‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 3)Chapitre 38 sur 80 · OR FULMINANT · texte numérisé non relu

OR FULMINANT

monicic et de. Tor métallique. Dumas trouva dans un pareil composé 78 pour cent d or, 4,5 pour cent de chlore, et 22,5 pour cent d*ainmoniaque, d'oxygène et d*eau. Ces nombres ne démontrent pas un rapport de combinaison défini, sur lequel cependant repose certainement la formation du précipité; mais la quantité dechloride aurique change en raison des proportions variables de lammoniaque employée, et peut-être aussi pendant le lavage.

b. L or fulminant ne contenant pas de chlore se produit en faisant digérer le composé précédent avec un mélange dTiydrate potassique et d'ammoniaque^ le chlore est par là enlevé, et on obtient une combinaison dont la préparation et la manipulation exigent quelque précaution. Par l'action de ralcali,la couleur change, et passe du jaune au jaune brun foncé. Par le lavage et la dessiccation, le composé devient encore plus foncé, et prend une teinte pourpre. S'il est bien lavé, il détone environ à -f-ioo** avec une explosion si violente et si instantanée, que si on fait l'expérience sur une lame métallique mince, celle-ci est enfoncée ou même trouée. Il détone sous le choc du marteau , par le contact de l'acide chlorhydrique concentré, «t quelquefois aussi sans cause apparente; c'est pourquoi il ne faut jamais le conserver. Tout comme le précédent, il peut être détruit sans détonation , après l'avoir intimement mêlé avec ao à 3o fois son poids de sulfate potassique. Il donne de l'or, du nitrogène, de l'ammoniaque, et un peu d'eau. Il ne se dissout pas dans l'acide chlorhydrique étendu; mais il se réduit de l'or, lorsqu'on introduit du zinc ou du fer dans le mélange d'or fulminant et dacide chlorhydrique étendu. Il est aussi décomposé sous l'eau par le sulfide hydrique, en même temps qu'il se forme du sulfure d'or. Il se décompose très-difficilement par la voie humide , si on le mêle avec plusieurs fois son poids de fleur de soufre, qu'on allume le soufre , et qu'on le fasse brûler ; à la fin l'or reste.

Les analyses n'ont pas toujours fourni à cet égard des résultats concordants. Les expériences de Dumas donnent 76,1 pour cent d'or, 9 pour cent de nitrogène, et li^p pour cent d*eau, ce qui le porte à considérer le composé comme approximativement formé de i atome d'oxyde aurique, a équivalents d'ammoniaque^ et I atome d'eau ==Au+aNII'+H. Cependant Dumas regarde ces éléments comme groupés d'une autre manière , et il présume que l'or fulminant renferme i atome de nitrure d'or, uni à i

388 SULFURE AURIQUE.

atome d'ammoniaque et à 3 atomes d'eau, d'après la formule ^N4 ÄfIP-|-3H. Bien entendu quon n'a pas de preuves pour appuyer tel mode de composition plutôt que tel autre. Dumas fonde son opinion sur ce que d'autres nitrures produisent une explosion instantanée et violente analogue. Il est très-probable que c'est le nitrure d'or qui fait explosion ; mais le produit décrit en premier lieu ne renferme pas vraisemblablement de nitrure d'or, mais c'est, comme l'indique l'analyse de Dianas ^ une combinaison d'oxyde aurique et d'ammoniaque. Des oxydes métalliques et de l'ammoniaque forment en effet, à une certaine température, des nitrures métalliques qui font explosion à une température un peu plus élevée. C'est là, selon toute apparence^ ce qui arrive pour l'explosion de l'or fulminant. Probablement que la température à laquelle le nitrure d'or se forme est si voisine de celle à laquelle il fait explosion , que ces deux températures peuvent coïncider, par exemple par le choc d'un marteau. Peut-être aussi l'or fulminant est-il une combinaison chimique de nitrure d'or avec de l'oxyde aurique ammoniacal. Quoi qu'il en soit , nous n'avons pas encore une connaissance rationnelle de l'or fulminant.

Sulfures (Ton L'or se combine avec le soufre en deux proportions.

i" Sulfure aureux. On l'obtient en faisant arriver du gaz sulfide hydrique dans une dissolution aqueuse et bouillante de chlorure aurique. Il se forme simultanément de l'acide sulfurique, de l'acide chlorhydrique et de l'eau, et le sulfure se précipite. Il est d'un brun foncé, presque noir. Après la dessiccation il est noir en masse, mais d'un brun foncé en poudre. Quand on le chauffe, il abandonne du soufre, et laisse de l'or. On n'a pas encore examiné s'il est sulfobase.

Le sulfure aureux se compose de :

Ceotièmes. Atomes.

Or 92,5i •«... a

Soufre 7,49 I

Poids atomique, =2687,19; formule, =Au'S ou Au.

a^ Le sulfure aurique se forme, quand on précipite à froid, par le sulfide hydrique, une dissolution d'or étendue d'eau. On l'obtient aussi, par la voie sèche , en faisant fondre du persulfurede potassium avec de l'or en excès ; il se forme un sulfaurate potassique, que Ton peut dissoudre dans l'eau. Les acides précipitent du sulfure aurique de la dissolution. C'est une masse flo-

PUOSFHÜIIE D*OR. ^89

conneuse y d*un jaune foncé , qui devient encore plus foncée par la dessiccation , et abandonne le soufre à une douce chaleur. Cette combinaison joue le rôle d*une sulfobase à Tégard des sulfides électronégatifs , et forme avec eux des sulfosels particuliers : elle mérite sous ce rapport le nom de sesquisulfure aurique; mais, envers les sulfures électropositifs, elle se comporte comme un sulfide. C'est pour cela qu'elle se dissout dans les sulfures alcalins , et chasse, à Taide de l'ébuUition, le sulfide hydrique des sulfhydrates. Le sulfide aurique se dissout dans la potasse caustique bouillante^ et laisse une certaine quantité d*or réduit; en effet, pour passer à 1 etat de sulfure de potassium , la potasse cède son oxygène , non pas à For, mais au soufre, et le potassium qui résulte de cette désoxydation se combine avec une certaine quantité de soufre, qu'il enlève aussi à Tor j de sorte que Tor qui était uni à ces deux portions de soufre se trouve réduit.

Le sulfide aurique est formé, d après l'analyse à' Oberkampf ^ de :

Centièmes. Atomes.

Or 80,47 2

Soufre 191^3 3

Poids atomique, ^3089,521; formule, =Âu*S^ ou Au.

Phosphure éCor. L'or se combine facilement avec le phosphore. La combinaison est plus fusible que lor seul, et a une couleur pâle presque blanche. Quand on la calcine à Tair libre, dans des vaisseaux ouverts, elle se décompose, et le phosphore bmle. En faisant passer du gaz phosphure d'hydrogène à travers une dissolution d'or, il se précipite d'abord de l'or métallique, d'après les expériences à' Oberkampf ;md\s ensuite , lorsque le sel est décomposé, le gaz que Ton continue à faire arriver dans la liqueur se combine avec l'or, et donne naissance à une masse noire, homogène, d'un aspect nullement métallique, qui n'est pas altérée à la température ordinaire de l'air; jetée sur des charbons ardents, elle brûle avec les phénomènes qui accompagnent habituellement la combustion du phosphore, et laisse de l'or métallique. Mis dans une dissolution d'or, ce phosphure se décompose, et donne naissance à un précipité d'or , pendant que le phosphore s'acidifie. Les expériences à' Oberkampf lit décident pas si, dans cette opération, l'hydrogène se sépare du phosphore, ou s'il se combine en même temps avec l'or.

On ignore si l'or s'unit au carbone. Black a trouvé qu'en ce-

SgO ALLIAGES D^OR.

mentant longtemps ce métal entre des charbons , il acquiert la belle couleur jaune qu a Venise on donne aux seqnins, et dont la préparation y est tenue secrète. Cependant cette couleur jaune n'est que superficielle.

uilliages dor. Les combinaisons de Tor avec les radicaux des nicalis et des terres, n ont pas encore été examinées.

Lor se combine aisément avec Xarsenic. Les vapeurs même de ce métal, quand elles rencontrent de l'or chauffé au rouge ^ se combinent avec lui, de manière à donner naissance à une masse métallique , grise et cassante, qui renferme environ ^ d arsenic; ^^ d*arsenic suffit pour priver Tor de sa malléabilité, sans que la couleur en soit altérée (i).

On trouve l'or combiné avec le tellure dans plusieurs mines de Transylvanie (t;o/>page ^\6). La combinaison porte le nom de telluride aurique^ se comporte comme élément électronégatif à l'égard des tellurures , et forme avec eux des telluraurates particuliers. Le telluride aurique correspond, par sa composition, à Toxyde aurique, et prend naissance quand on précipita du chlorure aurique par le telluride hydrique ou le tellurure potassique. Dans For graphique, Tor est combiné avec une proportion double de tellure, de manière à former un telluride hyperaurique^ qui est uni à du tellurure argentique ; ce dernier joue le rôle de base.

L'or s'unit facilement à ïantimoine, quand on les fait fondre ensemble; il en résulte un alliage pâle et cassant, qui se décompose en totalité quand on le tient longtemps fondu dans un vase ouvert, et laisse Tor pur.

L'alliage d'une partie d'or et de -^ de platine a une couleur jaune pâle, semblable à celle de l'argent terni, et possède beaucoup de malléabilité. Par une plus grande quantité de platine, l'or perd totalement sa couleur et sa malléabilité, et devient très*réfractaire. L'or peut être allié, par la fusion, à Xiridiuniy au rhodium et à Vosmiuni; il forme avec eux des composés malléables, qui conservent assez la couleur de l'or quand celui-ci y prédomine. Parties égales d'or et de palladium donnent un alliage presque blanc; il

(i) En suivaot im ordre rigoureux d^ius l'histoire des alliages , je ne devrais parler que de ceux qui sont foriucs par des métaux qui ont déjà été décrits ; mais j'ai cm devoir m'écarter de celte règle pour les métaux les plus employés ; car c'est parmi cas derniers que le lecteur va naturell cnicnt chercher leurs alliages avec les métaux dont on fiait un usage moins firqucnt.

ALLIAGES d'oB. SqI

suffit d'une petite quantité de palladium pour pâlir la couleur de lor.

L or et Vargent produisent un alliage aussi fusible que l'or, mais dont la couleur est plus pâle. Quatre parties d'or et une d'argent constituent Velectrum des anciens, composé qu'on croyait plus brillant à la lumière du feu que l'argent. Un alliage semblable se rencontre dans le règne minéral, et a reçu le même nom. Rarement l'or qu'on trouve dans la nature est exempt d'argent; quelquefois l'argent forme plus du tiers du poids de la combinaison , et celleKîi résulte d'un atome d'argent et 2 atomes d'or. Cependant ces proportions , et les faibles quantités d'argent avec lesquelles on rencontre l'or combiné dans certaines localités, comprennent un grand nombre de degrés intermédiaires, qui paraissent indiquer que les deux métaux se sont combinés dans des proportions indéfinies. A la vérité, Boussingault a chercbé à démontrer, au moyen de plusieurs analyses , que ces alliages résultaient toujours de combinaisons en proportions déterminées; mais Gustai^e Rose SI fait voir que, même dans les cristaux les plus réguliers dor natif, les proportions de l'argent ne correspondaient pas à des npports atomiques simples; aussi ces rapports ne résultent-ils pas de la forme cristalline, puisque l'or et l'argent cristallisent de la même manière. La quantité ordinaire de l'argent contenu dans l'or extrait par le lavage du sable aurifère est d'environ 8 à 10 pour 100; elle varie dans différents grains d'un même endroit.

D'après l'observation de Boussingault^ ces combinaisons natu* relies ont un poids spécifique inférieur à la moyenne de ceux des deux métaux. Rose a trouvé le même résultat ; mais ses pesées lui ont donné des différences moindres avec les poids moyens. En pesant un échantillon d'or natif de Rio Sucio,qui contenait 12,06 pour cent d'argent , Boussingault a trouvé que le poids spécifique en était de 14,69. Pour celui de Tord' Al. Andrejewsk, qui renfermait 12,07 P^u^ ^^^^ d'argent, Rose a obtenu 17,402. La densité moyenne serait 1 8,223. Un autre alliage d'or, à i3,io pour cent d'argent, avait un poids spécifique de 16,869, V^^ s'éloigne encore davantage de la densité moyenne.

Le mercure se combine aisément avec l'or, et forme avec lui un amalgame blanc, qui, lorsqu'il a été préparé à chaud et qu'on le laisse refroidir lentement , forme des cristaux deudriques ou des prismes à quatre pans. L'amalgame saturé est ferme et dur; mais

39^ ALLIAGES d'or.

il se ramollit quand on le pétrit ou qu'on le chaufTe. Soumis à la distillation, il se décompose, et Tor reste pur. On emploie ordinairement cet amalgame pour dorer le laiton, le cuivre ou Fargent. A cet effet, on décape bien le métal, on le chauiFe,et on Fenduit d acide nitrique et d'un peu de mercure, de manière à Ten couvrir uniformément; puis on y applique l'amalgame d'or, et on chasse le mercure par la chaleur. L'or reste à la surface du métal , sous forme d'un enduit brun foncé. On le couvre ensuite d'un mélange pulvérulent de nitre, de sel ammoniac, de vitriol de fer et de vert-de-gris, soit seul, soit pétri avec de la cire fondue, et on le chauffe jusqu'à ce que la masse commence à fumer. L'or prend alors une couleur plus claire, et un peu du métal qu'il couvre passe à l'état d'oxyde, qu'on enlève en faisant bouillir la pièce dans une dissolution d'une partie de tartre et de trois parties de sel marin. Enfin on polit la pièce dorée avec le brunissoir ou la sanguine, ce qui sert en même temps à étendre l'or uniformément sur tous les points de la surface métallique. La dorure sur cuivre et sur laiton a la couleur de l'or, mais celle sur argent est toujours un peu brunâtre. Il existe une autre méthode pour dorer Tintérieur des vases et des objets qui n'ont pas besoin d'être nettoyés souvent. On imbibe de petits morceaux de toile de lin d'une dissolution d'or dans l'acide nitrique et le sel marin, on les fait dessécher, et on les réduit en cendres. On prend alors un morceau de liège lisse, légèrement charbonné à un des bouts, on l'humecte, on le trempe dans la cendre, et on frotte la surface du métal jusqu'à ce qu'elle soit entièrement couverte d'or. On la polit ensuite avec du linge fin , étendu sur un morceau de liège mou. Cette dorure est susceptible d'un très-beau poli. Mais ces méthodes de dorure commencent généralement à céder la place à la dorure par la voie humide , au moyen de solutions de cyanure d'or potassique ou de sulfaurate sodique, d'où l'or se précipite sur les pièces métalliques, qui, comme conducteurs électronégatifs, conduisent à travers la liqueur le courant électrique d'une pile hydroélectrique.

L'or et le cuiifre pur forment un alliage malléable. Celui dont on se sert pour les bijoux ordinaires, et qui contient 23,6 pour cent de cuivre, se ternit assez souvent par l'usage, et prend un aspect sale, ce qui provient de l'oxydation du cuivre. On peut lui rendre sa couleur primitive, en le lavant avec un peu d'ammoniaque caustique. Le cuivre impur fait perdre à For sa malléabi-

ALLIAGES O'OR. SqS

lité, et, d après Hatchett^ la monnaie de cuivre suédoise ie rend cassant comme du verre. Ainsi que je le dirai plus loin , on ajoute du cuivre à Tor destiné à être monnaye ou travaillé.

L or allié à -— de bismuth donne un composé cassant, d*un jaune pâle. Il ne faut pas plus de j^ de bismuth pour rendre l'or cassant; et lorsqu'on fait fondre de For et du bismuth l'un près de l'autre, la malléabilité du premier en souffre.

Vétain a une très-grande affinité pour l'or. J'ai dit plus haut qu'ils se précipitent ensemble à l'état métallique, quand on mêle des dissolutions concentrées de chlorure aurique et de chlorure stanneux. En faisant fondre le précipité, on obtient un alliage blanc, qui n'est pas malléable. Quand on fond du pourpre de Cassius a^ec du nitre , l'étain est réduit en même temps que l'or, malgré la présence du nitre, et l'on obtient un régule blanc. Une faible addition d'étain ne détruit pas la malléabilité de l'or, et il est encore un peu malléable quand la quantité d'étain s'élève jus-

Le plomb s'allie aisément à l'or, auquel il fait perdre sa malléabilité; avec 1^ de plomb on obtient une combinaison qui a la couleur de l'or, mais qui est cassante comme du verre. Il suffit de j~ de plomb pour priver l'or de sa malléabilité. Les deux métaux peuvent être séparés par la coupellation , ainsi que je le dirai à l'occasion de l'argent.

Deux parties de laiton détruisent la malléabilité de 52 parties d'or.

Le nickel et lor forment un alliage cassant, de couleur jaune pâle; cependant on ne sait pas si cet alliage a été fait avec du nickel exempt d arsenic.

L'or allié à -^ de cobalt donne une combinaison d'un jaune mat, qui nest nullement malléable. Elle ne l'est même pas quand elle ne renferme que ^ de cobalt; mais lor qui n'en contient que j^ peut être forgé.

L'or et lejer produisent, en s'alliant, une combinaison malléable , qui est susceptible d'être laminée et de recevoir des empreintes. Elle est blanche ou grise , et peut être trempée; de sorte qu'on peut l'employer pour fabriquer des instruments tranchants.

Le manganèse s'unit à Tor, et forme avec lui une masse métallique, cassante, d'un gris jaunâtre, qui ne s'altère pas à l'air, et qui est décomposée quand on la fait rougir dans des vaisseaux ouverts, ou qu'on la soumet à la coupellation,

3g4 ALLUGE8 b'oR.

La mollesse de I or empêche de remployer à 1 etat de pureté dans la fabrication des monnaies et des bijoux. Pour lui donner plus de dureté, on y ajoute de Targent ou du cuivre, ou un alliage de tous les deux. Ces mélanges sont réglés comme il suit : une livre, poids de marc, formant, d'après ce que je dirai à propos de l'argent , huit onces, poids ordinaire, est divisée en a4 karats, dont chacun contient la grains(i). Quand For travaillé contient ^ d argent ou de cuivre, on dit qu'il contient 21 karats dor, etc. L'or des ducats de Suède contient a3 karats 5 grains d*or et 7 grains d'argent, et un ducat pèse 7a -~ crains (Ass), ou un peu plus de ^ d once , poids de victuailles (a). L'or d'un ducat pèse 70 -^^ grains (Ass). En Suède, les orfèvres ne peuvent pas employer l'or à moins de 18 karats et 4 grains (x^) ; on le nomme or de couronne (3). L'or appelé or de pistole contient ao karats et 4 grains, avec une tolérance de a grains sur l'un et sur l'autre; mais dans différents autres pays il est permis de travailler l'or d'un titre quelconque. La qualité de l'or employé est déterminée par le contrôle , qui marque d'un timbre Tor qui a été trouvé bon, et brise celui dont le titre est trop bas. Je m'étendrai davantage là-dessus en parlant de l'argent.

Il existe plusieurs méthodes pour essayer l'or travaillé, et pour le purifier. Je vais les indiquer en peu de mots.

On essaye d abord l'or sur une pierre de touche avec ce qu'on appelle les aiguilles à essai. La pierre de touche est une espèce de trapp noir et poli. Les aiguilles sont de petites bandelettes d'or, alliées avec différentes proportions d'argent ou de cuivre ; on en a pour chaque demi-karat au moins depuis 1 5 jusqu'à a3 ^, et elles sont faites avec cinq mélanges différents, savoir : avec de l'argent pur, du cuivre pur, un mélange de | d'argent et de ^ de cuivre, un mélange de parties égales de cuivre et d'argent; enfin, un mé-

(f) C*e8t là TancieD système (système duodécimal), qui est encore aujourd'hui suivi eo Suède , en Allemagne , enfin dans tous les pays où le système décimal a*a pas encore été adopté. Ko France, les monnaies d'or contiennent, ainsi que celleB d'argent , un dixièse d'alliage et neuf dixièmes de métal pur. Le titre monétaire exact, ou sans la tolérance, est de 900 millièmes , ou 0,900. (A'o/e du trad.)

(a) La valeur du ducat de Suède est de xx francs 70 centimes, et son poids de 3''',48a. Son titre légal, comparé à celui des pièces d'or francises, est comme 0,976 : 0,900. (Note du trad.)

(3) En France , le titre de Tor des bijoutiers est de 75o millièmes, avec une tolérascf de trois millièmes. (Note du trad.)

ALUAOES d'or. dgS

lange de | d argent et | de cuivre. On frotte Ter qu*on veut essayer sur la pierre de touche , et à côté de la trace qu'il laisse on en fait une autre avec Taiguille dont la couleur se rapproche le plus de celle de 1 échantillon d'essai. L'or qu'on essaye est alors au même titre que laiguille dont la trace métallique ressemble le plus à la sienne. Quand on a ainsi à peu près reconnu le degré de pureté de Tor, on le réduit par le marteau en plaques minces, on le fait fondre dans une coupelle avec 3 ^ autant d'argent pur qu'il contient d or fin, et avec 3 à 4 fois autant de plomb que pèse cette masse ; et on fait partir le plomb à laide de la coupellation , opération dont je parlerai plus au long à larticle Argent. L'or et l'argent restent ; le cuivre s'oxyde en même temps que le plomb , et passe avec lui dans la coupelle. On appelle cette opération inquoi'tatiofiy parce que l'or entre pour un quart dans l'alliage coupelle, proportion qui permet d'en extraire complètement l'argent, sans que l'or restant perde sa cohérence. On réduit l'alliage d'or en une lame mince, qu'on roule sur elle-même en forme de cornet, et que l'on fait rougir. On la pèse, et on l'introduit dans de l'acide nitrique pur très-étendu et exempt d'acide nitreux et d'acide chlorhydrique , et on le chauffe légèrement. L'argent est dissous, et l'or reste intact. L'acide étant saturé , on verse sur le. métal de l'acide nitrique plus fort que le premier, mais exempt aussi d'acide chlorhydrique, et on finit par faire bouillir la liqueur, afin d'enlever tout largent. La proportion de ce dernier étant telle que l'or conserve la forme de cornet, il est bien plus facile de laver et peser, que s'il tombait en poudre ; car, dans ce dernier cas^ on serait obligé d'employer un filtre , et le résultat de l'essai serait moins certain. On fait bouillir l'or avec de l'eau distillée , jusqu'à ce que celle-ci ne soit plus troublée par une dissolution de sel marin ; puis on le retire avec soin et on le fait rougir. La perte que la masse a éprouvée pendant la coupellation indique la quantité de cuivre C[ui était contenue dans l'alliage, et l'on trouve la proportion d'argent par la diminution du poids de l'or qui reste. Quand on fait cette opération , il ne faut pas oublier qu'il se dissout de l'or, si l'acide nitrique contient de l'acide chlorhydrique ou de l'acide nitreux; à la vérité, la quantité dissoute est peu considérable dant le dernier cas , mais assez grande cependant pour conduire à un résultat inexact. Le procédé qui consiste à séparer Torde l'argent ou du cuivre par l'acide nitrique, a reçu le nom

396 AFflJVAGF. DE l'oK.

de départ. Il peut aussi être exécuté en grand ; mais il ne fournit pas de l'or parfaitement pur, et va tout au plus jusqu'à a3 karats et 10 grains. Les frais qu*il occasionne ne sont pas compensés quand la quantité d or est si faible qu elle ne s'élève qu'à un grain (5 centigrammes) tout au plus.

Il existe encore d'autres méthodes pour purifier lor en grand.

1° Cémentation. On aplatit bien Tor, on lentoure, dans un creuset, d'un mélange pulvérulent de 4 parties de brique pilée, i de vitriol fortement calciné et i de sel marin, puis on le maintient pendant seize à dix-huit heures à la chaleur rouge. Les vapeurs d'acide chlorhydrique et d'acide sulfurique qui se forment, dans ce cas , attaquent les métaux mêlés avec l'or, et la brique pilée s'oppose à la fusion de la masse. Si la première cémentation ne suffit pas pour purifier Tor, on la répète; mais alors on prend du nitre, au lieu de sel marin. On emploie ce même procédé pouraffiner la surface des pièces d orfèvrerie d'un titre inférieur, après quoi on les polit. Dans ce cas, la cémentation produit le même effet que le tartre et le sel marin , quand on les fait bouillir avec l'argent dont on vtut rendre la surface plus blanche. Il est aisé de s'apercevoir que l'or a été cémenté , à ce que la trace sur la pierre de touche indique de l'or à ^4 karats (-|^^)y cas dans lequel on est toujours fondé à soupçonner une pareille cémentation. Si l'on coupe avec des ciseaux une pièce d'or ainsi cémentée, la tranche est au même degré de pureté que la surface, parce que l'or pur de la surface suit les ciseaux. 11 ne faut donc couper la pièce qu'à moitié, briser le reste, et essayer la surface de la cassure sur la pierre de touche (1).

2^ Fusion avec le sulfure antimonique. On vernit un creuset avec du borax; et à cet effet on répand ce dernier à l'état de poudre sur la paroi interne humectée du creuset, puis on le fait fondre. Après avoir fondu , dans ce creuset , deux parties de sulfure antimonique, on y introduit une partie d'or, dont le titre ne doit pas être au-dessous de 16 karats (j^)* Le soufre se combine alors avec les métaux étrangers, tandis que l'antimoine s'unit à l'or.

(1) A la monnaie de Paris , on a eu un exemple frappant de cette extensibilité de l*or. Quelques louis d*or , qui avaient circulé dans le commerce , furent trouves d^ini poids extraordinaire , et Ton soupçonna qu'ils contenaient du platine. On les coupa en deux , sans apercevoir autre chose que de Tor ; mais quand on les brisa , ou qu*on les fil dissoudre, on reconnut qu'ils étaient en platine, couverts d*unc légère couche d*or.

OSMIUM. 397

On yerse lalliage d or et d^antimoine, et on remet les scories qui contiennent encore de Vor dans le creuset, avec une nouvelle portion de sulfure antimonique; on obtient alors un or plus chargé d*antimoine, et des scories que Ion peut fondre encore une fois avec deux parties de sulfure antimonique. On réunit tous les régules d'or et d antimoine , on les fait refondre avec deux parties de sulfure, et on décompose le régule qui en résulte par la fusion dans des vases ouverts. Pour favoriser la volatilisation de l'antimoine, on soufQe légèrement avec un soufflet à main sur la masse fondue, jusqu^à ce que For soit clair; ou bien on fond le régule dans un large creuset avec trois fois autant de nitre, de sorte que lantimoine est oxydé , tandis que lor reste à letat métallique. Si l'or destiné à laffinage est à moins de 16 karats (-^j), il faut, dans la première fusion, ajouter du soufre en même temps que le sulfure antimonique.

3° Fusion aifec V oxyde plomhique et le soufre. Après qu'elle est exécutée^ on ajoute à la masse de la poudre de charbon , et on obtient de Tor allié avec du plomb^ que Ton soumet à lacoupellation.

4° On cémente Tor réduit en feuilles minces, avec du suroxyde manganique, à la chaleur de For fondant; puis on fond la masse avec trois fois son volume de verre pilé.

Les usages économiques de Tor sont généralement connus. En outre, il est employé, en raison de son prix élevé et de sa belle couleur, à divers objets de luxe. Dans ces derniers temps on a essayé de substituer quelques préparations d'or dans le traitement des maladies vénériennes à celles du mercure, qui produit de mauvais effets quand on en fait un long usage; de sorte qu'on en cherche depuis longtemps un succédané. L'expérience générale n*a pas encore prononcé à cet égard. Il est remarquable que l'emploi de l'or coûte moins que celui du mercure, parce qu'on administre le premier en doses très-faibles.

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