III
338 FLlfORURK B.\UYTIQUE.
caustique dans du gaz acide chlorhydrique , la terre devient incandescente, et paraît brûler pendant que le chlore de Facide se combine avec le baryum , et son hydrogène avec Foxygène de la terre, pour produire de Veau , qui se condense sur la paroi interne du vase dans lequel on fait l'expérience. Le chlorure barytique anhydre n* absorbe pas de gaz ammoniac.
Bromure haryUque ^ BaBr. Ce sel cristallise plus difBcilement que le sel précédent, avec lequel il est parfaitement isomorphe, et renferme a atomes ou io,ga pour cent d*eau. Il est très-soluble dans Teau, et, d'après Hûnefeld^ il se dissout aussi dans l'alcool concentré, ce qui permet de le séparer du chlorure ; cependant ce dernier n'est pas tout à fait insoluble dans l'alcool concentre.
lodure barytique^ Bal. On l'obtient le plus facilement en dissolvant de l'iode dans l'alcool, et ajoutant peu à peu du sulfure barytique en poudre , jusqu'à ce que la liqueur soit devenue incolore; puis, on chasse l'alcool par la distillation, on filtre la liqueur , et on la fait cristalliser dans le vide. Il cristallise difficilement en aiguilles fines, qui se dissolvent tant dans l'eau que dans l'alcool. Quand on l'expose à l'air libre , une portion de Tiode se volatilise , il se forme du carbonate barytique et du suriodure dé baryum brun, qui colore en brun l'eau dans laquelle on le dissout. Ce changements opère plus promptement quand on soumet ce s«l à une légère calcination au contact de l'air; en vases clos, il n'éprouve aucune altération. Introduite dans du gaz acide iodhydrique^ la bârjrte s'échauffe jusqu'au rouge, avec formation d'eau et d'iodure barytique.
Fluorure barjrtique^ BaP. Le meilleur itioyen pour le préparer est de faire digérer du carbonate barytique, récemment précipité, bien lavé et encore humide, avec un excès d'acide fluorhydrique; l'acide carbonique se dégage , et il reste du fluorure barytique sous forme d'une poudre blanche. L'acide retient en dissolution une petite quantité du sel, qui se dépose pendant Tévaporation, et offre de légères traces de cristallisation. Il se dissout , jusqu'à un certain point, dans l'eau, et quand on le lave, la quantité At sel recueillie sur le filtre diminue de plus en plus. Si l'on évapore les eaux de lavage, le fluorure barytique se dépose, sous forme d'une croûte à grains fins, au fond du vase et à la surface du liquide. Le fluorure barytique n'est pas décomposé par la chaleur ronge ; il ne se combine ni avec de la base, ni avec de l'acide en
FLUORURK BORICO-iARTTIQtJK. SSg
excès. Quand du fluorure barytîque sec s'échauflfe, lorsqu'on verse dessus de Facide fluorhydrique , cela tient à la présence d'une certaine quantité d'acide silicique^ qui est alors décomposé par l'àcSde fluorhydrique. Le fluorure barytique se dissout dans l'acide nitrique et dans l'acide chlorhydrique.
Chlorure barytique etjhtorure barytique. Ils forment ensemble un sel double, peu soluble, qui prend naissance quand on mêle du fluorure sodique ou potassique avec du chlorure barytique, ou quand on dissout le fluorure barydque dans Tacide chlorhydrique^ et qu'on précipite la dissolution par l'ammoniaque caustique. Gè sel double est beaucoup plus soluble que le fluorure barytique ; quandi on évapore la dissolution , il se dépose en cristaux grenus. L'eau le décompose jusqu'à un certain point, car quand on le lave pendant longtemps sur un filtre , la dissolution se charge d'un sel dans lequel le chlorure barytique prédomine, tandis qUe celui qui reste sur le filtre contient une plus grande proportion de fluorure. Dans lé sel double , le baryum est partagé également entre le fluor et le chlore , = Ba Cl + Ba P.
Fluorure borico^barjtique , BaP + BP*. Pour le préparer, oti ajoute à de l'acide hydrofluoborique étendu du carbonate barytique, jusqu'à ce que celui-ci cesse de se dissoudre complètement* Si Ton en met une quantité plus grande , le sel formé se décompose en fluorure barytique et en acide borique. Pendant l'évapôration de la liqueur, il cristallise d'abord un peu d'acide borique qui se trouve ordinairement comme impureté dans Tacide hydrofluoborique; et quand la dissolution est arrivée jusqu*à consistance de sirop , le sel cristallise. Par le refroidissement , il forme de longues aiguilles; mais quand on continue Tévaporâtion , en exposant la liqueur dans un endroit chaud, il cristallise en prismes plats, rectangulaires, à quatre pans, dans lesquels les faces plus larges affectent assez souvent la même forme d'escaliers que les cristaux de sel marin. Les réactions de ce sel sont acides; mais sa saveur, au lieu d'être acide, est la même que celle des autres sels barytiqUes. A +4o°> il s'effleurit à la surface, et devient opaque ; à l'air humide, il est déliquescent. Il se dissout dans leau sans la troubler. L^alcool le décompose ; il dissout un sel acide , et laisse une combinaison blanche, pulvérulente, dont la composition n'est pa^ encore (connue. Quand on le chauffe jusqu'au rouge, il se décompose , donne du fluoride borique, d'abord sous
34o MELLAVURE BABTTIQUE.
forme liquide, puis à leut de gaz, et laisse du fluorure barytique. Le sel crisullisé renferme io,3a pour cent ou a atomes d*eau de cristallisation.
Fluorure silico-barytique ^ 3BaF + aSiF\Le meilleur moyen pour Tobtenir est de mêler une dissolution de chlorure barytique avec de l'acide hydrofluosilicique. La liqueur ne se trouble pas de suite; mais au bout de quelque temps le fluorure silico-bary* tique se précipite sous forme de petits cristaux microscopiques. Ce sel est si peu soluble , que presque tout le baryum se trouTe précipité , et qu'il n'en reste que très-peu en dissolution dans l'acide chlorhydrique libre, qui n'augmente pas sensiblement la solubilité du sel. Si l'on mêle les deux dissolutions pendant qu'elles bouillent, et qu'on laisse lentement refroidir la liqueur, des cristaux qu'on obtient sont un peu plus grands*^ quoique toujours microscopiques. Ils forment des prismes terminés par des som* mets très-longs. L'eau bouillante dissout une très-petiie quantité de ce sel , qui cristallise en aiguilles déliées , quand on abandonne la dissolution à l'évaporation spontanée. U ne contient point d'eau de cristallisation , et se décompose facilement quand on le chauffe jusqu'au rouge , en donnant naissance à du gaz fluoride silicique et à du fluorure barytique.
Cyanure barytique^ Ba€y. On le prépare en calcinant du cya* nure ferroso-bary tique dans une cornue; le cyanure ferreux est décomposé, tandis que le cyanure barytique se conserve sans altération. On l'obtient aussi en saturant l'acide cyanhydrique par la baryte. Ce sel est peu soluble dans l'eau ; il réagit à la manière des alcalis, et la dissolution se couvre d'une pellicule de carbonate barytique , résultant de la décomposition qu'il éprouve par l'acide carbonique de Tair.
Rhodanure barytique , Ba G'N* S*. Il se forme quand on chauffe le cyaniu*e ferroso-barytique avec du soufre. Ce sel est très-soluble dans l'eau, cristallise en aiguilles brillantes, et s'humecte un peu à l'air. On l'obtient le mieux cristaUisé dans l'appareil dessiccateur , où il commence à s'efifleurir après la dessiccation. Les cristaux renfernfent a atomes ou ia,4i pour cent d'eau. 11 fond par la chaleur, et devient facilement brun. Par le refroidissement, il se prend en une masse cristalline.
Mellanure barytique y Ba C*N*. On l'obtient , d'après Z<^£/^, sous forme d'une masse blanche floconneuse, en précipitant le sel
SULFATES BA.RTTIQUES. 34 (
potassique par le chlorure de baryum. Il se dissout dans l'eau bouillante, et y cristallise, par le refroidissement, en aiguilles courtes, transparentes, qui renferment 6 atomes ou ^4j^y4 pour cent d'eau, dont S atomes ou 210,87 P^^r cent s'en vont à +i3o%
B. Oxysels de baryum.
Sulfates bary tiques, a. Sulfate neutre^ Ba S. La nature nous l'offre à l'état cristallisé; les minéralogistes le désignent par le nom de spaih pesant. Obtenu par des moyens chimiques, il se présente ordinairement sous forme d'une poudre blanche. Le poids spécifique du sulfate naturel est de 4 à 4>47* Ce sel est insoluble dans l'eau, même quand celle-ci contient un acide libre ,* mais il se dissout dans l'acide sulfurique concentré et bouillant. Il cristallise en aiguilles quand on laisse refroidir cette dissolution ; et lorsqu'on ajoute de l'eau à cette dernière, il se précipite en totalité. Exposé à une Tio* lente chaleur blanche, le sulfure barytique se fond en un émail blanc; et quand on le calcine avec du charbon, il est réduit à letat de sulfîire de baryum. Les carbonates alcalins ne le décomposent qu'incomplètement, soit par la voie humide, soit par la voie sèche. Dans les analyses chimiques , on se sert souvent des sels barytiques pour évaluer la quantité d'acide sulfurique contenue dans une liqueur. Dans ce cas, il arrive assez souvent que le sulfate barytique précipité ne se dépose pas , et qu'il passe à travers le filtre quand on essaye de filtrer la liqueur. C'est ce qui a prindpar lement lieu quand on le précipite d'une dissolution neutre à un certain degré de concentration ; mais cela n'arrive jamais quand la liqueur est très-étendue , ou acide, ou qu'elle est très-concentrée. La présence d'un sel sodique contribue beaucoup à faire naître cet inconvénient. Une fois que le sulfate barytique est dans cet état, il est impossible d'y remédier, ni en y ajoutant un acide, ni en évaporant la dissolution jusqu'à siccité, et reprenant la masse par l'eau. L'acide fait bien coaguler le mélange ; mais dès qu'on se met à laver le précipité , il passe à travers le filtre.
Il importe de noter que le sulfate barytique, étant précipité par voie de double décomposition , s'unit souvent à de petites quantités de sels dissous dans la liqueur, et que ces sels, bien que d'ailleurs ils soient solubles dans l'eau , ne s'enlèvent que difficilement par le lavage à l'eau ou par l'acide chlorhydrique. C'est ainsi qu'en précipitant des sulfotes métalliques par le chlorure ba-
3i)a SULFATE BARTllQUU ÇOHB. AVJÏC W SULFAT£ AMMOlf.
rytîque, on obtient fréquemment du sulfate barjrtique, qui, itprès )a ça)cination , présente des traces de coloration dues à Foxydè métallique, Mitscherlich a démontré que le sulfate barytique, préparé en précipitant le nitrate barytique par le sulfate sodique^ entraîne du nitrate sodique, dont on en trouve encore quelques centièmes après un lavage prolongé.
4. Bisulfate b€ujtique^èaL$\ Ce$l le sel qui se dépose d'une solution du sulfate neutre di|ns Facile sulfuriqfie concentré bouillant. Il peut contenir deux proportions d'eau différentes. Pendant le refroidissement d^ la ^lif tion bouillante , il se dépose sous forme d'une croûte | qui semble être composée de granules , maff qui est en réalité formée de prismes courts | transparents , contenM% I atome d'eau; on p^ut )e^ considérer comme composés df
BaS+HS. Lorsqu'on abat)donne l'acide i d'pù le sel s'est déposé, dans un flacon oUvert d(Q mapière qu'il attire peu ^ peu rbumidité| bn Toii cristalliser un sel en aiguilles soyeuses , qui renferment 8 atomes d'eau, =BaS+H S + ag. Ou débarrassai C^ sel de Wr bide liquide, en le mettant, dans l'appareil d^ssipcat^ur, ^ur une brique, qui absorbe le liquide. Les deux sels si» décomposet^t, pat rhumiditë de l'air , en sulfate nlButre et en ncide sulforique liqtiide; ils sont instantanément détruits par Tisau qu'on j verse.
Sulfaté double barytique et sodique. D'après Befthier^ ou l'obtient en mêlant deux sels dans la proportion pù l;ous 1^ deux contiennent la même quantité d'acide, et faisant fondre le piélange i la chaleur du rouge blanc. Les sels se combinent alors, ^t fondent en un liquidé transparent qui donne, en se figeant, un^m[j|s^e cristalline opaque. D'après le même chimiste, on obtient unp combiiiaison analogue quand on mêle du ftulfate barytique avec du carbonate sodique , ou du carbonate barytique avec du sulfate sodique, dans U proportion où les bases contiennent la môme quantité d'oxygène, et qU'on expose le mélange à l'action du feu, de manière à le faire fondre. Après le refroidissement , ces combinaisons sont dures comme des pierres, opaque^, d'un blanc nacré, et leur cassure est peu cristalline.
Sulfate barytique combiné ai^ec le sulfate ammoniacal,'SiWS+ aBaS. On l'obtient, d'après Jacquelain^ en mêlant une dissolution aqueuse de sursulfate ammoniacal avec de l'ammoniaque caustique, et immédiatement après Avec du chlorure barytique, «t
DIXniONATE BARYTIQ^K. 343
traitant enfin la liquenr par Teau de baryte. II se forme ainsi un précipité blanc, qui, si la liqueur est concentrée, ne tarde pas à prendre la forme d^aiguilles fines soyeuses; ces cristaux sont d'abord lavés par leau froide , puis par lalcool. Le sel est anhydre; il est un peu soluble dans Feau pure , mais il se dissout facilement et complètement dans lacidechlorhydrique étendu. Cependant, au bout d'un temps assez court, la liqueur commence à se troubler par le sulfate bary tique qui se dépose; la liqueur renferme alors eu dissolution du sursulfate et du chlorure amn^oniques. Chaufie dans up yase distillatoire, le sel sec commence à se décomposer à 4- i6o? : il se dégage du gaz nitrogène, il se sublime du sulfide ammonique , et il reste du sulfate bary tiqu^. Traité par l'acide sulfurique chaud et coucentré , le sel sec donne lieu à un dégagement d'acide sulfureux.
Eu précipitant une solution aqueuse de sursulfate ammoniacal par une solution de sousacéute plombique^ mélangeant le précipité lavé avec de leau , le décomposant ensuite par le sulfide hydrique, filtrant la liqueur acide et la saturant exactement parleati de baryte, on obtient ^ d'après Jacquelain^ un sel très-soluble, qui, desséché dans le vide, cristallise en lamelles rectangulaires, partant d'un centre commun. Bouilli avec de l'hydrate potassique, il donne de l'ammoniaque , et, par l'ébullition avec l'acide chlorhydrique, du sulfate barytique. On n'a pas fait d'expériences pour l'analyser.
Sulfite barytique ^ BaS. Il est insipide et insoluble dans l'eau; mais il se dissout dans ui| excès d'acide sulfureux, et cristallise ensuite, par une évaporation lente, soit en prismes hexagonaux, soit en petits tétraèdres à angles obtus. Le sel est anhydre, et se conserve, à l'état solide, assez bien à l'air pour ne pas s'oxyder. 11 décrépite par la chaleur.
Dithionate (hyposulfate)iar^//çM6,Ba^. La manière de le préparer a déjà été indiquée page 473 du premier volume. D'après Heeretiy le sel peut contenir deux proportions d'eau de cristallisation. Quand on abandonne sa dissolution à l'évaporation spontanée, elle donne des prismes à quatre pans, terminés par des sommets à quatre faces , qui contiennent 19,48 pour cent ou 4 atomes d'eau. Ces cristaux s'effleurissent à l'air , en perdant la moitié de leur eau, sans se réduire en poudre ni changer de forme. Si , au contraire , le sel cristallise par refroidissement , il
344 DITHIONITE BARTTIQUE.
forme des prismes quadrilatères presque droits , qui sont inaltérables à l'air, et se dissolvent dans i,i partie d*eau bouillante et dans 4)04 parties d'eau à + i8^. Ils contiennent 10,79 pour cent ou 2 atomes d'eau de cristallisation. Quand on chauffe Thyposulfate barjtique, il décrépite, donne de l'eau et de l'acide sulfureux, et laisse une quantité de sulfate barytique égale à 0,701 du poids du sel employé. — Quand on prépare ce sel, on est souvent obligé d'employer de grandes quantités d'hydrate barytique, pour décomposer le sulfate manganeux qui se forme par l'oxydation de l'acide sulfureux aux dépens de lliydrate manganique. Ce dernier, . qu'on trouve toujours mêlé avec le peroxyde de manganèse naturel , pouvant être décomposé par la digestion avec de l'acide nitrique concentré, il convient de réduire le peroxyde de manganèse en poudre fine par la lévigation , de le traiter ensuite par l'acide nitrique concentré, et de le laver avec soin avant de s'en •ervir pour saturer l'acide sulfureux ; par ce moyen , on peut prévenir , à moins de frais , la présence de l'acide sulfurique dans la dissolution de l*hyposulfate manganeux.
Dithionite (hyposulfite) barytique , Ba S. C'est un sel très-peu soluble dans l'eau , qu'on obtient quand on ajoute de l'acide sulfureux à une dissolution de sulfure de baryum, ou qu'on expose cette dernière à l'air , où le sulfure s'oxyde peu à peu. Le sel cristallise en aiguilles transparentes, qui, d'après H. Rose^ contiennent 6,73 pour cent ou i atome d'eau. Ce sel s'obtient le mieux en mêlant une solution de dithionite sodique avec une solution d'acétate barytique : il se précipite. On cesse d'ajouter du sel barytique lorsqu'il ne se produit plus de précipité; on étend ensuite la liqueur d'alcool, qui retient l'acétate en dissolution, tandis que le dithionite barytique se sépare complètement. On le lave ensuite avec de l'alcool aqueux, on le presse, et on le dessèche à une douce chaleur. Suivant Rammelsberg^ il ne perd pas toute son eau de cristallisation à + 170^. Au-dessus de cette température, il perd encore une petite quantité d'eau , mais mêlée de soufre. Soumis à une calcination douce dans une cornue , il laisse une masse affaissée d'un blanc jaunâtre , qui est une combinaison, ou seulement un mélange de 3 atomes de sulfate et de a atomes de sulfite barytique avec i atome de sulfure de baryum, =Ba -4aBaS + 3BaS. Pendant cette opération, il ne se dégage ni du gaz sulfide hydrique, ni du gaz acide sulfureux,
NITRATE B\RYTIQUE. 345
Trithionaie bajjtique ^ BaS'0\ Il se précipite en saturant l'acide trithionique par la baryte, sous forme d'une poudre blanche, un peu soluble dans l'eau et très-soluble dans l'acide nitrique.
Tétrathionate bary tique ^ BaS*0*. On l'obtient en traitant le dithionite bary tique par Teau , et ajoutant ensuite de l'iode par petites portions, jusqu'à ce que la liqueur commence à se colorer par un excès d'iode. D'abord le sel se dissout très-promptement; mais à la fin il se prend en une masse , qu'on épuise par de l'aicool concentré; pour enlever l'iodure barytique et un excès d'iode; puis , on le presse bien et on le dessèche. On le dissout ensuite dans une très-petite quantité d*eau,on filtre la liqueur, et on l'abandonne à l'évaporation spontanée : le sel se dépose en beaux cristaux. On peut aussi mêler la solution aqueuse du sel avec un peu d'alcool, jusqu'à ce qu'elle commence à manifester un précipité; au bout de douze heures, le mélange dépose des cristaux trèsréguliers , contenant a atomes ou 9,o5 pour cent d*eau. Soumis à Faction de la chaleur, le sel se décompose : il donne de l'eau, de Tacide sulfureux et du soufre, pendant qu'il reste du sulfate barytique. On emploie le tétrathionate barytique pour obtenir l'acide tétrathionique : on précipite la baryte complètement par l'acide sulfurique. On s'en sert aussi pour la préparation d'autres tétrâthionates , en le décomposant par le sulfate d'une autre base.
Nitrate barytique^ BaN. Il cristallise en octaèdres qui ne contiennent point d'eau de cristallisation , mais qui décrépitent fortement quand on les chauft'e , et ne cessent de pétiller quand ils sont totalement réduits en poudre. Ce sel ne s'altère pas à l'air. Son poids spécifique est 3,i85. loo parties d'eau en dissolvent 5 à zéro, 8 parties à + i5**, 17 à + 49^*1 et 29,6 à + 56". La dissolution saturée à+ ioi%6, qui est son point d'ébullitiou , contient 35,9 parties de nitrate barytique. L'eau mêlée d'acide nitrique dissout beaucoup moins de ce sel ; de sorte qu'une dissolution neutre, qui ne donne plus de cristaux, en fournit encore quand on y ajoute de l'acide nitrique. Le nitrate barytique est tellement insoluble dans l'acide nitrique, que ce dernier ne dissout pas le carbonate barytique quand il n'est pas étendu de beaucoup d'eau. Il est insoluble dans lalcool. Calciné dans une cornue de porcelaine, il donne de la baryte pure; chauffé jusqu'au rouge dans un creuset de platine , il laisse de la baryte contenant beaucoup d'oxyde platinique.
34(> PHOSPHATES BAETTIQUE6.
Nitrite barytique^ Ba N. On Tobtient le mieux en calcinant doncement le sel précédent, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz oxygène. On dissout ensuite la masse dans Teau, et on évapore la liqueur jusqu à cristallisation. Il est bien plus soluble que le nitrate barytique^ et forme, suivant Mitscherlick ^ des cristaux ii^Ir térables à l*air.
Phosphates baryiiques. a. Phosphate neutre^ Ba*P. Pour obtenir ce sel, on précipite une solution de chlorure barytique parle phosphate sodique ordinaire ou le 'phosphate. Le précipité est cristallin et écailleux. Suivant Chodnew , ces écailles sont quadrilatères, si la précipiution se fait à froid, et à 6 côtés, si elle se feit à chaud. Ceà cristaux renferment i atome ou 3,86 pour cent d'eau, qui ne s'en va pas i +3oo'', et qui ne s'éUminë ^ue parla calcination. Le phosphate neutre ainsi obtenu i^'est pas tout à fait insoluble dans l'eau, et il s'en dissout une petite quantité pendant le lavage. D'après A/VcÂo/j i partie de sel exige aoSoo parties d*eati pour se dissoudre. Il est, au contraire, très-soluble dans les acides chlorhydrique et nitrique étendus, qui lé transforment en un sursel facile à dissoudre. 11 faut remarquer, à cet égard, qii'il se di^ sout d'autant plus exactement dans ces acides, que ceux-ci sont plus étendus, parce que les acides précipitent généralement les sels barytiques de leurs dissolutions ; c'est ainsi que , par exemple, l'acide nitrique, au degré de l'eau-forte ordinaire, décompose bien le sel et dissout l'acide phosphorique, mais laisse la majeure partie du nitrate bary tique produit. Si on le mêle, au contraire, avec lo fois son poids d'eau, loo parties d'acide d'une densité primitive de 1,27 peuvent dissoudre 5o parties de phosphate barytique. L'acide acétique peut également dissoudre ce sel; mais il faut 400 parties d'acide de i,o3a densité pour dissoudre i partie de sel. L'acide sulfurique en sépare l'acide phosphorique à l'état de pureté. En versant goutte à goutte une solution de *phosphate sodique dans une solution de chlorure de baryum, on obtient du *phosphate barytique, qui se précipite sans aucun indice destruc^ ture cristalline, et qui se montre amorphe sous le microscope composé. Il contient i atome ou 3,85 pour cent d'eau.
Quand on mêle une solution d'^phosphate sodique neutre ou d'acide 'phosphorique libre avec du chlorure barytique, il se dépose, d'après Graham^ de l'^phosphate barytique neutre, BaP, sous la forme d'un précipité floconneux, demi-gélatinieux, qui se
SOUSPHOSPHATE BARTT1QC9. 347
desséche en une masse cldire et transparente. II est complètement insoluble dans l*eau bouillante; cependant, à la faveur d'une ébullition prolongée, il commence à se dissoudre peu à peu; mais alors la dissolution contient du 'biphosphate , et précipite les sels argentiques en jaune.
b. Biphosphate bary tique ^ BaP. Si Ion fait digérer une dissolution d*acide phosphorique avec du phosphate barytîque neutre, ce dernier se dissout; et, en évaporant la dissolution, on od tient un sel en cristaux blancs, qu*on retire de la liqueur et qu*on sèche sur du papier Joseph. L*eau mère , qui a ordinairement la consistance d'un sirop, est de lacide phosphorique presque exempt dé baryte. Ce sel est inaltérable à Fair ; sa saveur est légèrement acide , et tient en même temps beaucoup de celles des autres sels Darytiques; il rougit le papier de tournesol, et se décompose quand on le met en contact avec de Teau, qui dissout Texcès d lacide avec une petite portion de baryte, et laisse du phosphate barytique neutre. Exposé à une haute température, il entre en fusion , se boursoufle, et laisse une masse spongieuse qui ressemble à lalun calciné ; par cette calcination , le sel perd 1 1 pour cent de son poids ou a atomes d*eau.
c. Surphosphate bary tique intermédiaire , Ba' P*. Si Ton ajouta de r^lcool à la dissolution acide du sel précédent, dans lacide phosphorique, avant quon la fasse cristalliser, il se forme un précipité blanc, volumineux, qui, après avoir été lavé à lalcool, constitue un sursel particulier, dans lequel lacide est combiné avec une fois et demie autant de base que dans le sel précédent. Après le lavage, il forme une légère poudre blanche, qui se gonfle au feu, quoique moins que le sel précédent, et laisse une poudre grise spongieuse.il contient une quantité d*eau qui n'a pas encore été déterminée.
Sousphosphaie barjrtique , Ba' P. On l'obtient en pi*écipitant une solution de chlorure barytique par le sousphosphate sodique. C'est une poudre blanche, granuleuse, insoluble» qui n attire pas l'acide carbonique de l'air. Ce sel a une grande tendance à s'unir au phosphate barytique neutre, pour former un sel double. Lorsqu'on mêle une solution d'acétate barytique avec une solution de 'phosphate sodique, on obtient une liqueur acide, en même
tempà qu'il se forme un précipité, composé de Da*P" = Ba*P-4-
348 HYPOPHOSPHITE BARYTIQOE.
Ba'P. On obtient aussi le même précipité en versant goutte à
goutte dans une solution aqueuse de biphosphate barytique, ou
dans une solution de phosphate neutre par un peu d'acide chlor-
hydrique^une petite quantité d ammoniaque caustique, jusqu'à ce
qu'il ne se forme plus de précipité. Si Ton ajoute , au contraire,
• ••• l'ammoniaque en excès, le phosphate neutre se dédouble en Ba'P,
mais jamais assez complètement pour que le précipité ne retienne une petite quantité du sel double non décomposé, dont la proportion varie suivant l'excès d'ammoniaque ou la température employés. C'est pourquoi , avant d'analyser ce précipité pour en déterminer la quantité de phosphore et d'acide phosphorique , il faut le calciner, le peser, le dissoudre dans l'acide chlorhydrique, et en précipiter la baryte par l'acide sulfurique ; en déterminant le poids du sulfate barytique obtenu , on connaît en même temps la quantité d'acide phosphorique qui s'y trouve.
Phosphate et nitrate barjrtiques. Ils forment un sel double , qu'on obtient en mêlant les dissolutions de nitrate barytique et de phosphate ammonique. Il se précipite sous forme d'une masse gélatineuse, très-difBcile à laver, et qu'on doit exprimer. Quand on le fait bouillir, il se décompose en nitrate qui se dissout, et en phosphate qui reste.
Phosphite barytique. a. Phosphite neutre ^ Ba*P, On l'obtient en mêlant le chlorure barytique avec du phosphite alcalin. La liqueur ne se trouble pas de suite; mais, au bout d'un jour ou de deux, elle dépose sur la paroi interne du vase une croûte demi-cristalline, qui s'efOeurit à l'air sec. Ce sel contient 7,94 pour cent ou a atomes d'eau de cristallisation. Par la calcination, il est converti en phosphate neutre.
b. Biphosphite barytique^ BaP. On l'obtient en dissolvant le sel précédent dans l'acide phosphoreux , et évaporant la dissolution à une douce chaleur. Il forme une masse sirupeuse , qui cristallise difficilement, qui, desséchée dans le vide sur l'acide sulfurique, donne des cristaux grenus, contenant, pour 2 atonies de sel, S atomes ou 149S1 pour cent d eau. Soumise à l'action de la chaleur, la dissolution du sel cristallisé se décompose de manière qu'une partie du sel neutre se précipite en cristaux lamellaires, nacrés , pendant qu'il reste un sel acide dans la liqueur.
Hypophosphite barytique^ BaP. Ce sel se forme quand on fait bouillir du phosphore avec de l'hydrate barytique, ou qu'on fait
CHLORATE BARTTIQUE. 349
digérer du phosphure de baryum avec de Teau , et qu on filtre la dissolution. Diaprés H. Rose y le sel cristallise facilement en beaux prismes d^un éclat nacré , très*flexibles , et inaltérables à l'air. On l'obtient surtout bien cristallisé, en mêlant bien la solution avec de Talcool jusqu'à ce qu'elle commence à se troubler, et l'abandonnant au repos : le sel cristallise peu à peu. Ces cristaux renferment 3 atomes ou i8,88 pour cent d'eau, dont i atome ou 6,ag3 pour cent s'en vont à -f- loo^. L'élimination des deux atomes restants exige une température si élevée , que le phosphore se suroxyde aux dépens de l'eau. Lorsqu'on traite une solution aqueuse de ce sel par l'acide hypophosphoreux libre , il cristallise en tables carrées ; ces cristaux cependant sont le sel neutre, contenant ^ atomes seulement ou i3,44 pour cent d'eau ; c'est la même combinaison dans laquelle le premier sel a été changé par une température de + Ioo^ Lorsqu'on ajoute un morceau d'hydrate potassique à une dissolution d'hypophosphite bary tique, et qu'on chauffe la liqueur, il se dégage du gaz hydrogène, pendant qu'il se forme un précipité de phosphite bary tique. Quand on chauffe ce sel sec dans un vase distillatoire, il ne donne point d'eau, mais seulement du gaz phosphure d'hydrogène, et laisse du phosphate barytique.
Perchlorate barytique ^ Baël. On l'obtient soit en dissolvant le carbonate barytique dans l'acide perchlorique, soit en employant le sel de zinc décrit plus loin, pour en précipiter l'oxyde au moyen de l'eau de baryte. Il cristallise, par Tévaporation de la liqueur, en longs prismes déliquescents à l'air. Il se dissout aussi dans l'alcool concentré.
Chlorate barytique^ Baél. On l'obtient en saturant l'acide chlor* hydrique (préparé à l'aide du chlorate potassique et de l'acide hydrofluosilicique) par l'hydrate barytique, et évaporant la dissolution jusqu'au point de cristallisation. Le sel affecte la forme de prismes quadrilatères, se dissout dans quatre parties d'eau froide, et dans moins d'eau bouillante. Il contient 5,88 pour cent ou i atome d*eau de cristallisation. — Chenevix^ qui le premier a préparé ce sel , faisait arriver du gaz chlore dans un mélange d'eau et d'hydrate barytique. Comme le chlorure et le chlorate barytiques ont la même solubilité, d'où il résulte qu'on ne peut les séparer par la cristallisation , il faisait bouillir le mélange avec du phosphate argentique et de l'acide acétique (la présence de cet acide ^^^ est nécessaire, parce que le phosphate argentique contient un ^
35o PERIODATES BARTTIQUES.
excès de base) ; par ce moyen , le chlorure bary tîque fut décompose en chlorure argentique et en phosphate barytique, sels qui se précipitent. Il est arrivé à Fauquelin qu en répétant cette expérience, et faisant bouillir le mélange dans un creuset de platine, il y eut une explosion terrible, et le creuset fut entièrement détruit 5 heureusement il n'y eut personne de blessé. Il est probable que la masse précipitée pâteuse avait commencé à se dessécher au fond du creuset, et que l'explosion provenait de Vaction qu'exerçait l'acétate sec sur le chlorate ; car il est impossible que la masse ait fait explosion pendant qu'elle était liquide.
Chîorite barytiqiie^ Èaél. On l'obtient, d'après Millon^ en saturant l'acide chloreux par l*hydrate barytique. On évapore rapidement la dissolution jusqu'à ce qu'il commence à s'y montrer une pellicule cristalline; on l'abandonne ensuite dans le vide sur lacide sulfurique, pour faire cristalliser le sel. Par une évaporation lente , on l'obtient facilement mêlé de chlorure et de chlorate barytique. 11 est anhydre ; et, sous forme solide , il se décompose à + 255" en un mélange de chlorure et de chlorate barytique.
Bromafe baryUquejBaiÈr. On l'obtient le mieux en mêlant iqo parties de bromate potassique, dissous dans l'eau bouillante avec une solution également bouillante de 160 parties d'acétate barytique anhydre, ou y 4 parties de chlorure barytique anhydre, et laissant refroidir la liqueur lentement : le sel peu soluble cristallise en petits prismes rectangulaires à quatre pans, contenant i atome ou 4A^ pour cent d'eau. Il en reste une très-petite quantité dans l'eau mère; on peut l'en retirer par l'évaporation. Sa dissolution exige i3o parties d'eau froide et 24 parties d'eau bouillante.
Periodates bary tiques, a. Periodate neutre ^hail. Il n'a pas encore
été ei^aminé. b. Periodate quadribasique ^ Ba^I==:BaI-^4^a. On l'obtient en calcinant l'iodate barytiq^e dans une cornue : 5 atomes de sel neutre donnent 18 atomes pu 1 1,853 pour cent de gaz oxygène, 4 atomes ou 4\'fi'^^ pour cent d'iode, quî s'échappe du globe de la pornae, e^ i atome pu 4^»^^^ pour cent du sel quadribasique. Il est blanc et insoluble dans l'eau , mais soluble dans l'acide nitriqup. Traité^ par le nitrate argeptique , cette solution doqne un précipité jaune brun de souspe^iodate afgen-
tiqUè. ê. Stl 8è$q^îbuèiqt»è ^ Bd^P :$=2iBfliVf-9Ba4 On l'obtient soit
lODATE BARYTIQÛE. 35 1
en mêlant d ammoniaque caustique le sel prëbëdeut disftous dans l'acide nitrique 9 soit en précipitant une solution de nitrate bài^-^ tique par du periodate sodique; la liqueur devient par là acide. Le précipité est un peu gélatineux, et quelquefois jaunâtre. Après le tarage et la dessiccation , il renferme 5 atomes ou 6,677 P^^^ cent d*eau, qui s en vont à + 100** , quoique le sel commence déjà à + loo*" à donner de loxygène, pendant que Pacide passe à Tétat d'acide iodique. Ces deux soussels ont été découverts et analysés par Rammelsberg.
ïodate harytiqucy Bai. Il présente l'aspect dune poudre blanche ,*très-peu soluble. On l'obtient en dissolvant de Fiode dans l'eau barytique ; après Tévaporation , il devient farineux comme du carbonate calcique. D'après Millon , on obtient ce sel en plus grande quantité, en chauffant jusqu'à Tébullition, dans une cornue de verre spacieuse, 80 parties d'iode, 75 parties de chlorate potassique, i partie d'acide nitrique, et 4oo parties d'eau; dès que le dégagement du gaz chlore commence à devenir violent, on retire la cornue du feu, et on l'abandonne à elle-même. L'iode se convertit ainsi , en peu de minutes , en acide iodique. La liqueiir refroidie est ensuite mêlée avec une solution de go parties de nitrate barytiquè, ou 70 parties de chlorure de baryum : Fiodate barytique se précipite ; on le lave deux ou trois fois avec de l'eau froide qu'on y verse. On peut aussi obtenir l'iodate sodique par un de ces sels barytiques. Mais, quelle que soit la manière dont le précipité soit obtenu , il renferme toujours une petite quantité du précipitant, même lorsqu'on précipite l'acide iodique par l'eau de baryte ; on ne peut pas l'en débarrasser par le lavage ; c'est pourquoi on emploie une partie du précipité pour préparer de l'acide iodique, et on le fait bouillir avec la partie restante; on le lave après à l'eau bouillante. Lorsqu'on le dissout ensuite dans de l'acide nitrique un peu étendu et chaud, le sel cristallise, par refroidissement, en petits cristaux. Il contient i atome ou 3,67 pour cent d'eau de cristallisation. D'après Rammelsberg^ il exige, pour se dissoudre, 1746 parties d'eau à +15"*, et 600 parties d'eau bouillante. Mis sur les charbons incandescents , il ne fond pas, mais il jette ûUe lueur phosphorescente, et ne détone qu incomplètement, parce qu'il ne fond pas. Par la distillation, il donne du gaz oxygène et dé Tiddè, en laissant de l'iodate barytiquè quadribasi^ts.
352 SESQUICARBONATE BARYTIQUE,
Carbonates bary tiques, a. Carbonate neutre ^ Ba C. On le rencontre dans le règne minéral^ les minéralogistes lui ont donne le nom de mtherite. Il forme ensuite ordinairement une masse cristalline radiée. La forme fondamentale des cristaux est un rhomboèdre un peu obtus. Poids spécifique, ==4,3oi. On prépare artificiellement le carbonate barytique en mêlant lo parties de spath pesant ou sulfate barytique naturel très-intimement avec 5 parties de potasse purifiée et a parties de charbon en poudre , et chauffant fortement ce mélange, pendant une heure, dans un creuset couvert : on lessive la masse charbonneuse par Veau , qui dissout le sulfure potassique, et laisse le carbonate barytique mêlé de charbon en excès. On dissout ce carbonate dans de Facide chlorhydrique étendu, on évapore la solution jusqu'à siccité, on calcine le sel, on redissout le chlorure barytique dans Teau, on filtre la liqueur, et on la précipite par un carbonate alcalin. Le précipité est lavé à Teau bouillante et desséché. Tel qu'on l'obtient par la précipitation, à l'aide d'un carbonate alcalin, il forme une poudre blanche, très peu soluble dans l'eau; une partie en exige, pour se dissoudre, 4^00 d'eau froide, et 2800 d'eau bouillante. Il est entièrement insoluble dans une liqueur chargée de sel. Il retient son acide carbonique à la plus forte chaleur. Le carbonate barytique est souvent employé dans l'analyse des minéraux alcaliferes j pour cet usage, il faut le préparer à l'aide d'un nitrate barytique qui ait subi plusieurs cristallisations, et qu'on précipite ensuite par le carbonate ammonique. Quand, au moyen du chlorure barytique, on a précipité l'acide sulfurique contenu dans une liqueur, et qu'on veut que les sels restants soient exempts de baryte, il faut évaporer la liqueur à siccité, verser sur la masse saline une dissolution de carbonate ammonique, qui dissolve les sels, et donne naissance à du carbonate barytique immédiatement insoluble.
b. Bicarbonate barytique^ BaC*. On l'obtient en faisant arriver de l'acide carbonique dans un mélange d'eau et de sel neutre; ce dernier devient soluble en passant à l'état de bicarbonate, lequel ne peut être obtenu sous forme solide.
c. Sesquicarbonate barytique , Ba* G'. U prend naissance quand on précipite un sel barytique par le sesquicarbonate potassique ou sodique. Il est beaucoup plus soluble que le sel neutre, et perd, par la calcination, un tiers de son acide carbonique.
Le carbonate barytique et 1^ chlorure sodique, le carbonate
CROCONATK BAKYTIQUE. 353
barytique et le chlorure bary tique, ainsi que le carbonate barytique et le sulfate sodique y mêlés dans les mêmes proportions dans lesquelles les bases contiennent les mêmes quantités d oxygène, se combinent facilement par la fusion, suivant les expériences de Berthier^ et donnent, après la solidification , des masses blanches, demi* transparentes, qui offrent quelques traces de cristallisation, et dont la cassure est écailleuse.
Oxalate barytique. On obtient le sel neutre^ Baé, en précipitant un sel barytique par un oxalate neutre. Il est presque insoluble dans Feau. Il renferme, suivant Graham^ i atome ou 7,4 pour cent d'eau. On a dit qu'il se dissout dans Tacide oxalique libre, et qu'après Tévaporation de la liqueur il se dépose un sursel. Mais Graham révoque en doute l'existence d'un sel semblable.
Oxamate barytique^ BaG4-NH*€. Il se précipite lorsqu'on sature Tacide oxamique par l'eau de baryte. Il est soluble dans l'eau bouillante, et s'y dépose, par refroidissement, en petits cris*' taux. S'il est jaunâtre, on peut enlever cette coloration en faisant bouillir la dissolution saline avec du charbon animal.
Mellitate barytique^ BaC*0^ Il se précipite sous forme d'une masse blanche, en mêlant l'acétate barytique avec une solution d'acide mellitique. Il se dissout dans un excès d'acide , et peut être obtenu cristallisé dans cette liqueur.
Mésoxalate barytique^ BaC O*. On l'obtient d'après la méthode décrite tome I, page 6i3, pour la préparation de l'acide mésoxalique. Ce sel est peu soluble dans l'eau froide; mais il se dissout assez bien dans l'eau bouillante , d'où il cristallise ensuite en cris* taux feuilletés un peu jaunâtres , contenant i atome ou 6,7 pour cent d'eau de cristallisation.
Rhodicate barytique. 11 se précipite en rouge carmin quand on mêle la solution alcoolique de l'acide rhodicique par une solution alcoolique de chlorure barytique. Il ne se dépose qu'au bout de quelque temps. Recueilli sur un filtre et desséché , il a un éclat métallique vert. Il est rouge de sang quand on l'obtient par la précipitation de la solution alcoolique de l'acide rhodicique au moyen de l'eau de baryte; il est rouge foncé quand on le prépare en précipitant la solution aqueuse du rhodicate alcalin par le chlorure barytique. Il est insoluble dans l'eau.
Croconate barytique^ BaC*0*. Il se précipite sous forme dune poudre jaune insoluble.