‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 3)Chapitre 13 sur 80 · TOO AMMONIUM · texte numérisé non relu

TOO AMMONIUM

Teau, et dont le nitrogène s'en va à Fétat de gaz. Lorsqu*U s'accumule alors sur le mercure une certaine quantité dammonium, rhydrogène commence à se dégager de lamalgame ; car le mercure ne peut pas maintenir réunis les éléments d'une plus grande quantité d ammonium ; et plus tard lamalgame agit comme tout autre conducteur métallique. Bien que le composé mercurique occupe plusieurs fois le volume primitif du mercure, il ne contient cependant qu'une très-petite quantité d'ammonium, et, dès que le courant électrique a cessé, il revient très-promptement, avec dégagement d'hydrogène, au volume primitif du mercure, pendant que l'oxyde d'ammonium s'unit au liquide environnant.

On obtient l'amalgame à letat sec et en plus grande quantité par le moyen suivant :

On prend un morceau de sel ammoniac , on y creuse une fos« sette, on humecte cette cavité avec un peu d'eau , et on y place un globule de mercure, communiquant, par un fil de platine, avec le pôle négatif de la pile, pendant qu'un autre fil de platine, venant du pôle opposé, plonge dans le sel ammoniac humide. Si l'on rap proche ce dernier autant que possible du mercure, sans cependant le mettre en contact avec lui, on voit le globule grossir tellement, qu'il emplit peu à peu la cavité entière , et qu'il finit môme par la dépasser de beaucoup.

Si l'on essaye de décomposer l'ammoniaque sans le secours du mercure, on n'obtient que du gaz hydrogène et du gaz nitrogène; mais il suffit que lextrémité du fil négatif soit amalgamée avec une couche très-mince de mercure (i) , pour que de l'ammonium s'y dépose en prenant la forme d'une arborisation cristalline, de couleur plombée, semblable à celle qui se forme dans la réduction des sels de plomb , et qui augmente de volume jusqu'à ce qu'elle ait acquis assez de légèreté pour se détacher du fil et gagner la surface du liquide, où elle ne tarde pas à se convertir en ammoniaque avec dégagement de gaz, laissant un petit globule mercuriel , qui souvent n'a pas un deux-centième du volume apparent de l'amalgame.

L'ammoniaque est réduite aussi par Tamalgame de potassium sans le concours de l'électricité. 11 faut pour cela mêler cet amal-

(i) C'est ce qu*0Q obtient quand le fil est de fer ou de platine , en plongeant son exirémiié dans de Tamalgame de potassiom, et essuyant ensuite tout le mercure qui y adhère légèrement.

AMMOMUM. loi

game avec la poudre d'un sel ammonique humide ^ ou le plonger, soit dans la dissolution d*un de ces sels, soit dans de l'ammoniaque caustique. On peut alors , si l'on opère dans des vaisseaux dos, obtenir un amalgame tellement imprégné d'ammonium, qu'il surnage la liqueur. La manière la plus ingénieuse de préparer Tamalgame d'ammonium consiste à creuser une cavité dans un morceau de sel ammoniac, à en humecter légèrement la face interoe, et à y déposer ensuite une goutte d'amalgame de potas- Aom ; l'amalgame d'ammonium ne tarde pas à s'élever au*dessus de la cavité.

Onn'est point encore parvenu à obtenir l'ammonium, soit seul, soit corobiné avec un métal autre que le mercure; et l'amalgame prodoit par Faction de l'électricité dure si peu , après qu'il ne fait plus partie de la chaîne électrique , qu'on ne peut point le sou* mettre à des expériences satisfaisantes. Cet amalgame, agité dans de l'air atmosphérique sec, donne du gaz hydrogène et du gaz ammoniac, qui s'en dégagent aussi quand on le plonge dans de l'Âher, du pétrole et du chlore. Quand on détache du sel ammoniac lamalgame qu'on obtient par la réduction de ce sel en poudre au moyen de l'amalgame de potassium , et qu'on le met dans un vase plein de gaz hydrogène, on peut le conserver, même à une température assez élevée^ parce que la présence du potassium paraît plus facilement maintenir réunis les principes constituants de l'ammonium. Lorsqu'on refroidit fortement cet amalgame, par exemple, avec un mélange d'éther et d'acide carbonique solide, on voit , d'après les expériences de Groi^e, qu'il se contracte beaucoup; il durcit, et devient cassant comme de la fonte. Sa cassure est crochue, d'un bleu gris, et ayant peu d'éclat métallique. Dès que la température s'élève au point où l'amalgame devient liquide, il se dégage de l'hydrogène et du gaz ammoniac. Un amalgame d'ammonium préparé avec un amalgame potassique ou sodique daos une cavité de sel ammoniaô humecté , et qui retient encore du potassium ou du sodium, peut être conservé pendant plusieurs semaines dans le pétrole parfaitement anhydre; car, ainsi qu'on vient de le dire, ses éléments sont maintenus réunis par la présence de métaux alcalins plus puissants. Il se forme probablement, dans ce cas, une combinaison chimique de mercurure potassique avec du mercurure ammonique, qui se conserve mieux que l'amal«« game simple.

I01& OXTDE DAMMOICIÜM.

Nous ne connaissons jusqu'à présent l'ammonium que combine avec du mercure, à l'état d'amalgame. Lorsque cet amalgame est saturé, il a une couleur gris de plomb; il est cristallin, plus léger que l'eau , et se décompose à la surface de la liqueur, en dégageant de la chaleur et des Tapeurs quand il contient beaucoup d'ammonium. Moins chargé de ce métal, il a la consistance du beurre, avec une couleur argentine ; il n'est point liquide et se laisse pétrir; il cristallise en cubes lorsqu'on abaisse sa température jus« qu'au point de congélation; il ne s'amalgame ni avec le fer, ni avec le platine, et dégage, pendant sa conversion en alcali, du gai hydrogène, qui s élève à la moitié du volume que l'amalgame perd quandralcalise reproduit. Daf^-a trouvé qu'il contenait -ï^^ de son poids d'ammonium; Thenardet Ga/-£if^^ac prétendent, au contraire , que le poids du mercure a augmenté de ï^'o^; mais ni l'une ni l'autre de ces assertions ne peut être considérée comme exacte« L'ëther et l'alcool le décomposent avec plus de rapidité que l'eau: du gaz hydrogène se dégage, et de Tammoniaque se dissout dans la liqueur.

L'ammonium se compose de :

Centièmet. Atome».

Nitrogène 78,005 x

Hydrogène 21,995 4

Poids atomique, =2126,954 ; formule, =NIi^

V oxyde d'ammonium ne peut exister qu'en combinaison avec les corps électronégatifs. Dès que le gaz ammoniac se trouve en contact avec Teau , il se combine avec ce corps avec dégagement de calorique, et se convertit en hydrate d'oxyde d'ammonium: I équivalent d'ammoniaque s'unit à i atome d'eau, de manière que ÎÎH'+H se transforme en NH*+ O; et l'oxyde ainsi produit se combine avec upe plus grande quantité d'eau, pour se changer en hydrate.

L'oxyde ammonique se compose de :

Centièmes. Atomes^

Ammonium I ~. J 6qAiS i

Oxygène 3o,585 i

Poids atomique, =326,954; formule, =:NH*H- O ou îfH*. 100

parties d'eau dans une atmosphère de gaz ammoniac, entre o® et

-+- 15", absorbent 47 >7 parties de ce gaz en poids, ce qui cor-

OXTDE p'AMHOJflUH. lo3

respond i i équivalent d'ammoniaque pour 4 atomes d*eau, dont un a été employé à la formation de Foxyde d'ammonium, qui forme avec le reste un hydrate. Cet hydrate , qui est liquide et dont le poids spécifique est 0,87a , se compose de :

Centièmes. Atomes.

Oxyde ammonique. | • ^ 1 49)» i

Eau 5o,8 3

Dans toutes les autres espèces de gaz, cet hydrate se décompose Je manière que du gaz ammoniac se dégage jusqu'à saturation en raison delà température, pendant qu'il reste une solution d'hydrate d'oxyde ammonique dans l'eau. Par suite de cette circonstance, cet hydrate exhale toujours une odeur de gaz ammoniac, et d'autant plus fortement qu'il y a moins d'eau libre. A une chaleur modérée, la décomposition se fait avec tant de violence, que le gaz ammoniac se dégage avec effervescence. Refroidi jusqu'à — 4o®> l'hydrate prend la forme solide. Si le refroidissement est brosque, l'hydrate se prend en une masse opaque, gélatineuse. Si, dans le liquide, l'hydrate se trouve dissous dans très-peu d'eau libre, et que le refroidissement se fasse lentement,' il s'y dépose de longs cristaux aciculaires , d'un éclat soyeux; mais on ignore si dans ces cristaux l'oxyde ammonique est combiné avec 3 ou avec un plus grand nombre d'atomes d'eau.

On obtient un hydrate d'oxyde ammonique , correspondant à l'hydrate potassique cristallisé =Kii'', en faisant arriver du gaz ammoniac dans de l'eau continuellement refroidie, jusqu'à ce qu'il trayerse le liquide sans être absorbé. On a ainsi une liqueur de 0,91a poids spécifique y contenant â3;226 pour cent d ammoniaque, mais transformés en oxyde ammonique =NH^+5H. L» solution de l'hydrate d'oxyde ammonique dans l'eau est un des réactifs les plus indispensables et le plus fréquemment employés dansl^ laboratoires de chimie; il est donc de la plus haute importance de l'obtenir pure. Cette solution* porte le nom vulgaire ^ammoniaque caustique liquidcj ou s'appelle tout simplement am" maniaque caustique. Ce nom , que nous avons déjà employé précédemment, nous le conserverops dans la suite, bien que, d'après ce qui précède , il est évident que ce liquide n'est pas une simple solution du gaz ammoniac dans l'eau.

Ce liq[uid^ se prépare en chauffant un méldPge de parties egßi^e

I04 OXYDE d'ammonium.

de sel ammoniac pulvérisé (chlorure ammonique) et de chaux vive en poudre, de manière à en dégager le gaz ammoniac, et en fai* sant arriver celui-ci par un tube de verre dans de Teau distillée, qui absorbe le gaz. On continue cette opération jusqu'à ce que Teau se soit chargée de la quantité voulue de gaz ammoniac. Dans ce procédé, le chlore du chlorure ammonique se combine avec le calcium de la chaux, et Tammonium s*unit à l'oxygène delà chaux pour former de Toxyde ammonique , qui , à son tour, se décompose immédiatement en eau et en gaz ammoniac; ce dernier s en va à l'état de gaz, tandis que Feau est retenue par le chlorure calcique.

Bien que le gaz puisse être ainsi dégagé d'un mélange sec, ainsi qu'on vient de l'indiquer pour la préparation du gaz ammoniac, cette méthode n'est cependant pas très-avantageuse pour préparer l'ammoniaque i^austique liquide. Il vaut mieux ajouter de Veau, par petites portions successives, aux matériaux secs introduits dans le vase distillatoire; la chaux se combine alors avec Teau en dégageant beaucoup de chaleur, c est-à-dire qu'elle se délite. La température qui se produit, ainsi que l'eau ajoutée, facilitent la décomposition de la masse, et le gaz ammoniac se dégage avec beaucoup de violence. Dès que le dégagement de gaz commence à se ralentir , on y ajoute encore un peu d'eau , et on continue ainsi jusqu'à ce qu'une nouvelle addition d eau n'accélère plus le dégagement de gaz ; dans ce cas , la masse prend une consistance pâteuse. Pendant toute cette opération , on n'a pas besoin d'appliquer extérieurement de la chaleur ; mais lorsqu'on chauffe légèrement le vase distillatoire, le dégagement de gaz recommence , et on continue à chauffer jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de gaz ammoniac.

Je vais maintenant indiquer quelques détails relatifs à ces procédés , soit qu'on opère avec de l'eau ou sans eau.

I® Sans eau. On prend une cornue tubulée de verre , de grès ou de fer; on la garnit d'un tube de sûreté, et l'on y introduit un mélange de parties égales de sel ammoniac et de chaux vive , tous deux en poudre fine. On lute ensuite à la cornue un récipient de verre tubulé, dont la tubulure est tirée en un long tuyau recourbé, comme l'indique la fig. i, pi. II, du tome I. Ce tuyau plonge jusqu'au fond d'un flacon à moitié rempli d'eau distillée pure, et qu'on a soin de rafraîchir, pendant toute la durée de

OXYDE d'ammonium. Io5

ropération, en lentourant, soit de glace ou de neige, soit, à défaut de ces substances, d'eau de source fraîche , que Ton renou- ▼elle souvent. On peut fermer l'ouverture du flacon avec un bouchon de liège , à travers lequel on fait passer le tuyau de verre ; mais il ne doit pas être clos hermétiquenaent. On place In cornue sur un bain de sable, et on l'expose à une chaleur graduellement augmentée, jusqu'à ce que, son fond étant rouge, il ne passe plus aucune bulle de gaz, parle tube, dans le flacon. Le gaz ammoniac entraîne d'abord avec lui l'air atmosphérique contenu dans l'appareil , de manière qu'ordinairement il se perd un peu d'ammoniaque; mais la plus grande partie est absorbée par l'eau. Ensuite les bulles qui traversent l'eau du flacon deviennent de moins en moins nombreuses , à mesure que la quantité d'eau mêlée au gaz diminue ; et plus tard elles sont absorbées par l'eau avec un bruit particulier. Quoi qu'il en soit, il reste ordinairement encore une petite quantité d'air , qui gagne la surface de l'eau après l'absorption de chaque bulle. Le flacon s'échaufTe, et, sans la précaution qu'on a de le rafraîchir sans cesse, une partie du gaz ammoniac que l'eau a dissous s'en dégagerait de nouveau. Plus on peut le tenir froid, plus le liquide qu'il renferme absorbe de gaz. Lorsqu'on fait cette opération dans une saison où Ton n'a pas l'occasion d'entourer le flacon d'eau mélangée de glace, le mieux est de partager l'eau à saturer en plusieurs portions, et de renouveler contre une autre celle qui commence à s'échauffer. Pendant ce temps , la première portion est refroidie dans de leau de fontaine fraîche , de manière à pouvoir être substituée à la seconde dès qu'elle commence à devenir chaude. Sur la fin , les bulles commencent à traverser l'eau sans être dissoutes : c'est une preuve que l'eau est saturée. Alors elle a doublé environ de volume. On enlève le flacon , que Ion remplace par un autre. Une livre de sel ammoniac donne assez de gaz pour porter au plus haut degré de saturation deux tiers de livre à peu près d'eau à o degré. En général, on obtient une dissolution assez forte quand on prend une livre de sel par livre d'eau. Quelques auteurs indiquent une hvre et demie d'eau ; mais cette proportion est trop considérable. On conserve la liqueur dans un flacon bouché à Fémeri. Lorsqu'on prépare l'ammoniaque caustique par la même voie sèche, le gaz qu'on obtient à la fin de l'opération a une odeur empyreumatique , provenant d'un mélange presque inévitable

Io6 OXTPS ]>*AMMO|riUM.

cl*une petite quantité de matières organiques , détruites par la chaleur. Ce qui reste dans la cornue est du chlorure calcique mêlé de chlorure calcîque basique, dont lutilisation sera indiquée dans l'histoire des sels , à l'article Chlorure calcique.

On prépare aussi l'ammoniaque caustique par la distillation dans des cylindres de fonte, d'où le gaz est conduit, par un tuyau, dans un récipient tubulé en verre , où il dépose l'eau qui s'est dégagée pendant l'opération ; après quoi la tubulure de ce récipient le conduit, comme précédemment, dans un flacon plein d eau distillée. On évite ainsi les frais de cornues en verre, qui peuvent rarement servir plus d'une fois.

a*" Ai^ec de [eau. On peut se servir ici de l'appareil qui vient d'être décrit. On verse de l'eau par le tube de sûreté , mais de manière qu'elle ne tombe qu'au milieu de la masse; car si l'eau glissait le long des parois , le vase de verre ou de porcelaine serait facilement brisé par la chaleur développée. Plusieurs chimistes recommandent pour cela, au lieu d'une cornue, un matras de verre à col droit , bien fermé par un bouchon qui livre passage à deux tubes de v^rre, savoir, à un tube de sûreté et à un tube recourbé , servant au dégagement du gaz; la partie saillante de ce tube communique, soit avec un récipient tubulé, d'où le gaz est conduit dans de Teau, soit directement avec le flacon d'absorption. La première disposition est, sous tous les rapports, préférable , parce qu'on recueille à la fin , il est vrai , une ammoniaque très-concentrée; mais, évaporée sur un verre de montre, elle laisse une tache, ce qui n'arrive pas pour l'ammoniaque recueillie dans le flacon^ si l'on a employé un verre intermédiaire.

Un vase de verre présente, dans cette opération, toujours Iç danger d'éclater. On se sert donc plus sûrement et plus commodément d'un vaisseau de cuivre ou de fonte. On lui donne le plus avantageusement la forme d'une cucurbite distillatoire , dont le col aura proportionnellement 3 à 4 pouces de largeur, etTouverture sera recourbée en un disque circulaire de i pouce de large, bien poli et composé d'une matière suffisamment solide. A cette ouverture s'adapte un couvercle de même métal, muni d'uu disque correspondant, arrondi et exactement poli. A ce couvercle sont fixés deux cols légèrement coniques à bords recourbés , susceptibles de recevoir des bouchons , dont l'un contient un tube de sûreté , et l'autre le tube à dégagement. Entre les deux disques

o:[f:Tj)¥ a^HMoiriüH. 107

est placé un morceau de cuir de même forme, et trempé préalablement dans un mélange fondu de cire et de suif; les disques sont ensuite appliqués sur le cuivre par trois vis à pression , placées à égale distance Tune de Tautre. La figure 6 de la planche I montre cette disposition. A est la cucurbite , B le couvercle, G les vis de pression, appliquant contre le cuir les bords plats du cou- Ycrcle et du col ; D représente le tube infundibuliforme où se ver$e Teau, E le tube à dégagement, Fie petit récipient tubulé où $e ramasse ce qui pourrait distiller sous forme liquide, et dont la tubulure fait passer le gaz dans le flacon d'absorption (x).

L usage de cet appareil est extrêmement commode. Il peut être de dimension plus ou moins grande. On peut le disposer facilement d*une manière solide, et l'ouvrir tout aussi facilement. On n a pas à craindre qu il se brise , et l'opération y marche très-rapidement. Cet appareil ne doit donc manquer dans aucun laboratoire bien monté.

L'ammoniaque caustique fluide est une liqueur incolore ayant au plus haut degré Todeur de l'ammoniaque ; cette odeur est près« que suffocante , si le liquide est fortement saturé. C'est pourquoi on l'appelait anciennement esprit fétide. Elle a une saveur lixivielle forte et brûlante; elle irrite la peau et y produit un effet vésicant. Exposée à l'air libre , elle attire en partie de l'acide carbonique , pour se changer en carbonate d'oxyde ammonique, en même temps qu'elle se décompose en partie, en ce qu'il se produit du gaz ammoniac qui se dégage. Pour ces deux raisons, elle doit être conservée dans des flacons hermétiquement bouchés. A cet effet, on ne peut pas employer des bouchons de liège, car ils seraient noircb et corrodés comme par les autres alcalis , quoique plus lentement.

Lorsque son poids spécifique est d'environ 0,91 , elle entre en ébullition k + 4^ degrés, et le gaz s'en dégage. Mais ce degré d'ébuUition s'élève de plus en plus, à mesure que l'air au-dessus de la surface du liquide se sature de gaz ammoniac , et que l'eau ellemême contient moins de ce dernier. De même aussi la dissolution

(i) La figure représente ce flacon plongé dans un vaisseau de cuivre ou de fer-blanc G, an fond duquel on met du sable , de manière que Touverture du flacon fasse saillie au dehors. Puis on IVntoore de glace, et on remplit le vue d*eau. L'excès d'eau s'écoule par un tiil>e adapté au vase, il représente on cornet de papier einj>r«ss«at le tube, pour l'oppoier au pusaf e de U poussière.

Io8 OXTDE B^AMMOirirM.

bout à moins de +4^ degrés, quand son poids spécifique est audessous de 0,91. D*après les expériences de Dalton^ une eau parfaitement saturée de gaz ammoniac au degré de congélation, entre déjà en ébullition à + xo degrés. L'ammoniaque liquide est plus légère que l'eau , et d autant plus légère qu'elle est plus chargée d'alcali. D'après son poids spécifique, on peut estimer avec assez de précision la quantité d'hydrate d'oxyde ammonique qui s'y trouve. Plusieurs chimistes, en partant de leurs expériences, ont dressé des tables destinées à montrer combien de gaz ammo* niac est absorbé par l'eau pour atteindre certains degrés de poids spécifique, entre lesquels les autres degrés ont été intercalés. La table la plus exacte paraît être celle de Daifjr ( les nombres marqués d'un astérisque ont été trouvés par l'expérience , et ont servi à calculer les autres).

Poids spécifique de

Poids spécifique d«

la dissolution.

la dissolutiou.

AKinoniaque,

a6,oo

Cette table indique combien d'ammoniaque a été absorbée par l'eau. Pour savoir combien il y a d'oxyde ammonique, le nombre exprimant le poids spécifique de l'ammoniaque , est multiplié par 5a,4449 ou avec la quantité d'eau, qui transforme 100 parties d'ammoniaque en oxyde ammonique^ et le quotient est additionné au nombre pour l'ammoniaque.

L'ammoniaque caustique est le dissolvant d'une multitude de corps qui ne se dissolvent pas dans l'eau seule. En général , elle dissout les mêmes corps que dissolvent les hydrates des alcalis fixes ; cependant, en général, c'est un dissolvant moins énergique que ces derniers; quelquefois il ne dissout pas, ou forme avec certaines substances des combinaisons très-peu solubles, qui sont dissoutes par les hydrates des alcalis fixes. Elle dissout divers sels métalliques, par exemple, ceux de zinc, de cobalt, de nickel,

OXYDE d'ammonium. I09

de cuivre et d'argent , par lesquels l'oxyde ammonîque est con- Yerti en un composé ammoniacal. A défaut de cela, il se forme un sel d'oxyde ammonique , et l'oxyde métallique est précipité.

l'aî déjà indiqué dans le tome I, page 161 , les changements qui prennent naissance lorsqu'on fait arriver du gaz chlore dans de l'ammoniaque caustique liquide; il se forme ainsi du chlorure ammonique et du nitrogène. Si la liqueur est très-concentrée, la décomposition se fait avec explosion et avec production de lumière à chaque bulle qui arrive ; cependant , il n'y a aucun danger à craindre. Ce phénomène est dû à la formation simultanée du chlorure nitrique , qui fait explosion avant d'avoir pu se déposer. Si la liqueur est, au contraire, moins concentrée, la décomposition s'effectue paisiblement.

L'ammoniaque est le plus communément employée pour préci* piter les terres proprement dites et les oxydes métalliques. Pour cela, elle vaut mieux que les alcalis fixes ; car on peut, par l'évaporation, non-seulement éliminer l'excès d'alcali, mais encore le sel ainsi formé avec l'acide peut être sublimé par la dessiccation et réchauffement du résidu.

Mais, pour cet usage, il faut se procurer l'ammoniaque caustique liquide à l'état de pureté. Par la méthode de préparation indiquée, on peut l'obtenir exempte de matières solides qui pourraient rester après son évapora^ion, et dont il faut préalablement s'assurer. Mais plus souvent l'ammoniaque liquide contient une matière volatile, savoir , de l'acide carbonique, qui peut donner lieu à des résultats inexacts , en employant l'ammoniaque comme précipitant. Il est donc, pour tout chimiste, de la plus haute importance d'examiner la quantité d'acide carbonique qui pourrait être contenue dans l'ammoniaque employée. A cet effet , on la mêle avec de l'eau de chaux ou avec de l'eau de baryte. Si elle contient beaucoup d'acide carbonique, elle est aussitôt troublée par le carbonate de baryte ou de chaux qui se précipite; si la proportion diacide carbonique est petite, il ne s'y formera pas immédiatement de précipité. Mais, au bout de 12 heures, on remarque sur les parois du vase incliné, et précédemment couvertes par le liquide, de petits grains cristallins de carbonate terreux. L'ammoniaque ainsi souillée d'acide carbonique n'est pas, pour cela, inutile ; on peut l'employer à beaucoup d'usages : seulement elle ne peut servir dans aucun des cas où l'acide carbonique pourrait

no OXTDE DAMHONIÜH.

faire sentir son action , car le carbonate d'oxjde ammonique précipite, par exemple, les terres alcalines qui ne sont pas précipitées par riiydrate d oxyde ammonique. L'acide carbonique dans Fammoniaque provient souvent de lacide carbonique de la terre calcaire employée. Cependant Tammoniaque parfaitement exempte d*acide carbonique se carbonatise facilement à la longue, si le flacon est souvent ouvert , ou si le liquide ammoniacal ne remplit qu'à moitié un flacon imparfaitement bouché.

L'anunoniaque caustique est employée en médecine, soit pour exciter les nerfs olfactifs, soit pour produire-sur la peau des phlyctènes, ou un simple érythème ; enfin , il sert à la préparation de plusieurs médicaments composés.

L'oxyde d'ammonium forme, avec les acides, des sels très-différents de ceux qui sont produits par la combinaison de l'ammoniaque avec des acides anhydres. Pendant longtemps on a cru, et peut-être plusieurs chimistes croient-ils encore, que la base est la même dans les deux espèces de sels, et qu'il n'y a d'autre différence si ce n'est que les uns sont des sels anhydres, tandis que les autres contiennent i atome d eau de cristallisation. Au lieu de considérer le sulfate d'oxyde ammonique comme une combinaison de l'acide sulfurique avec l'oxyde d'ammonium =NH*S,on le regarde comme une combinaison de sulfate d'ammoniaque avec I atome d'eau =;NH^S-f- H. Mais l'atome d'eau, qu on admet dans cette combinaison , ne peut pas en être éliminé pour former un sel anhydre ; et il y est retenu jusqu'à destruction totale du sel. Cependant, nous connaissons aujourd'hui, par les expériences de //. Rose, un véritable sulfate ammonique, qui possède la propriété , assez peu commune aux sels ammoniacaux, d'être soluble dans l'eau, sans que l'ammoniaque s'y change aussitôt en oxyde ammoniqne , et qui, tant qu'il n'a pas subi ce changement, a des propriétés toutes différentes de celles du sel d'oxyde ammonique: ces propriétés démontrent que le groupement des atomes dans l'acide n'est pas le même que dans les combinaisons de l'acide avec les oxybases. D'une façon analogue , on a considéré les sels haloïdes de l'ammonium comme des composés, dans lesquels l'ammoniaque serait combinée avec l'hydrogène des corps halogènes. Mais depuis que nous avons trouvé que, pendant la décomposition du chlorure d'ammonium par un amalgame potassique , le potassiiun s'échange contre l'ammonium qui est pris par

SÜL^TRE d'ammonium. fît

le mercure à la place de lautre , on doit en conclure que Thydrogène, qu*on avait regarde comme appartenant à l'acide dans le chlorure d'ammonium , doit appartenir à I élément électropositif du sél, à l'ammonium.

Beaucoup de chimistes ont hésité de se prononcer sur ce sujet, et il en est résulté une sorte de confusion dans la dénomination des sels de ces deux bases si différentes; on les a communément appelés sels ammoniacaux^ en ajoutant, au besoin, pour les sels ammoniacaux proprement dits, le nom X anhydres. A m^ureque l'idée qu'on se fait de la différence réelle de ces sels, quant à leur composition , se confirme , il devient nécessaire d'assigner à chaque classe un nom particulier. Le moyen le plus naturel est d'appeler sels ammoniacaux ceux dans lesquels l'ammoniaque est la base, et sels d'ammonium ceux dans lesquels l'ammonium ou Foxyde d'ammonium est la base. Il faut passer sur les inconvénients inséparables de la transposition du nom d'un corps à un autre; mais l'avantage qu'on retire des notions certaines et des assertions qui s'y fondent , est trop grand pour qu'on ne doive pas renoncer à d'anciennes habitudes. Dans ce qui précède , le nom de sels ammoniacaux a été souvent employé dans l'ancienne acception vulgaire; mais, d'après ce que je viens d'exposer , on fera l'application du principe de nomenclature ici établi.

Sulfure d^ammonium. L'ammonium se combine avec le soufre en toutes les proportions dans lesquelles le potassium et le sodium se combinent avec ce corps; et même il se combine avec le soufre dans une proportion encore plus élevée, qu'on avait supposée pour le potassium et le sodium , mais qu'on n'a pas encore pu obtenir, La méthode de préparation de ces composés peut varier ; mais le procédé le plus simple pour préparer des degrés de combinaisons fixes consiste à mêler du sulfure potassique anhydre exactement avec du chlorure ammonique, et à chauffer le mélange doucement dans un appareil distillatoire convenable. Le potassium s'unit au chlore^ et le sulfure ammonique se sublime au même degré de sulfuration que le sulfure potassique. Le chlorure ammonique doit être employé en excès; car si le sulfure potassique se trouve en excès , et qu'il ne soit pas au plus haut degré de sulfuration, c'est lui qui passera au plus haut degré de ^Ifuration en enlevant du soufre à l'ammonium , dont les éléments se déparent, et font dégager du gaz ammoniac et de l'hydrogène. Je

na MONOSÜLFÜRE d' AMMONIUM.

dois copendant faire observer que les différents sulfures d ammonium n'ont jusqu'ici guère été bien examinés , et que nous manquons à cet égard de détails précis.

I. Le monosulfure d* ammonium s'obtient anhydre lorsqu'on mêle le gaz ammoniac sec avec moins que la moitié de sou volume de gaz Sulfide hydrique anhydre. Celui-ci y en condensant le double de son volume de gaz ammoniac ^ forme un composé so lide, cristallin , qu'on peut sublimer sans altération dans un excès de gaz ammoniac. L'ammoniaque exerce sur le sulfide hydrique le même mode de décomposition que sur leau : elle s'unit à l'hydrogène pour former de l'ammonium , qui reste combiné avec le soufre; mais le sulfure d'ammonium n'est pas, comme l'oxyde d'ammonium I décomposé à une température plus élevée.

On obtient le monosulfure d ammonium par la voie humide, en partageant une certaine quantité d'hydrate d'oxyde ammonique en deux parties égales, et en saturant l'une de sulfide hydrique y qu'on y fait arriver sous forme de gaz et à l'abri du contact de l'air. Le sulfide hydrique change d'abord l'oxyde ammonique en sulfure d'ammonium, et l'excédant de sulfide s'unit au sulfure d'ammonium pour former du sulfhydrate d'ammonium, jusqu'à ce que i atome de sulfure ammonique se soit uni à i atome de sulfide hydrique. Après cela, on y ajoute l'autre moitié de l'hydrate d'oxyde ammonique, qui rencontre la quantité de sulfide hydrique exactement nécessaire pour se transformer en sulfure d'ammonium. Si l'on a opéré complètement à l'abri du contact de l'air, on obtient un liquide incolore, d'une odeur et d'une saveur à la fois hépatique et ammoniacale, et d'une réaction alcaline ; il dissout les sulfides, avec lesquels il forme des sels solubles ; avec les acides, il donne naissance à un dégagement de gaz sulfide hydrique et à des sels à oxyde d'ammonium , sans élimination de soufre. Il absorbe très-avidement l'oxygène de l'air. De deux atomes de sulfure d'ammonium , l'un se convertit en oxyde d'ammonium, et l'autre en bisulfure d'ammonium, qui communique à la liqueur une couleur jaunâtre.

Le monosulfure d'ammonium se compose de :

Centièmes. Atomes.

Ammonium 53,oi2 i

Soufre 46>988 i

Poids atomique, =4218,1 19; formule, NH*S ouNH*.

2. Le bisulfure dammomum s'obtient à lëtftt li<ti)ide en faisant doucement digérer dans un flacon fermé une solution un peu étendue du sulfure précédent avec des fleurs de soufre lavées , et en continuant la digestion jusqu à ce qu'il ne se dissolve plus rien. On a alors une solution, d'un jaune opalin , ayant la même odeur, la même saveur et la même réaction que le corps précédent ; mais, saturée par les acides, elle dégage du sulfide hydrique avec élimioadon de soufire. Le bisulfure n'a pas encore été préparé ni décrit à l'état solide et anhydre. 11 se compose de : •

Centîèmet. Atomet.

Ammonium 36»o65 i

Soufre • . • 63,935 d

Poids atomique, =629,204; formule, =NIi*S* ou NH^ Ce corps ne joue pas, autant qu'on sache, le rôle de sulfobase.

3* et 4^ Le trisulfare et le quàdrisulfure d'ammonium n'ont pat' encore été préparés. Cependant, on sait qu'ils peuvent exister sous forme solide , ainsi qu'à l'état de dissolution dans une trèspetite quantité d'eau. L'addition d'une plus grande quantité d'eau en hit éliminer du soufre, et dissout le bisulfure qui se forme.

5* Le gtuntisulfure d*ammanium s'obtient par la voie sèche en dbtillant un mélange de foie de soufre et de chlorure ammonique. Suiyant Fritzsche, on l'obtient par la Toie humide, en faisant de nouveau arriver jusqu'à saturation du gaz ammoniac dans une solution concentrée de suif hydrate ^d'ammonium, et en y faisant dissoudre du soufi« jusqu'à refus. Puis , l'excès d'ammoniaqtre est saturé de sulfide hydrique; si, par là, la liqueur ne se prend pas' en une masse crisulline, il faudra y faire arriver une nouvelle qoantité de gaz ammoniac , ajouter du soufre, et saturer l'excès ' d'ammoniaque par du sulfide hydrique. Dans ce procédé, on a pour but de produire, dans la quantité primitive de Teau , de nouvelles quantités de composé , et plus même que le liquide ne pourrait contenir en solution. Dès que celui-ci s'est pris en une masse cristalline, on ferme exactement le vase, on chauffe doucement jusqu'à la fusion , et on laisse refroidir : le quintisulfure se dépose sous forme de gros cristaux d'un rouge orange. Ces cristaux ont souvent -1 pouce de longueur et plusieurs lignes d'épaisseur; ce sont des prismes quadrilatères, à facettes terminales obliques aux arêtes, et auxquelles s'associent encore plusieurs faces secondaires. Os se décomposent à l'air , en dégageant en partie du sulfure

tl4 ftCPTISÜlFURK d'ammonium.

d'ammoniuiD, et se change en partie en hyposulfite d^oxyde ammonique, qui reste mêlé de soufre et qu'on peut séparer par Teau. L'humidité de l'air hâte considérablement cette transformation. Placé sous une cloche de verre au-dessus de l'acide sulfurique, le quintisulfuire d'ammonium cristallisé laisse dégager du sulfure d'ammonium^ qui est absorbé par l'acide sulfurique : les deux corps se décomposent et laissent déposer leur soufre y qui reste sous forme d*un agrégat de petits cristaux , conserrant la forme et i'ari;^ngement des cristaux détruits. Même en vaisseau! <Aoiy les cristaux s'altèrent aux dépens de l'air qui s'y trouve emprisonné. Le quintisulfure est décomposé par l'eau , qui se charge d'un bisulfure et laisse 3 atomes de soufre; mais, chose singulière, ce soufre se trouve dans l'état allotropique Sf , c'est-à-dit« , sous forme de soufre mou , qui durcit peu à peu et se change en un il^agma de cristaux microscopiques. Les cristaux de quintisulfure se dissolvent, au contraire, dans l'alcool, et constituent un liquide d'un jaune orange^ ou cristallise insensiblement du soufre. Le quintisulfure se compose de :

En centièmes. En atanci.

Ammonium i8,4i »••• i

Soufre 819S9 5

Poids atomique, :=i33a,779; formule, =NB*S* ou NH*.

&" Le sepUsulfure JCammonkan est un degré de sulfuration plus élevé encore que le persulfure qu'on rencontre dans les alcalis fixes (i). Il a été découvert par Fritzsche^ et s'obtient en séparant du sulfure d'ammonium par l'évaporation du composé précédent En laissant refroidir sous une grande cloche de verre une solution chaude concentrée de quintisulfure, on voit se déposer du sulfiire d'ammonium^ sous forme d'une rosée, sur les parois intérieutt» de la cloche, et dans la capsule se forment des cristaux rouges de septisulfure. On l'obtient également en chauffant doucement la solution au contact de l'air, ou en^vase fermé, avec addition de soufre. Les cristaux de quintisulfure , en se décomposant dans un grand vase fermé , laissent une carcasse creuse formée de petits cristaux de septisulfure. Ces cristaux sont d'un rouge rubis, et (tiffèrent, par leur forme y de ceux du quintisulfure. Le septisulfure est beau-

(i) Il Se peat que ce composé soit , dans un alcali , représenté par le sulfure qui se foime lorsqu'on fait digérer avec du soufre une solutioti d'hépar dans de ralcool ftahydre , et d'où rean fait prédpiter luw quantité aboiidsnte de aonfre.

SBPTisuLFümE d'ammoitium. ii5

oonp plus stable que le quintisulfure; il peut être très-bien conservé dans un vase plein et exactement fermé, en le garantissant contre la lumière directe du soleil et la chaleur. U est insoluble diDS Teaiii qui le décompose, mais beaucoup plus difficilement et plus lentement que le quintisulfure; et même, par l'acide chlorhjdiiqoe, sa décomposition ne s'effectue pas très-rapidement. Le septisulfure se compose de :

Centième». iLtomet.

Ammonium i3,88 i

Soufre 86,12 7

Poids atomique, =1635,11; formule, =Nfi^S7 ou NH^

Indépendamment de ces composés, on obtient de plusieurs manières des mélanges de sulfures d'ammonium, qui màitent d'être ici plus exactement mentionnés.

Lorsqu'on fait passer du gaz ammoniac en même temps que des vapeurs de soufre à travers un tube de porcelaine incandescent , sans élever la température trop fortement, l'ammoniaque se décompose de façon que 3 atomes s'unissent à l'hydrogène du quatrième atome d'ammoniaque pour former de l'ammonium, lequel se combine avec du soufre, pendant que le nitrogène du quatrième atome se dégage. Pendant cette action , le sulfure d'ammonium se dépose , dans les parties froides du tube , sous forme de cristaux jaunes assez gros -y ^n ne s'est pas assuré à quel sulfure ils appartiennent. Si la température est beaucoup plus élevée, la décomposition de l'ammoniaque est plus profonde ; on obtient de l'hydrogène, du nitrogène, du gaz sulfide hydrique, et il se sublime des cristaux de sidfhydrate d'ammonium , qui diffèrent cependant beaucoup de ceux du sulfure d'ammonium ; car ils sont incolores et beaucoup plus volatils ; ils se déposent dans un point bien plqs loin de la partie chauffée du tube que les cristaux de sulfîire d'ammonium , si ces derniers sont obtenus en m^e temps*

En distillant un^mélange de i partie de soufre, de a partiel de chaux vive et 2 parties de chlorure ammonique, il passe un sulfure d'ammonium sous forme liquide. Dans cette opération, le soufre agit sur la chaux pour former du sulfate calcique et du sulfure de calcium , qui décompose le chlorure d'ammonium : le calcium s'unit au chlore, et le soufre à l'ammonium* Le produit « delà distUlation est liquide ^ d'un jaune foncée et fume fortement

n6 COMBÎNAISOITS COPULÉES DE L^MMOITIAQUe.

à l'air et dans Toxygène; mais il ne fume pas dans les gaz exempts d'oxygène. La propriété de fumer tient à ce que le produit s'évapore et s'oxyde à l'air, en formant un sel non TOlatil et en séparant du soufre ) qui se précipite dans l'air comme une fumée. D est connu depuis longtemps, mais sa composition n'a jamais été examinée. Les anciens chimistes l'appellent tantôt spiritus sulphurisBeguini^ tantôt liquor fumons BoyliL liest propre à dissoudre une plus grande quantité de soufre ; et par là il ne devient pas fumant, niais il acquiert la propriété de couler difficilement, comme une huile. Ce soufre ainsi dissous est précipité par une addition d'eau.

Ammoniaque et oxyde d^ammonium en combinaison avec des

copules.

L'ammoniaque , aussi bien que l'ammonium et son oxyde, forment des combinaisons copulées de nature basique, dans lesquelles des composés organiques ou inorganiques font office de copules. Ces combinaisons s'unissent à des oxacides et à des hydracides pour former des sels particuliers , dont les propriété diffèrent beaucoup de celles des sels d'ammonium ; décomposés par une base plus forte , ces sels abandonnent la copule avec l'oxyde d'ammonium , qui , comme s'il était libre , se décompose en eau et en un composé d'ammoniaque avec la copule. Les plus remarquables sont les bases salines végétales , qui seront décrites dans la Chimie organique, A l'occasion du platine, on mentionnera des combinaisons semblables , dans lesquelles le chlorure platinique amidé et laniidure platinique constituent les copules. La combinaison avec l'amidure platinique a cela d'extraordinaire que l'oxyde d'ammonium s'y maintient sous forme d'hydrate cristallisé, et représente un alcali qui, en causticité, rivalise avec les alcalis fixes. Par la distillation des corps organiques nitrogénés, on obtient plusieurs composés semblables, dans lesquels 4^s carbures hydriques fonctionnent comme copules. Dans ce cas sont l'aniline , l'odorine,ranimine, etc., qui seront décrites en temps et lieu. Je ne veux décrire ici, comme un exemple de ces composés, que l'oxyde urique ammoniacal , que nous avons déjà eu plusieurs fois Toccasion d'indiquer, surtout apropos de l'acide cyanurique, tomel, page 719; et nous avons de même mentionué; tome I| page 845y

OXTDK URIQUE AMMO]!riAGA.L; liR££. II7

on sttlfide du même radical, le sulfide urique. Parmi les composés de ce genre, c*est cependant Tun de ceux dans lesquels le caractère basique de l'ammoniaque est le moins marqué.

0xyd9 urique ammoniacal; urée. Daprès la découverte de W'ôhler^ ce corps s'obtient, par une voie inorganique, en évaporant doucement une solution aqueuse de cyanate d'oxyde ammooiqne : les éléments se groupent alors de telle façon que Thydrogéoe et loxygène, qui changent lammoniaque en ammonium, se pilent du côté électropositif au côté électronégatif, et se combinent avec les éléments de l'acide cyanique. Avant l'évaporation , le sel est=:G*N*0+SH*0; après l'évapomtion , il se dépose des cristaux composés de C*H'N*0*+Nff ; c'est là l'oxyde urique ammoniacal*

Uebig a indiqué le mode de préparation suivant, beaucoup moins coûteux : un mélange de a 8 parties de sel lixiviel de sang et de i4 parties de manganèse (oxyde manganique), l'un et l'autre finement pulvérisés, est chauffe jusqu'au rouge faible sur une plaque de fer (et non dans un creuset), maintenue au-dessus d'un feu de charbon ; le mélange s'y allume spontanément et brûle lentement. En remuant fréquemment, on empêche la masse de s'agglutiner, et on favorise l'accès de l'air, La masse brûlée et refroidie est ensuite épuisée par de l'eau froide, et le liquide ainsi obtenu est mêlé avec ao \ parties de sulfate ammonique sec , qu*on trouve dans le commerce ou qu'on prépare tout exprès pour cet usage, en saturant de l'acide sulfurique par du carbonate ammonique, et évaporant à siccité. Il est avantageux de mettre en réserve Le premier digestum concentré, obtenu avec le sel lixiviel de sang brûlé, de dissoudre à la température ordinaire , dans la dernière eau de lavage, le sulfSate ammonique, et de mélanger cette solution avec la première liqueur concentrée. D'ordinaire, il se forme immédiatement un* abondant précipité de sulfate potassique , d'o^ l'on sépare le liquide par décantation ; celui-ci .est ensuite évaporé dans un baio d'eau ou dans un endroit chaud , avec la précaution d'éviter l'ébullition : il se dépose continuellement des croûtes cristallines de sulfate potassique , et on décante le liquide tant que cela est possible. Ce dernier est alors complètement réduit à siccité, et traité avec de l'alcool bouillant de 0,80 à 0,90 , qui dissout Voxyde urique annmoniacal. Par l'évaporation et le refroidissement de la lîqiteur, celui-ci «e dépose sous forme cristalUne^ taudis que les

Il8 OXTDK ÜRIQÜK AMMOlCIAGAl.

sulfates y restent non dissous. On obtient ainsi, pour une livre de sel lixiviel de sang, près de 4 onces d'oxyde urique ammoniacal parfaitement incolore et en beaux cristaux.

Pendant la combustion à Tair du sel lixiviel de sang mêlé de manganèse , il se produit facilement un cyanate potassique , qui se dissout dans l'eau froide sans se décomposer ; il faut éviter de le chaufTer avec l'eau, parce que, dans ce cas, il se décompose fiicilement en ammoniaque et en bicarbonate potassique. Par le mélange du cyanate potassique avec le sulfate ammonique , il se forme du sulfate potassique et du cyanate ammonique, qui, à une douce chaleur, se change en oxyde urique ammoniacal.

L'oxygène du manganèse est, comme on le voit facilement, loin de suffire pour convertir en acîide cyanique tout le cyanogène du sel lixiviel de sang; mais une plus grande quantité aurait pour inconvénient de changer en carbonate potassique une partie du cyanate potassique formé ; il vaut donc mieux emprunter à l'air l'oxygène qui manque dans le manganèse. Les expériences faites pour changer en acide, cyanique tout le cyanogène du sel lixiviel de sang par l'addition de la quantité calculée de manganèse et de carbonate potassique, n'ont pas fourni de meilleur résultat que le grillage lent de ce sel avec une quantité insuffisante de manga^ nèse.

Il arrive quelquefois que la solution contenant le sullite potassique et l'oxyde urique ammoniacal est colorée en jaune pur du cyanoferride ammonique ou potassique , qui se dissout dans l'alcool et colore en jaune les cristaux de l'oxyde urique ammoniacal; on l'en sépare facilement par l'addition d'une petite quantité de solution de sulfiite ferreux; après la séparation du bleu de Prusse ainsi formé , on ajoute à la liqueur du carbonate ammonique ; par là le sel de fer ajouté en excès est décomposé , et la liqueur devient Hmpide et incolore ; elle est ensuite évaporée et traitée comme ci-dessus.

Cependant, la méthode de préparation la moina coÀteuse consiste à retirer de l'urée évaporée le nitrate ou 1' Oxalate d'oxyée urique ammoniacal , ainsi que je le dirai à la fin de la description des sels ammoniacaux dans l'halurgie, et à séparer, par une base plus énergique , l'oxyde urique ammoniacal.

On le retire de l'oxalate , en dissolvant œ sel cbns un peu d*eat| bouillante, et en mêlant la solution avec du carbonate cal-

OXTDB V1IIQI7E AliHONIAGAL. II9

dque pur bien pulvérisé, ou plutôt avec celui qui a été récemment précipité, lavé, et non eocore desséché. On ajoute de ce carbonate jusqu'à ce que-la liqueur ait cessé de rougir le papier de tournesol. Le liquide est ensuite séparé , par le filtre, de loxalate caldque précipité, et évaporé à siccité dans un bain d'eau; le résidu est dissous dans lalcool anhydre , qui laisse d'ordinaire un peu d Oxalate potassique, qui souille souvent l'acide oxalique , et un« portion d'oxalate d'oxyde ammonique, provenant des sels ammo-* oiacaox contenus dans l'urine.

On le retire du nitrate d'oxyde urique ammoniacal , en dis* soWaot ce sel dans l'eau , en le décomposant de même par du carbonate bary tique, évaporant la liqueur à siccité dans un bain d'eau et traitant le résidu par de l'alcool anhydre , qui dissout l'oj^de urique ammoniacal et laisse du nitrate barytique. La solution alcoolique est réduite, par la distillation, au quart de son volume; puis elle est abandonnée, en un vase ouvert, à l'évapo« cation spontanée, pendant laquelle l'oxyde urique ammoniacal «e dépose sous forme cristalline.

L'oxyde urique ammoniacal a les propriétés suivantes : par un prompt refroidissement de sa dissolution , il cristallise en aiguilles déliées et d'un éclat soyeux ; mais, par l'évaporation spontanée, il pend la forpie de prismes à quatre pans, longs, étroits etincolores. En petite quantité, il ne produit que de légères efiflorescences sur les parois du vase« La meilleure manière de l'obtevir cristallisé , est den laissiçr refroidir lentement la dissolution alcoolique saturée et bouillapte. Suivant ProiUy il contient toiypurs une base quand il ne cristallise qu'ep feuillets mince«. Il a une. saveur fraîche, analogue à celle du qitre, et il est inodore. Il ne réagit ni comme un acide ni cpnune un alcali. Il ne change point à l'air , à moins que celui-ci ne soit chaud et tr^s-humide ; en ce cas , il toml^e e^ déliquescence. Son poids spécifique est de i,35, d'après Prout, Chauffé jusqu'à + 1 20 degrés , il fond sans se décomposer; miais , à quelques degrés au-dessus , il entre en ébullition; il se dégage une grande quantité d'ammoniaque, et il se sublime un peu de cyanate d*oxyde d'ammonium , sans aucun mélange de cyanure ammonique ; )a masse en fusion prend peu à peu l'apparence d'unf bouillie, et lorsqu'on ménage la chaleur, il finit par rester une poudre d'un gris b)anc ^ qui est de l'acide cyanurique* (f^^^ï* ^ It

I»0 OX.n»B ÜHIQUB AlOCOIlIACAi;.

L'oxyde urique ammoniacal a des propriétés basiques faibles; U n*a pas de réaction alcaline , et ses sels rougissent le papier bleu de tournesol. On fut donc longtemps sans connaître la propriété qu'il a de former des sels avec les acides. Depuis lors, on découvrit, pour ainsi dire, un sel après l'autre. Primitivement on ne connaissait pendant longtemps que le nitrate, qui fut découvert fmxCruikêhaFiJc; plus tard, i'roür découvrit Toxa la te, eiKodweissXt cjanurate; enfin , Cap et Henry démontrèrent que l'oxyde uriqne ammoniacal forme, en général , des sels avec les acides. Mais cest Begnaidt qui a £iit connaître la véritable nature basique de ce composé : il a trouvé que les sels que ce composé forme avec les oxaeides contiennent un atome deau non éliminable; ce qui fit voir clairement qu'il n'y avait pas seulement de l'ammoniaque, mais que cette ammoniaque^ par la saturation avec un acide^ était diangée en oxyde d'ammonium , et que la base de ces sels était de l'oxyde urique ammoniacal. Erdmann et Pelouze ont ensuite démontré que sa combinaison avec l'acide chlorhydrique est un composé de chlorure ammonique avec l'oxyde urique comme copule { d'où il résulte que la copule accompagne le métal ammonium lui-même.

Longtemps avant que cette opinion sur la nature et la composition de ce corps ne f&t formulée, Prout^ puis Liebig et fFohler^ avaient analysé ce corps et obtenu des résultats complètement concordants , d'après lesquels sa composition élémentaire est :

Centiènies. Atomes.

Carbone • '999^ •• ^

Hydrogène 6,62 8

Nitrogène 46,94 4

Oxygène si6,5a a

Ce qui donne la composition rationnelle :

Centièmes. Eqnirslents.

Ammoniaque . • . H^N* • • • a8,435 i

Oxyde urique. . . (?H*TJ»0\ . . 71, 565 i

==:C*ffN*0" Poids atomique, =754,23 ; formule, =NH» + C*IWf'0\

Avant les recherches Je /{e'^Râu/^, on avait plusieurs idées différentes sur la composition de ce corps. Ainsi, on croyait que c'était de l'oxamide combinée avec i atome d'amide de plus. Il serait

BAmTUM. lai

inutile de s*y arrêter, depuis que la manière dont -ce corps se comporte avec les acides a révélé sa véritable nature.

Les combinaisons que loxjde urique ammoniacal forme , dit«on, avec d'autres bases , n'existent probablement pas ; ce qu'on a considéré comme des combinaisons de ce genre n'était peutêtre que des mélanges de nitrate d*oxjde urique ammoniacal avec une autre base ; tel e»t, par exemple , le cas de la prétendue combinaison argentique» obtenue en précipitant par un alcali une solution concentrée d'oxyde urique ammoniacal , mêlée de nitrate argentique. L'oxyde urique ammoniacal est décomposé à chaud par des bases énergiques; il se fonne de lammoniaque et de l'adde carbonique. Il parait pouvoir se combiner avec certains sels, dont il change alors la solubilité et la forme cristalline, et dont il peut être séparé par l'alcool. Sa solution n'est précipitée par ancun sel métallique; elle ne lest pas davantage par l'infusion de noix de galle.

( Quant à ses rapports physiologiques, j'en parlerai à l'article urine y dans la Chimie animale.

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