II. 3o
466 KHODIDH.
peut présenter des avantages. On mêle le sel aveo une fois et demie son poids de carbonate potassique , et on calcine le mélange. Le résidu est traité par 1 eau, qui n attaque pas les oxydes métalliques. On dissout Toxyde cuivrique à laide de l'acide chlorhy* drique« Le nouveau résidu est mêlé soigneusement avec 5 fois son poids de bisulfate potassique anhydre , puis fondu. On tient la masse à l'état de fusion rouge, dans un creuset de platine bien couvert, jusquà ce que, en enlevant le couvercle, on sapen^ive que le sel est prêt à se solidifier. L*oxyde rhodique se dissout dans le bisulfate , effet qui a lieu tout aussi bien , sinon mieux, quand les métaux ont été réduits auparavant. On traite la masse saline par Teau bouillante , et on reprend le résidu par le bisulfate potassique; ce que Von répète aussi longtemps que le bisulfate se colore pendant la calcination. Ou verse un excès de carbonate potassique dans les dissolutions acides, on évapore la masse jusqu'à siccité, et on calcine le résidu salin. L'eau qu'on verse ensuite dessus ne dissout pas l'oxyde rhodique, que Ton réduit au moyen du gaz hydrogène , ou en le chauffant jusqu'au rouge blanc.
Extérieurement le rhodium ressemble assez au platine. La chaleur que nous pouvons produire dans nos fourneaux n'est pas suffisante. Ne pouvant être brasé, on ne parvient à lui donner de la cohérence qu'en calcinant du sulfure ou de l'arséniure de rhodium fondu, dans un vase ouvert et au rouge blanc, jusquà ce qu'il ne retienne plus de soufre ou d'arsenic. On obtient alors un seul culot, un peu huileux, ayant la couleur et l'éclat de l'argent D'après Wollaston , le poids spécifique du rhodium est d'environ II. Il est cassant et très-dur; on peut le réduire en poudre. Par la voie humide, il est insoluble dans les acides; mais quand on le fait fondre avec certains métaux, par exemple, avec du platine, du cuivre, du bismuth ou du plomb, et qu'on traite l'alliage psr Teau régale, il s'y dissout en même temps que ces métaux. Après avoir été allié à l'or ou à l'argent, il ne s'y dissout pas, pendant que Tautre métal s'y dissout. On le rend très-soluble en le mêlant, à l'état de poudre fine, avec du chlorure potassique ou sodique, et chauffant le mélange dans un courant de gaz chlore, jusqu'au rouge naissant. Il se forme alors un sel double très-sol uble dans l'eau. Les dissolutions du rhodium ont une belle couleur rouge, et c'est de là que le métal tire son nom. Par la voie sècbe, il
OXTDE HHODIQUB. 4^7
se dissout 9 comme on la déjà vu, dans le bisulfate potassique; pendant que la réaction a lieu , il se dégage du gaz acide sulfureux.
L atome du rhodium pèse 65 1,387; ^^ ^^^ représenté par R. C'est, la plupart du temps, par deux atomes qu'il entre en combinaison. L atome double, =&, pèse i3oa,774.
Oxydes de rhodium. Le rhodium a bien plus d'affinité pour 1 oxjgène que les métaux pcécédents de cette section. Il s'oxyde dès qu'on le fait rougir^ et surtout quand on le chauffe, à l'état de poudre fine, dans des vases ouverts , jusqu'au rouge cerise. Il parait avoir deux oxydes : l'oxyde rhodeux et l'oxyde rhodique ; le premier n'a pas encore été isolé. Je ne décrirai donc que Toxyde rhodique.
Oxyde rhodique. On peut le préparer par la voie humide et par la voie sèche. Par la voie sèche, on l'obtient en chauffant jusqu'au rouge, dans un creuset d'argent, de la poudre de rhodium avec de la potasse caustique et un peu de nitre. Le métal s'oxyde, se gonfle, et devient d'un brun café : c'est alors une combinaison d'oxyde rhodique et de potasse. On enlève par l'eau l'excès d'alcali et de nitre, on lave bien l'oxyde, et on le met digérer dans l'acide chlorhydrique. Au commencement, il se dégage un peu de chlore , qui paraît provenir d'un résidu d acide nitrique ; l'oxyde change peu à peu d'aspect, à mesure que l'acide dissout la potasse. En le lavant pendant longtemps avec de l'eau bouillante, il subit le même changement. Le résidu est V hydrate rhodique ^ dont la couleur est d'un gris tirant sur le vert; il est insoluble dans les acides.
Pour extraire l'hydrate rhodique du chlorure double rhodique et potassique ou sodique, il faut verser un excès de carbonate potassique ou sodique dans la dissolution d'un de ces sels , et évaporer le mélange. La liqueur ne se trouble pas au moment où l'on mêle les deux dissolutions; mais, pendant Tévaporation, la masse entière se prend en gelée. On recueille l'hydrate sur un filtre, et on le lave bien. Sa couleur est sale, et d'un gris verdÂtre tirant sur le jaune. La liqueur contient quelquefois un peu d'oxyde en dissolution, et alors elle a une teinte verdâtre. L hydrate ainsi obtenu contient de l'alcali, que l'eau ne lui enlève point. Les acides dissolvent peu à peu l'hydrate et l'alcali , en prenant une coulttur jaune et en donnant naissance à des sels doubles. La dis-
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solution dans ) acide chlorhydrique est également jaune, et ne prend la couleur rouge du chlorure double que par une forte concentration ou par la dessiccation.
Cette différence entre les combinaisons du même oxyde avec les mêmes corps paraît indiquer, pour Toxyde rhodique, deux états isomériques, dont Tnn est caractérisé par une belle couleur rouge, et l'autre par une couleur jaune pure, et dont le dernier résulte de Faction d'un alcali ^ notamment de Taramoniaque. En effet , en versant un excès d'ammoniaque dans la dissolution d'un sel rhodique , il ne se précipite d'abord rien. La couleur de la dissolution pâlit peu à peu , et devient enfin d'un jaune pâle, tandis qu'il se forme un précipité d'une belle couleur citrine. Ce précipité est composé d'oxyde rhodique , d'ammoniaque et d*eau«La dissolution jaune contient un soussel. Âpres avoir été desséchée, la combinaison d'oxyde rhodique et d'ammoniaque est d'un jaune pâle et pulvérulente; quand on la chauffe dans une cornue, elle donne de l'eau et du gaz nitrogène sans aucune décrépitation, et laisse du rhodium métallique. Les acides agissent sur elle de la même manière que sur le composé d'oxyde rhodique et de potasse.
L'oxyde rhodique donne, avec les acides, des sels dont les solutions sont jaunes ou d'un jaune brunâtre. Il se compose de:
Centièmes. Atomes.
Rhodium 8i,aS 2
Oxygène. . • • • ^^^7^ 3
Poids atomique, = 1602,774 ; formule ,= R*0' ou R. L'hydrate rhodique renferme 6 fi pour cent d'eau, dont l'oxygène est le tiers de celui de l'oxyde rhodique; c'est-à-dire qu'il contient un atome d'eau et un atome d'oxyde ;=ÔR.
L'oxyde rhodique se combine en plusieurs proportions avec l'oxyde rhodeux. Quand on expose le rhodium pulvérulent à l'action de la chaleur rouge, son poids augmente très-rapidement de i5 ^ pour cent, et il paraît que la poudre noire, qui se forme dans ce cas, est de Toxyde rhodeux. Si l'on continue à faire rougir cet oxyde, son poids s'accroît peu à peu, mais lentement, jusqu'à ce que le poids du métal soit augmenté de 18,4 pour cent, proportion qu'il n'excède pas. Si la composition de l'oxyde rhodeux est telle que je viens de le dire, l'oxygène qu'il contient est à celui de l'oxyde rhodique comme 2 : 3 ; et alors l'oxyde produit par la calciuution est une combinaison d'oxyde rhodique dans
SULFURE DK RHODIUM. 4^9
une proportion telle , que tous les deux contiennent la même quantité d oxygène. Si la composition de l'oxyde rhodeux peut être exprimée par la formule R, Toxyde composé le sera par celleci ; R^R. Il arrive assez souvent que les métaux se convertissent, par la calcinatîon, en des composés de deux oxydes dans des proportions définies.
Quand on mêle un chlorure double de rhodium avec du carbonate potassique sec y et qu'on chauffe le mélange, la potasse abandonne Tacide carbonique et une partie de son oxygène, sans qu'aucune portion de rhodium soit réduite ; on obtient , dans ce cas, des combinaisons d'oxyde rhodeux et d'oxyde rhodique.
Si l'on décompose, par une dissolution bouillante de potasse caustique , le chlorure de rhodium rose , insoluble dans l'eau (on le prépare en chauffant du rhodium en poudre dans un courant de gaz chlore), on obtient encore une autre combinaison d'oxyde rhodique et d'oxyde rhodeux. C'est une niasse gélatineuse, contenant de l'eau; sa couleur est composée de jaune, de brun et de gris; quand on la traite par l'acide chlorhydrique, celui-ci dissout l'oxyde rhodique, et forme, avec l'oxyde rhodeux, un chlorure rhodeux insoluble. Dans cet oxyde double, les deux oxydes con* tiennent la même quantité de rhodium; mais l'oxyde rhodique y est combiné avec une fois et demie autant d'oxygène que d'oxyde rhodeux. Sa composition est, par conséquent, exprimée parla formule' R«R.
Les combinaisons du rhodium, que nous connaissons jusqu'à présent, ne sont pas isomorphes avec celles du platine; mais aussi le platine ne forme aucune combinaison qui leur soit correspondante ou proportionnelle. Il n'est donc point impossible que le rhodium et le platine appartiennent à la même série de corps isomorphes. L'oxyde rhodique devrait, à proprement parler, être appelé oxyde sesquirhodeux ; mais il est étonnant combien cet oxyde et les chlorures correspondants ressemblent aux oxydes et aux chlorures susosmiques et susiridiques. D'un autre côté, si la composition de l'oxyde rhodique était proportionnelle à celle de ces corps, il serait singulier que les degrés inférieurs de combinaison ne pussent point être produits.
Sulfure de rhodium. On peut le préparer par la voie sèche et par la voie humide. Par la voie sèche , on l'obtient en chauffant ensemble du rhodium et du soufre, d'où résulte une combinaison
47« ARGiirr.
qui fond à une très*haute température, par exemple , au feu de forge. On peut aussi Tobtenir en chauffant le chlorure rhodique et ammonique avec du soufre. Ce sulfure est d'un bleu gris, et doué de Taspect métallique^ d*après Fauquelin, il contient a5 parties de soufre sur loo de rhodium. fVollaiton se servait de sulfure de rhodium pour obtenir le métal en masse compacte; il le réduisait par la fusion en un culot , et brûlait ensuite le soufre à Tair libre. Pour préparer le sulfure de rhodium par la voie humide, il faut mêler la dissolution du sel double rouge avec la dissolution d'un sulfure à métal alcalin. D'abord il ne se précipite rien; mais, en chauffant, il se dépose une poudre d'un brun foncé, qui devient noire et acide par la dessiccation, ainsi qu'il arrive au sulfure platinique.
Alliages de rhodium. Le rhodium se combine, par la fusion, avec \ arsenic. Ce dernier peut ensuite être chassé par la chaleur, et laisse le rhodium sous forme d'un globule cohérent. Le rhodium se combine avec presque tous les métaux auxquels on a es« sayé de l'allier. J'ai déjà dit que quelques-uns de ces alliages^ se dissolvent totalement dans l'eau régale, tandis que d'autres ne cèdent à ce dissolvant que le métal uni au rhodium. On n'a pas encore pu combiner le rhodium avec le mercure. Quand on le fait fondre avec 3 à 6 parties d'or ou à'argent^ il altère peu l'aspect de ces métaux; mais il les rend moins fusibles, et leur surface se couvre, pendant le refroidissement, d'oxyde rhodique. On a trouvé qu'une très-petite quantité de rhodium, ajoutée à l'acier, améliorait les quahtés de ce dernier {yoy. Fer); et Wollaston s'est servi du rhodium , en raison de sa dureté et de son inaltérabilité par la voie humide , pour fabriquer des plumes métalliques. Ces plumes sont faites de deux lamelles élastiques d'or et d'argent, réunies en un angle obtus par le côté plus long, et soudées ensemble, de manière à ne laisser que la longueur nécessaire pour la fente; on les taille alors en pointe, et l'on soude à l'extrémité pointue de chaque lamelle un petit bouton de rhodium , qui s'oppose à l'usure rapide à laquelle sont sujettes les plumes fabriquées avec les métaux nobles.