‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 2)Chapitre 30 sur 84 · SULFATE · texte numérisé non relu

SULFATE

base. Ces sels sont remarquables en ce que, par la calcination, ib se détruisent, en laissant du platine métallique qui^ en dissolution, ne peut être précipité ni par le zinc, ni par le sulfide hydrique. La potasse caustique en sépare la base intacte ; mais celleci reste en dissolution dans la liqueur, sans qu'il y ait d*odeur ammoniacale. Lorsqu'on fait bouillir la liqueur avec un excès de potasse, il se dégage de Tammoniaque pendant qu'il se forme un précipité blanc. On n'a pas examiné de plus près la nature de ce précipité. Suivant Gros^ il contient du platine, et se dissout dans les acides; peut-être est-ce aussi une base, mais d'une composi* tion modifiée. A + lao**, il devient gris blanc , et à + aSo", il fait explosion. Il ne renferme ni potasse ni chlore, et forme, avec les acides , des combinaisons particulières cristallisables. Il paraît être composé de platine, d'hydrogène, de nitrogène et d'oxygène. Lorsqu'on mêle les solutions des sels de Gros avec le nitrate argentique, il se produit, par l'ébullition du mélange , un trouble qui ne ressemble pas à du chlorure argentique, et parait renfermer, outre celui-ci, encore d'autres corps. Le principal caractère qui fait distinguer ces sels de ceux de la base de Reiset consiste en ce que, étant mêlés, sous forme solide , avec du carbonate potassique et sodique, puis fortement calcinés, on obtient une masse de platine réduit, à laquelle l'eau enlève un sel qui contient du chlorure potassique ou sodique , et qui , après la saturation de l'alcali au moyen de l'acide nitrique , donne un précipité abon« dant avec le nitrate argentique.

Le chlorure (chloro-amidure platinique et ammonique), NH*d H-NH*PtGl, s'obtient en mêlant une dissolution du nitrate dont la préparation a déjà été indiquée à l'histoire de la base , tome II, page 456, avec une solution de chlorure sodique, ou seulement avec de l'acide chlorhydrique : le chlore se précipite sous forme d'une poudre blanche très -fine. Lorsqu'on lave le précipité avec un peu d'eau glacée, et qu'on le dissout ensuite dans l'eau bouillante, on obtient le sel cristallisé, par un refroidissement lent, en octaèdres transparents, réguliers, un peu jaunâtres, qui ne renferment pas d'eau chimiquement combinée. La dissolution aqueuse, traitée par le nitrate argentique, donne un précipité de chlorure argentique pur, et il reste dans la liqueur le nitrate de la base.

Le sulfate (sulfate de chloro-amidure platinique et ammonique),

33ô FORMIATE.

NH*Pt€lH-NH*S, s obtient en disaoKant le nitrate, avec le concours d'une douce chaleur, dans l'acide sulfurique étendu. La solution laisse, par un refroidissement lent, déposer le sel en aiguilles fines , transparentes, renfermant de l'eau de cristallisation, qui s'en Ta à une douce chaleur, tandis que les cristaux deviennent opaques et anhydres. On obtient encore ce sel en mêlant une solution chaude concentrée du nitrate avec une solution concentrée de sulfate sodique. Par le refroidissement, la masse se prend en une bouillie d'aiguilles fines. Lorsqu'on traite une solution du sulfate saturée à chaud par l'acide nitrique en grand excès, il se forme, par le refroidissement, le nitrate de la base. Le sulfate a pour caractère que sa dissolution n'est précipitée par le chlorure barytique qu'après l'addition d'un acide libre.

Le nitrate^ NH*PtGl-HNH*N, dissous jusqu'à saturation dans l'eau bouillante, se dépose, par le refroidissement, en prismes incolores ou faiblement jaunâtres , transparents , brillants et aplatis, qui ne renferment pas d'eau de cristallisation. Il est assez peu soluble dans l'eau froide. Tel qu'on l'obtient directement en traitant le chlorure platinique ammoniacal par l'acide nitrique, il faut le faire cristaUiser plusieurs fois pour qu'il soit parfaitement pur.

Le phosphate s'obtient en mêlant la solution du sel précédent avec une solution de phosphate potassique ou sodique ; le sel ne tarde pas à cristalliser en petits cristaux brillants, transparents, très-peu solubles dans l'eau froide.

"Le carbonate s'obtient par voie de précipitation , au moyen du carbonate sodique, sous forme de flocons insolubles dans l'eau. Susceptibles d'être lavés et desséchés sans altération. 11 se dissout dans les acides, avec dégagement de gaz acide carbonique.

Hoxalate^ NH'Pt€l -|-MI*G, s'obtient en mêlant la solution saturée à chaud du nitrate avec l'acide oxalique ou l'oxalate neutre potassique ou sodique : il se sépare sous forme d'un précipité blanc grenu, insoluble dans l'eau, et anhydre.

Lejormiate se produit lorsqu'on mêle une solution. chaude concentrée du nitrate avec une solution de formiate potassique ou sodique. Par le refroidissement de la liqueur, il cristallise en petits prismes jaunâtres, transparents et brillants. Le sel noircit par la chaleur.

s^Ls d'amidure pLAT^NICCV-AMDfOiriQPS. 33 1

Le tarprUe s*pbtiftnt dune minière analogue, et se déposeï par le refroidissement I en petits cristaux.

3* Sels d'amidure platinico'ammonique (base de Reiset).

Ces sel§ ressemblent beaucoup aux se)s précédents, même dans leurs réactions; mais ils s'en distinguent essentiellement en ce que, étant mêlés avec du carbonate potassique ou sodique, etcbaufTés jusqu'au rouge dans un creuset de platine, tous les sels de la base de Reiset^ excepté le chlorure, ne donnent pas de trace de chlorure sodique dans le sel qu'on obtient en épuisant , après la calcifiatioq , le résidu par l'eau \ tandis que tous les sels de la base de Gros^ traités de la même manière, et après que l'alcali confenu dai^s l'eau d'épuisement a été saturé par l'acide nitrique, don- Dent un précipité de chlorure argentique après l'addition du nitrate argentique. *

Pour préparer ces sels, on forme d'abord le chlorure de la base, puis, avec celui-ci^ on produit le sel que l'on exige. On obtient le chlorure en dissolvant, à l'aide de la chaleur, le chlorure pjatinique ammoniacal dans l'ammoniaque caustique. Le chlorure platonique ammoniacal existe dans deux états isomériques ; l'un est vert et insoluble dans l'eau, l'autre est jaune , soluble dans l'eau bouillante, et pas tout à fait insoluble dans l'eau froicje. Le sel vert se convertit peu à peu en sel jaune, par une ébullition prolongée dans beaucoup d'eau : il s'y dissout, et se dépose de no^veau par le refroidissement. Il se dissout facilement dans l'ammoniaque caustique chaude, et la liqueur renferme le chlorure en question, outre l'excès d'ammoniaque employée, qu'on peut chasser par l'évaporation.

Reiset prépare le chlorure en faisant bouillir le chlorure platinique ammoniacal vert dans de l'ammoniaque caustique ; il faut y ajouter de temps en temps de nouvelles portions d'ammoniaque, pour remplacer ce qui s'est volatilisé pendant l'ébuUition. On continue ainsi jusqu'à ce que la combinaison verte soit dissoute. Dans cette opération il se produit, par Tébullition, le chlorure platinico-ammoniacal jaune, qui se change immédiatement, par l'ammoi)iaque , en amidure de platine chloro-ammonique. U faut continuer l'ébuUition pendant très-longtemps, ce qui fait perdre beaucoup d'ammoniaque.

33a SELS d'amidure platiicigo-ammonique.

Peyrone prépare le chlorure d*après une méthode de son invention. Il dissout du chlorure platineux, à la température de Tébullition, dans de l'acide chlorhydrique , et sature i*acide libre de la liqueur par du carbonate ammonique , qu'on peut, sans inconvénient, ajouter en excès. Il se forme ainsi une dissolution rouge grenat, contenant un sel double de chlorure ammonique et de chlorure platineux , insoluble dans Teau. Lorsqu'on chauffe ensuite cette dissolution jusqu'à l'ébullition, en y ajoutant du carbonate ammonique par portions successives , et qu'on continue l'ébullition de la liqueur , chargée constamment d'un excès de carbonate ammonique , jusqu'à ce que de rouge la liqueur soit devenue jaune paille, il se précipite un corps vert, d'où le liquide est filtré bouillant. Par le refroidissement, il se sépare du chlorure platinico-ammoniacal jaune , et il reste dans la liqueur le chlorure, qu'on précipite par l'alcool pour le débarrasser du sel ammoniac qui s'y trouve mêlé. Le précipité de chlorure platinicoammonique jaune donne aussi le même sel, par sa dissolution dans l'ammoniaque caustique chaude.

Au moyen de ce chloinire , qui est assez soluble dans l'eau, on prépare, suivant Peyrone^ d'une manière très-simple, d'autres sels. A cet effet , on n'a qu'à ajouter l'acide à la dissolution : le nouveau sel se précipite immédiatement , ou ne tarde pas à cristalliser. Ceci se fonde en partie sur un excès de l'acide qui s'y trouve ajouté , en partie sur ce que la plupart des sels de cette base sont moins solubles que le chlorure, surtout dans une liqueur acide; aussi se précipitent-ils en laissant de l'acide chlorhydrique dans la liqueur. Reiset prépare les autres sels en décomposant le chlorure par un sel d'argent : il se précipite du chlorure argen tique, pendant que l'acide du sel d'argent employé reste en combinaison avecl'amidure platînico-ammonique. Enfin, une troisième méthode consiste à unir directement l'acide avec la base libre ou avec le carbonate.

Ces sels sont complètement neutres, en général incolores, et d'une saveur salée, sans arrière-goût du platine qui s'y trouve contenu. Ils ont cependant une grande tendance à retenir du chlorure platinico-ammonique jaune , qui, comme matière colorante, leur donne une teinte jaunâtre : par leur dissolution dans l'eau froide, ils laissent une petite portion d'une poudre jaune, dont ils pe peuvent être complètement débarrassés que par des cristallio

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