‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 2)Chapitre 31 sur 84 · CHLORURE · texte numérisé non relu

CHLORURE

sations répétées. Cette couleur jaune y adhère surtout d'une manière opiniâtre, si Ton prépare les sels d*après la méthode de ReUet , à laide du chlorure , retiré du chlorure platinico-ammonique vert par une ébullition prolongée avec l'ammoniaque.

Le chlorure (chloro-amidure platinico*ammonique) , NH*€l-f- PtNH*. On l'obtient d après l'une des méthodes qui viennent d'être décrites : en traitant la liqueur ammoniacale, contenant souvent du sel ammoniac, par de lalcool, il se précipite sous forme d'une poudre cristalline d'un blanc de neige, qui, après le lavage à l'alcool, se dissout dans l'eau, où il cristallise par évaporation. Il cristallise en longues aiguilles quadrilatères transparentes, qui prennent plusieurs centimètres de longueur, si l'on opère sur une plus grande qitantité de matière. Entre + loo^ et •4- iao°, ces cristaux perdent, suivant Reiset^ i atome ou 5,07 pour cent d'eau, qu'ils reprennent très*rapidement à l'air après le refroidissement. Quant aux cristaux plus gros, il arrive souvent qu'ils se brisent, par le refroidissement, avec tant de violence, que les fragments en sont projetés tout autour. A + aSo*^, le sel perd de l'ammoniaque, et laisse du chlorure platinico-ammonique jaune. Chauffé à H-3oo° , il ne laisse que du platine métallique. A -H 1 6**, 5 , le sel anhydre n'a besoin que de 4 parties d'eau pour se dissoudre; il est plus soluble encore dans l'eau bouillante. 11 est insoluble dans l'alcool et dans l'éther ; ces deux liquides le précipitent aussi de sa solution aqueuse. La potasse et la soude le décomposent, et donnent naissance à du chlorure potassique et à du chlorure sodique, pendant que la base devient libre, et reste en dissolution dans la liqueur. Lorsqu'on traite une solution concentrée de ce sel par un amalgame de potassium , il se forme du chlorure potassique, et l'amalgame se réduit en une poudre noire pesante, qui, d'après Peyrone^ renferme du mercure uni à du platine , à du nitrogène et à de l'hydrogène ; c'est une combinaison du mercure avec l'amidure platinico-ammonique.

Le chloro-amidure platinico-ammonique donne, avec le chlorure platinique , un sel double très-peu soluble ; il ressemble , sous ce rapport, au chlorure ammonique, ainsi qu'à tous les chlorures d'ammonium copules avec des substances d'origine organique ou avec des carbures d'hydrogène. Lorsqu'on verse la solution aqueuse du chlorure dans une solution de chlorure platinique, il se produit un précipité rouge cristallin, qui se compose de i

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atonie de chloro-amidure platinico-ammonique et d^ i atome de chlorure platinique =(NH* + PtNH') + Pt€l». Le composé se forme aussi lorsqu'on dissout le chlorure platinico-ammonique vert par une ébullition prolongée, dans une dissolution de chlorure ph^ tinique, et qu'on filtre la liqueur encore bouillante. Le sel double, qui était dissous dans la liqueur bouillante, se dépose, par le refroidissement, en petits cristaux rouges, brillants. La liqueur qui reste est rouge, et renferme un sel double soluble, composé de chlorure platinique et de chlorure platineux : cle deux atomes de chlorure platinico-ammoniacal, i atome de chlorure platineux s'est uni à du chlorure platinique pour former le sel double soluble indiqué (ou plutôt pour former du sesquichlorure, =PtGl'), et le second atome, avec toute sa proportion d'ammoniaque, a donné naissance au chlorure de Reiset^ dont l'union avec une autre partie de chlorure platinique a déterminé la formation du sel double cristallisé.

Ces deux sels s'unissent encore dans un autre rapport pour former un sel double : celui-ci se précipite sous forme d'une poudre volumineuse verte, lorsqu'on verse goutte k goutte du chlorure platinique dans une solution de chloro-amidure plati^ nico-ammonique, de manière que ce dernier corps soit toujours en excès. Il se compose de a atomes de chloro-amidure platinicoammonique et de I atome de chlorure platinique, =(Nfi^€rl + Pt»H»)+Pt€l\

Le bromure^ NH^Br + PtNH*, s'obtient soit en saturant la base par l'acide, soit en décomposant exactement le sulfate par le bromure barytique. Il cristallise , par évaporation , en cristaux cubiques. Sa solution supporte Tébiillition.

Hiodure^ ^N*I-hPtNH% s'obtient comme le précédent. Il cristallise en écailles nacrées^ anhydres. Sa dissolution est décom- . posée par l'ébuUition : il se dégage de l'ammoniaque, et il se pré* cipite de l'iodure platinico-ammonique jaune, qui se redissout dans l'ammoniaque caustique, pour reproduire l'iodo-amidure platinico-ammonique.

Le cyanure n'a pu être obtenu. Lorsqu'on sature la solution aqueuse de la base par de l'acide cyanhydrique, il se forme du cyanure ammonique dans la liqueur, pendant qu'il se précipite du cyanure platinico-ammonique blane. Celui-ci se dissout dans l'ammoniaque caustique bouillante ^ mais, par le refroidissement, il cristallise intact.

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Sulfate cCamidure platinico-ammonique , NH*S-f- PtNH*. On l'obtient, suivant Pejrrone^ avec la plus grande facilité, en mêlant la solution du chlorure avec deTacide sulfurique un peu étendu \ il se précipite un sursel en paillettes cristallines abondantes; mai^ ou n'en a pas encore pu déterminer exactement Texcès d acide. Dès que Tacide sulfurique ne donne plus de précipité , on laiss|9 la liqueur acide s*égoutter, on presse les paillettes cristallines entre des doubles de papier brouillard , et on les dissout dans So fois leur poids d'eau bouillante; par le refroidissement, le sulfate neutre cristallise en octaèdres, souvent gros et transparents* L*excès d'acide reste dans la liqueur , et , comme le sel est peu io* lubie dans Teau acide, il en favorise la cristallisation complète* Le sel est insoluble dans Falcool. D'après Beiset y on obtient le sulfate en précipitant, par une solution de chlorure, une solution bouillante de sulfate argentique , saturée à la température de 1 ebuUition ; on filtre la liqueur bouillante, et on la laisse refroidir ; le sel cristallise d'abord en petits grains blancs, brillants, anhj* dres,et enfin en lamelles ou paillettes transparentes, contenant I atome d'eau de cristallisation , qui s'en va facilement et laisse les cristaux opaques. Diaprés Reiset, ce sel exige 3a parties d'eat; à + i6%5 pour se dissoudre , et il se dissout dans une quantité beaucoup moindre d'eau bouillante. Suivant Pétrone y il exige | pour se dissoudre, 5o à 6o fois son poids d'eau bouillante. On s'explique difGcilement cette différence dans les résultats, d'autant plus que ce chimiste a préparé, par la méthode de Reiset, un sel ayant les mêmes propriétés.

Nitrate y NH*N+PtNH*. On l'obtient en précipitant la solution du chlorure par l'acide nitrique : il se forme des aiguilles blanches fines, qui, par le lavage à l'alcool, sont débarrassées d*un excès d'acide, et qui, par une nouvelle cristallisation dans l'eau, se changent en cristaux plus gros et plus réguliers. Ce sel ne renferme pas d'eau, et supporte 4-200° sans perdre de son poids et sans se décomposer. A une chaleur plus forte, il brûle comme de la poudre à canon. Il se dissout dans 10 parties d'eau bouillante ^ et il est insoluble dans Talcool. Dissous dans l'acide nitrique chaud et traité par un peu d'alcool , il développe, suivant Pejrrone^ une vapeur qui irrite au plus haut degré les narines et les yeux, et qui, étant introduite dans une flissolution du même sel avec l'acide ni-

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trique, donne naissance à un corps d'un bleu outremer. Dans la solution chauffée et mêlée d'alcool , il se précipite un corps jaune ; maison n a, jusqu'à présent, analysé ni le corps bleu, ni le corps jaune.

Le carbonate s'obtient à plusieurs degrés de saturation. Lorsqu'on sature la solution aqueuse de la base avec du gaz acide carbonique, il se précipite une poudre blanche cristalline, qui est le bicarbonate, La liqueur contient encore une portion de ce sel en dissolution , de sorte que , par l'ébuUition , il se dégage de l'acide carbonique; et, après la dessiccation à une douce chaleur, il reste une croûte saline, qui est le sesquicarbonate, ou composé de I atome de carbonate neutre et de i atome de bicarbonate. La dissolution de la base, exposée à l'air, attire assez promptement l'acide carbonique, et donne ainsi naissance à du carbonate neutre, qui, desséché dans le vide, donne, d'après Reiset ^ une masse saline.— Les bicarbonates alcalins précipitent d'une solution concentrée du chlorure, le bicarbonate de la base; mais on ne l'obtient guère ainsi à l'état de pureté.

On n'a pas encore étudié les autres oxysels de la base. Peyrone prétend que des acides moins puissants , ajoutés à une solution concentrée du chlorure , déterminent la formation de sels qui $e précipitent, ou ne tardent pas à se déposer.

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