‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 2)Chapitre 45 sur 84 · SULFATE AL1IM1N1CO-POTASSIQUE · texte numérisé non relu

SULFATE AL1IM1N1CO-POTASSIQUE

c. Aïs + 98= Al S^ -f- 2AI+ a7H. Provenance : Newhaven et Halle. Analyse : Stromeyer.

d. *À1'S**+ i8H=a*ÀÏS^ + 7AI-+- 54H. Provenance : Épernay en Champagne. Analyse : Lassaigne.

e. Al* y + 36H= Al S' + 4'AI+ 36H. Provenance : Halle (autre localité). Analyse : Marchand*

/. *ÂV'S*+ i6H= A1S'+ 5A1+ 48H, Provenance : Halle (jardin de rinstitiit pédagogique). Analyse : Steinberg.

g. APS' -4- 36H=2AVs^+ i3AI+ 108H. Provenance : Halle (autre localité). Analyse : Marchand.

Cette même espèce de combinaison y mais ne renfermant que 3o atomes d*eau, ou i5o atomes d'après une autre formule, constitue, suivant unie analyse A'Erdmann^ le pissophane de Garnsdorff près de Saalfeld ; mais ici une partie d*alumine se trouve remplacée par de Toxyde ferrique, ce qui donne au composé un aspect résineux et une couleur brune foncée.

Sulfate aluminicO'potassique ou alun , K S-f Al S'. Ce sel, trèsrépandu dans le commerce, est préparé de différentes manières dans divers pays. Dans la Solfatara, près deNaples, on voit s'échapper, sous la forme d'efflorescences du sol volcanique échauffe, delalun, qu'on recueille pour le purifier par la dissolution et la cristallisation. A Tolfa, en Italie, on fabrique Talun à laide de la pierre d'alun. Ce minéral renferme les éléments de l'alun , mais en combinaison avec un grand excès d'alumine. On soumet la pierre à une douce calcination , puis on l'expose pendant quelque temps à l'air, en la maintenant toujours humide , et on la lessive. L'alun qui cristallise après l'évaporation de la lessive est connu dans le commerce sous le nom iValitn de Rome,

La matière la plus commune pour la préparation de l'alun est fournie par le schiste alumineux noir, roche qu'on rencontre dans les gisements de grès ancien, et Torthocératite calcaire de la formation silurienne ou du terrain de transition. Cette roche schisteuse renferme des substances charbonnées bitumineuses, débris de corps organiques antédiluviens, mêlés en abondance avec du feldspath bien divisé [voir plus bas Silicate potassico^aluminiqué) et avec de la pyrite également très-divisée , avec des carbonates caicique et magnésique, auxquels la matière bitumineuse sert de ciment. Cette dernière est quelquefois si considérable, qu'on peut

SULFATE ALUMIMICO--POTASSTQUE. 449

Utiliser la roche comme combustible. On la tasse en morceaux et on Tallume pour brûler ce corps charbonné : la pyrite de Fe passe à Tétat de Fe^ et une partie de celle-ci à Tétat de sulfate ferreux. Après le refroidissement, on laisse la masse ainsi grillée quelque temps exposée à Faction de l'air : le reste de Fe se change en sulfate ferrique hydraté; celui-ci échange à son tour ses éléments contre ceux du feldspath, dont Talumine et la potasse s'unissent à l'acide sulfurique, pendant que l'oxyde ferrique se combine avec l'acide silicique devenu libre. Après que ce changement a eu lieu, on lessive la masse à différentes reprises avec de l'eau, et on emploie les solutions faibles pour épuiser de nouvelles masses. La solution est évaporée dans des chaudières de plomb jusqu'à consistance convenable pour la faire ^cristalliser; puis on la verse dans un réservoir, où on la laisse se clarifier, pendant qu'il se dépose du gypse et du soussulfate ferrique ; la liqueur limpide est introduite dans de grands vases coniques en bois, où toute la masse se prend en cristaux , de sorte qu'au bout de quelques jours il ne reste plus qu'une petite quantité d'eau mère au milieu du vase. Après qu'on a fait écouler celle-ci, on enlève les bandes et les doubes du vase, pour briser la masse crisulline en petits morceaux. Plusieurs espèces de schistes aluneux renferment^ outre le feldspath, beaucoup d'argile schisteuse, dont la potasse est insuffisante pour former de l'alun ; la lessive de celui^ri contient alors beaucoup de sulfate aluminique, qui pourrait res« ter dans Teau mère. Dans ce cas , on y ajoute un sel de potasse ; le mieux est d y ajouter le sulfate potassique , qui forme de l'alun avec le sulfate aluminique. Le schiste aluneux de Suède n'a pas besoin de cette addition. Pour purifier l'alun, il faut le redissoudre , et le faire cristalliser de nouveau.

En France, on se procure de l'alun en dissolvant de l'argile trèsdivisée dans l'acide sulfurique, ajoutant du sulfate potassique à la dissolution concentrée, et évaporant celle-ci pour la faire cristalliser.

L'alun cristallise en octaèdres réguliers, souvent très-gros. Il peut aussi cristalliser en cubes. Il affecte cette dernière forme quand on ajoute de la potasse à la dissolution d'alun , jusqu'à ce que le précipité qui se forme d'abord et se redissout tout de suite commence à devenir stable. Pendant la cristallisation , la liqueur reprend son état de saturation ordinaire et se trouble ; mais on obtient des cristaux cubiques. L'alun a une saveur douceâtre, as« III, a^

45o SULFATÉ ALintflNICO-POTASSIQtTE.

tringente, se dissout dans i8,363 parties d*eau froide et dans 0,75 d*eau bouillante. D'après Poggiale^ 100 parties d'eau dissolvent, à o^ , 3,29 parties d alun ; 9,52 parties à + 10° ; 22,01 parties à + 3o° ; 30,92 parties à -+- So**; 90,67 parties à + 70* , et 357,48 parties à + 100°. Il s effleurit faiblement à l'air et seulement à la surface , fond quand on le chauffe ,. et devient écumeux en perdant son eau de cristallisation, qui s'élève à 45 ^ pour 100 de son poids, ou à 24 atomes. Le point de fusion de l'alun cristallisé est à -+-92°, et il faut beaucoup de temps , par le refroidissement, pour qu'il se solidifie. Maintenu à +100"* jusqu'à ce qu'il ne diminue plus de poids, il perd, selon Hertivig y 10 atomes ou 18,96 pour cent d'eau. Les i4 atomes restants sont retenus à cette température , et la masse solidifiée est limpide et vitreuse. Maintenu à une température de +120"* jusqu'à ce qu'il ne diminue plus de poids , il perd 19 atomes ou 36,094 pour cent d'eau, et en retient encore 5 atomes. Dans cet état , c'est une masse poreuse , qui peut être chauffée à + 160*" sans perdre davantage de son poids. Chauffé alors à + 180*", et maintenu à cette température jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'eau d'éliminée , il perd en tout 23 atomes ou 43)5 pour cent d'eau. Le sel restant ne renferme alors que I atome d'eau , dont la moitié s'en va à + 200"* ^ il reste donc une combinaison de 2 atomes de sel avec i atome d'eau , qui peut enfin être expulsé à une température plus élevée. Lorsqu'on dissout l'alun cristallisé dans de l'acide sulfurique concentré, et qu'on chauffe la solution pour en chasser l'eau, il se précipite, par le refroidissement, un sel grenu , contenant 3 atomes ou 9^4 pour cent d'eau. Plongés dans de l'acide sulfurique concentré froid, les cristaux d'alun se changent en une masse glutineuse^ dont la proportion d'eau n'a pu être exactement déterminée, parce que l'acide sulfurique y adhérait trop intimement. L'alun déshydraté est appelé alun calciné; il paraît d'abord être tout à fait insoluble dans l'eau ; mais il s'y dissout complètement au bout d'un espace de temps assez long, propriété qu'il partage avec plusieurs autres sels calcinés. Par une violente chaleur , il est décomposé presque entièrement, et donne un peu de gaz oxygène; il reste un mélange d'alumine et de sulfate potassique. Ce sel est employé en médecine , dans la teinture , la fisibrication des cuirs, et dans d'autres métiers.

Parmi les différentes espèces d'alun qu'on rencontre dans le

SULFATE ALUMlNICO-lK>TASSIQUE. 4^1

commerce, Talun de Rome a été préféré pendant longtemps à tout autre. Cet alun est couleur de chair , à cause d une trace d'oxyde ferrique qui s'y trouve accidentellement mêlée ; mais il ne renferme pas d* oxyde ferrique chimiquement combiné, tandis que les autres espèces en contiennent de 0,007 ^ o^ooS de leur poids, quantité qui, quoique si petite , exerce une influence nuisible sur plusieurs couleurs. Cependant on peut , avec un alun quelconque , se procurer de Falun exempt de fer , et aussi propre que Talun de Rome aux usages de la teinture; il suffit pour cela de dissoudre l'alun dan* la plus petite quantité possible d'eau bouillante^ et de remuer la dissolution pendant qu'elle se refroidit, ou bien de le faire cristalliser plusieurs fois. Plus sûrement encore on débarrasse l'alun de toute trace de fer, en mêlant sa solution aqueuse bouillante avec du foie de soufre , jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité noir ou noir verdâtre de sulfure de fer; on sépare celui-ci immédiatement par le filtre, et on abandonne la liqueur à la cristallisation. Si l'on introduit dans un flacon de verre convenable un mélange de trois parties d'alun calciné et d'une partie de noir de famée calciné, qu'on place le flacon dans un creuset, qu'on l'entoure de sable, qu'on l'expose à une chaleur graduellement élevée, jusqu'à ce qu'on voie paraître une flamme bleue à l'orifice du flacon, qu'on laisse brûler cette flamme pendant deux ou trois minutes , qu'on ferme alors le flacon avec un bouchon de craie , et qu'on le laisse refroidir dans le creuset , on trouve dans le flacon une poudre noire , charbonnée , qui s'enflamme à l'air , et qui a reçu le nom de pjrropkore de Homberg^ parce que Homberg est le premier qui l'ait préparée. D'après une donnée de Coxe^ il convient de boucher le flacon quand on voit paraître une flamme rouge à son orifice ; et la propriété de s'enflammer , que possède ce mélange , est plutôt détruite quand la calcination est trop forte que quand elle est trop faible. Le pyrophore est un mélange de charbon , d'alumine, de soufre et de potassium. Il s'enflamme spontanément à Tair humide, mais il ne prend pas feu à l'air sec; il s'enflamme aussi dans le gaz oxygène, et brûle dans ce gaz avec une vivacité particulière. Le sulfate ahiminique sans potasse ne produit pas de pyrophore; mais on peut le préparer avec le sulfate potassique sans alumine, ainsi que nous l'avons dit tome II, page 70. La cause de son inflammabilité est l'état de division dans lequel se trouve le sulfure de potassium, par la présence de

452 SULFATE ALUMINICO-SODIQUE.

]*aluinine et du charbon en excès ; il s'échauffe en condensant la

vapeur aqueuse , puis s'enflarome.

Les parties constituantes de Talun se combinent en plusieurs proportions; la preuve en est qu'on peut ajouter beaucoup de potasse à une dissolution d alun , avant que le précipité cesse de se redissoudre. D après MauSy il se forme dans ce cas du sulfate, bialuminique, combinaison qui est de nouveau décomposée pendant la cristallisation , ainsi que je Tai déjà dit. Si, au contraire, on fait bouillir de Thydrate aluminique avec une dissolution d'alun, celuici se transforme en un sel double insoluble, dont la composition peut, selon Riffault^ être exprimée par K S -h 3 AI S + pH. Si l'on a mis un excès d'hydrate , tout l'alun est précipité. La pierre d'alun de Tolfa renferme un minéral en cristaux pailletés, qui décrépite fortement, et qui constitue, sous forme de masses compactes, la partie principale de la pierre d'alun. Les analyses qu*on a faites de ce minéral n'apprennent pas d'une manière satisfaisante quelle est sa composition quantitative , et il serait possible qu'il fût composé de même que le soussel préparé par la voie humide, et que l'effet de la calcination par laquelle il est transformé en alun consistât en ce que l'alumine calcinée et privée de son eau n'eût plus d'affinité pour l'alun , qui, devenu libre , se dissout dans l'eau. Les analyses qui ont été faites de la pierre d'alun de Montione et de Tolfa se rapprochent beaucoup de la formule des composés artificiels; mais elles ne s'accordent pas parfaitement avec elle, et donnent une quantité d'eau moindre. Elles indiquent, en outre, une proportion moindre de potasse, et probablement i atome de sulfate potassique est combiné avec 4AIS^ et cette combinaison peut être contenue dans la pierre d'alun.

Sulfate aluminicchsodique (alun à base de soude) , Na S + Al S*. On le prépare en mêlant ensemble le sulfate sodique et le sulfate aluminique, et livrant la dissolution concentrée à Tévaporation spontanée. Le sel double affecte la même forme cristalline que l'alun ; mais les cristaux s'efQeurissent à l'air et tombent en poussière. Ce sel est très-sol uble dans Veau, dont dix parties dissolvent, à la température de + 16'', onze parties d'alun à base de soude. Il se compose, comme l'alun de potasse, de i atome de chaque sel et renferme â4 atomes ou 47>i pour cent d'eau de cristallisation,

SULFITE ALUMINEUX. 4^3

Sulfate ammonico-aluminique (alun à base d'ammoDiaque) , N H* S + AI S\ On le trouve quelquefois dans le commerce ; on Tobtient , si , pendant la fabrication de l'alun , on ajoute à la lessive, au lieu d'un sel de potasse, un sel ammoniacal; on emploie pour cela le carbonate d'ammoniaque ordinaire ou le sulfate ammonique, ou bien de Turine pourrie. Ce sel ressemble tellement à' l'alun à base de potasse, qu'on ne saurait len distinguer au simple aspect ; en outre , son eau de cristallisation s élève aussi à 24 atomes ou 48,9 pour cent. Soumis à une calcination modérée, il se comporte comme lalun ordinaire; mais à une forte chaleur, il donne im résidu d'alumine pure. On le trouve en petites quantités dans la nature, à Tschermig en Bohême, dans une couche de houille ligneuse.

Lorsqu'on ajoute à une dissolution aqueuse de cet alun peu à peu une petite quantité d'ammoniaque, il se forme un précipité qui se redissout jusqu'à ce que la solution renferme aNH*S-|- Al'S^, combinaison qui, comme le sel potassique, se décompose pendant la cristallisation. Si l'on ajoute de l'ammoniaque jusqu'à ce que le précipité devienne constant^ celui-ci deviendra, d'après Riffault, ==:NH*S+3À1S+9H.

Sulfate magnésico-aluminique^ Mg S-f- Al S^ + a4H» O" 1^ rencontre dans la nature, quoique rarement, sous le nom d'alun fibreux; la magnésie s'y trouve en partie remplacée par l'oxyde manganeux. Un autre sel double, =3MgS + AIS% s'obtient en dissolvant les deux sels dans l'eau, ajoutant à la liqueur de l'acide sulfurique libre , et l'abandonnant à Tévaporation spontanée : le sel double forme une efilorescence aux parois du vase au-dessus de la liqueur ; ce sont des groupes mamelonnés de cristaux prismatiques déliés. Il contient 36 atomes ou 48 pour cent d'eau de cristallisation.

Sulfite alumineux. On ne le connaît pas encore à l'état neutre. L'hydrate aluminique se dissout dans l'acide sulfureux ; et lorsqu'on évapore cette solution dans le vide sur l'acide sulfurique, il reste une masse gommeuse, dans laquelle le rapport entre la base et l'acide n'a pas encore été déterminé. En chauffant la solution dans l'acide sulfureux jusqu'à + 74** > il se dégage du gaz acide sulfureux en abondance, pendant qu'il se dépose une poudre blanche, qui se redissout par le refroidissement; mais lorsqu'on fait

454 PHOSPUATJES ALUMl NIQUES.

bouillir la liqueur tant qu'il se dégage encore de Tacide sulfureux, le dépôt ne se redissout plus par le refroidissement. Il se compose, d'après Gougginsperg ^ de Al S + 4^9 contenant 3o,i3 pour cent d'eau. A ^-loo** , Teau et lacide sulfureux s'en Tont. Au contact de l'air, lacide sulfureux qui s'y trouve passe à l'état d'acide sulfurique. Par la calcination , il laisse de l'alumine pure.

DUhionate (hyposulfate) aluminique , Al S^*. On le prépare en décomposant le sel barytique par le sulfate aluminique. La dissolution se décompose pendant l'évaporalion , et il est difficile d'avoir le sel sous forme cristalline. D'après Heeren^ il ne forme point de sels doubles avec l'hyposulfate potassique ou ammonique.

Les dithionite, trithionate et tétrathionate aluminiques n'ont pas encore été examinés.

Nitrate aluminique , A1N\ En évaporant la dissolution de ce sel jusqu'à consistance sirupeuse, le nitrate se dépose en cristaux rayonnes; par une dessiccation rapide, il forme une masse gommeuse. Il se liquéfie à l'air, et se dissout dans l'alcool. Le feu le détruit. Si Ton précipite une dissolution de ce sel par l'ammoniaque caustique, on obtient un précipité qui ressemble à de la colle de farine, et qui consiste en sousnitrate aluminique^ sel qu'un excès d'ammoniaque ne décompose pas.

Phosphates aluminiques, a. Phosphate neutre y APP^ Il n'a pas encore été obtenu. Le précipité qui se forme en versant goutte à goutte une solution de sel aluminique dans une solution de ''phos-* phate sodique, est un sousselj et laisse de l'acide libre dans la liqueur. Il se compose de i atome d'acide et de i atome d'alumine,

= A1P, ou =:=A1*P^+A1, en combinaison avec de l'eau, dont la quantité varie, suivant les circonstances, parla dessiccation. Desséché dans l'air, il contient, d'après la première formule, 9 atomes d'eau; tandis que, desséché dans l'appareil dessiccateur à des températures différentes , il renferme , suivant les expériences de Rammelsberg ,8,7 et 6 atomes d'eau. D'après la dernière formule, le nombre des atomes est triple , ou = 27, 24 9 21 et 18. Il est soluble dans l'acide phosphorique , et cette solution laisse, par Tévaporation , une masse déliquescente, sirupeuse. On n a pas encore examiné si l'on peut produire un composé neutre en saturant cette masse par le soussel. En dissolvant le soussel

PHOSPQATS LlTHIGO-ALUMmiQUE. 455

(lan$ UQ acide et précipitant cette solution par i*aramoniaque

caustique, on obtient un composé encore plus basique, qui res-

semble, par son aspect, au précédent. Il se compose, d après Ram-*

melsberg^ de 3 atomes d'acide, 4 atomes d'alumine et i8 atomes

••••■• ••• d'eau; c'est donc du phosphate bialuminique ^ =Al*P'-i-aAl+r

1 8 fi. Il existe probablement des combinaisons qui renferment le sel neutre uni à un plus grand nombre d atomes d'alumine. Le sousphosphate aluminique est soluble dans la potasse caustique, et en est précipité par une solution de sel ammoniac. A une forte chaleur, il se fond en une masse vitreuse. — < La séparation de lacide phosphorique d'avec l'alumine est en général un problème difficile. Cependant, Otto assure qu'on atteint facilement ce but en mêlant la solution du phosphate aluminique avec une suffisante quantité d'acide tartrique, ajoutant de l'ammoniaque caustique au mélange , et traitant ensuite la liqueur par une solution de chlorure magnésique, jusqu'à ce qu'il ne se précipite plus de phosphate ammoniaco-magnésique.

Phosphate biaJuminique. Il entre dans la composition d'un minéral cristallisé rayonné, le wawellite, qui est une combinaison de phosphate bialuminique avec le fluorure aluminique, analogue au mode de combinaison que nous avons vu pour le sousphosphate calcique, et comme nous le verrons plus loin pour le sel plombique correspondant. Le waveellite contient 27,8 pour cent d'eau de cristallisation. Sa composition peut être représentée par

la formule A1F^+3À1*P'^ + 36H.

Phosphate lithico^aluminique.lX forme unsoussel double, quand on précipite une solution de phosphate lithique par la solution d'un sel aluminique. Le précipité se compose, d'après une analyse

de Rammelsbergy de aL'P -f- A1*P + 3oH, où le phosphate aluminique se trouve avec un plus grand excès de base encore que dans les sels qui viennent d'être indiqués : on peut l'exprimer par la

formule A1'P'+ x6Al. Un soussel double avec moins de base se rencontre dans le règne minéral, en combinaison avec le fluorure aluminico-sodique. C'est un minéral cristallin blanc, qui se rencontre très-parcimonieusement près de Chursdorff en Saxe, et qui a reçu le nom iïamblygonite. Il se compose , d'après Rammels-

berg , de Na F + Al F + y P + Al'P'. Le nombre L' P' indique

456 lODATE A.LUMINIQUS.

un sel de lithine avec excès d*acide , qu'on ne saurait guère imaginer à côte du soussel aluminique. Les derniers membres de cette formule seraient peut-être plus exactement représentés par

L* P + L^ P + 4A1 P + AI. Une partie de la lithine est remplacée, dans le minéral, par la soude.

Phosphate aluminico-ammonique.Ce sel a été trouvé, sous forme terreuse, dans une grotte volcanique de Tîle Bourbon.

Phosphate magnés ico^aluminique. Il se rencontre dans la nature à l'état de soussel double , constituant un minéral cristallisé d'un beau bleu clair, appelé lazuUte. Il se compose , d'après Rammels-

hergy de aMg^ P + Al* P' -f- 6H. La magnésie s'y trouve, pour une petite portion, remplacée par la chaux et l'oxyde ferreux, et forme ainsi le phosphate ferroso-ferrique qui communique au minéral sa belle couleur.

Phosphite almninique^ A1'P\ Il est peu sohible dans l'eau. Si l'on ajoute à une dissolution concentrée d'alun une dissolution aqueuse de chloride phosphoreux , qui a été préalablement neu- , tralisée par lammoniaque y on obtient un précipité qui se rediissout d'abord , mais finit par devenir stable. Il consiste en phosphite aluminique, et il s'en précipite une nouvelle quantité quand on fait bouillir la liqueur. Il ne produit pas, comme le sel magnésique j un phénomène de lumière quand on le chauffe.

Hypophosphite aluminique^ A1P\ 11 se dessèche en une masse gommeuse, qui se conserve à l'air.

Perchlorate aluminique^ AléP. Sel non cristalUsable , déliques* cent, et soluble dans l'alcool.

Chlorate aluminique^ ÂléP. C'est un sel déliquescent, quon peut se procurer comme le sel magnésique. Sur les charbons ardents, il détone à peine, mais brûle avec une flamme violette.

Bromate magnésique^ Al&r^. On l'obtient en saturant l'acide bromique par l'hydrate aluminique, ou précipitant le bromate potassique par le fluorure silico-aluminique. Parl'évaporation dans l'appareil dessiccateur , il se dessèche en une masse transparente, qui s'humecte à lair.

lodate aluminique ^ Ali. On l'obtient de la même manière que le sel précédent, il offre, dans l'appareil dessiccateur , quelques indices de cristallisation , et est déliquescent à l'air,

MKLLITATE ALUMIWIQUK. 457

Carbonate aluminique. Ce sel n existe pas. D'après les expériences de Saussure^ Falumine se dissout en petite quantité dans une eau chargée d*acide carbonique ; mais elle se précipite aussitôt que lacide carbonique s'est vaporisé. Si Ton précipite l'alumine par un carbonate alcalin en excès, le précipité qu'on obtient est un sel double insoluble , composé d'acide carbonique, d'alcali et d'alumine, et se dissout avec effervescence dans les acides.

Oxalate aluminique y Àlé^ Il est insoluble, mais se dissout facilement à l'aide d'un excès d'acide; dans cet état, il est déliquescent et incristallisable. L'alcool ne le dissout qu'en petite quantité. La dissolution de ce sel n'est pas troublée par l'hyposulfite calcique.

Oxalate alumimco-potassique. Il s'obtient en saturant par l'hydrate aluminique le sel potassique acide. Il forme une masse gommeuse , qui n'est pas déliquescente , et se dissout aisément dans l'eau.

Oxalate sodico-aJuminique. Il s'obtient de la même manière. Il cristallise en lames minces ; la cristallisation est considérablement facilitée en versant avec précaution à la surface de la solution concentrée une couche d'alcool,

Mellitate aluminique ^ Al -f- 3C* O^ -f- 1 8H. C'est un minéral connu sous le nom de mellite (honigstein) ^ qu'on ne trouve que dans les lignites d'Artern en Thuringe. Il est jaune comme le succin. On ne le rencontre que cristallisé en octaèdres carrés, dont les faces sont en partie polies et brillantes, en partie rugueuses. Les cristaux sont transparents, jaunes ou d*un rouge jaune , et acquièrent, parle frottement, l'électricité négative ; leur poids spécifique est de 1,58 à i)66, et ils deviennent blancs par la combustion dans le feu. Réduits en poudre fine et bouillis dans Teau , celle-ci enlève un sel acide. Les acides les changent en un sel acide et les dissolvent. Les alcalis caustiques les dissolvent, les carbonates alcalins les décomposent et enlèvent l'acide en laissant l'alumine. Ce minéral se compose, d'après l'analyse de JVoehler^ de i4,5 d alumine, 4i}4 acide mellitique , et 44)i d'eau de cristallisation, dont l'oxygène est le sextuple de celui de la base ; cette eau s*en va, sans que l'acide mellitique se décompose , à une température voisine du point d'ébuUition de l'acide sulfurique. 11 y a , en outre, quelques traces de résine, cause de la coloration, et en partie de l'odeur aromatique que le minéral répand par la calcination.

458 SILICATE ALUMIKIQUE.

Lorsqu'on mêle une solution d*alnn avec du mellitate ammonique, il se forme un précipité blanc , qui ne renferme que les deux tiers de Talumine du mellite , et 4^ pour cent d'eau. Il n*a pas été examiné davantage,

Rhodicate aluminique. C'est une poudre brune insoluble.

Croconate aluminique. Il est très-soluble, tant dans Teau que dans Falcool. On ne Ta pas pu obtenir cristallisé ; on ne la obtenu qu'à 1 état d'une masse jaune gommeuse.

Borate aluminique. Avec un léger excès d'acide , il forme un sel astringent, déliquescent, qui fond et se vitrifie au feu. Le sel neutre est insoluble, à ce qu'on dit.

Silicate aluminique. Il est très-abondant dans le règne minéral. Les argiles ordinaires consistent en silicate aluminique^ mais, jusqu'à ce jour , elles ont été si peu examinées , qu'on ne peut rien dire de positif sur leur composition quantitative. D'après une analyse faite par Sefstroem , l'argile réfractaire de Hoganàs en Schonen , et celle de Stourbridge en Angleterre , sont un silicate aluminique neutre, =AlSi^ Ce qui a reçu, dans le règne minéral, le nom d'argile, n'est, à vrai dire, qu'un mélange de silicates aluminiques à l'état de division extrême, combinés chimiquement avec de l'eau : les degrés de saturation de l'acide silicique , ainsi que le nombre des atomes d eau , y sont très-variables. C'est pourquoi l'analyse ne donne pas de résultats conciliables avec des proportions définies; ceci n'est possible que pour Talumine non mélangée. Les mélanges qu'on rencontre le plus communément ont pour formules : Al Si*, Al Si, 2AlSi + AlSi'; plusieurs d'entre eux forment des mélanges complexes. Dans le rapport le plus ordinaire, l'eau et Falumine renferment la même quantité d'oxygène ; l'eau contient quelquefois i |, même deux fois autant d'oxygène que l'alumine. Tant que ces composés sont exempts d'autres bases, telles que potasse , chaux , oxyde ferroso-ferrique , etc., ils sont infusibles , et on les appelle apyres. Souvent ils proviennent de la décomposition de silicates aluminiques doubles : l'alumine ainsi formée reste toujours à l'état de silicate double avec une petite portion du silicate à base plus forte, et se comporte, dans ce cas , à l'égard du silicate double qui lui a donné naissance , à peu près comme la composition de la pierre d'alun à celle de l'alun. Par la présence d'un silicate fusible, les silicates aluminiques se fondent, à une très-forte chaleur, en une masse vitreuse. Plus

AMPHIGBNB. 4£^9

de détails sar ces silicates nous feraient empiéter sur le domaine de la minéralogie. Ici, nous n'avons d'autre intention que de fournir des exemples de combinaisons naturelles de 1 alumine avec Tacide silicique.

Les minéraux, qui, d après leurs différents aspects, OQt reçu les noms de disthène ou cyanite^ diandaïusUe ^ de sillimanite et de chiastoUthey sont tous composés d'après la formule ÂP Si' = aÂlSi + Àl. Ils sont extrêmement durs , infusibles, et résistent avec une force particulière à Faction des réactifs chimiques.

La topaze y minéral très-connu, compté au nombre des pierres précieuses lorsqu'il se présente en cristaux limpides, est une combinaison de fluorure aluminique avec du soussilicate aluminique, = aAIF^4- SAlSi.Un autre minéral, qui s'y rapporte intimement, est le pjrknite^ composé de 2ÀI F* 4- 3A1 Si*+ Al Si*. Il renferme donc I atome d'alumine de moins que la topaze. Sa composition exacte a été déterminée par Forchhammer.

Silicate aluminico-potassique. De tous les sels doubles , c'est le plus répandu dans le règne minéral ; il constitue une partie trèsconsidérable de la masse solide de la croûte terrestre. Ses parties constituantes se trouvent combinées dans plusieurs proportions ; mais le composé le plus ordinaire qui en résulte est le suivant :

1° Feldspath, Ce minéral est composé de telle sorte que, si on reipplaçait le silicium par du soufre, il se formerait de l'alun anhydre; par conséquent, il contient un atome de silicate potassique neutre et lin atome de silicate aluminique neutre, =KSi -h AI Si^. Ce minéral est presque toujours à l'état cristallin , et forme une des trois principales parties constituantes du gneiss et du granit. Il est très-peu fusible, et n'est décomposé, par la voie humide, ni par les acides, ni par les alcalis.

2° Amphigène ou leucite. Ce sel double se rencontre principalement dans la lave du Vésuve à l'état cristallisé; le rapport entre l'alumine et la potasse est le même que dans le minéral précédent, mais l'acide silicique n'y contient que deux fois autant d'oxygène que les bases; par conséquent, il est composé d'après la formule K^ Si' 4- 3ÀlSi^ Ce minéral est absolument infusible ; les acides et les alcalis ne l'attaquent pas par la voie humide. On peut obtenir une combinaison semblable en précipitant une dissolution potassique saturée d'alumine, par une dissolution de silicate

46o ANALCIME.

potassique (liqueur des cailloux); mais cette combinaison diffère de celle naturelle, en ce qu'elle contient de Tacide 'silicique, et qu'elle est, par conséquent , dëcomposable par les acides forts.

y Si Ton fait fondre un mélange d'acide silicique et d'alumine avec un excès de potasse, et qu'on traite la masse fondue par l'eau, pour lui enlever tout ce qui est soluble, il reste une poudre dans laquelle la potasse et l'alumine se trouvent entre elles dans le même rapport que dans les composés précédents , mais dans laquelle Toxygène de l'acide silicique est égal à celui des bases. Par conséquent, ce sel double basique a pour formule K.^Si+ 3AlSi.

On trouve cette même combinaison dans un minéral qui a été rencontré à Fredriksvarn en Norwége , et qui a reçu le nom d'elœolithe; mais elle y est mêlée avec le sel sodique correspondant. Cette combinaison est très-fusible; par la voie humide, elle n'est pas décomposée par les alcalis , mais bien par les acides. — Au reste, il existe un grand nombre de silicates doubles de potasse ou de soude et d'alumine, dans lesquels les alcalis sont remplacés en totalité ou en partie par la chaux et la magnésie; ces silicates ont toute l'apparence du feldspath, et le remplacent dans le granit et le gneiss, et les bases s'y trouvent dans une proportion différente, à l'égard de l'acide silicique ^ que dans le feldspath , par exemple, KSi*-f-ÂPSi% ÂÏSi% KS^ + ÂISi^ KSi-f-AlSi*, etc. Souvent ce n'est que l'analyse qui puisse nous dire que ce n'est pas là du feldspath.

Silicate aluminicO'Sodique. Il est beaucoup moins commun dans la nature que le sel potassique, auquel il correspond par sa composition.

i" Albiie (natron-feldspath), NaSi-f- AISi\ Ce minéral ressemble beaucoup au feldspath , et offre les mêmes propriétés quand on l'expose à l'action du feu , des acides et des alcalis.

2** Analcime, Il est proportionnel à Tamphigène , et se trouve comme lui dans la lave, principalement au mont Etna et dans la vallée de Passa, dans le Tyrol ; il est cristallisé comme l'amphigène, mais il renferme 8,27 pour cent ou 6 atomes d eau de cristallisation , et sa composition est exprimée par la formule Na'Si* -+- 3 Al Si* -h 6H. Il renferme de l'acide "siUcique, et est facilement décomposé par les acides.

3** La troisième combinaison peut être préparée par le même

SOUSSILICATE CALCICO-ALUM INIQUE. /^Sl

moyen que le sel potassique correspondant. Mais on la trouve aussi, entre autres, dans la lave du Vésuve, cristallisée en prismes hexagones; elle reçoit alors le nom de néphéline. Les laves plus anciennes renferment souvent un sel double, contenant i atome de silicate sodique neutre et 3 atomes de soussilicate aluminique , =:Na Si + 3ÂI hi + aH. Les minéralogistes ont donné à ce composé le nom de mésotype ou natrollthe. Un autre sel double , composé d'après la formule Na^Si*+ 2AI Si , est connu sous le nom desodalithe; mais il contient en outre du chlore.

Silicate aluminico-lithique. Nous ne lui connaissons que deux degrés de combinaison , qui se trouvent seulement dans le règne minéral, et renferment i atome d'alumine et i atome de lithine.

1° Pétalite, Jusqu'à présent on ne Ta trouvé que dans la mine de fer d'Uto; il est blanc, cristallin, feuilleté, et ressemble au feldspath. Sa composition peut être exprimée par Li^Si*4-4ÂISi* = 3(2LiSi4-LiSi')4-4(aAISi-j-ÂrSi*). Mais une partie indéterminée de lithine s'y trouve remplacée par de la soude, ce qui a également lieu pour le minéral suivant, savoir, a** le spodumen (triphane), cristallisé, et semblable au feldspath ; il est très-fusible; par la voie humide, il n'est décomposé ni par les acides, ni parles alcalis. Sa composition peut se représenter par Li^Si*-j-4AISi*=: 2Li Si' + Li Sï' + 4 Al Si*.

Silicate harytico^aluminique. Il forme un minéral cristallisé contenant de l'eau de cristallisation , et connu sous le nom de harmotome ou kreuzstein.

Silicate aluminicO'calcique. 11 forme beaucoup de combinaisons en proportions différentes, et qui contiennent presque toutes de l'eau de cristallisation. Le minéral qui correspond, par sa composition, au feldspath, est appelé stilbite^ qui renferme 6 atomes d'eau de cristallisation. Il existe beaucoup d'autres combinaisons entre ces deux bases , mêlées quelquefois avec un des alcalis , et dans lesquelles les proportions des bases entre elles, et celles des bases et de l'acide, varient. Ces combinaisons constituent les minéraux appelés heulandite^ brewsterite , laumonite , prehnite^ sco-^ lezitej c/iabasitej mésolitJie^ mésole^ ihomsonite. Dans tous les silicates doubles qui viennent d'être. mentionnés, il y a de l'acide ''silicique. Ils sont donc facilement décomposés par les acides.

Soussilicate calçicO'oluminique y Ca^ Si-*- Al Si. H constitue le

4621 lK>RCELAl!rE.

grenat et Yidocras (vésuvien). Ces minéraux renferment de Tacide ^silicique, et sont, par conséquent, indécomposables par les acides. Mais lorsqu'on les chauffe à un bon feu jusqu'à fusion , l'acide silicique, par l'influence de la base excédante plus forte, passe à l'état d'acide "silicique, et la masse vitreuse, réduite en poudre, est décomposable par la voie humide, au moyen des acides plus puissants. Le poids spécifique de la masse vitreuse est diminué par suite du passage des éléments à la modification '.

La circonstance par laquelle le grenat fondu est devenu soluble dans les acides, démontre que la solubilité des silicates doubles de chaux et d alumine qui viennent d'être mentionnés ne dépend pas de la proportion d'eau qu'ils renferment. Far une forte calcination, ceux-ci passent, par suite de l'acide silicique prédominant, à l'état de ^silicates, et ne sont plus alors décomposables par les acides.

Le silicate magnésico-aluminique existe dans beaucoup de minéraux , par exemple dans le dichroïte , = aMg^ Si* -f- 3AI Si, etc. Les exemples de silicates doubles que j'ai tirés du règne; minéral sont bien loin de suppléer à une description complète de ces combinaisons plus ou moins intéressantes, mais ils serviront à montrer combien la minéralogie est liée à la chimie ; et si je suis obligé de renvoyer le jeune chimiste à l'étude de la minéralogie pour mieux connaître ces composés, il trouvera , d'un autre côté, que cette dernière science n'est que la suite de la chimie, qu'elle n'est, pour ainsi dire, que la chimie des combinaisons inorganiques.

Le silicate aluminique est la base des "vases de terre^ de \dL faïence et de la porcelaine,

La porcelaine est connue depuis bien longtemps, mais la fabrication était le secret des Chinois. La manière de la préparer ne fut découverte qu'en 1706, par Bottchery à Dresde, et publiée ensuite ^ar Beaiimur j Tsckirnkausen y et d'autres.

La principale matière qui entre dans la fabrication de la porcelaine est une argile pure, incolore, très-réfractaire (argile à porcelaine, kaolin), résultat évident d'une décomposition lente de roches feldspathiques. On la lave très-soigneusement par suspension, et on la mêle très-intimement avec une certaine quantité de poudre fine de feldspath, lavée par suspension : celle-ci sert à produire, avec le kaolin, qui est en lui-même infusible, cette masse demi-vitreuse qu'on appelle porcelalne.^Après que le mélange a acquis un certain degré de consistance par l'évaporation

FAÏENCE FiBrt:. 463

de Feau , on a ordinairement Thabitude de le conserver encore pendant plusieurs années dans un endroit humide , parce que , pendant ce temps, Faction qu'exerce l'eau contribué à diminuer de plus en plus la cohérence entre les particules , qui deviennent ainsi plus ténues, et se mêlent plus intimement. La masse, soigneusement broyée , est alors façonnée , et doucement calcinée ou dégourdie; elle acquiert ainsi assez de cohérence pour ne pas se ramollir par la trempe dans le vernis , et cependant elle est devenue assez poreuse pour absorber immédiatement Teau du dernier. Le vernis dont est recouvert la porcelaine calcinée diffère du vernis des autres objets d'argile , en ce qu'il ne renferme pas d'oxjde plombique, et qu'il est très-peu fusible. C'est un mélange délayé de poudre fine de tessons de porcelaine, de gypse, de sable et de kaolin, réduits par l'eau en une pâte peu épaisse. C'est dans cette masse qu'on plonge un instant les objets calcinés, pour les enduire d'une couche de vernis. Après leur dessiccation à Tair, on les expose, pendant i8 heures, à une chaleur blanche soutenue , dans le fourneau de fabrique : la masse acquiert par là un aspect à demi vitrifié y et le vernis se fond en une mince couche vitreuse. Le produit ainsi obtenu est Bpfelé porcelaine vraicy et se distingue faciletnent de la faïence par sa translucidité et par sa cassure vitreuse. On y applique ensuite souvent des couleurs , qu'on fait pénétrer dans le vernis par la calcination dans un nvoufle particulier. Il n'y a qu'un petit nombre de couleurs assez stables pour sup* porter la chaleur du fourneau de fabrique, et susceptibles, conséquemment, d'être appliquées sous du vernis; ces couleurs sont les oxydes cobaltique , chromique et uranique.

loL faïence fine [poTceiBÎne opaque, faïence de Wedgwood) est la poterie la plus fine après la porcelaine, à laquelle elle ressemble beaucoup par ses caractères extérieurs. Sa cassure n'est pas vitreuse comme celle de la porcelaine , mais terreuse. Elle n'est ni translucide ni sonore, et son vernis est plombifère. Elle est formée d'une argile fine , bleuâtre , apyre , qui devient blanche par la cuisson. On soumet cette argile à une préparation mécanique très-soignée, et on la mêle avec une quantité considérable de silice divisée par la lévigation. La faïence fine se fabrique, du reste, comme la porcelaine , avec cette seule différence que le dégourdissage se fait à la température la plus élevée, et l'application de la couverte ( vernis ) à une température beaucoup plus basse.

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