‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 2)Chapitre 54 sur 84 · C. Sulfosels de manganèse · texte numérisé non relu

C. Sulfosels de manganèse

On ignore si le manganèse forme « avec le soufre, plus d'une base : celle qu'on connaît correspond , par sa composition , a Toxyde manganeux. Les sels qu'elle produit sont presque tous solubles dans l'eau , et forment plusieurs degrés de saturation. Ceux à excès de base s'oxydent facilement pendant la dessiccation, et se convertissent alors en un mélange d'oxyde manganique et de sulfosel neutre.

Hyposulfophosphite manganeux , Mn P. Pour l'obtenir , on se procure d'abord du sulfure manganeux débarrassé d'eau par une douce calcination dans le gaz sul6de hydrique ; puis on le mêle avec du sulfide hypophosphoreux dans une boule soufBée à un tube de verre; on calcine le mélange très-doucement, pendant qu'on fait traverser le tube de verre par un courant de gaz hydrogène sec. La combinaison se fait avec un violent dégagement de chaleur : une partie du sulfide hypophosphoreux s'en va par la distillation, et on le recueille dans un récipient convenablement adapté au tube de verre. Le sulfide hypophosphoreux restant est ensuite soumis à la distillation dans le courant de gaz hydrogène, pour le séparer de la combinaison ; la chaleur qu'on emploie pour cela doit être extrêmement modérée, afin que la combinaison ne se décompose point ; c'est ce qui prolonge l'opération de plusieiurs heures. La combinaison est, non fondue , jaune vert, mais d'une nuance différente de celle du sulfure de manganèse. Elle ne s altère pas immédiatement à l'air, et ne se dissout pas dans l'eau; mais elle se décompose par l'acide chlorhydrique , qui dissout le manganèse avec dégagement de gaz sulfide hydrique , et laisse le sulfide hypophosphorique sous la modification rouge. Par la distillation sèche , elle donne le sulfide hypophosphoreux sous la modification liquide, pendant qu'il reste du sulfure de manganèse. Chauffée à l'air, elle s'allume et brûle avec une flamme de phosphore. Le résidu est un mélange de sulfure de manganèse avec le surphosphate manganeux.

Sulfocarbonate manganeux^ Mn C. Il forme d'abord une liqueur translucide d'un brun foncé ; mais ensuite le sel se dépose sous

SULFARSÉNIATE MANGANETTX. 5^3

forme dune poudre orange pâle. La liqueur surnageante est jaune. Le précipité se dissout en jaune par le lavage. 11 ne noircit pas sur le filtre, et donne , après la dessiccation, une niasse un peu plus foncée, qui, étant distillée , dégage du gaz acide carbonique et du soufre, et laisse du sulfure vert de manganèse, soluble dans Tacide chlorhydrique sans aucun résidu de charbon.

Sulfarséniate manganeux ^ Mn'As. II est, jusqu'à un certain point , soluble dans Teau , tant à Tétat neutre qu a Tétat de sulfarséniate sesquimanganeux. Les sels niànganeux ne sont pas précipités par les sulfarséniates ; et si l'on fait bouillir du carbonate manganeux avec du sulfide arsénique récemment précipité et bien lavé, ce dernier se dissout quand l'ébullition est suffisamment prolongée, en produisant un dégagement de gaz acide carbonique. Cependant la meilleure manière d'obtenir ce sel est de faire digérer le sulfure manganeux récemment précipité, et encore humide, avec du sulfide arsénique et de Teau. Une portion du sulfarséniate se dissout dans la liqueur; mais la plus grande partie reste sous forme d'une poudre jaune , qui se dissout par l'addition d'une plus grande quantité d'eau. SI Ton évapore la dissolution , il se précipite d'abord du soufre, et II se dépose ensuite une masse d'un jaune citron , qui ne se redissout pas complètement dans l'eau, parce qu'elle a été décomposée par l'air. La dissolution dans l'eau donne, par les acides, un précipité abondant de sulfide arsénique , et dégage du sulfide hydrique quand le sel a été fait avec du sulfure manganeux. Mais s'il a été préparé à l'aide du carbonate manganeux, le précipité a lieu sans dégagement de gaz sulfide hydrique. Si l'on verse de l'ammoniaque caustique concentrée sur le sel jaune pulvérulent, que l'on obtient en faisant digérer le sulfure manganeux avec du sulfide arsénique, ce sel est décomposé ; l'ammoniaque s*empare d'une partie du sulfide arsénique, et laisse une poudre rouge brique, qui a tout l'aspect du sulfure manganeux , mais en diffère cependant en ce qu'elle ne se décompose point à l'air, eft supporte sans altération le lavage et la dessiccation, tandis que le sulfure manganeux brunit de suite dans les mêmes circonstances. Après la dessiccation , cette poudre est d'un rouge brique pâle. Elle consiste en sulfarséniate

trimanganeux ^ Mn^As. Ce sel continue à brûler lorsqu'il a un

5^4 S£LS FERREUX.

point en ignition ; et quand on le chauffe en masse, il brûle avec vivacité.

Sulfarsénite manganeux^ Mn* As. 11 forme un précipité orange, qui devient plus foncé par la dessiccation , mais qui est d'un beau jaune foncé après avoir été broyé. Distillé, il donne du sulfide arsénieux , et laisse pour résidu une substance vert jaunâtre , qui ne se décompose plus. Elle est pulvérulente et tout à fait infusible. L'acide chlorhydrique par lequel on la traite lui enlève du manganèse , avec dégagement de gaz sulfide hydrique , et en sépare du sulfide arsénieux. C'est un soussel anhydre.

Hyposulfarsénite manganeux^ Mn As. C'est un précipité rouge foncé.

Sidfomolyhdate manganeux^ Mn Mo. Il est soluble dans l'eau , et s'obtient par la digestion du sulfure manganeux avec du sulfide molybdique et de l'eau. Le sulfide ne doit pas être mis en excès ^ parce que cet excès donnerait naissance à une combinaison insoluble. La dissolution est d'un jaune brunâtre , et se dessèche en un vernis transparent non cristallin. Elle est précipitée par l'ammoniaque, qui en sépare un sel basique sous forme d'une poudre rouge foncé , dont la couleur devient plus sombre par la dessiccation, et tire sur le brun. Si l'ammoniaque est ajoutée en excès, le sel précipité se décompose jusqu'à un certain point, s'oxyde en se desséchant, et devient noir. Ainsi, les sels de manganèse ne sont précipités par les sulfomolybdates neutres que quand on ajoute un alcali à la liqueur, cas dans lequel se forme le sel basique rouge, dont la couleur est brune quand il contient la plus légère trace de fer.

Hypersulfomolyhdate manganeux ^ Mn Mo. Il se précipite sous forme d'une poudre rouge.

Sulfotungstate manganeux ^Mn W. 11 est soluble dans l'eau j la dissolution est jaune.

i6. Sels de fer.

Sels ferreux.

Ils se distinguent par une couleur bleuâtre tirant un peu sur le vert, et par une saveur particulière , douce , puis astringente^

SELS FERRIQUES. 5a5

iU sont pour la plupart solubles dans l'eau y à Tabri du contact de l'air. La teinture de noix de galle ne les altère pas en vases clos ; le cyanure ferroso -potassique les précipite en blanc , et le cyanure ferrîco-potassique en bleu foncé; ils se troublent à lair, laissent déposer une ocre jaune, qui est un soussel ferrique, et prennent en même temps une couleur vert pré ou jaune, en se convertissant en sels doubles ferroso-ferriques.

Les sels ferreux dissous absorbent le gaz oxyde nitrique, qui les colore en brun foncé ou en noir. D'après Péligot , 2 atomes de sel s'unissent de cette manière à un atome simple de gaz oxyde nitrique, dont l'oxygène est à celui de l'oxyde ferreux comme i : a, , rapport qui n'est pas changé par un excès d acide. Lorsqu'on fait bouillir cette dissolution , la majeure partie du gaz se dégage sans altération , et l'oxyde ferreux n'en réduit qu'une petite quantité à l'état de gaz nitrogène. Dans le vide de la machine pneumatique, le gaz se dégage sans décomposition. Il est également fixé par des combinaisons solides ; mais l'évaporation suffit pour l'éliminer avec la vapeur d'eau.

Sels ferrlques.

Ils sont jaunes ou rouges , et ont une saveur âpre, astringente, peu douce. Il y en a beaucoup d'insolubles , et quelques-uns ont une grande tendance à former des soussels ; en sorte qu ils ne sont pas complètement décomposés par les alcalis. Le cyanure ferricopotassique ne les trouble point; mais le cyanure ferroso-potassique y fait naître un précipité de belle couleur foncée, et la teinture de noix de galle un précipité noir. A l'état neutre , les dissolutions de ces sels ont une couleur rouge brunâtre foncée, qui disparaît et passe au jaune clair, quand on y ajoute un excès d'acide. Les alcalis les précipitent complètement , et les précipités sont d'un rouge brun. Par Tébullition avec une grande quantité d'eau, les sels ferriques neutres sont décomposés ; il se précipite un soussel, et la liqueur devient fortement acide.

Les sels ferriques et ferreux se combinent fréquemment entre ' eux pour former des sels doubles; ces derniers sont noirs, bleus ou verts, suivant le nombre différent d'atomes qui y entrent. i?arresmll a cherché à démontrer que les sels dans lesquels 3 atomes d'un sel ferreux se trouvent combinés avec 2 atomes d'un sel ferrique, sont généralement bleus ; c'est ainsi que, comme on sait, 3

5a6 CHLORURE FERREUX ET OXYDE NITRIQUE.

atomes de cyanure fer-reux avec 9 atomes de cyanure ferrique donnent la combinaison bleue qui a reçu le nom de blsu de Prusse.

A. Sels haloïdes de fer.

Chlorures de fer. a. Chlorure ferreux (proto-muriate de fer), Fe G\. On Tobtient à Tétat anhydre en faisant passer du gaz acide chlorhydrique, aune température élevée etàVabri du contact de Tair, sur du fil de fer roulé en peloton ; il se dégage alors du gaz hydrogène, et un sel blanc se dépose en petits cristaux cubiques sur le fer , ou , quand la chaleur est très-forte , ce sel , qui est le chlorure qu'il s agissait de préparer , se sublime contre les parties moins chaudes de Tappareil. Au contact de l'air, il se décompose en produisant de Toxyde et du chlorure ferriques; ce dernier corps est rouge, et beaucoup plus volatil que le chlorure ferreux. On l'obtient, en outre, en chauffant un mélange de sel ammoniac avec de la limaille de fer très-fine.

On obtient ce même chlorure, par la voie humide, en dissolvant du fer dans de Tacide chlorhydrique; la dissolution s'opère avec violence et produit un liquide vert clair, d'où se déposent, pendant le refroidissement , de beaux cristaux de même couleur, avec 36,6 pour cent ou 4 atomes d'eau de cristallisation, A une température élevée , ce sel fond dans son eau de cristallisation : si l'application de la chaleur a lieu à l'abri du contact de l'air, l'eau se dégage, et laisse une masse saline blanche; mais si l'accès de l'air n'est pas interdit, il se forme du chlorure ferrique, qui se dégage avec l'eau , et il reste une masse saline contenant un sel basique vert foncé, fusible, et cristallisé en écailles. Ce sel est décomposé par l'eau; le chlorure ferreux se dissout, et il reste de Toxyde ferreux , qui s'oxyde très-rapidement^ et passe successivement à l'état d'oxyde vert et à celui d'oxyde jaune hydraté.

Le chlorure ferreux est très-soluble dans l'eau; le sel anhydre s'y combine avec dégagement de chaleur. Il est également so~ lubie dans l'alcool. Les dissolutions attirent peu à peu l'oxygène atmosphérique, déposent un souschlorure ferrique rouge jaune , prennent insensiblement une couleur jaune foncée , et contiennent alors une combinaison de chlorure ferreux et de chlorure ferrique. Ce sel est employé en médecine.

Le chlorure ferreux %l ï oxyde nitrique ^ Fe€l-4-N, forment,

CHLORUHE FERRIQUE. 5^7

à rétat dissous 9 un liquida oontenant, 5ur loo parties de chlorure, 10,7 parties d'oxyde. On n a pas essayé de produire cecom-' posé à letat solide,' bien quil soit probable que le sel cristallisé absorberait le gaz.

Chlorure Jerroso 'potassique ^ K€l-hFeGl. On Toblieut en mêlant ensemble les dissolutions concentrées et chaudes des deux sels et laissant la liqueur se refroidir, ou en la concentrant davantage à une douce chaleur. Le sel forme des cristaux d'un bleu vert clair , qui contiennent de Teau.

Chlorure ferroso-ammoniquc , N H* Gl + Fe Gl. Il se produit de la même manière. On l'obtient aussi en faisant bouillir une dissolution concentrée de sel ammoniac avec de la limaille de fer. Dans cette opération , il se dégage du gaz hydrogène , et les vapeurs d'eau entraînent de l'ammoniaque. Ce sel ressemble parfaitement au sel potassique.

Chlorure ferroso-ammonicLcaL Le chlorure ferreux anhydre absorbe le gaz ammoniac, se boursoufle, et se transforme en une poudre blanche, qui abandonne Tammoniaque quand on la chauffe. Â l'air libre , le sel se décompose , en absorbant de l'eau et de l'oxygène; après la réaction , il reste un mélange de souschlorure ferrique et de chlorure ferroso-ammonique.

b. Chlorure ferrique (permuriate de fer) , Fe GV. Par la voie sèche, on l'obtient en faisant passer du chlore sur du fer doucement chauffé : il s'allume et brûle , pour former le chlorure ferrique anhydre, qui se sublime en feuilles noires d'un éclat presque métallique, ou en cristaux lamellaires. Par la voie humide, on peut se procurer ce sel en dissolvant, à l'aide de la digestion , l'oxyde ferrique rouge dans l'acide chlorhydriqqe concentré, ou en mêlant le sel ferreux avec une quantité d'acide chlorhydrique correspondant à la moitié du chlore que le sel renferme, faisant bouillir le mélange et y ajoutant de petites portions d'acide nitrique, tant que l'addition de cet acide produit un dégagement de gaz oxyde nitrique. Evaporée jusqu'à consistance de sirop, la dissolution donne , par le refroidissement, de beaux cristaux rouges, qui attirent l'humidité de l'air avec la plus grande facilité.

AfoAra indiqué le moyen suivant pour préparer économiquement le chlorure ferrique officinal. On dissout l'oxyde ferrique naturel, appelé hématite, dans de l'acide chlorhydrique concentré ordinaire, qu'on sature à la fin par l'ébullition avec loxyde; puis on

SaS CHLORURE FERRIQUE.

laisse la liqueur se clarifier. On décante ensuite la partie limpide, et on révapore jusqu'à consistance d'un sirop peu épais , qu'on place dans un endroit frai* et humide, par exemple dans une cavef et on couvre bien le vase , pour empêcher la poussière d'y tomber. Au bout de quelques jours, le sel commence à cristalliser, et cette action dure plusieurs semaines , jusqu'à ce que toute la masse se soit prise en cristaux. Le repos et le refroidissement ne sont cependant pas ici la cause commune de la cristallisation ; elle tient plutôt à ce que le sel, amené à consistance sirupeuse, et contenant une petite quantité d'eau de cristallisation, est déliquescent ; mais à mesure qu'il absorbe plus d'eau à l'air, il forme un sel cristallisé non déliquescent. Pour avoir des cristaux réguliers, on verse de temps en temps l'eau mère , pour la faire de nouveau cristalliser, et on laisse le sel déjà cristallisé s'égoutter avant de le soustraire à l'air de la cave. On le conserve ensuite dans un flacon bouché à lemeri. Les cristaux contiennent 12 atomes ou 4^ pour cent d'eau. Dans l'appareil dessiccateur, sur l'acide sulfurique, ce sel perd de l'eau , et se change de nouveau en une masse sirupeuse coulante, où se forment peu à peu d'autres cristaux de couleur plus rouge ; ces cristaux constituent le sel déliquescent mentionné en premier lieu, «t renferment, d'après Fritzschcy 5 atomes ou 21,67 pour cent d'eau. Pour éviter la perte de temps qu'entraîne la cristallisation par la méthode de Mohr^ Gobley recom* mande de ne pas pousser l'évaporation de la liqueur aussi loin, mais d'en verser de temps en temps une goutte dans une capsule de porcelaine frofde , et si la goutte se solidifie par le refroidissement , de verser la liqueur pour la faire -cristalliser. Comme les cristaux s'attachent facilement au vase de porcelaine, on le frotte avec une toile imbibée d'huile, on y verse la solution , et on y adapte un couvercle; au bout de 24 heures, on obtient une couche de sel cristallisé ; on la relire , on la casse , et on la conserve dans un vase de verre bien fermé. Chauffé jusqu'au rouge dans des vases distillatoires, ce sel donne d'abord de l'acide chlorhydrique liquide, contenant un peu de chlorure ferrique neutre et anhydre , et il reste dans la cornue un souschlorure ferrique en lames brunes , brillantes et larges. Des vapeurs aqueuses et des vapeurs de chlorure ferrique se décomposent réciproquemeilt à une température élevée 5 il se forme de l'acide chlorhydrique et du chlorure ferreux , qui conservent la forme gazeuse,

CHLORURE FERRIQUB. StiQ

et il se dépose de Toxyde ferrique cristallise sur les corps voisins. {Foir tome II , page 668.)

Le chlorure ferrique se dissout dans Valcool et dans l'éther. Si Ton agite un mélange d'éther et d'une dissolution concentrée de ce sel dans Teau, l'éther s'empare d'une partie du sel ferrique, et devient d'un jaune d'or. A la lumière directe du soleil, il perd sa couleur , mais il la reprend à l'ombre. Cette dissolution porte, dans les officines, le nom de teinture nervine de BestuscAeJjf (Bestuscheffs Nerventinctur), lorsqu'elle contient en même temps de l'alcool. Par l'action de la lumière du soleil sur la solution éthérée du chlorure ferrique , ce dernier se décompose : il se précipite du chlorure ferreux dans la solution concentrée , où le sel cristallise ensuite. La solution ne se rétablit pas dans l'obscurité^ mais l'éther se colore en jaune, par suite de l'action décomposante qu'y exerce le chlore. La liqueur devient acidcj et la coloration jaune est due à un nouveau sel qui s'est forhié. Si l'action du soleil a été suffisamment prolongé^e, la liqueur ne contiendra plus de fer. La solution alcoolique subit la même altération dans des circonstances semblables; mais comme le chlorure ferreux y est soluble, il ne se dépose pas. Lorsque le chlorure ferreux récemment formé se trouve dans un certain rapport avec le chlorure ferrique non décomposé , la liqueur a une coloration bleue, qui disparait à mesure que ce rapport change. — On obtient un précipité de chlo' rare ferrique basique quand on laisse exposée à l'air une dissolution de chloiure ferreux. C'est une poudre rouge jaune qui, après la dessiccation, ressemble parfaitement à l'hydrate ferrique; sa composition est inconnue. On obtient une combinaison basique soluble en mêlant une solution de chlorure ferrique avec de Thydrate ferrique récemment précipité, jusqu'à ce que celui-ci cesse de se dissoudre. Le liquide rouge foncé qui se produit n'est pas transparent à l'état concentré ; il n'est troublé ni par la dilution , ni par l'ébuliition ; mais il suffit d'y faire dissoudre un sel ou d'y ajouter quelques gouttes d'acide chlothydrique, pour y occasionner un précipité. Ce sel perd sa solubilité par la dessiccation. Phillips admet qu'il contient i atome de chlorure ferrique et 4 atomes d'oxyde ferrique, =Fe€F-h4f^e. Comme cependant il est impossible de précipiter l'oxyde ferrique de ses dissolutions sans que cet oxyde entraine une portion d'acide ou une portion du corps précipitant , suivant que celui-ci est en quantité m. 34

53o CHLORURE FKRRICO-POTASSIQUK.

insuffisante pour précipiter tout l*oxyde , ou qu'on Ta ajouté en excès, la dissolution saturée analysée par Phil/ipsn^^n être débarrassée d'un chlorure du corps précipitant. A une température très-éievée, il ^e décompose; du chlorure ferrique neutre se sublime, et il reste de l'oxyde ferrique.

Le chlorure ferrico-potassique , = 2KGI + Fe GV 4- aH , et le chlorate ferrico-ammonique , = aAm €1 4- Fe GV + aH, s 'obtiennent, suivant Fritzsche^ lorsqu'on mêle une solution de chlorure potassique ou de chlorure ammonique avec une solution de chlorure ferrique en excès, et évaporant le mélange jusqu'à cristallisation. Les deux sels se déposent ainsi en cristaux parfaitement réguliers , hémitropiques , rouges de pourpre. Dissous dans l'eau pure , ils se décomposent , de telle façon que , par 1 evaporation de la liqueur, il se cristalUse d abord la plus grande partie du chlorure alcalin , puis une petite quantité du sel double, et il ne reste à la fin que du chlorure ferrique dans Teau mère. Le chlorure ammonique , s'il cristallise dans une liqueur contenant un peu de chlorure ferrique , absorbe souvent une portion du sel double comme matière colorante. Il forme de beaux cristaux cubiques , rouge rubis , qui , malgré l'intensité de leur couleur , contiennent tout au plus deux pour cent de chlorure ferrique; en les dissolvant et les faisant cristalliser de nouveau , ils donnent du sel ammoniac pur , et la petite quantité de fer qu'ils renferment reste dans la dissolution. — Dans les pharmacies, on prépare un sel jaune avec du sel ammoniac et de la limaille de fer; le mélange humecté est exposé pendant quelques jours à l'action de l'air, puis séché et sublimé dans un matras de verre. Ce sel consiste principalement en un sel double de chlorure ferreux^ mais il contient en même temps une portion de chlorure ferrique , qui le colore en jaune. On l'appelle sel ammoniac martiaL La pharmacopée suédoise prescrit de mêler les dissolutions des deux sels, et de les sécher en les remuant sans cesse.

Le chlorure ferrique anhydre absorbe le gaz ammoniac, avec lequel il produit une masse rouge, qui se dissout sans trouble dans l'eau. Cette masse se décompose, par la chaleur , en un sel double neutre, qui se subUme, et en chlorure ferreux , qui reste. D'après H. Rose^ elle contient 9,66 pour cent d'ammoniaque,

Le chlorure ferrique ne se combine pas avec le gaz phosphure

lODURE FERRIQUB. 53 1

hydrique; ces corps se décomposent mutueUement , et l'on obtient du phosphurede fer,FeP, et de l'acide chlorhydrique.

Bromures de fer, a. Bromure Jerreux ^ FeBr. On le prépare en traitant le brome par un excès de fer, soit par la voie humide, soit par la voie sèche. A Tétat anhydre, ce sel est d'un jaune clair, très-fusible, cristallin et lamelleux après le refroidissement; il se dissout dans l'eau, qui en prend une teinte verdàtre peu sensible, et cristallise , par le refroidissement de la dissolution chaude et concentrée, en cristaux Terdâtres, qui contiennent de Teau. A Tair, une partie du fer s'oxyde, et la dissolution dépose du bromure ferrique basique , sous forme d'une poudre jaune.

b. Bromure ferrique j FeBr^. On l'obtient en faisant passer de la vapeur de brome sur du fer chaud. Le sel se sublime en cristaux d'un rouge foncé , qui se dissolvent en rouge dans l'eau. On obtient la même dissolution en traitant le fer, par la voie humide, par un excès de brome. En versant dans cette dissolution une quantité d'ammoniaque insuffisante pour précipiter tout le fer, il s'en sépare du bromure ferrique basique. Il est dissous tant par l'alcool que par l'éther.

lodures de fer. a. lodure ferreux y Fel. Il se dissout aisément dans l'eau. La dissolution est d'un vert pâle, et donne, après l'évaporation, un sel qui ressemble parfaitement au chlorure. 11 contient aussi 4 atomes ou i8,8 pour cent d'eau de cristallisation. Par une forte évaporation , la solution se prend, pendant le refroidissement, entièrement en masse, mais qui renferme, d'après ff^ittsteiriy la même proportion d'eau. Le sel a une si grande tendance à s'oxyder, qu'il faut évaporer la liqueur dans une cornue tubulée, par laquelle on fait passer du gaz hydrogène, afin qu'il ne soit pas souillé de sousiodure ferrique. Le sel cristallisé est déliquescent à l'air. On le prépare souvent sous forme soluble pour l'usage des pharmacies ; à cet effet , on mêle l'iode dans l!eau avec un excès de limaille de fer. Le mélange s'échauffe et devient d'abord brun par Tiodure ferrique qui s'est formé, et qui, absorbant de plus en plus de fer, passe à l'état d'iodure ferreux. La liqueur est alors devenue incolore, avec une teinte vert bleu. Décomposée par un carbonate alcalin, cette hqueur peut aussi servira la préparation de l'iodure potassique ou sodique.

b. lodure ferrique^ Fel\ Sa dissolution dans leau est d'un rouge jaunâtre; il forme, dans les mêmes circonstances que le chlorure

532 FLUORURE FERRICO-POTASSIQUE.

ferrique, un sel avec excès de base, qui donne de l'eau et de. Fiode quand on le soumet à la distillation. Le résidu qu'on trouve dans la cornue est légèrement attirable à Taimant.

Fluorures de fer. a. Fluorure ferreux^ FeF. Le meilleur moyen de le préparer est de dissoudre le fer dans Tacide fluorhydrique. A mesure que Facide se sature , le sel se dépose en petits cristaux blancs, qui, à Tair, deviennent d'un jaune pâle, et paraissent être des tables carrées. Ce sel est très-peu soluble dans l'eau, et se dissout plus facilement quand Teau contient de Tacide libre. Il renferme de Teau combinée, et se décompose quand on le chauffe rapidement jusqu'au rouge; mais si on le dépouille préalablement de son eau, il ne se décompose plus.

Fluorure ferroso-potassique , K F + Fe F. Il forme un sel soluble, qui cristallise , pendant Tévaporation , en cristaux grenus ayant une teinte verdâtre à peine sensible.

b. Fluorure ferrique , FeF^ On l'obtient en dissolvant l'hydrate ferrique dans l'acide fluorhydrique. La dissolution est incolore, même quand elle est saturée. Par l'évaporation , elle donne un sel cristallin couleur de chair pâle, d'une saveur douce et astringente. Ce sel se dissout avec lenteur, mais complètement; en ajoutant de petites portions d'ammoniaque à la dissolution , celle-ci ne passe pas par différentes nuances de rouge , comme il arrive aux oxysels et au chlorure ferriques. L'ammoniaque décompose ce sel, et produit dans sa dissolution un précipité jaune àe fluorure ferrique basique y auquel un excès d'ammoniaque n'enlève pas le fluor. En se desséchant, il devient d'un jaune rouge et pulvérulent.

Fluorure ferrico-potassique. 11 forme deux sels doubles^ dont l'un est produit quand on verse goutte à goutte le fluorure ferrique dans le fluorure potassique ; l'autre , quand le fluorure potassique est versé dans la dissolution du fluorure ferrique. Ces deux sels sont incolores, cristallins, et solubles dans l'eau jusqu'à un certain point, en sorte que quand on se sert, pour les obtenir, de dissolutions bouillantes, ils forment, par le refroidissement de la liqueur, de petits cristaux. Dans le sel qui se forme quand le mélange des dissolutions contient un excès de fluorure potassique, le fer et le potassium contiennent la même quantité de fluor, = 3KF4'FeF^; tandis que, dans le sel qui a pris naissance dans une liqueur contenant un excès de fluorure ferrique, le fer con-

CYANURE FERREDX. 533

tient une fois et demie autant de fluor que le potassium, =:2R F + FeF\

Fluorures de silicium et de fer, a. Fluorure silico-ferreuXj^SEe? + 2SiF\ On le prépare en dissolvant de la limaille de fer dans Tacidehydrofluosilicique, et laissant évaporer la liqueur, à la température ordinaire , dans un vase de fer plat. Ce sel est si soluble, et son point de cristallisation est s! près de la dessiccation complète, qu*il est difficile d'en avoir des cristaux, si Ton n'opère pas sur de grandes masses. Le sel cristallise alors en prismes hexagonaux réguliers, d'un vert bleuâtre, qui prennent une forme plus régulière et une couleur plus pâle, quand on les redissout, et qu'on les fait cristalliser une seconde fois.

b. Fluorure silico-ferrique ^ FeF^ + aSiF^. On l'obtient en saturant de Facide hydrofluosllicique par Thydrate ferrique. La dissolution est peu colorée, et donncyquand on Tévapore , une gelée jaunâtre, qui se transforme , parla dessiccation complète, en une masse gonimeuse, demi-transparente, tirant sur la couleur de chair; cette masse se redissout complètement dans leau.

Fluorure titanico-'ferrique. En mêlant les deux sels, on obtient le sel double à Tétat de dissolution jaune, qui donne, par Tévaporation , un sirop jaune, et à la fin une masse saline jaune pâle, cristalline, qui se décompose quand on la traite par Teau.

Cyanure ferreux (prussiate de protoxyde) , Fe €y. Pour l'obtenir à Téiat de pureté, Robiquet indique le procédé suivant : On verse de Feau saturée de gaz sulfide hydrique sur du bleu de Prusse qui vient d'être précipité et qui a été bien lavé, et on conserve le mélange pendant quelques jours dans un flacon bien bouché. Le sulfide hydrique fait passer au blanc la couleur bleue , et il se forme peu à peu de petits cristaux jaunes, qui bleuissent rapidement à l'air. En répétant cette expérience, je n'ai obtenu qu'une masse blanche, et la liqueur s'est trouvée contenir de l'acide cyanhydrique. On obtient également du cyanure ferreux en chauffant doucement du cyanure ferroso-ammonique dans une cornue, jusqu'à ce qu'il ne sublime plus de cyanure ammonique. Le cyanure ferreux reste dans la cornue sous forme d'une poudre grise jaunâtre, qui est verdâtre quand l'air n'a pas été parfaitement exclu. Le cyanure ferreux préparé par ce moyen se conserve sans se transformer en bleu de Prusse. Le précipité blanc qu'on obtient en traitant la solution d'un sel ferreux par une solution

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