Il est cependant difficile de l'obtenir sous forme d'une masse par* faitement homogène, parce que la partie qui touche immédiate* ment au verre peut contenir une petite quantité du sel plus volatil qui se dépose dans le tube , et parce que la portion qui se sublime en dernier lieu, et qui forme la surface interne de la croûte, peut être mêlée de produits d'une opération poussée trop loin. Elle se compose, en totalité, de 4 atomes ou4i)72 pour cent d'oxyde ammonique, et de 5 atomes ou 5 1,28 pour cent d'acide carbonique sans eau , et existe souvent en mélange , en petites quantités, dans le sel double préparé en grand.
a. Am C + Am C* + 3H. Ce composé existe quelquefois en dissolution dans le liquide qui reste dans la cornue pendant l'opération précédente. Par un refroidissement lent, il cristallise en grandes tables hexagonales, dont la formation dure longtemps. L'eau mère est une solution concentrée de carbonate ammoniacal neutre. Pour obtenir les produits sans mélange, il faut détacher la cornue entre le sublimé et la partie liquide. Le sel cristallisé se conserve intact dans un flacon fermé. A l'air, il se change en bicarbonate.
3. 3AmC-|- AmC* + M. En soumettant le sel cristallisé qui vient d'être mentionné à un traitement semblable dans une cornue à long tube de dégagement , on voit qu'il se dégage également du gaz acide carbonique , qui laisse déposer dans le tube le sel double ammoniacal volatil , pendant que le sel représenté par la formule ci-dessus se sublime à la voûte et au col de la cornue. On arrête l'opération lorsque le produit non sublimé a été fondu en un liquide clair. Quand on soumet de nouveau le sublimé ainsi obtenu à la même opération , il se décompose en carbonate ammoniacal double anhydre , qui se dépose d'abord dans le tube de dégagement , et en le bicarbonate hydraté décrit précédemment^
SESQUICARBONATE AMMONIQUE. 399
:=AmC^ + aH, qui se dépose à la voûte et au col de la cornue, et ne laisse pas de résidu.
Le liquide qui y pendant lopération précédente , est resté au fond de la cornue, renferme le même sel que le produit sublimé , mais en combinaison avec une plus grande quantité d'eau. Il se prend) par le refroidissement , en une masse cristalline un peu humide , dont on peut séparer un peu d*eau mère quand ou la presse entre des doubles de papier brouillard. Ce sel contient 8 atomes ou aS^i pour cent d*eau de cristallisation, =3AmG + ÀmC' + 8H.
Lorsqu'on soumet le sel anhydre n*" 1 à la même méthode de sublimation qui vient d'être décrite , on voit qu'une partie se change en sel ammoniacal double, pendant qu'il se sépare de l'eau. Le sel double plus volatil d'ammoniaque et d'oxyde ammonique se dépose dans le tube de dégagement, pendant qu'il passe du gaz acide carbonique à travers le mercure, et que le sel à i atome d'eau se sublime à la voûte et au col de la cornue , tandis que le liquide restant est le sel à 8 atomes d'eau.
4* Am C -f- 3 Am C* + 8H s'obtient lorsqu'on soumet à une distillation semblable le sel cristallisé dans une solution de sesquicarhonate saturée à chaud , et =aAm C*+ 3H. 11 se dégage en même temps un peu de gaz acide carbonique, et le sel, représenté par la formule ci-dessus, se sublime à la voûte de la cornue. Il renferme 21,7 pour cent d'eau.
5. AmC^ + 3AmC'4-6H. Ce sel, dont le premier membre représente le tricarbonate ammonique, a été obtenu par Rose en évaporant une solution de bicarbonate sur l'acide sulfurique, et dans un air tellement raréfié, que le sel ammonique ne se dégageait pas avec effervescence de la solution , ce qui aurait lieu si la pression sous la cloche était trop élevée. Il peut arriver , pendant cette évaporation , qu'une partie du sel soit entraînée par l'eau et absorbée par l'acide, avec dégagement d'acide carbonique; l'évaporation se fait donc dans une atmosphère de gaz acide carbonique raréfié. En même temps il se dépose dans la liqueur de petits cristaux , qu'on retire avant que tout soit évaporé à siccité. Ce sont les cristaux du sel qui est représenté par la formule cidessus indiquée. Ils renferment 9 atomes ou 55,52 pour cent d'acide carbonique , 4 atomes ou 29,33 pour cent d'oxyde ammo-
3oO CABBOWATK AMMONIACAL.
nique , et 6 atomes ou i5,i5 pour cent d'eau. Ce sel démontre Texistence d'un tricarbonate ammonique, mais qui n'est pas trèsstable. Il se décompose aussi dans un vaisseau clos, où on le conserve dans une atmosphère de gaz acide carbonique : il ne laisse à la fin que du bicarbonate.
Carbonate ammoniacal^ NH^ ou AkG. On l'obtient en metunt le gaz acide carbonique et le gaz ammoniac , à Pëtat sec , en contact l'un avec l'autre : i volume du premier condense a volumes du second. Le sel ainsi formé, dans les proportions indiquées, a l'aspect d'une matière blanche y amorphe, non cohérente, et susceptible de se sublimer sans altération dans les gaz anhydres, et même dans le gaz acide carbonique. A + 60"" , il commence à se volatiliser. Sa vapeur tf pour poids spécifique 0,9008 ; il suit de là que l'union s'opère sans condensation : le sel, à l'état de gaz, conserve le volume primitif des parties constituantes. A l'air, il exhale une forte odeur ammoniacale : il se volatiUse en partie, et attire en partie Thumidité, en se convertissant en carbonate ammonique. Par la dissolution dans l'eau , il éprouve le même changement. Le gaz chlore sec n'y réagit que très-lentement, et la réaction se termine par la production de sel ammoniac , de gaz acide carbonique et de gaz nitrogène. Le gaz acide chlorhydrique ne l'attaque pas à froid; mais lorsqu'on le chauffe dans un point , la réaction , une fois commencée dans ce point, continue, par suite du développement du calorique propre. Au moyen des vapeurs de l'acide sulfurique anhydre , on le change en sulfate ammoniacal et en acide carbonique, et, par le gaz acide sulfureux, on donne naissance à du sulfite ammoniacal jaune et à de l'acide carbonique.
Carbonate ammoniacal combiné ai^ec le carbonate ammonique , ÀkC-i-AmC. C'est le sel volatil qui se dépose pendant les méthodes de sublimation précédemment indiquées , dans le tube de dégagement. Il présente l'aspect d'une masse cristalline. La cause de sa formation paraît tenir à la tendance du résidu non sublimé à se combiner avec une plus grande quantité d'eau; celle-ci est alors formée aux dépens d'une portion d'oxyde ammonique, qui se convertit ainsi en ammoniaque, sans abandonner la combinaison avec l'acide carbonique. On obtient encore ce sel en chauffant le sesquicarbonate dans une cornue avec l'alcool 2 il se dépose des vapeurs alcooliques à la voûte et au col de la cornue. En absence
QUADROXALATE ATVIMONÎQUE. 3oi
d'humiditë, il peut se sublimer sans altération ; mais, dès qu on y ajoute de l'eau , il se convertit en carbonate ammonique neutre. Il renferme 2 atomes ou 5o,i pour cent d'acide carbonique, 1 atome ou 3o,a6 pour cent d'oxyde ammonique , et i équivalent ou 19,64 pour cent d'ammoniaque.
Oxalates ammoniques. a. Oxalate neutre^ NH*C. Il cristallise en prismes brillants; il se dissout difficilement dans Teau, et est insoluble dans l'alcool. 11 s'effleurit à l'air, en perdant 0,126 ou I atome d'eau de cristallisation. Il exige environ 28 parties d'eau froide pour se dissoudre. Ce sel est employé, dans les analyses, pour précipiter la chaux; car il forme, avec la magnésie, un sel double soluble. Il peut être facilement souillé d'un sel double potassique ; il faut donc s'assurer , avant de s'en servir, s'il ne laisse pas de résidu après la combustion.
Dumas a étudié la manière dont ce sel se comporte à la distillation sèche ; il découvrit ainsi la formation de l'oxamide, corps jusqu'alors inconnu. Par cette distillation , on obtient d'abord de l'eau, puis de l'ammoniaque; il se sublime ensuite du carbonate ammonique, il se dégage du gaz oxyde carbonique et du gaz cyanogène, en même temps qu'il se sublime de l'oxamide (tome I, page 624), environ 4 ou 5 pour cent du poids du sel employé; il reste dans la cornue une petite quantité de charbon. Suivant 3/oA/*, on obtient le double d'oxamide lorsque, avant l'application delà chaleur, on mêle le sel avec du sel ammoniac , dont les vapeurs entraînent plus facilement l'oxamide, qui se dépose ainsi à l'état de mélange; mais, l'opération achevée, on y verse de l'eau, qui dissout le sel ammoniac et laisse l'oxamide.
A. Bioxalate ammonique , N H* €*. Il se précipite sous forme de petits grains cristallins, et est très-peu soluble dans l'eau. Suivant Graham , il contient 3 atomes d'eau , dont l'un joue le rôle de base à l'égard de l'acide , et ne peut en être éliminé. Nous avons déjà dit, tome I, page 609, que ce sel se change en acide oxaminique, à la température de + a^o*^ à + 23o".
c. Quadroxalate ammonique, NH*C^ On l'obtient, suivant Graham, en dissolvant le sel précédent avec 2 atomes d'acide oxalique dans l'eau bouillante. Il se prend , parle refroidissement, en cristaux isomorphes avec ceux du sel potassique correspondant, et contenant 7 atomes d'eau de cristallisation.
3o2 BIMELLITATE ABIMONIQUE.
Oxalate potoisico^mmmonique* On l'obtient en neutralisant par Tammoniaque l'excès d'aeide du sel d'oseille (bioxalate potassique). Il se dépose sous forme de cristaux inaltérables à l'air. Le sel double est plus soluble que Foxalate simple.
Chloroxalate [c\i\or2icéi2Xe) a/w/wowqfwtf , NH*€+Cd*. L'acide chloroxalique, étant saturé de carbonate ammoniacal, donne, après l'évaporation , des cristaux renfermant 5 atomes d'eau , qui s'en vont, dans le yide, au-dessus de ladde sulfurique.
MelUtates ( bonigstate ) ammoniques* a. MellUate neutre , NS*G*0\ Il se prend en gros cristaux transparents, brillants, qui affectent, suivant les circonstances, qui n'ont pas encore été bien saisies , deux formes différentes , dérivant lune et l'autre d'un prisme droit rbomboîdaK Sous les deux formes cristallines le sel a une faible réaction acide, et il est au même degré de sa* turation ; dans ce cas il renferme , ou deux proportions d'eau. différentes, ou c'est un cas de dimorpbisme , qu'on a remarqué dans plusieurs autres sels, suivant qu'ils cristallisent par le refroidis* sèment ou par une évaporation lente , à une température entre + aS"" et + 35^ L'uu de ces sels se conserve longtemps à l'air sans altération ; il devient ensuite d*un blanc laiteux, opaque^ mais sans perdre sa forme. L'autre , dès qu'on le retire de la li* queur , et même quelquefois pendant qu'il reste encore dans la liqueur , devient opaque , granuleux , peu importe qu'il soit mis sur un papier humide pour être desséché , ou qu'il soit renfermé dans un tube bien bouché ; et ce changement a lieu sans qu'il j ait élimination sensible d'eau. Quelquefois la moitié d'un cristal se conserve transparent, et reste ensuite dans cet état. La décomposition de ce sel , à une température entre + 100° et 4- lôo**, a d^à été décrite à l'article Acide euchronique, tome I, page yaS. ff^oehler entreprit de chauffer une solution concentrée de ce sel dans un vaisseau fermé jusqu'à +aoo**; mais il trouva ensuite qu'il n'y avait pas d'altération.
i. Bimellitate ammoniquey N H* •+• aC* 0\ On l'obtient en chauffant le sel neutre jusqu'à environ H- IOo^ Même en dissolution , ce dernier perd , par l'ébuUition , de l'ammoniaque , et se convertit en surmellitate, qui est beaucoup plus soluble que le mellitate neutre; de telle façon qu'une solution concentrée du premier sel, étant mêlée d'ammoniaque, se prend en un magma cristallin de sel neutre.
QUADRIBORATE AMMONIQUE. 3o3
Rhodieate ammonique. Il présente tout à fait les mêmes réaciions que le sel poussique correspondant.
Croconate ammonique^ NH*C*0*. Il est rouge jaune, et cristallise en tables mammelonnëes. On Tobtient plus difficilement cristallisé par Tévaporation à chaud. Il se dissout dans Talcool.
Borate ammonique. L'acide borique se combine en plusieurs proportions avec l'oxyde ammonique. Il se dissout dans Vammoniaque caustique , avec dégagement de chaleur ; par le refroidissement, il cristallise un sel dont la composition varie suivant que Tammo* niaque est plus ou moins saturée d*acide; mais le borate qui cristallise renferme toujours plus de i atome d'acide borique pour chaque atome d*oxyde ammonique. La combinaison neutre n'a pu être encore obtenue à l'état solide. Lorsqu'on met l'acide borique cristallisé, H^ B, en contact avec le gaz ammoniac sec, jusqu'à ce que celui-ci ne soit plus absorbé, on voit que loô parties d'acide prennent ai parties d'ammoniaque, c'est-à-dire les trois quarts de ce qui serait nécessaire pour donner naissance à un sel neutre. Quatre atomes d'acide borique se trouvent donc unis à 3 équivalents d'ammoniaque, et le sel se compose de a atomes de borate neutre et de i atome de biborate, = aAm B 4- Am B* H-gH» Trois atomes de l'eau contenue dans l'acide borique ont été employés à la formation de l'oxyde ammonique. On obtient le même sel cristallisé , mais avec une proportion d'eau différente, lorsqu'on dissout l'un des sels suivants, jusqu'à saturation , dans l'ammoniaque chaude caustique. Par le refroidissement , il cristallise un sel qui ne renferme que 3 atomes ou ii,o6 pour cent deau de cristallisation. Ce sel double perd continuellement de l'ammoniaque à l'air, de manière à se changer en un sel avec excès d'acide.
b. Biborate ammonique^ NH*B*. On l'obtient en dissolvant de l'acide borique dans l'ammoniaque ; mais il reste un excès assez notable d'ammoniaque. La solution s'échauffe , et , par le refroi* dissement , il s'y dépose des octaèdres rhomboïdaux opaques à sommets tronqués, et quelquefois à arêtes obtuses, qui, d'après Soubeiran^ renferment 4 atomes ou ap,^ pour cent d'eau. Le sel s'efileurit à l'air , perd de l'ammoniaque , et se change en le sel suivant. Il exige douze fois son poids d'eau pour se dissoudre.
c. Quadriboraie ammonique^ NH*B*. On l'obtient en dissolvant dans l'ammoniaque caustique assez d'acide borique pour que la
3o4 ACÉTATE AMMORIQUE.
réaction alcaline disparaisse presque complètement, ce qui exige à la fin l'application de la chaleur. Par le refroidissement, il se dépose des prismes irréguliers hexagonaux, à sommet tétraèdre ou hexaèdre, qui, suivant L. Gmelifiy contiennent 6 atomes ou 24)55 pour cent d*eau. D abord le sel n*a pas de saveur, puis il acquiert une saveur amère , et sa solution offre une réaction alcaline, 11 ne s'altère pas à l'air, fond par la chaleur, se boursoufle, dégage de l'eau et de l'ammoniaque, et laisse de l'acide borique fondu ; mais il faut longtemps avant que celui-ci ait cessé d'exhaler une odeur ammoniacale. Le quadriborate ammonique exige 8 parties d'eau pour se dissoudre.
d, Sexborate ammonique^ Ni^*B^ Il se forme lorsqu'on dissout le sel précédent dans l'eau bouillante , et faisant bouillir la solution jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'ammoniaque avec les vapeurs d'eau. Il cristallise, par le refroidissement, en une masse granuleuse , dont on n'a pas encore déterminé l'eau de cristallisation. Il est inaltérable à l'air, et se comporte, par la fusion, comme le sel précédent*
Silicate ammonique. Son existence est douteuse^ du moins à l'état solide. L'ammoniaque caustique dissout l'acide silicique solubie; mais ces corps se séparent l'un de l'autre, même par l'évaporation spontanée. Le précipité d'acide silicique, obtenu en traitant une solution de siHcate potassique par le sel ammoniac , ne renferme pas d'ammoniaque.
Formiate ammonique ^ NH*Fo. On l'obtient en saturant l'acide par l'ammoniaque , ou précipitant le formiate plombique par le carbonate ammonique. Par l'évaporation de la liqueur , il cristallise en prismes rectangulaires, quadrilatères, à sommet aigu, et qui se réunissent souvent en groupes penniformes. Il peut être sublimé ; mais il exhale alors une odeur d'acide cyanhydrique, qui se produit en petite quantité : i atome de ce sel renferme les éléments de I équivalent d'acide cyanhydrique et 3 atomes d'eau. On obtient aussi le sel subUmé en mêlant exactement atomes égaux de formiate potassique et de sel ammoniac, et chauffant le mélange dans un appareil de sublimation.
Acétate ammonique , N H* Ac + H Ac. Le meilleur moyen pour l'obtenir sous forme solide , consiste à mêler de l'acétate potassique ou calcique sec avec parties égales de sel ammoniac en pou-
8UCC1NATES AMMOJ!ilQUKS. 3o5
dre, et à distiller le mélange. Il se dégage du gaz aminoniac. Le chlorure potassique ou calcique reste dans la cornue , et lacétate ammonique passe , sous forme solide , dans le récipient. Quand on sature de l'acide acétique ordinaire, ou même un peu concentré , par Tammoniaque caustique , on obtient une dissolution d*acétate ammonique, qu*il est difficile de concentrer, tant parce que le sel se vaporise en même temps que Veau , que parce qu*il perd de Tammoniaque. La dissolution qui se vaporise répand une odeur toute particulière. Si on laisse refroidir lentement une dissolution saturée d'acétate ammonique faite à chaud dans un flacon bouché, le sel cristallise en longues aiguilles, qui s'humectent promptement à Tair. Sa saveur est acre , et ressemble à celle d'un mélange de nitre et de sucre. Le sel sec exige , pour se sublimer , une température un peu supérieure à celle de l'eau bouillante. On remploie en médecine, et sa dissolution aqueuse est connue depuis longtemps sous le nom à' esprit de Mindercrus. Cette dissolution ne peut pas être conservée longtemps , car l'acide est décomposé, et il se forme du carbonate ammonique.
Tartrate ammonique. i** Tartrate neutre^ NH*Tr. Il est plus soluble dans l'eau froide que dans l'eau bouillante, et s'effleurit à l'air, en devenant acide. D'après Dulk^ il contient a atomes d'eau, dont l'un est de l'eau de cristallisation.
2" Bitartrate ammonique^ NH*Tr-|-HTr. Il ressemble au sel
potassique, et se dissout très-difficilement dans l'eau. D'après
Diilk^ il cristallise en écailles, qui ne contiennent que l'atome
d'eau appartenant à la base. Cette indication paraît mériter d'être
confirmée ultérieurement.
Tartrate potasAico^ammoniquCy NH*Tr + KTr. On l'obtient en
saturant le tartre par l'ammoniaque. Il cristallise en prismes transparents à 4 ou à 6 pans; il est soluble dans l'eau, et s'efQeurit à l'air. D'après Dulk, le sel cristallisé contient n atomes d'eau, dont l'un est de l'eau de cristallisation, et se dégage par l'efflorescence.
Bitartrate potassique et borate ammonique. Ce composé acide a une apparence gommeuse.
Succînates ammoniques. a. Succinate neutre y NH*Sc. On l'obtient en sursaturant l'acide par l'ammoniaque, et évaporant la liqueur dans l'appareil dessiccateur au-dessus de la chaux caustique. Ce sel forme , d'après D'àpping^ des prismes transparents hexagoin. ♦ a§
3o6 CY ANATB . AMMONIQUE .
naux , qui ne renferment pas d'eau, et perdent insensiblement de Fammoniaqueà l'air. lia une saveur assez agréable^ due à Tacide succinique. Il ne se dissout ni dans Teau ni dans lalcool ; on remploie comme médicament.
b. Bisuccinate ammonique^ N H* Se H- H Se. On Tobtient en ajoutant au sel précédent encore un atome d'acide succinique , et évaporant ensuite la liqueur jusqu'à cristallisation. Le bisuccinate ammonique cristallise facilement en prismes plats à six pans ; il a une saveur acide, et ne s'altère pas à l'air. A + ioo°, il perd une partie de son eau, et, au-dessus de + i4^i il se sublime , en se décomposant partiellement.
Sulfosuccinate ammonique , aN H* S '+ N H* C* H* O*. On lob* tient le mieux en faisant absorber du gaz ammoniac par une ao* lution concentrée d'acide sulfosuccinique : celle-ci se prend en une masse cristalline, qui est ensuite complètement desséchée dans l'appareil dessiccateur. Si on l'y laisse longtemps, il perd de l'oxyde ammonique, devient acide, et se change en sNM^S-t- HC'H^O^
Cyanate ammonique y NH*éj^, On ne sait pas encore avec certitude si ce sel existe à l'état neutre. fFoehler a découvert le premier qu'on obtient un corps organique, savoir, Yuréej en combi* nant l'acide cyanique aqueux avec de l'ammoniaque. J'ai déjà rapporté dans le t. I, p. 719, et t. II, p. SpS, que ce corps est en effet composé d'après la formule C'N* H® 0% et qu'il contient, par conséquent, les mêmes éléments, dans le même nombre relatif d'atomes, que le cyanate ammonique. — En traitant le cyanate plombique par l'ammoniaque caustique , ou le cyanate argentique par une dissolution de sel ammoniac, et essayant la liqueur filtrée au moyen des réactifs , on trouve qu'elle contient réellement du cyanate ammonique. Cependant, si on fait évaporer la liqueur, on n'obtient pas ce sel, mais l'urée cristallisée. Lorsqu'on mêle ensemble de la vapeur d'acide cyanique aqueux et du gaz ammonique, ces corps se condensent, avec un grand dégagement de chaleur, en un sel blanc et pulvérulent, qui est du cyanate ammonique. Dans le gaz ammoniac , il se conserve sans altération ; mais dans l'air il ne tarde pas à se convertir en urée , en exhalant constamment de l'ammoniaque. Soumis à l'action de la chaleur, il fond aisément, développe de l'ammoniaque, et passe à l'état d'urée. Il est très-
S^LIÉNITËS AMMÔNIQUES. Zo']
soluble dans leaii ; quand on fait évaporer ou bouillir la dissolution, il se transforme en urée, avec développement d ammoniaque.
Cjranurénate (cyanurate) ammonique. On l'obtient en saturant lacide cyanurique par Tammoniaque à chaud ; par le refroidissement , il cristallise en prismes blancs brillants. Il perd de l'aitimoniaque à Fair, et s'effleurit. Il est peu soluble dans Teau froide ; ceU«-cj en enlève cependant assez d ammoniaque pour acquérir une odeur sensible.
Parabanate ammonique^ NH^ C'N*0*. On l'obtient en saturant lacide par l'ammoniaque caustique; on évite que la liqueur ne s'échauffe pas en même temps. Il n'a pas encore pu être préparé sous forme solide, et il a peu de stabilité^ Il se transforme insensiblement en anébénate ammonique , qui cristallise ; celte transformation est instantanée lorsqu'on chauffe la liqueur jusqu'à l'ébullition.
Anébénate {oxàlurate) ammonique^ N H* C^H^N*0\ On l'obtient en saturant l'acide par l'ammoniaque caustique : le sel peu soluble se précipite en grande partie; mais, par l'application de la chaleur, on peut le dissoudre jusqu'à l'ébullition ; par le refroidissement , il cristallise en aiguilles d'un éclat soyeux , qui ne renferment pas d'eau de cristallisation. L'anébénate ammonique est très-peu soluble dans l'eau froide.
Euchronate ammonique. On ne connaît pas d'euchronate neutre. Le sursel, étant traité par l'ammoniaque, se convertit très-promptement, à chaud, en mellitate. Nous avons déjà décrit, tome I, page yaS , le mode de formation du sureuchronate ammonique. Par l'évaporation de sa dissolution , il se dépose en croûtes blanches , à peine cristallines ; il ne se dissout que très-peu et trèslentement dans l'eau froide, et offre une réaction fortement acide. Il supporte une température de + aGO** sans se décomposer. Il n'est pas décomposé par l'acide acétique. Sa composition n'est pas exactement connue.
Sélénites ammoniques^ a. Sélénite neutre^ NH*Se. On l'obtient en dissolvant l'acide sélénieux dans un léger excès d'ammoniaque concentrée, et exposant la dissolution, dans un vase ouvert, à un endroit chaud. Peu à peu le sel cristallise ; les crisUux attirent l'humidité de l'air.
Digitiz?d9yG00gle
3o8 BITELLURATB AMMOITIQUE.
b. Bisélénite ammonique^ N W 2Se. Il prend naissance quand la dissolution du sel précédent est abandonnée à elle-même ; il se vaporise alors de lammoniaque en même temps que de Teau, et il se dépose une masse saline, cristalline, rajonnée, inaltérable à lair.
c. Quadrisélénite ammonique. Il se forme quand on évapore le sel précédent à Taide de la chaleur, ou qu*on le mêle avec de l'acide sélénieux. Il est impossible de le faire cristalliser; et quand on révapore jusqu'à siccité , on obtient une masse saline, qui ne tarde pas à tomber en déliquescence.
Si Ton chauffe du sélénite anunonique dans un vase distillatoire, il se dégage d*abord de l'eau et de l'ammoniaque; ensuite le sel commence à se décomposer de telle sorte , que l'hydrogène de l'ammoniaque réduit l'acide sélénieux ; après quoi il se dégage du gaz nitrogène et de l'eau en abondance. Il se sublime une petite portion de quadrisélénite , qui passe avec la liqueur dans le récipient, ou se dépose sous forme solide à la voûte de la cornue, au fond de laquelle on trouve du sélénium fondu. La décomposition de ce sel s'effectue avec une forte effervescence , mais sans détonation, du moins quand on opère sur de petites quantités, ainsi que je l'ai fait.
Tellurates ammoniques. a. Tellurate neutre^ NH*Te. En arrosant de l'acide tellurique pulvérisé avec de l'ammoniaque, on obtient un magma blanc et visqueux , comme avec les autres alcalis. Lorsqu'on dissout ce magma dans l'ammoniaque au moyen de l'ébullition , et qu'on abandonne la liqueur au refroidissement, le sel neutre se sépare en flocons blancs et en grains non cristallins. En ajoutant du sel ammoniac à l'eau mère, on en précipite une partie du sel qu'elle tenait en dissolution ; mais elle en retient encore une certaine quantité, puisqu'elle est de nouveau susceptible d'être troublée par Talcool. Après la dessiccation , le sel est blanc, presque terreux; l'eau froide le dissout lentement; l'eau chaude le dissout sur-le-champ. On obtient le même sel sous la forme d'une croûte grenue et cristalline, en ajoutant du sel ammoniac et une petite quantité d'ammoniaque caustique à une solution bouillante de tellurate potassique neutre.
b. Bitellurate ammonique^ N W aTe. On le prépare en mêlant une dissolution concentrée de bitellurate potassique avec du sel
ABS^iriATE AMMONIQUK. 3o9
ammoniac. Le sel précipité se réunit en une masse gluante; il est peu soluble dans leau.
e. Quadritellurate ammonique , N H 4Tc. On se le procure de la même manière, au moyen du sel sodique correspondant. Le précipité est floconneux, ne s'agglutine pas, n'est pas augmenté par une addition d'alcool , avec lequel on peut le laver sur le filtre. Ce sel est très-peu soluble. Soumis à l'action de la chaleur, il entre promptement en fusion, se boursoufle et abandonne de Teau , mais reste blanc. Le même sel se forme en laissant une solution de tellurate ammonique s'évaporer spontanément, ou à une douce chaleur.
Tellnrite ammonique. L'ammoniaque exerce peu d'action sur l'acide 'tellureux , mais elle dissout sur-le-champ l'acide ^tellureux. Il m'a été impossible d'obtenir cette combinaison à l'état solide. Le précipité blanc, floconneux, que le sel ammoniac produit avec une dissolution saturée d'acide tellureux dans l'ammoniaque, est un sursel. Lorsqu'on fait évaporer une dissolution d'acide tellureux dans l'ammoniaque, il s'en sépare des grains blancs, qui sont de l'acide tellureux hydraté , avec une trace d'ammoniaque.
Quadritellurite ammonique y NH4Te. On le prépare en dissolvant à chaud de l'acide tellureux ou du chlorure de tellure dans du carbonate ammoniacal, et en ajoutant un peu de sel ammoniac à cette dissolution, pendant qu'elle est encore chaude. Il se produit de cette manière un précipité lourd, grenu^ et non cristallin. Quand on le fait chauffer après lavoir desséché, il donne de l'ammoniaque , de l'eau, et de l'acide tellureux. La quantité
d'eau correspond à 5 atomes.
Arséniate ammonique. On obtient le sel neutre^ aNH* + As,
en versant de l'ammoniaque dans une dissolution assez concentrée d'acide arsénique, jusqu'à ce qu'on voie paraître un précipité. Si l'on abandonne alors la liqueur avec le précipité à Tévaporation spontanée , elle dépose, au bout de quelques jours, de beaux cristaux volumineux^ dont la forme est le prisme oblique à base rhombe. La dissolution de ce sel , de même que celle du sel sodique , réagit à la manière des alcalis. Si l'on expose les cristaux à l'air, ils s' effleurissent, perdent la moitié de leur base, et se convertissent en un sel acide. Ces cristaux contiennent 10,2a pour cent, ou a atomes d'eau. Par l'efflorescence, ils ne perdent que
3lO CHROMiiTES AMMONIQUES.
de Fammoniaque, mais point d*eau. Pour avoir du biarséniate am-
• ••• monîque , N H^ As , il suffit de sursaturer d'acide la combinaison
neutre. Par une évaporalion lente et spontanée, il cristallise en gros cristaux réguliers, dont la forme primitive est Foctaèdre à base carrée, et qui ne s altèrent pas à l'air. Ils renferment 11,29 pour cent, ou 2 atonies d'eau. Larséniate amn;onique est décomposé par la distillation sèche, et donne de Tammoniaque, de Teau, du gaz nitrogène, et de Tarsenic réduit. Le sursel donne en outre de l'acide arsénieux, mais il ne dégage point d'ammoniaque. Le sousarséniate ammonique , de même que le sousphosphate, est peu soluble dans leau.
ArsénicUe ammonico^sodique ^ Ara*Âs+Na* As. On le prépare comme le phosphate correspondant j dont il a toutes les propriétés physiques. Par 1 evaporation , il est décomposé, et transformé en biarséniate sodique. Il contient 9 atomes, ou3i,9 pour cent d'eau. Arsénite ammonique. On le prépare en dissolvant l'acide arsénieux dans l'ammoniaque caustique. On ne peut l'obtenir sous forme solide en évaporant sa dissolution ; car l'ammoniaque se volatilise, et l'acide arsénieux cristallise en octaèdres, sans retenir une trace d'ammoniaque.
Antimoniate ammonique. On ne l'obtient sous forme solide qu'en dissolvant l'hydrate antimonique dans l'ammoniaque caustique; il ne se conserve en dissolution que par un excès d'ammoniaque. Lorsqu'on mêle une solution d'antimoniate potassique avec du sel ammoniac, il se forme un précipité blanc floconneux, qui est du biantimoniate ammonique, La liqueur devient alcaline, et renferme en dissolution un peu de sel neutre. Abandonnée à l'évaporation spontanée, elle se recouvre d'une pellicule , et laisse déposer une poudre blanche, qui, l'un et l'autre, sont du bi-antimoniate ammonique. En faisant digérer l'hydrate antimonique dans un flacon bouché, avec de l'ammoniaque caustique, on n'obtient cependant rien de ce qui cristallise par le refroidissement.
Biantimonite ammonique. Il se précipite lorsqu'on verse du chlorure d'antimoine dans de l'ammoniaque caustique. Le précipité est, jusqu'à un faible degré, soluble dans l'eau : celle-ci se charge d'ammoniaque , qui dissout une petite quantité de sel.
Chromâtes ammoniques. a, Chromate neutre , N H* Cr. Il cristal-
VANA.DATFS AMMOMQUES. 3ll
lise en aiguilles jaune citron , à réaction alcaline et trcs-solubles; la solution de ces cristaux, soumise à Tévaporation , dépose facilement de l'oxyde brun. Par l'application de la chaleur, ils se convertissent en oxyde vert , ce qui a souvent lieu avec production de chaleur et de lumière.
b. Bichromate ammonique y NH^Cr*. Suivant B'àttger^ on l'obtient le mieux en divisant Tacide cliromique en deux parties égales : on sature Tune exactement d'ammoniaque, et on y ajoute l'autre moitié de l'acide; puis on place la solution du sel dans l'appareil dessiccateur, pour la faire cristalliser. 11 se passe beaucoup de temps avant que la cristallisation commence; il se forme de très-gros cristaux rouge grenat, inaltérables à l'air. Lorsqu'on chauffe le sel en un point jusqu'à ce qu'il s'allume, il continue à se décomposer spontanément , avec un vif dégagement de lumière, et laisse de l'oxyde chromique volumineux, qui a une ressemblance frappante avec les feuilles roulées de thé vert.
Vanadates ammoniques. a. Sel neutre^ N H* V. Ce sel est, de tous les vanadates, celui qui mérite le plus d'être connu, parce qu'il nous fournit le moyen d'obtenir le vanadium et ses oxydes à l'état de pureté. On le prépare en mettant du sel ammoniac en morceaux dans une solution d'un vanadate neutre potassique ou sodique. Le vanadate ammonique commence bientôt à se déposer sous forme de petits grains cristallins ou de poudre blanche. Même une dissolution de sel ammoniac en précipite une grande partie ; mais ce n'est qu'en saturant le liquide de ce sel qu'on parvient à séparer tout le vanadate. A la vérité, il en reste une très-petite quantité dans le liquide ; mais on peut la précipiter au moyen de l'alcool, ou en y ajoutant d'abord un sulfhydrate, ensuite un acide ; néanmoins , je le répète , cette quantité est très-peu considérable. On lave le précipité d'abord avec une dissolution de sel ammoniac , et ensuite avec de l'alcool faible , pour en séparer le chlorure ammonique. Le vanadate ammonique, séché à la température de +20° à +3o°, se présente sous forme d'une poudre blanche. A une température plus élevée , il devient jaune citrin, en perdant un peu de sa base. 11 est peu soluble dans l'eau froide, qui s'en sature fort lentement; mais il se dissout dans l'eau bouillante en bien plus grande quantité ; dans ce cas, la solution devient jaune, quoique celle obtenue à froid soit incolore. Ce changement de couleur a lieu également dans un flacon bouché
3ia SURVÀIfADATE AMMONIQUE.
et presque rempli ; il ne dépend donc pas de la formation d'un bivanadate. Pour puri6er ce sel par des cristallisations réitérées, il faut ajouter un peu d*ammoniaque à Teau bouillante dans laquelle on le dissout; alors la solution se conserve incolore, et le sel cristallise mieux par le refroidissement. Le sel blanc ne donne jamais des cristaux réguliers; il affecte toujours la forme de grains cristallins plus ou moins grands, et réunis en une croûte cohérente , qui couvre la paroi intérieure du vase. Le résultat de la cristallisation est le méme^ qu'on ait recours à l'évaporation spontanée ou au refroidissement; par le premier moyen, on obtient souvent une croûte d'un jaune citrin. Lorsqu'on chauffe le vanadate ammonique sec dans un creuset couvert, l'ammoniaque réduit l'acide vanadique, et laisse , après le refroidissement, un oxyde noir, mais qui n'est jamais à un point d'oxydation fixe. Cela tient à ce que la chaleur commence par chasser une portion d'ammoniaque sans décomposer l'acide, qu'il se produit dans le creuset une atmosphère de gaz ammoniac, et que cet alcali réduit à l'état de sousoxyde les parties d'acide vanadique qui touchent au creuset, et se trouve, par conséquent, à une température plus élevée que le milieu de la masse, où il ne se forme qu'un vanadate vanadique. Plus la chaleur est brusque , plus il y a de sousoxyde de formé. Jetée dans l'eau, la masse se colore presque toujours en vert.
b. Biifanadate ammonique y NH^V. Ce sel se dépose, par le refroidissement, en très-petits cristaux d'un rouge orangé foncé. Par l'évaporation spontanée, il forme des cristaux transparents plus grands et plus réguliers, et d'une couleur rouge plus intense que celle des bivanadates précédents. L'alcool le précipite complètement sous forme d'une poudre jaune citron.
c. Sars^anadate ammonique. Lorsqu'on mêle une solution de bîsel avec de l'acide chlorhydrique , et qu'on l'évaporé d'abord à -h 3o** ou -h 4o*, jusqu'à ce que le mélange soit devenu incolore, et ensuite à la température ordinaire de l'atmospère, on obtient un dépôt cristallin , brun, qui, vu au microscope, paraît composé de petits grains cubiques. C'est un mélange d'un survanadate ammonique avec un chloride vanadique basique ; la formation de ce dernier dépend de ce qu'il est impossible de tomber exactement sur la quantité d'acide chlorhydrique qu'où doit ajouter au mélange.
BIMOLTBDATE AMVONIQUE. 3l3
Les vanadates ammoniques, mêlés avec de l'infusion de noix de galle, forment un liquide noir, qui constitue la meilleure encre à écrire dont on puisse se servir. La quantité de sel qu'il faut pour que l'encre soit d'un noir parfait est si petite , qu'elle ne devra pas être prise en considération lorsque le vanadium sera plus généralement répandu. L'écriture obtenue avec cette encre est d'un noir parfait. Les acides la colorent en bleu, mais n'en enlèvent pas les traces , comme cela arrive quand on les met en contact avec le tannate ferrique ; les alcalis étendus jusqu'au point où ils n'altèrent pas le papier, ne la dissolvent pas ; et le chlore, qui détruit la couleur noire, n'efface cependant point l'écriture, même quand celle-ci es\ ensuite exposée à un courant d'eau. En nn mot, si cette encre n'est point entièrement indélébile , elle résiste cependant fortement aux réactifs qui font instantanément disparaître l'écriture faite avec l'encre ordinaire; et, en outre, elle est plus noire et plus coulante, puisqu'elle consiste en une dissolution, et non en un précipité délayé dans une solution de gomme. Reste à savoir comment elle résiste à l'action du temps.
F'anadite ammonique^ NH*V. Il s'obtient comme le sel potassique^ mais il est complètement insoluble dans une liqueur contenant de l'ammoniaque libre. 11 se dissout facilement dans l'eau pure. La solution a une couleur brune. Séché dans le vide, il n'est plus soluble dans l'eau , ce qui paraît indiquer la volatilisation de l'ammoniaque.
Molybdates ammoniques. a. Molybdate neutre ^^ H* Mo. Pour le préparer, on verse de l'ammoniaque concentrée dans une dissolution de molybdate ammonique saturée au point d'ébullition ; quand la liqueur répand une forte odeur d'ammoniaque , on la laisse refroidir. Le sel cristallise en prismes rectangulaires à quatre pans ; il a une saveur saline piquante , avec un arrière-goût métallique.
b. Bimolybdate ammomque^ NH*Mo*. On l'obtient en évaporant la dissolution du sel neutre jusqu'à ce qu'elle commence à cristalliser. 11 se dégage de l'ammoniaque , et le sel se dépose sous forme d'une croûte saline très-pesante. Si l'on abandonne la dissolution à l'évaporation spontanée , le sel cristallise lentement en rhomboèdres irréguliers d'un vert bleuâtre paieries faces de ces cristaux sont striées , et il est facile de les fendre dans le sens des
3l4 PERMANGANATE AMMONIQUE.
clivages parallèles à ces stries. La poudre de ces cristaux est blanche , leur dissolution incolore. Ce sel est peu soluble; si Ton ajoute un acide à sa dissolution y il se précipite une poudre blanche, qui paraît être un sursel contenant un plus grand excès d acide que le bimolybdate. Soumis à la distillation ^ le molybdate ammonique donne de l'eau , de Famnioniaque et du gaz nitrogène , et laisse de Toxyde molybdique brun. Quand on le calcine dans des vases ouverts , il laisse de Facide molybdique.
Tumgstate ammonique. Le tungstate neutre^ NH^ W, est inconnu. Le bitungstate cristallise par Tévaporation , soit en paillettes, comme Tacide borique , soit en aiguilles contenant i atome, ou 3,3 pour cent d'eau. Il a une saveur métallique , ne s'altère pas à Fair, et laisse de l'acide tungstique jaune quand on le calcine; mais, chauffé à l'abri du contact de Tair, il laisse du tungstate tungstique bleu indigo , tout en conservant sa forme cristalline.
Tantalate ammonique. On l'obtient en versant de l'ammoniaque caustique sur de l'acide tantalique aqueux. La combinaison est insoluble , n'exerce aucune réaction sur le papier de tournesol , et donne, quand on le calcine, de l'eau et de l'ammoniaque. Quand le sel reste pendant longtemps à l'air, l'ammoniaque se volatilise. L'acide tantalique se dissout en petite quantité dans le carbonate ammonique.
Stannate ammonique. a. Stannate neutre ^ NH^Sn. Il se précipite lorsqu'on mêle une solution de stannate potassique avec une solution de sel ammoniac. On porte le précipité sur un filtre, et on le débarrasse de l'eau mère par le lavage à l'ammoniaque caustique. Le stannate neutre ammonique est soluble dans l'eau pure, mais il y est précipité par d'autres sels, même par l'ammoniaque. Par la dessiccation à Tair, il perd de l'ammoniaque, b. Bistannate^ NH*Sn'. On l'obtient en abandonnant une solution aqueuse du sel précédent à l'évaporation spontanée : il perd ainsi la moitié de la base. La liqueur se dessèche en une masse transparente, jaunâtre^ gomnieuse.
Permanganate ammonique ^ NH^Mn. On l'obtient en broyant
du permanganate argen tique avec un atome de chlorure ammoniacal et avec de l'eau. Il cristallise comme le sel potassique, ne contient point d'eau , et se décompose facilement par la chaleur.
SULFOCARBONATE AMMONIAQUE. 3l5
D. Sulfosels d'ammonium et (Tammoniaque,
Suif hydrate aTz/wo/i/gru^ (hydrosulfate d'ammoniaque) ,NIi* H. Cette combinaison peut être préparée par la voie sèche et par la voie humide. Si Ton mêle des volumes égaux de gaz sulfide hydrique et de gaz ammoniac, ils se condensent complètement, et, d'après Then^rd^ le sulfhydrate se dépose, sur les parois du vase, sous forme de feuilles ténues, transparentes, incolores, qui, quand on bouche le flacon et qu'on le met de côté, changent souvent de place , et se subliment d'un endroit à l'autre, suivant que le verre est frappé par des courants d'air plus ou moins chauds. Exposé à l'air , ce corps en attire instantanément l'humidité et devient jaune , en se transformant en bisulfure d'ammonium. Par la voie humide, on prépare ce sel aux usages de la chimie , par le procédé qui a été indiqué pour la préparation du sulfhydrate potassique. C'est un excellent réactif, qu'on emploie souvent dans les analyses ; mais il faut pour cela qu'il soit bien saturé de sulfide hydrique, et qu'il n'ait pas été conservé dans des flacons mal bouchés ou remplis à moitié; car, dans ce dernier cas , il passe peu à peu à l'état d'hyposulfite ammonique. Dès qu'il commence à déposer du soufre, on ne peut plus l'employer comme réactif. Il est ordinairement coloré en jaune , parce qu'il contient en mélange une certaine quantité de bisulfure d'ammonium , dont la présence est presque inévitable , mais n'exerce aucune influence nuisible. On l'emploie aussi en médecine.
Sulfocarhonate ammonique y NH*C. Pour le préparer, Zeise indique le procédé suivant , comme préférable à tout autre : On sature de gaz ammoniac dix mesures d'alcool presque anhydre , et on y ajoute une mesure de sulfide carbonique ; le flacon dans lequel on opère le mélange doit en être rempli , puis bouché hermétiquement. Quand le mélange a pris une couleur brune jaunâtre, on place le flacon dans de l'eau contenant de la glace, et on l'y laisse pendant une heure ; le sel se sépare alors, soit à l'état de cristaux penniformes, soit sous forme d'une poudre cristalline jaune, qui ressemble en partie à la surface de la liqueur. On filtre celle-ci à travers un linge, on lave le sel plusieurs fois avec de l'alcool concentré , puis avec de Téther , et on le comprime fortement entre des doubles de papier ; après quoi on le conserve dans
3l6 SULFOGARBONATE AMMONIACAL,
un flacon bien bouché, et qui doit en être rempli. Si ce sel est mis en contact avec Tair, il en attire rhumidité, et sa couleur jaune passe au rouge sous l'influence de Teau : c'est en raison de celte propriété, et pour le distinguer du sel suivant, que Zeise lui a donné le nom de sel devenant rouge. Il est volatil; de sorte qu'en plein air il se vaporise totalement. Une dissolution d'une partie de ce sel dans huit parties d'eau est rouge; et quand on l'éiend d'eau, elle devient d*abord brune, puis jaune. I^a dissolution se conserve sans altération dans des vases qui en sont remplis et bien bouchés ; dans des vases ouverts, elle laisse déposer une poudre grise. A l'état sec , ce sel peut être sublimé sans éprouver de changement^ même après avoir été mêlé avec du carbonate potassique anhydre. On obtient du sulfocarbonate ammonique en mélange avec du carbonate ammonique, quand on mêle de l'ammoniaque liquide avec du sulfide carbonique, et qu'on expose le tout, pendant quelque temps, dans un flacon qui en soit bien plein, aune température de + 3o° ; mais la combinaison s'opère avec beaucoup de lenteur.
Sulfophosphite ammoniacal ^ NH^P. Bineau fit fondre du phosphore et du soufre dans les proportions pour former du sulGde phosphoreux , et il satura cette combinaison par du gaz ammoniac : loo parties de sulfide phosphoreux absorbèrent 1^,5 parties d'ammoniaque. Bien qu'on sache que la combinaison ainsi obtenue de phosphore et de soufre n'est qu'un mélange de sulfure et de persulfure , il est cependant possible que , par l'action de l'ammoniaque, les éléments se soient transposés dans le sulfide phosphoreux; car ce qui s'est absorbé correspond exactement à un équivalent de chaque. Le produit est solide, jaunâtre, et a une saveur hépatique. 11 s'humecte à l'air, développe de lammoniaque et du sulfide hydrique. Par la disiillation sèche, il se ramollit sans fondre^ donne du sulfliydrate ammonique, du sulfide hydrique libre, et du sulfure phosphorique , pendant qu'il reste dans la cornue du phosphure de nitrogène. Il se dissout dans l'eau , avec laquelle il forme un mélange de sulfophosphite, de sulfliydrate et de phosphite ammoniques.
Sulfocarbonate ammoniacal. L'ammoniaque sunit au sulfide carbonique quand on met celui-ci en contact avec du gaz ammoniac sec. La combinaison se fait très-lentement; il en résulte une masse solide, de couleur jaune de paille, qui n'ofire aucune trace
sulfuriJnate ammonique. 3i7
de cristallisation , et que Ton peut sublimer dans le vase où elle a été préparée, sans qu'elle soit altérée. Si on la met en contact avec de Teau ou avec Tair humide, elle devient instantanément d*un jaune orangé, et, au bout de quelque temps, d*un jaune citrin.La couleur orange appartient au sel précédent , qui, dans ce cas , est produit par Toxydation du carbonate aux dépens de Teau.
Sulfurénate ammonique,^W + C^ïl*WS*. D après Zeise , on Tobtient quand on sature de gaz ammoniac loo mesures d'alcool à la température de + lo*", qu'on ajoute à cette liqueur 4o à 5o mesures d'alcool, et qu on mêle le tout avec i6 mesures de sulfide carbonique; il se dépose alors du sulfocarbonate ammonique. Au bout d'une demi-heure , on filtre la liqueur à travers un linge, et on la recueille dans un flacon, qui doit en être complètement rempli. On bouche bien ce dernier , et on le laisse pendant dix heures à la température de +i5% puis on le refroidit jusqu'à -hS", et on finit par l'entourer de glace. Au bout de vingt-quatre heures, la cristallisation est presque terminée; cependant il se dépose encore un peu de sel dans les vingt-quatre heures suivantes. Le sel cristallise en longs cristaux brillants, d'un jaune citrin. L'intensité de la nuance varie, sans dilTérence apparente dans la composition. On lave les cristaux , d'abord avec de petites portions d'alcool à la glace , puis avec de l'éther; ensuite on les sèche dans le vide. Ce sel peut être conservé à l'état sec; mais, pour peu qu'il contienne de l'humidité, il se décompose aisément. Il ne renferme point d'eau combinée , se dissout facilement dans l'eau , moins bien dans l'alcool, surtout à froid, difficilement dans l'éther, et nullement dans l'huile de pétrole. Sa dissolution aqueuse concentrée est jaune , celle qui est étendue est incolore. Il est sans action sur le papier réactif, et on ne peut le chauffer jusqu'à + So^'sans qu'il soit décomposé de la manière que j'ai indiquée en parlant des sulfocyanhjdrates en général. La dissolution peut être conservée dans des flacons pleins et bien bouchés. Ce sel n'est pas volatil, et se décompose quand on le soumet à la distillation , en donnant un corps jaune , oléagineux , du sulfocarbonate et du cyanure ammoniques. Il reste dans la cornue une masse qui n'est pas altérée quand on la chauffe jusqu'au rouge naissant, et qui est jaune après le refroidissement. Cette substance est une combinaison bien remarquable de carbone, de soufre et de nitrogène; elle est insoluble dans l'eau, l'alcool et le sulfide carbonique.
3l8 BISULFARSIÊNIATE AMMONIQUË.
Chauffée à l'air libre, elle brûle difficilement, en dégageant du gaz acide sulfureux. L'acide chlorhydrique n'exerce aucune action sur elle, et Tacide nitrique .concentré ne l'attaque que lentement. Elle se délite dans l'acide sulfurique concentré, et paraît s y dissoudre à la température ordinaire. Une dissolution étendue de potasse caustique , même bouillante, ne l'attaque pas; mais quand on la fidt fondre à une douce chaleur , avec de l'hydrate potassique cristallisé, on obtient une masse dont la dissolution aqueuse contient du sulfocyanure potassique. Chauffée jusqu'au rouge blanc dans des vases distillatoires , une partie de cette substance se sublime , tandis qu'une autre se décompose.
Sulfarséniates amnioniques. eu Sulfarséniate neutre, Aju'Âs. Abandonné à l'évaporation spontanée, il se dessèche en une masse tenace et visqueuse, d'un jaune un peu rougeàtre; cette masse ne durcit pas , et ne peut être complètement séchée sans éprouver de décomposition. Quand ou la chauffe dans un vase distillatoire, elle entre d abord en fusion et donne un peu d'eau; ensuite il distille un liquide jaune, qui contient du bisulfure d'ammonium, et il reste du sulfide arsénieux, qui finit par se sublimer sans résidu.
b. Soustulfarseniate ammonique , 3N H* As. Le meilleur moyen pour le préparer consiste à mêler le sel neutre avec du sulfhydrate ammonique , à chauffer doucement le mélange, et à y ajouter de l'alcool chaud , avec lequel on l'agite. Par le refroidissement de la liqueur , le sel cristallise en prismes incolores , qu'on lave avec de l'alcool , et que l'on comprime entre du papier. Ces cristaux se conservent assez bien à l'air, mais leur surface devient ordinairement jaunâtre. Soumis à la distillation , ils sont décomposés comme le sel neutre. Si l'on fait bouillir dans un vase distillatoire la dissolution de ce sel ou du sel neutre , il distille du sulfure d'ammonium, et la liqueur devient d'un orange foncé. En se refroidissant , elle dépose une poudre jaune , qui correspond y par sa composition, au sel potassique sursaturé de sulfide arsénique.
e. Bisulfarséniate ammonique y NH^As. Il reste dissous dan$ l'alcool quand on précipite le sel neutre par ce liquide. — Si l'on fait sublimer un mélange de sel ammoniac et de sulfarséniate potassique neutre et fondu, on obtient de l'eau et de l'ammoniaque,
SULFARSSinA.TE AHMOIflQUE. 3l9
plus un sublimé jaune, qui est un mélange de sel ammoniac et de sulfosel ammonique, sursaturé de sulfide et insoluble.
Le sulfide arsénique est dissous par l'ammoniaque concentrée; mais quand celle-ci est étendue^ le sulfide est décomposé, et il reste du soufre. L'ammoniaque concentrée laisse aussi une petite quantité de soufre indissous. En général, le sulfide arsénique laisse toujours une petite quantité de soufre , même quand on le dissout dans les sulfhydrates. Ajoutons toutefois que , dans ce dernier cas, le soufre peut provenir des sulfhydrates; car l'air fait éprouver à ces sels une décomposition partielle , qu'il est impossible de prévenir.
Si l'on introduit du sulfide arsénique dans du gaz ammoniac, celui-ci en est absorbé , et la masse se transforme en un sel qui est du sulfarséniate ammoniacal. Il est légèrement jaunâtre, et se dissout dans l'eau; au bout de quelque temps, la dissolution donne un précipité jaune très-abondant. A l'air, ce sel se décompose; l'ammoniaque se volatilise, et, après quelques heures, il ne reste que du sulfide arsénique.
Sulfafséniate sodico-ammonique sesquibasique. On obtient ce soussel quand on mêle les dissolutions des deux sulfarséniates , qu'on ajoute à la liqueur de l'alcool chaud , et qu'on agite le tout. Par le refroidissement , il cristallise en petites tables quadrilatères sur les parois du verre. Il est encore plus facile de le préparer en dissolvant du sulfarséniate sesquisodique dans une petite quantité d'eau froide y et ajoutant à la dissolution du sel ammoniac en proportion juste. Abandonnée à Tévaporation spontanée, la liqueur dépose des cristaux limpides , qui sont incolores ou légèrement jaunâtres; ils affectent la forme de prismes hexagones, qui ont deux faces plus larges que les autres, et sont coupés droit au sommet , d'où résultent des tables quadrilatères quand les deux faces plus larges excèdent en largeur de beaucoup les autres. Ces cristaux se conservent sans altération à lair. Soumis à la distillation , ils donnent du sulfure d'ammonium et un peu d'eau, et laissent du sulfarséniate sodique. Ils sont beaucoup plus solubles dans l'eau que le sel sodique seul. — En mêlant simplement les dissolutions des deux sulfosels neutres , elles se dessèchent en une masse jaune, n offrant aucune propriété qui annoncerait Texistence d'un sel double.
Sulfarsénite ammonique ^ :à^W As. Il prend naissance quand
SaO SULFA.NTlMONIA.TE AMMONIQUE.
on dissout le sulfide arsénieux, soit dans le sulfhydrate ammonique, soit dans l'ammoniaque caustique. Pendant Tévaporation spontanée, ce sel se décompose, et laisse une poudre brune, qui consiste en un mélange du sulfide arsénique avec un degré inférieur de sulfuration. Si Ton abandonne à Tévaporation spontanée la dissolution ammoniacale du sulfide arsénieux, la masse qui reste est d'un jaune orangé. Le sulfide arsénieux est dissous par le carbonate ammonique bouillant. — En ajoutant de l'alcool à la dissolution aqueuse du sel neutre, on obtient un précipité blanc, cristallin , qui devient brun en peu d'instants. Mais si, avant d'ajouter l'alcool , on a versé un excès de sulfhydrate ammonique dans la dissolution, on obtient une liqueur laiteuse, qui devient peu à peu limpide, pendant qu'il se dépose de légers cristaux penniformes , qui ne sont autre chose que Je soussel. Reçus sur un filtre et lavés à lalcool , ils sont blancs ; mais ils jaunissent à l'air en exhalant du sulfure d^ammonium, et finissent par laisser du sulfide arsénieux, lequel cependant retient du sulfide ammonique, et dégage de l'ammoniaque quand on le mêle avec de la potasse.
Sulfarsénite ammoniacal. Le sulfide arsénieux qu'on introduit dans du gaz ammoniac, après l'avoir soumis à la lévigation et séché, absorbe un peu de gaz, sans changer d'aspect. L'eau lui enlève alors une petite quantité d'arsénite et de sulfarsénite ammonique ; à l'air libre, l'ammoniaque qu'il contient s'échappe avec promptitude. Suivant Bineau^ loo parties de sulfide arsénieux prennent 6 \ parties d'ammoniaque, =NH^ + As\
Hyposulfarsénite ammonique, H se forme quand on conserve une dissolution très-concentrée de sulfarsénite neutre pendant longtemps dans un flacon bouché; il se dépose alors sur la paroi interne du verre de petits grains d'hyposulfarsénite, qui se réunissent en une croûte d'un brun foncé , n'ayant aucune apparence cristalline. Chauffé dans un appareil distillatoire, ce sel donne de l'ammoniaque, et laisse du sulfidehyparsenieux.il absorbe du gaz ammoniac, en prenant une couleur plus claire; mais à lair il abandonne ce gaz.
Sulfantimoniate ammonique. On l'obtient en dissolution lorsqu'on dissout du sulfure antimonique dans du sulfhydrate antimonique : il se dégage du sulfide hydrique avec effervescence. Mais on ne l'obtient sous forme solide ni par l'évaporation, ni par la précipitation à l'alcool : le sulfide se précipite avec une petite
HYPERSULFOMOLYBDATE \MMONIQUE. 3a î
quantité de sulfobase. On Toblient aussi en dissolvant le sulfide dans l'ammoniaque caustique : il reste du biantimoniate antimonique non dissous.
Sulfotellurite triammoniqne ^ 3NH* + Te. Ce sel est produit quand on décompose Toxysel correspondant par le gaz sulfide hydrique. La dissolution doit être évaporée dans le vide, sur de la potasse caustique. Le sel ammonique cristallise, comme le sel potassique, en prismes d'un jaune clair. Une petite portion de la base se volatilise; mais, dès que l'espace en est rempli, la dissolution n'abandonne plus que de l'eau.
Sulfomolybdate ammonique^ NH*+Mo. Le meilleur mode de préparation consiste à décomposer l'oxysel neutre par le gaz sulfide hydrique. On peut aussi obtenir ce sel en dissolvant Tacide molybdique dans le sulfhydrate ammonique; mais alors il y a mise en liberté d'une certaine quantité d'ammoniaque, qu'il faut chasser par Tévaporation. Quand on verse du sulfhydrate ammonique sur du sulfide molybdique récemment précipité, il se forme aussi du sulfomolybdate ammonique , mais il n'est pas saturé de sulfide. Le meilleur procédé pour l'obtenir sous forme solide est de mêler de l'alcool à une dissolution un peu concentrée de sulfomolybdate ammonique; le sel se précipite alors sous forme d'une poudre rouge cinabre. Si le mélange a lieu à chaud , le sel cristallise, par le refroidissement, en écailles rouges de cinabre. A l'air , il devient d'un brun foncé , quand l'alcool en est égoutté. Si l'on abandonne la dissolution aqueuse à l'évaporalion spontanée, il se dépose, sur le bord de la liqueur, des cristaux qui réfléchissent une lumière verte ; mais la majeure partie de la dissolution se dessèche, dans le milieu, en une masse d'un gris noirâtre, brillante, non cristalline, qui se dissout assez bien dans Teau, et consiste principalement en un sel sursaturé de sulfide molybdique. Le sel neutre et le sel sursaturé sont très-peu solubles dans Talcool.
nypersulfomolyhdate ammonique^ NH*Mo. On l'obtient en versant du sulfhydrate ammonique sur Thypersulfide molybdique encore humide; ce dernier se réduit en une poudre jaune, qui devient d'un rouge foncé en se desséchant, probablement par la perte d'une portion de sulfobase. Cette combinaison se forme encore plus facilement lorsque le sulfhydrate ammonique a été m. ai
32a SELS d'aMMOKIUK£ d'oXTDE UfltolQU£.
préalablement mêlé avec un peu d ammoniaque caustique; elle est insoluble dans la liqueur aloaline , colore en jaune Teau de lavage , et se dissout dans l'eau bouillante.
Sulfotungstate ammonique^ NIPW. La meilleure manière de l'obtenir est de décomposer par le sulfîde hydrique une dissolution concentrée de Toxysel correspondant; le sulfosel qui vient de se former se dépose peu à peu en cristaux d*un rouge clair, qui ressemblent, par leur aspect, au sel potassique. Ce sel décrépite fortement quand on le chauffe, donne un peu d'eau et de sulfure d'ammonium , et laisse du sulfure tungstique gris et brillant, qui conserve la forme des morceaux cristallins décrépites. 11 se dissout beaucoup mieux dans de Teau pure que dans de l'eau qui contient déjà un autre sel. La dissolution est peu décomposée par l'évaporation spontanée, et ne produit point de sel double avec le nitrate ammonique.
La liqueur d'où le sulfotungstate ammonique a cristallisé, pendant l'action du sulBde hydrique , donne, par l'évaporation spontanée, un sel jaune, cristallisé en tables carrées, qui ressemble parfaitement à la modification correspondante du sel potassique double. Soumis à la chaleur , il se comporte exactement comme le sel simple.
E. Sels d* ammonium et d* ammoniaque copules.
Dans le tome II, j'ai fait mention, à l'article Ammonium^ de trois bases : l'ammonium ou l'oxyde ammonique est la base ammoniacale , mais inséparablement copulée avec un autre corps , qui accompagne la base dans toutes ses combinaisons avec les acides. Je vais maintenant communiquer ce que nous savons relativement aux sels formés par ces bases copulées.
I. Sels ûCammoniure d^ oxyde urénique et d^ oxyde uréno^ammo^
nique {i).
Les combinaisons de l'oxyde uréno-ammonique avec les acides peuvent être produites de différentes manières. Le procédé le plus
(i) Nous avons tiché de rendre aussi fidèlement que possible le texte allemand, qui porte ; Salz9 von Urénoxyd- Ammonium und von Urènoxyd-Ammonïumoxyd,
CHLORURE AMMOIfIQUE d'oXTDK URÉNIQUE. 3îi3
facile consiste à décomposer Toxalate d'oxyde uréno-ammonique par un ^el calcaire, dont lacide doit s'unir à l'oxyde uréno-ammonique. Probablement on réussirait aussi en mêlant des quantités atomiques déterminées de nitrate d oxyde uréno-ammonique et de sels de baryte , de plomb ou d alcali, avec d'autres acides en dissolution aqueuse, en évaporant le mélange au bain-marie jusqu'à siccité, et enlevant le nouveau sel d'oxyde uréno-ammonique par Talcool anhydre. Plusieurs chimistes n'ont pu obtenir les sels que Cap et Henry préparaient avec des acides faibles , et ils déclarent que ce que ces derniers avaient pris pour des sels cristallisés n'était que des cristaux d'oxyde urénique ammoniacal. Mais les sels qui seront décrits ici sont hors de toute contestation. Le meilleur moyen de reconnaître les sels de cette base consiste dans l'emploi de l'acide nitrique, qui donne naissance à un sel cristal<« lisant en écailles, très-soluble dans l'eau pure, mais très-peu soluble dans un liquide qui contient en mélange beaucoup d'acide nitrique libre : il s'y précipite, au bout d'un temps plus ou moins long , après l'addition d'un grand excès d'acide nitrique, et on le reconnaît à sa forme écailleuse. Il ne faut pas cependant oublier ici que l'acide nitrique dont on se sert doit étr^ exempt d'acide nitreux, car celui-ci détruit, avec dégagement de gaz oxyde nitrique, la copule de la base , et ne produit ensuite que du nitrate ammonique.
Chlorure ammonique (T oxyde urénique y C'H*N*0*Amd. On l'obtient en exposant de l'oxyde urénique ammoniacal à un cou* rant de gaz acide chlorhydrique anhydre. Ce gaz est absorbé avec dégagement de chaleur , de sorte que le composé qui se forme fond en un liquide jaunâtre qui coule épais comme de l'huile, et se solidifie, par le refroidissement, en une masse cristalline feuilletée. Après que toute absorption de gaz acide chlorhydrique a cessé, on en chasse l'excès de l'appareil par un courant d'air sec. Le sel ainsi produit peut se conserver dans un vaisseau sec e| bien fermé; mais, exposé à l'air, il attire l'humidité ^ il s'évapore du gaz acide chlorhydrique , et il reste de l'oxyde urénique ammoniacal. L^ même décomposition s'effectue parla dissolution du sel dans l'eau , de manière qu'après l'évaporation de la liqueur il cristallise de l'oxyde urénique ammoniacal , et il reste de l'acide chlorhydrique en dissolution. L'alcool anhydre dissout le sel sans décompositioti ; mais on n'a pas examiné si l'on peut de nouveau
3a4 NITRA.TE URÉNO-AMMOIfIQTIE.
obtenir le sel en évaporant l'alcool dans Tappareil dessiccateur. Cette combinaison fut d'abord préparée par Erdmann ^ puis par Pelouze. C'est le seul sel haloïde d'oxyde urénique ammoniacal qu'on connaisse.
Sulfate uréno-ammonique (sulfate d'urée) , C'H*N' Am S. On l'obtient en dissolvant de l'oxalate urénb-animonique dans deux fois son poids d'eau, et faisant digérer la solution avec du gypse récemment précipité, et lavé jusqu'îi ce que tout l'acide oxalique soit combiné avec la chaux; puis on décante le liquide, on précipite par l'alcool le sulfate calcique dissous, et on évapore la liqueur filtrée : le composé cristallise en aiguilles ou sous forme de grains.
Nitrate uréno-ammonique (nitrate d'urée), C*H*N*0*AmN. On le prépare en saturant l'acide par la base. On l'obtient aussi de la manière suivante : On évapore l'urine jusqu'à consistance sirupeuse; on entoure le résidu de glace pour le rafraîchir, et on le mêle avec environ trois fois son poids d'acide nitrique de i,2S à 1,3 poids spécifique, soigneusement dépouillé d'acide nitreux par rébullition. Par l'agitation avec l'acide, on obtient un dégagement de gaz oxyde nitrique , provenant en grande partie de la décomposition d'autres éléments de l'urine par l'acide employé; ' la masse ne tarde pas à se prendre en une bouillie brune d'écaillés cristallines , d'où l'on décante , au bout de 5 à 6 heures, le liquide acide. La masse cristalline est ensuite portée sur une brique nettoyée qui absorbe l'acide restant, et complètement desséchée entre des doubles de papier brouillard. On dissout ensuite le sel dans l'eau, on débarrasse la solution de sa couleur brune par du charbon animal bien lavé , on l'évaporé au bain-marie , et on la laisse refroidir pour la faire cristalliser. Si , pendant le refroidissement, on y ajoute de 1 acide nitrique^ libre, la masse saline augmentera de quantité ; pour préparer le sel en grand , il est plus économique d'évaporer l'eau mère, pour la faire cristalliser de nouveau. Quelques chimistes prescrivent de traiter par l'alcool Turine évaporée , de chasser par la distillation l'alcool de la solution filtrée, et de traiter le résidu par l'acide nitrique; mais ce moyen est trop dispendieux. Le sel ainsi formé cristallise, par le refroidissement de sa solution , en grandes lames brillantes. Par une évaporation spontanée, il s'effleurit bien plus fortement que tout autre sel sur les parois du vase; cependant il se produit aussi,
NITRATE URlÉNO-AMBrONlQUE. 3a5
dans Ifl liqueur, des cristaux prismatiques, transparents. Il a une saveur acide; il est trés-soluble dans Teau et dans Talcool, et se conserve intact à Tair libre. Par la distillation sèche, il donne, suivant Prout, d'abord un gaz combustible, et se convertit en nitrate aramonique, qui se décompose ensuite de la manière ordinaire, sans résidu de charbon.
D'après Pelouze^ le sel en question dégage, à + 140**) un mélange de I volume de gaz nitrogène et de i volume de gaz acide carbonique : une partie de la copule se décompose , et il reste un mélange de nitrate animonique et d*oxyde urénique ammoniacal dépouillé de son acide nitrique; cet acide se trouve donc détruit, dans une partie du sel, parla copule d*une autre partie. Lorsqu'on dissout alors le résidu dans un peu d'eau chaude, on voit, par le refroidissement, cristalliser l'oxyde urénique ammoniacal , pendant que le nitrate ammonique reste en dissolution. Lorsqu'on continue, au contraire, l'application delà chaleur à une température un peu plus élevée , il se dégage du gaz oxyde nitreux, de Teau , du carbonate ammonique : l'oxyde urénique ammoniacal, ainsi que le nitrate ammonique, sont décomposés chacun d'une ma« nière particulière, et indépendamment l'un de l'autre. Cependant l'eau , formée par la décomposition du nitrate ammonique, paraît exercer quelque influence sur l'acide cyanurénique qui devait rester de l'oxyde urénique ammoniacal : cet acide acquiert ainsi des propriétés toutes différentes, et ses éléments sont groupés dans d'autres rapports. Le nouvel acide ainsi formé n'a pas reçu de nom, et n'a pas non plus été analysé. Il est très-peu soluble dans l'eau, et ressemble, sous quelques rapports, à l'acide benzoïque. — Si, pendant cette expérience , la température est trop élevée, l'oxyde urénique ammoniacal brûle aux dépens de l'acide nitrique, ave« production de feu et de lumière , en même temps qu'il se forme d'autres produits; ainsi, chauffé brusquement sur une lame de platine , il se décompose avec explosion. Sa dissolution dans l'eau est accompagnée d'un abaissement de température considérable. La solution saturée, étant traitée par une quantité suffisante d'acide nitrique, laisse déposer la plus grande partie du sel sous forme de petites écailles cristallines. L'acide oxalique y précipite de l'oxalate d'oxyde urénique ammoniacal. Par l'ébullition de la solution aqueuae, il se dégage peu à peu du gaz acide carbonique avec ef»
3î*6 NITRiLTK I}RÉKO-AM]lfOiaQn^.
fervescénce ^ et le sel se convertit en nitrate et carbonate atnmoniqties. Il est très-soluble dans l'alcool.
Relativement à la composition de ce sel, on n*a pas encore dis* sipé toutes les incertitudes. Regnault^ dont la formule a été adop* tée ci-dessus, le trouva, oprès une combustion, composé de la manière suivante :
Atomes. Centièmes.
Carbone 2 9)7^^
Hydrogène 10 ^^o^^
Nitrogène 6 34)4o4
Oxygène 8 $1,822
Oxyde urénique ammoniacal. 56,244
Acide nitrique 43,756
Poids atomique, = 1 543,75. Ce chimiste ajoute que s'il manquait à la composition du sel les 2 atomes d'hydrogène et i atonie d'oxygène nécessaires pour faire changer l'ammoniaque en oxyde ammonique, il faudrait obtenir^ par la combustion, une quantité d'acide carbonique correspondant à 10,61 pour cent de carbone, c'est-à-dire, i centième de plus que n'en indique le résultat de l'expérience; et la quantité de nitrogène devrait être =37,506, c'est-à-dire 3 centièmes de plus. Avant Regnault^ Prout avait déjà analysé ce sel, et l'avait trouvé composé de 52,63 pour cent d'urée et de 47>37 pour cent d'acide nitrique. Après Regnault est venu Lehmann , qui a exécuté la même analyse : il se servit d'une quantité déterminée de sel sec , qu'il décomposa parle carbonate barytique;il sépara l'oxyde urénique ammoniacal du sel barytique au moyen de l'alcool anhydre, et obtint ainsi 52,93 pour cent d'oxyde urénique ammoniacal, et une quantité de nitrate barytique correspondant à une quantité de 47)^^ pour cent d'acide nitrique; il n'y avait donc que 0,07 pour cent de perte. Si les 2 atomes d'hydrogène et I atome d'oxygène nécessaires pour convertir l'ammoniaque en oxyde ammonique avaient été contenus dans le sel, ils auraient dû être séparés par la méthode analytique, et l'analyse aurait dû indiquer une perte d'un peu plus de 7 \ pour cent. D'après cette expérience, le nitrate d'oxyde urénique ammoniacal
serait =C*H'N'0' AkN; d'après le calcul, il serait composé de 52,696 d'oxyde urénique ammoniacal et de 47>3o4 pour cent d'acide nitrique, et le poids atomique serait seulement i43i,27«
QXALATF DfléllO«AHMOmQUE. 3^7
Oxaldte tiréno'-ammomtfue (ox^late d'urëe), C*H*N*0*AmG. On le prépare de la manière suivante : On évapore de l'urine jusqu'à siccité au bain-marie, et on épuise le résidu par Talcooi anhydre , pour enlever tout ce qui peut se dissoudre; On chasse lalcool par la distillation au bain-marie; on dissout le résidu jautiè dans un peu d'eau , et on le fait digérer avec une petite quantité de charbon animal , qui le décolore presque complètement. On filtre la liqueur, on la chauffe jusqua -f-So**, et on y fait dissoudre de lacide oxalique autant qu'elle peut en dissoudre à cette température. Par le refroidissement, elle dépose des cristaux incolores d'oxalate d'oxyde uténo-ammonique. Si , pendant la dissolution de l'acide oxalique, la température s'élève à près de + loo^, la liqueur se colorera en brun foncé, et répandra une odeur désagréable. L'oxalate d'oxyde uréno-ammonique, qui cristallise, est d'un beau rouge, et quelquefois rouge brun. On peut cependant enlever cette coloration au moyen d'iine très-petite quantité de charbon anitnal. Il faut évaporer l'eau mère acide à une douce chaleur ; pendant cette évaporation , on obtiendra en* core des cristaux. Lorsque le liquide commence à s'épaissir et n*a plus de savçur très-acide , il faut y ajouter de nouveau de l'acide oxalique et chauffer, pour obtenir une plus grande quantité d'oxalate uréno-ammonique. On recueille les cristaux, et on les débarrasse de l'eau mère, en les lavant avec un peu d'eau glacée; puis on les dissout dans l'eau bouillante contenant une toute petite quantité de charbon animal^ et on filtre la liqueur , qui laisse déposer l'oxalate uréno<ammonique d'un blanc de neige. L'eau mère donne , par l'évaporation , encore une petite portion de cristaux incolores, et cristallise jusqu'à la dernière goutte.
Ce sel se présente en cristaux micacés longs et minces, qui sont d'autant plus larges que leur formation a été plus lente. 11 a une saveur franchement acide, fond par la chaleur, et entre ensuite en ébullition : il se produit du carbonate ammonique et de Tacide cyanurique, tout comme pour l'urée seule; en même temps l'acide oxalique se change en gaz acide et en gaz oxyde carboniques. Si le sel renferme de Toxalate potassique , il se forme aussi un peu de cyanure ammonique, et un résidu charbonneux, qui contient la potasse. Il se dissout abondamment dans l'eau bouillante, et y cristallise de nouveau par le refroidissement. A + 16°, dans loo parties de solution, il y a 4)1 6 parties de sel; en d'autres termes,
3a8 SELS d'amido-ghlorure de platine et d'ammonium. loo parties d'eau dissolvent 4j37 parties de sel. Par Taddition d'un excès d acide oxalique^ on précipite une partie du sel en dissolution. Il est moins soluble dans Talcool que dans Teau , et la différence de solubilité pour l'alcool bouillant ou froid est bien moindre que pour leau. loo parties d'alcool de o,833 ne dissolvent, à -f- 16°, que i,6 parties d'oxalate uréno-ammonique.
Rtgnault chercha à démontrer, par une combustion, queTammoniaque s'y trouve sous forme d'oxyde ammonique. A Tappui de cela » il a allégué que l'analyse par la combustion ne donne pas plus de 2i3 pour cent de carbone , au lieu que, dans le cas contraire, on devrait en obtenir 24>8 pour cent , et qu'on a 4>79 pour cent d'eau , tandis que , dans l'autre cas , on ne devrait en avoir que 4>i3 pour cent. Je dois cependant ajouter que j'ai moi-même analysé ce sel, et que je l'ai trouvé composé de 62,564 d'oxyde urénique ammoniacal , et de 3^,436 pour cent d'acide oxalique , sans obtenir 8 |pour cent de perte, qu'aurait dû produire l'atome d'eau douteux. Si le sel est =z:C'H*N'0* AkC, il renferme, d'après le calcul, 6a,6i9 pour cent d'oxyde urénique ammoniacal, et 37,381 pour cent d'acide oxalique.
L'oxalate uréno-ammonique paraît se combiner avec les oxalates neutres alcalins pour former des sels doubles, solubles dans l'alcool, et décomposables par la chaux, de manière à donner un précipité d'oxalate calcique et de l'oxyde urénique ammoniacal, qui reste en dissolution avec l'oxalate alcalin. Cette combinaison n'est ni dissoute ni détruite pai» l'alcool 5 en la dissolvant dans Teau et évaporant la solution , on obtient un sirop épais , qui se prend peu à peu en une masse saline incolore.
Cyanurénate uréno-ammonique (cyanurate d'urée). On l'obtient en faisant bouillir lacide dans une solution concentrée d'oxyde urénique ammoniacal , et filtrant la liqueur encore chaude et la laissant refroidir : le sel cristallise en prismes. On l'obtient aussi par la distillation sèche de l'acide urique. 11 est soluble dans l'alcool. Il est décomposé par l'acide nitrique, avec formation de nitrate uréno-ammonique et séparation d'acide cyanurénique. On se sert pour cela le mieux d'une solution très-étendue.
a. Sels d^amido'Cklorure de platine et d'ammonium (base de Gros).
On n'a examiné qu'un petit nombre dç sels formés par cette