ARGENT
solidification du métal. Lucas a prouvé qu*il en est ainsi| d'abord, parce que , quand on verse quelques livres d'argent fondu dans deTeau sous une cloche de verre remplie d'eau, le métal dégage, en se solidifiant, une petite quantité d'air, qui est de loxygèDe presque pur ; ensuite parce que l'argent fondu ne roche pas, quand on le couvre de charbon en poudre peu d'instants avant qu'il ne se solidifie , et que sa surface, au lieu de rocher, se couvre de réseaux cristallins très-fins. Il suffit que l'argent contienne un à deia pour cent de cuivre pour Fempécher d'absorber l'oxygène, et par conséquent de rocher. La manière la plus simple de constater cette faculté qu'a l'argent d'absorber le gaz oxygène, à la fusion, consiste à faire l'expérience suivante, indiquée par Gay-Lussac. On jette un peu de salpêtre sur de l'argent qu'on fait fondre dans un creuset, et on maintient le tout en fusion pendant une demi* heure. Alors on retire le creuset du feu, et on le porte rapidement sous une cloche remplie d'eau; ce qu'on peut faire sans danger. L'argent développe de cette manière ao fois son volume de gaz oxygène.
Lorsqu'on laisse refroidir l'argent avec lenteur, il forme quelquefois des cristaux assez gros, qui sont des octaèdres réguliers. En réduisant l'argent au moyen de la pile, il cristallise, tantôt en paillettes, tantôt en cubes à arêtes tronquées. Sa chaleur spécifique est, d'après Regnault y = 0,05701; d'après Dulong et Petit , = o,o55o7. ^ poids spécifique de l'argent varie entre 10,474 «^ 10,543.
Il a peu d'affinité pour loxygène, et, seul, il ne peut être oxydé à aucune température, ni par l'air, ni par l'eau. Cependant il est des circonstances où l'on parvient à l'oxyder à l'aide de très-hautes températures, par exemple, quand on décharge une forte batterie galvanique avec une feuille très-mince d'argent, ou qu'après avoir placé de l'argent sur un charbon rouge, on l'expose à un courant de gaz oxygène; dans ce dernier cas, l'argent brûle, d'après Vau» quelin y avec une flamme conique, dont la base est jaune, le milieu pourpre, et le sommet bleu. Si l'on recueille la fumée qui se dégage pendant l'expérience, on trouve, en l'examinant, qu'elle consiste en oxyde argentique. En mêlant ce métal avec des corps qui, à une température élevée, ont de l'affinité pour l'oxyde argentique , on parvient quelquefois à oxyder une petite quantité d'argent à la chaleur nécessaire pour le fondre : il se forme alors un verre jaune. L'acide nitrique est le meilleur dissolvant de l'argent.
OXYDE AÈGEiyTÈtJit. 4?^
L'acide sulfurique concentré le dissout à Taide de la chaleur ; Tacide chlorhydrique concentre TattaqQe très-peu : cependant quand on le fait digérer pendant quelque temps avec cet acide, sa sur* fece se couvre de chlorure argentique , qui rend Tacide laiteux quand on Tétend. Lorsqu'on laisse une solution de sel ammoniac s évaporer sur de l'argent, on trouve, après que le sel a été enlevé par le lavage, une tache noire, si le métal a subi le contact de la lumière. A l'exception de Tor, largent, chauffé au rouge, résiste mieux que tout autre métal à Faction du nitre et des alcalis caustiques. Aussi se sert-on, en chimie, de creusets en argent pur, toutes les fois qu'il s'agit de fondre un corps à l'aide d'un alcali; car les creusets de platine, qui d'ailleurs résistent si bien aux acides et à la plus forte chaleur, sont dissous et détruits par les alcalis caustiques.
L'atome de l'argent, représenté par Ag, pèse i35i,6o7. L'argent a trois degrés d'oxydation : l'oxyde argenteux, l'oxyde argentique, et le suroxyde d'argent.
I. Oxyde argenteux. Il a été découvert, en iSSg, par fFoeh^ 1er, On l'obtient en faisant arriver du gaz hydrogène sec sur , un sel argentique à acide organique, tel que l'acide citrique, introduit dans un vase convenable, qui plonge dans de l'eau bouillante. L'oxyde argentique se réduit en oxyde argenteux, en même temps qu'il se produit de l'eau ; et il reste, après que l'opération est terminée, un sel argentique acide , de couleur brune foncée. L'eau enlève la moitié de l'acide, et laisse le sel neutre. Si l'on décante Veau acide et qu'on y ajoute de nouveau de l'eau pure, celle-ci dissout une petite quantité de sel, qui acquiert par là une couleur rouge foncée , semblable au vin de Porto. Pour dissoudre complètement ce sel, il faut employer une grande quantité d'eau. Cette solution, ainsi que le sel non dissous, donnent, par le traitement avec l'hydrate potassique, l'oxyde argenteux sous forme d'une poudre noire, pesante, qui reste noire par la dessiccation, et prend, sous le brunissoir, un aspect noir, brillant, mais nullement métallique. Environ à + loo®, il se décompose avec dégagement de gaz oxygène, pendant qu'il reste de l'argent métallique. II forme avec l'acide chlorhydrique un chlorure brun , qu'on obtient aussi en précipitant par le sel marin la solution aqueuse du sel argenteux. L'oxyde argenteux une fois séparé ne se laisse plus dissoudre dans Teau à l'aide d'acides puissants , mais il se
478 OXTDB ARGEICTIQUE.
décompose par là, comme les sousoxydes, en oxyde argeDtiqae et en argent métallique : le premier se combine avec lacide. L'ammoniaque le décompose de la même manière. Cependant le sel argenteux lui-même n'est pas décomposé ; mais il prend , en se dissolvant, une couleur rouge foncée. La solution aqueuse d un sel argenteux est décomposée par TebuUition. La liqueur commence par prendre une nuance d'un jaune vert et bleu; il se sépare à la fin de l'argent métallique, pendant qu'il se forme dans la solution un sel argentique.
L'oxyde argenteux se compose de :
Centièmes. Atomes.
Argent. 96,433 a
Oxygène 3,567 i
Poids atomique, =ia8o3,ai4; formule, =AgO ou Âg. Bien que l'oxyde argenteux ne se combine pas directement avec les acides, il est cependant probable qu'il s'y combine à l'état naissant; car, lorsqu'on dissout jusqu'à saturation le carbonate stanneux dans de l'acide nitrique très-étendu et parfaitement exempt d acide nitreux, et qu'on fait tomber cette solution goutte a goutte dans une di^ solution neutre de nitrate argentique, lorsqu'on agite bien le mélange et qu'on l'abandonne au repos, on voit que la liqueur devient insensiblement jaune , puis brunâtre , et enfin d*un brun pourpre foncé. Ce changement de coloration ne repose très-probablement que sur la formation d'un nitrate stannique et d'un nitrate argenteux. Si le mélange est un peu concentré, il s'en sépare un précipité brun foncé. Dans la solution humide , l'acide sulfurique produit un précipité bleu foncé, qui peut être du sulfate argenteux.
2. Oxyde argentique. Les propriétés de cet oxyde ont été bien moins étudiées quon n'aurait dû l'attendre pour un métal aussi généralement employé. On l'obtient en versant goutte à goutte une solution de nitrate argentique dans une solution d'hydrate potis* sique pur, de manière cependant que Tacide ne soit pas complètement saturé par l'acide du sel argentique , si l'on veut prévenir un mélange de carbonate argentique , dû à l'acide carbonique que l'hydrate alcalin pourrait avoir absorbé. Pour écarter la présence de l'acide carbonique, on prescrit ordinairement lemploi de l'eau de chaux, qui précipite l'acide carbonique; mais ceci ne peut s'exécuter en petit, car l'eau de chaux contient très-peu decbaui
OXTDB ARGI£NTIQÜB. 479
en disiiolution. L'eau de baryte, saturée à chaud, remplit beaucoup mieux le but qu'on se propose. L'oxyde précipité est floconneux et d'un gris brun. Par la dessiccation , il devient un peu plus foncé. Desséché entre + 6&* et.+ So"*, il devient presque noir. D'après Gay^Lussac et Thenard^ il est anhydre.
En mêlant une solution concentrée de sel argentique avec une solution également concentrée d*hydrate potassique en excès, et en faisant bouillir le mélange, on obtient Foxyde sous forme d'une poudre lourde et d'un noir pur; il diffère beaucoup, par sou aspect, de celui qui est précipité à froid dans les solutions étendues. Cette différence se rattache à ce que l'on a déjà dit sur la précipitation de l'argent métallique, suivant qu'elle est faite à froid ou à chaud. Gregory prescrit de préparer l'oxyde argentique avec le chlorure argentique bien lavé et encore humide, en faisant bouillir celui-ci dans une capsule d'argent ou de platine avec une lessive de potasse de i,a5 à i^3 poids spécifique. Il faut continuer l'ébullition pendant quelque temps; on reconnaît que celle-<;i a été suffisam« ment prolongée, en dissolvant un échantillon du produit bien lavé dans l'acide nitrique; s'il ne reste plus de chlorure argentique , la décomposition est achevée. Dans le cas contraire, il faudra broyer la matière non dissoute dans un mortier avec une nouvelle solution de lessive, puis recommencer l'ébullition et l'épreuve. L'oxyde noir pesant est facile à laver, quand on y verse, à diverses reprises, de l'eau pure froide. En y ajoutant de Feau bouillante, on voit qu'une partie de l'oxyde se soulève, ce qui semble indiquer un commencement de dégagement de gaz oxygène; l'oxyde est soulevé par les petites bulles de gaz qui s'y attachent. Son poids spécifique est de 7,143, suivant Herapath. Exposé au soleil, cet oxyde dégage une certaine quantité de gaz oxygène, et produit une poudre noire. On n'a point encore examiné si cette poudre est un sousoxyde, ou de l'argent réduit. L'oxyde argentique est une base énergique; il est légèrement soluble dans l'eau pure, exempte de sel, réagit comme les alcalis sur le papier de tournesol rougi, et dé« place , de leurs combinaisons avec les alcahs , une portion des acides, avec lesquels il forme des composés insolubles. Il n'est pas dissous par les dissolutions d'hydrate potassique ou sodique.
L'oxyde argentique se combine avec l'ammoniaque caustique, et produit ainsi un corps appelé argent fulminatU^ très-dangereux par la violence avec laquelle il fait explosion. Il a été découvert ,
48o OXYDR AftGENTIQUE.
en iy88 , par Berthollet. On l'obtient en précipitant le nitrate argentique par Teau de chaux , laTant Toxyde sur un filtre, et l'étendant sur du papier brouillard , afin de lui enlever autant d*eau que possible. On verse ensuite -de Tammoniaque caustique sur l'oxyde encore humide, on laisse les deux corps en contact pendant quelques heures ; on décante le liquide, et on transporte la poudre noire, avec précaution et par petites quantités, sur du papier brouillard. Cette poudre noire est l'argent fulminant Un moyen beaucoup plus expéditif , pour le préparer, consiste à dissoudre un sel argentique dans de l'ammoniaque caustique, et à précipiter la liqueur par Thydrate potassique en excès.
Si l'on comprime l'argent fulminant avec un corps dur pendant qu'il est encore humide, il fait explosion avec une violence sans exemple ; et quand il est sec , il suffit de le toucher avec une plume pour qu'il fulmine. Je dois dire aux jeunes lecteurs dont la curiosité pourrait être piquée par des effets si violents, que ce produit a causé des malheurs, même entre les mains de chimistes expérimentés et prudents. On risquerait sa vie, si l'on essayait de l'introduire dans un flacon de verre. — La liqueur décantée de dessus l'argent fulminant contient une dissolution de ce corps dans l'ammoniaque caustique. Il s'en décompose un peu pendant l'évaporation : de l'argent est réduit, du gaz nitrogène se dégage; et pendant que l'ammoniaque se volatilise, il se dépose de petits cristaux brillants et opaques, qui, lorsqu'on les touche avec un corps dur, même au milieu de la liqueur, font explosion, brisent le vase, et lancent le liquide de tous côtés. Ce corps est si dangereux à manipuler, qu'il n'a encore été l'objet d'aucune analyse. Avant qu'on connût l'existence des nitrures métalliques explosifs, Sérullas avait admis que l'argent fulminant devait être considéré comme une combinaison de nitrogène et d'argent, et que sa détonation était analogue à celle de Fiodure de nitrogène. Depuis la découverte des nitrures métalliques, cette opinion a gagné encore en probabilité. On pourrait considérer comme du nitrure argentique surtout les cristaux qui se déposent dans la liqueur ammoniacale; c'est ce qui expliquerait l'extrême violence avec laquelle ces cristaux détonent aux moindres contacts; d'un autre côté, le corps qui est précipité pourrait être composé de nitrure et d'oxyde argentique.
L'oxyde argentique est, dit-on, soluble en petite quantité dans l'eau de baryte.
süAoxYDR j>'argent. 48 ï
L'oxyde argentique se dissout, par la fusion , dans les flux yi» treux, et les colore en jaune. Pour préparer avec cet oxyde un émail jaune, il faut procéder comme il suit. On prend trois parties de verre de plomb et une partie de flint-glass grossièrement pulvérisé, on verse sur le mélange une dissolution de ^ d'argent dans 1 acide nitrique, on évapore le tout en le remuant souvent, et ayant soin de le garantir de la poussière. La masse desséchée est fondue et versée hors du creuset; après le refroidissement, on la réduit en poudre fine, et on s*en sert pour peindre sur émaiL Quand la peinture, appliquée sur Témail, est fondue, on Texpose , pendant quelle est encore rouge, à la fumée de végétaux enflam* mes, qui fait paraître la belle couleur jaune. L'oxyde argentique se compose de :
Centièmes. Atomes.
Argent 93,1 1 i
Oxygène 6,89 i
Poids atomique, =i 45 1,607; formule, =AgO ou Ag.
i'* Suroxyde JC argent. Il a été découvert, en i8i4, par Ritter. 11 se dépose sur le conducteur positif de la pile, quand on décharge celle-ci à travers une iaible dissolution d'argent. D'après Ruhland, il cristallise en aiguilles longues de 6 à 8 millimètres , douées de Téclat métallique et entre-croisées; suivant de Grotthus^ il forme de» tétraèdres. Wallquist la trouvé cristallisé en octaèdres réguliers, qui ont de la tendance à se réunir bouta bout, conune attachés à un fil. Comme ces cristaux sont très-petits, ils prennent, au premier abord , laspect de prismes. Le suroxyde argentique est d'un gris noir, brillant , cassant , et supporte Tébullition dans l'eau sans se décomposer; mêlé de soufre ou de phosphore, il détone sous le choc du marteau. Wallqiust a constaté que, chauffé à une certaine température, ce suroxyde perd du gaz oxygène; et il se produit un degré d'oxyde inférieur, qui, pour se décomposer, exige une température plus élevée. Traité par Tacide chlorhydrique, il dégage du gaz chlore, et se transforme en chlorure argentique; de Grotthus dit que, quand on le met dans l'ammoniaque, il produit un dégagement si abondant de gaz nitrogène, que les particules d* oxyde s'agitent dans la liqueur avec un mouvement sem* blable à celui d une fusée, et qu'en peu d'instants la masse entièr<ï se convertit en écume. Par l'action des acides , il se réduit à l'état d'oxyde avec dégagement de gaz oxygène» Les acides en II* 3i
49«l ftOLFVRK D*ARCtKT.
mx s'oxydent aut Aé^n% dû suroxydt argentique, et les acides ainsi foriA^ s'unissent à Toxyde argentique. C'est pourquoi le Buroxyd« argentique se dissout sans dégageaient de gaz oxygène dans l'adde nitrique contenant de l'acide nitreux. D'après Wall- ^wist^ il se compose de :
Ceotièmés. X.R>iiies.
Argent % 87,1 1 . ^ w ^ ^ i
. Oxygène. 1^)89 • • . • 2
Poids atomique , = 1 55 1 ^607 ; formule , = AgO" ou Ag.
SulfuH d'ûf^nt. L'argent s'unit facilement au souft«^ et forme «)r«c lui une masse cristalline d'un gris plombé et d'^un aspect métallique; elle est plus fusiMe que Targent, cristalline si molle, qu'on peut la couper au couteau. Cette combinaison se rencontre aussi dans la nature, tant^ sous forme compacte, tantôt cristallisée en cubes octaèdres, et sous d'autres formes appartenant au système réguNer. Elle est si molle , que le roi de Pologne, Auguste^ fit frapper des médailles arec quelques morceaux de sulfure d*argeM qui furent trouvés, sous son règne , dans les mines d'argent de Saxe* Le soufre a beaucoup d'affinité pour l'argent , de sorte qu'il est difficile de décomposer le sulfure par le grillage. Quand on m tvcoun à la fiision avec le nitre, on perd souvent de l'argent par r«ffifervescence qui se produit. La meilleure méthode, pour réduire l'argent, consiste à tondre le sulfure et à remuer la masse fendue avec un fer rouge, jusqu'à ce qu'elle soit transformée en sulfure de fer et en argent métallique : pour débarrasser ce derni^ du fer, on le refond avec du nitre et un peu de borax. Le suUore d'ai^ent «t l'argent se fondent ensemble en toutes proportions. Quand mi conserve pendant longtemps de l'argent dans un lien habité^ «a surface se ternit d'abord et prend une teinte Sombre, )aunàtre> qui finit par devenir de plus en plus noire. Cette teinte terne est produite par du sulfure d'argent, dont le sou!fire provient des >éna'naûons des hommes et des animaux. De lit vient que Targent noircit beaucoup dans les endroits où l'on brftie des ainéraux chargés de soufre, par etemple, du charbon de terre, comme en Angleterre^ Lorsqu^on touche de la morue préalablement trempée -dans *ne lessive de cendres, ou des oeufs pourris, etc., avec nflke efriHer d'ai^nt, 'celle-ci devient noire par la même raisoD. D^ l'argCtat terni pat du st>ufre peut être fhcilement nettoyé av^ de fat ssBi! et du vimigne, et ttiitax encore par une dissolution de
cRinéleoii minéral (obtenu en calcinant ïoxjde maoganiqueayec du nitre). L'argent décompoae le sulfide hjdrique à la température ordinaire de l'air ; cette décomposition s'effectue de même par la calcînation dans un courant de gaz. Le sulfure d'argent est, au contraire, réduit par la calcination dans un courant de gaz hydrogène; de même que plusieurs métaux sont oxydés, à une température élevée, par un courant de gaz aqueux , tandis qu'ils sont réduits dans un courant de gaz hydrogène. On obtient le sulfure d'argent par voie humide , en précipitant la solution d'un sel d'argent par du gaz sulfide hydrique* On l'obtient encore en dissolvant de l'argent dans du sulfure de potassium fondu, et enlevant oelui-d par l'eau. La sulfure argentique est une sulfobase puissante : calciné jusqu'au rouge dans des vaisseaux fermés, il retient les Sulfides Tolatik, dont les combinaisons avec les alcalis sont dé* eonposé^s à cette température.
Le sulfure argentique se compose de :
Centüaes. ÀUmM.
Argent. • • • 87,04 • • • . • z
Soufre i^#96 I
Poixk atomique, = 1552,77a ; formule, =ÂgS ou Ag»
On ne connaît pas encore de combinaison de Y hydrogène avec l'afgent.
Quant au niirogènsj on pense qu'il entre dans la composition d# l'argent fulminant, plus haut mentionné.
Phosphure dargent. L'argent s'unit facilement au phosphore. La oombinaison est blanche, cristalline, à cassure grenue, aigre{ elle peut être coupée au couteau. L'argent se combine , pendant la liision , avec plus de phosphore qu'il ne peut en retenir après le refroidissement, de manière qu'une partie de phosphore se sépare et brùk, quand la masse se soUdifie. Ce phosphure parait être compose de 80 parties d'argent et de ao parties de phosphore. L'argent étant réduit tant par l'hydrogène que par le phosphore, 00 ne peut produire le phosphure argentique, parla voie humide, eft précipitant l'aigent au moyen du gaz phosphure hydrique.
Carbure émargent. Lorsqu'on fait fondre de l'argent sous «me eoQche mince de charbon en poudre, le métal absorbe du carbone sans changer d'aspect ni de maUéabiJuté. En le dissolvant ensuite dans de l'acide nitrique étendu^ le charbcAi reste sous forme de flooMis ooîrs, combustibles sans nàûdu« Au rente, ou obtient
4Ô4 AlLUGËS D^AAt^KNf.
très-souvent une combinaison chimique de carbone et d'argent , lorsqu'on chauffe au rouge , à l'abri du contact de i air, les sels argentiques à acides végétaux. Suivant Gerhardt et CahourSy le cumînate argentique, calciné dans nn creuset ouvert, laisse un résidu mat, jaune, terreux, qui reste inaltérable. L acide nitrique en dissout l'argent, et laisse 5 \ pour cent de charbon, ce qui correspond à I atome de chaque élément, = AgC.
Une solution de pyroracémate argentique, longtemps exposée à la chaleur d'un bain d'eau, s'altère par l'influence de l'air et jaunit, en même temps qu'il se dépose une poudre brune; on filtre ensuite le liquide, et on le fait bouillir : il se dégage du gaz acide carbonique pendant qu'il se précipite une poudre métallique de cou* leur foncée, qui, après le lavage et la dessiccation, est d'un gris noir. Cette poudre se compose de 90 parties d'argent et de 10 parties de carbone, =AgC^. D'après Regnault^ on obtient le même composé en chauffant le maléate argentique dans un creuset d'argent couvert : le sel est détruit avec une légère détonation. La masse noire, qui reste, est=AgC^. Ce composé est détruit par la calcination à l'air, et donne un résidu d'argent métallique. Le bororUtrure d'argent s'obtient, d'après Balmain, en mêlant t atome de boronitrure de zinc exactement avec i atome de chlorure argentique, et exposant le mélange à la chaleur blanche^ dans un creuset couvert : il se forme du chlore zincique qui se volatilise, pendant qu'il reste du boronitrure d'argent. C'est un corps blanc, pulvérulent, léger, qui n'est attaqué ni par les acides ni par les alcalis ; il ne s'altère pas même par la calcination dans un courant de gaz hydrogène ou de gaz chlore; fortement chauffé à l'air, il prend un éclat phosphorescent d'un beau vert.
Siliciure d'argent, "En mêlant ensemble de l'acide silicique, de la poudre de charbon et de l'argent très-divisé, et faisant fondre le mélange sous une couche de verre exempt de métal , dans un creuset couvert, on obtient un régule d'argent qui, par la solution dans l'acide nitrique, laisse des flocons gélatineux d'acide silicique.
alliages d'argent. Les alliages de l'argent avec les radicaux des alcalis et des terres sont encore inconnus.
Il est facile de combiner l'argent avec le sélénium. L'argent est noirci par les vapeurs de sélénium, par l'acide sélénieux^et parle
ALLIAGES d'aRGKNT. f\f^^
sélénide hydrique. La combinaison est tout aussi facile à produire par la voie humide, en précipitant un sel argentique par le sélénide hydrique y que par la voie sèche , en faisant fondre le sélénium avec Targent. Le séléniure obtenu par la voie humide fond facilement en un globule d'un blanc d'argent, qui est susceptible de s aplatir un peu , et qu on ne peut débarrasser entièrement du sélénium, ni par le grillage, ni par la fusion avec du borax, de l'alcali et du fer; ce dernier s y dissout, et produit une combinaison grenue, de couleur foncée, grise jaunâtre. Si Ion fait fondre du séléniure argentique, obtenu par précipitation, avec du sélénium, il en prend une certaine quantité , qu'il retient même à la chaleur rouge. En fondant, sa surfa'ce devient miroitante ; après le refroidissement, il est gris et mou. La portion de sélénium qu'on y a ajoutée peut être chassée par le grillage. Le séléniure argentique est une sélénibase très-forte; celui quou a obtenu par précipitation est formé de 73,16 parties d'argent, et a6,84 de sélénium y ou d'un atome des deux éléments, =:Ag Se. Dans le séléniure, qui a été saturé de sélénium par la fusion, l'argent est uni au double de sélénium, ou 57,68 parties d'argent y sont combinées avec 4^,32 de sélénium, =:Ag Se*.
La nature nous offre l'alliage de tellure et d'argent dans les mines d'or tellurifères de la Transylvanie , où on le trouve tantôt seul, tantôt accompagné de tellurure de plomb, combiné comme tulluribase avec le telluride aurique. Le tellurure argentique se rencontre en quantité assez considérable dans l'Altaï et dans la mine Savodinsky; il constitue une masse métallique à gros grains, molle et demi-ductile; sa couleur est le gris intermédiaire entre celui de Tacier et celui du plomb. Il contient un atome de chaque élément, =AgTe, et une petite quantité de sulfure de tellure à Féut de mélange.
L'argent s'allie très-aisément à Y arsenic^ et en conserve une partie, même au feu le plus violent. Cette combinaison se rencontre dans la nature, quoique très-rarement; les minéralogistes lui ont donné le nom d'argent arsenical.
D'après dElhujar^ l'argent et le tungstène se combinent par la fusion. La combinaison est d'un brun pâle, spongieuse et un peu ductile.
L'argent forme avec le molybdène un mélange gris, grenu, et
486 ALLIAGES d'aIGEITT.
U antimoine et largent produisent une masse métallique aigre, qui se décompose aisément par la fusion à 1 air, rantimoine étant converti en oxyde, qui se sublime et s'échappe sous forme de fu« mée. Cette combinaison se rencontre dans la nature ; on lui a donné le nom d'argent antimonUd.
L argent peut être allié à Y iridium^ sans perdre de sa ductilité; et quand on traite lalliage par Vacide nitrique, l'argent se dissout, tandis que l'iridium reste sous forme pulyérulente«
Il est facile de combiner Targent arec le bismuth ; lalliage est cassant, et peut être décomposé par la coupellation , comme Tal« liage d'argent et de plomb.
là'étain forme avec l'argent une masse aigre; une très-petite quantité d'étain suffit pour détruire la ductilité de l'argent. Mais un mélange d'une partie d'argent et de deux parties d'étain est un peu ductile. La meilleure manière de séparer les deux métaux consiste à réduire l'alliage à l'état de limaille , et à distiller celle^ avec du chlorure mercurique*
L'argent et le plomb fondent et s'unissent à une température moins élevée que celle qui est nécessaire pour la fusion de l'argent seul. L'alliage est ductile; il se décompose par l'action de la chaleur rouge, ainsi que j'aurai occasion de le répéter.
L'argent et le zinc forment une masse métallique cassante et à grain fin.
En faisant fondre ensemble parties égales, par exemple, de mckel et d'argent, et laissant le creuset refroidir lentement, on obtient deux couches métalliques séparées, dont l'inférieure est de l'argent contenant un peu de nickel , et dont la supérieure est du nickel argentifère. Le cobalt se comporte de la même manière; une faible proportion de cobalt rend l'argent cassant, et la petite quantité d'argent que retient le cobalt donne à ce métal une couleur plus claire»
L'argent et \efer s'allient facilement en fondant, et on ne peut pas les séparer Tun de l'autre par la coupellation , à l'aide du plomb. Pour les séparer il faut avoir recours aux acides , ou à la .fusion avec le borax et le nitre; ou bien il faut faire fondre l'alliage avec du sulfure de plomb , puis soumettre l'argent plombiiëre à la coupellation , comme je le dirai un peu plus loin.
Le manganèse et l'argent se combinent par la fusion, et peuvent être séparés l'un de l'autre par la coupellation.
L'aident et le cuivre 9*allient avec beaucoup de facilité; Talli^ge qui en résulte constitue l'argent travaillé ordinaire« On ajoute du cuivre à Targent, pour le rendre plu^ dur çt rooinç sujet k ^V^f^i sans (]ue pour cela sa malléabilité ^oit sensiblement difpiuuéçu L'addition dune grande quantité de cuivre rend largent rpu?. geâtre, et largent des orfèvres a communément uuf$ CQi|leUT moins blanche que l'argent pur.
Ia quantité d'argent qui se trouve d^lQS un alliage de cuivra et d'argent, constitue son titre. Ainsi, en France» la monnaie d'argent est au titre de y^, c'est-à-dire qu'ellfi confiant ^ur 1000 parties 900 parties d'argent. L'argent pur e3t donc repré*sente par j^. Le titre de l'argent monnayé diffère ordiusiireft ment de celui de l'argent travaillé, et dans chaque pays il ^V réglé par une loi. Celle-ci accorde une tolérance de j^ au**de$auil et au-dessous du titre fixé. Dans les pays du Nord (Suède, AUema* gne, etc.), l'évaluation du titre se fait au poids de marc, =¥6 lQlb$| ou 288 grains (environ 1 5 grammes) d'argent pur,=-}^, Afip d'é-: Titer que les orféirres ne trompent le public en introduisant trop d^ cuivre dans l'alliage, le gouvernement entretient un atelier de cpatrohy où chaque pièce d'argenterie est essîiyée. Quand on y trouve la quantité d'argent voulu par la loi, on munit la pièce d'uP tim*«' bre particulier: c'est alors de V argent contrôlé; si, au contraire, la pièce d'argenterie est au-dessous du titre légal , on la brise^ et on rend les morceaux à l'orfèvre. Pour contrôler de l'qrgcn^ on ratisse des morceaux très -petits de la partie inférieure uon polie de la pièce, on les pèse avec soin, et on les coupelle avec du plomb ; ce dernier passe avec le cuivre, sous fornie de tfCO^ ries, à travers la coupelle, tandis que l'argent, réuni en un grain 1 reste ; on le pèse. Cette opération, connue sous le nom de cçupelr lation, exige beaucoup de soin, surtout lorsqu'elle s'appliqua à djß très-petites quantités de matières. Elle est fondée 3ur ce que l'oxyde plombique forme, avec l'oxyde cuivrique, une ma$se fusible qui s'écoule du métal, et qui pénètre dans les pores de )a coupelle sur laquelle on calcine l'alliage.
La coupelle est faite avec des cendres de bouleau bien lessivées, ou avec des os calcinés , ou bien avec un mélange de ces deux substances. Pour la préparer, on prend une forme en laiton^ plu# profonde que la coupelle ne doit être épaisse ^ on la remplit de cendre un peu humectée, que l'on y tasse avec un pilon da-
488 ALL14GES d'aUGEICT.
cier, dont la surface inférieure est polie, et présente à peu près la même courbure qu*un verre de montre. On enfonce, le pilon au moyen de quelques coups de marteau très-forts; il importe Je mettre toute la cendre à la fois, car, autrement, la coupelle se partage en couches quand on la chauffe. On la sèche avec beaucoup de précaution, et on la fait rougir avant de s*en servir. Une partie, en poids, de la coupelle absorbe, pendant la coupellation, Toxyde formé par les deux parties de plomb , proportion d*après laquelle on peut se régler pour le choix de la grandeur de la coupelle. Quand on fond ensemble du plomb et du cuivre seulement , une partie du cuivre est réduite en scories par six parties de plomb ; mais quand le cuivre est allié à largent , il faut employer une bien plus grande quantité de plomb. La quantité de plomb nécessaire pour différentes proportions de cuivre et d argent, a été déterterminée; voici le résultat des expériences faites à cet égard : i partie de cuivre allié avec 3o parties d'argent exige ia8 de plomb; avec i5 d'argent, 96 de plomb; avec 7 d'argent, 64 de plomb; avec 4 d'argent, 56 de plomb; avec '6 d'argent, 4o de plomb; avec I d'argent , 3o de plomb; avec ^ d'argent, 20 de plomb; avec Yh d'argent, 17 de plomb. — On conçoit que le plomb dont on se sert pour cette opération, doit être entièrement exempt d'argent (plomb gueux) ; s'il en contient, il faut en déterminer la proportion avec beaucoup de soin, afin de pouvoir la réduire. Pour déterminer d'avance et approximativement le titre de l'argent, on se sert d' aiguilles à essayer et de la pierre de touche. Ces aiguilles consistent en alliages d'argent et de cuivre, dans diverses proportions bien connues. La pierre de touche est, comme je l'ai déjà dit à l'article Or^ ime espèce de trapp noir, que l'on a parfaitement poli; l'acide nitrique enlève les traces que les corps métalliques y laissent. On passe sur cette pierre l'argent que l'on veut essayer, de manière qu'il reste une petite trace métallique sur la pierre; à côté de cette trace, on en fait d'autres avec les aiguilles, dont le titre parait se rapprocher le plus de celui de Targent essayé, et on conclut le titre de ce dernier du titre de l'aiguille, qui, par la couleur de sa trace, comparée à la trace de l'argent, se rapproche le plus de celui-ci. L'argent est ensuite réduit en une feuille mince, par le martelage, avec un marteau poli sur une enclume polie, et l'on coupe cette feuille en petits morceaux carrés. On les pèse exactement, et on les enveloppe
ALLIAGES d'argent. 4^9
dans un peu de plomb mince, aplati au marteau, dont le poids est connu, afin qu'on puisse le déduire de celui du plomb, avec lequel largent doit être coupelle (i).
On procède à Topération dans des fourneaux particuliers^ dans lesquels est placé un moufle qui ressemble, pour la forme, à un four à cuire (2). On fait du feu tout autour de ce moufle , dans lequel on place les coupelles. Aussitôt que la moitié du fond du moufle est au rouge blanc, il est assez chaud pour la coupellation. On y place In coupelle vide, et on la pousse de plus en plus vers le fond du moufle^ jusqu'à ce quelle commence à rougir. On y pose alors le plomb pesé , et , pour qu'il s'oxyde rapidement, on met un charbon ardent à l'ouverture du moufle. Quand la surface du plomb est entrée en mouvement, on y place l'argent enveloppé dans du plomb, et on le met de préférence sur le bord intérieur de la coupelle, en ayant soin d'éviter que la surface lisse de celle-ci ne soit endommagée par le frottement. On diminue alors la chaleur, en remettant plus de charbon à l'ouverture du moufle , afin que le mouvement du plomb soit uniforme sur tous les points; à ce moment, une légère fumée s'élève du plomb vers la voi^te du moufle« On maintient le plomb dans un mouvement uniforme, qui ne doit pas être plus fort que celui dont nous venons de parler; mais, d'un autre côté, il faut prendre garde que la température ne s'abaisse pas assez pour que le plomb vitrifié cesse de couler. La masse métallique devient de moins en moins fusible , à mesure que la quantité de plomb brûlé augmente. Quand le bouton commence à s'arrondir, et que sa surface présente les couleurs de l'arc-^n-ciel, on met un charbon à l'ouverture du moufle, jusqu'à ce que l'argent ait produit l'éclair, c'est-à-dire jusqu'à ce que , tout
(i) Au lieu de ces aiguilles à essayer, OErsted emploie des plaques de mêmes alliages ; il cherche à établir, entre ces plaques et l'argent que Ton veut essayer, un courant électiique , qu*il fait passer à travers un multiplicateur électromagnétiqfie très-sensible , en observant si raigoille dévie vers Test ou vers Touest. On découvre de cette manière si Targent soumis àTessai est plus ou moins pur que la plaque. On choisit alors uue autre plaque, qui se rapproche davantage de Targent d'essai; on observe quelle action elle produit , et on parvient ainsi en peu d'instants à trouver celle qui se rapproche le plus de l'argent qu'on essaye. On peut même , en se servant successivement d'acides , d'alcalis caustiques ou de sels» comme cooducteurs liquides, découvrir si l'argent est allié avec d'autres métaux encore que le cuivre.
(a) rojez cet article dans k dernière partie.
49^ AliMAGES d'argent.
r^rgent étant brûlé , la surface de l'argent reste miroitante. Après la fulguration, on tient encore largent quelques minutes dans le moufle, afin que tout le plomb vitrifié soit absorbé par la coupelle ; puis on le refroidit peu à peu , çn avançant la coupelle graduellement vers Touverture du moufle. Aussitôt que largent est solidifié, on le détache, tout chaud quil est encore, du verre de plomb qui se trouve au fond de la coupelle. Plus le bouton est gros, plus il faut de précaution pour le refroidir, afin qu'il ne roche pas, ce qui pourrait causer la perte dune petite quantité d'ar* gent. On brosse le bouton refroidi pour le débarrasser de l'oxyde plombique adhérent, et on le pèse. La perte qu'il a éprouvée peii« dant la coupellation indique combien l'argent contenait de cuivre ou d'autres métaux combustibles. Les orfèvres exécutent ce procédé en grand , pour purifier de l'argent qui contient beaucoup de cuivre,. et ils se servent alors d'un test semblable à celui dont on fait usage dans les usines , quand on refond l'argent pour la dernière fois.
Dans ces derniers temps, on a trouvé que la méthode d'essayer les matières d'or et d'argent, que je viens d'exposer, n'offre pas assez de garantie pour les transactions commerciales. En effet, les résultats des essais opérés sur le même alliage peuvent varier , dans cette méthode , en raison de circonstances très-insignifiantes, qu'on ne peut ni éviter ni soumettre au calcul; la différence est peut-être d'un demi pour cent, malgré l'exactitude de l'essayeur, et elle s'élève jusqu'à ^^ô, et même jusqu'à -j^, pour peu que l'essai se fasse avec négligence. Cette incertitude a lieu surtout pour l'argent qui contient 5o à go pour cent de fin. Lorsque l'argent est plus pur, ou lorsqu'il contient une plus grande quantité d'alliage, la coupellation donne des résultats assez exacts. Mais c'est préci* sèment l'argent du titre précité qu'on soumet le plus souvent au contrôle. Yoilà pourquoi Gay-Lussac a introduit une médiode d'essai par la voie humide , qui est déjà généralement employée en France, et qui ne tardera probablement pas à l'être dans d autres pays. Cette méthode consiste à dissoudre un poids déterminé de l'alliage dans l'acide nitrique pur, et à déterminer la quantité d'une dissolution titrée de sel marin qu'il faut pour précipiter complètement l'argent. L'argent se précipite à l'état de chlorure insoluble dans leau et dans les acides étendus. La proportion d'ai^ gent n'est pas déterminée d'après le poids du chlorure argen-
ALLIAGES d'aRGUTT. 49'
tique y mti« d'après le poids pu plutôt d'après U YcJume de la dissolution saline employée. On reconnaît que Taisent a été précipité intégralement 9 à ce que Taddition d'une ou de quelques gouttes de dissolution saline à la liqueur précipitée , n'occasionna plus de précipitation. Un précipité dont le contenu en argent est tout au plus d'un milligramme suffit déjà pour produire un trouble laiteux très-distinct dans une liqueur qui pèse loo grammes; et si celle-ci s'est entièrement clarifiée, on peut encore observer très-bien le trouble dû à un quart de milligramme. On agite fortement la liqueur précipitée pendant une mmute oi^ deux tout au plus ; après quoi elle se clarifie en peu d'instants à uu point tel, qu'on peut y rendre sensible un précipité d'un demi<* milligramme d'argent. La présence du cuivre, du plomb ou d'autrès métaux, ne change en aucune façon la quantité de sel marin nécessaire pour précipiter un poids donné d'argent. Si l'on opère sur un gramme d'alliage, la dissolution saline doit être telle , que, pour précipiter un gramme d'argent, il en faille précisément loo grammes ou loo centimètres cubes, si on détermine la dissolution saline enaployée d'après son volume, ce qui est toujours plus commode. Cette quantité de dissolution se mesure dans un tube de verre divisé en looo parties égales, de manière que chaque division du tube corresponde à la millième partie de la dissolution saline. On est ainsi dispensé de calculer le contenu en argent^ puisque le nombre de millièmes de la dissolution qu il faut pour opérer la précipitation indique un nombre égal de millièmes d'argent pur dans l'alliage d'essai. Afin qu'on ne soit pas obligé de purifier le sel marin avant de s'en servir pour ces essais , ce qui occasionnerait des frais assez considérables lorsque le contrôle de l'argent se fait sans interruption , Gay-Lussac dissout le sel marin ordinaire du commerce dans une quantité d'eau qui n'a pas besoin d'être déterminée exactement , et il détermine avec le plus grand soin la quantité de cette dissolution requise pour précipiter I gramme d'argent pur. Connaissant cette quantité en poids ou en volume, on étend la dissolution avec assez d'eau pour que loo grammes ou loo centimètres cubes du mélange, suivant qu'on opère d'après le poids ou d'après le volume , précipitent exactement un gramme d'argent pur. Supposons qu'il ait fallu 28 grammes ou centimètres cubes pour la précipitation , on mêlera la dissolution avec H de. son poids ou de son volume d eau distillée*
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Cette nouvelle dissolution s'appelle Uqueur normale. On Vétend de g fois son poids ou son volume d*eau, et on lui donne alors le nom de liqueur décime. Le titre de Talliage à explorer étant ordinairement connu dune manière approximative avant l'essai, on précipite d'abord la majeure partie de Targent par la liqueur normale , et on achève la précipitation à l'aide de la liqueur décime, dont quelques gouttes versées de trop dans la liqueur n'ont pas d'intluence essentielle sur le résultat. On ajoute ensuite les millièmes qu'on a employés des deux liqueurs, en observant que lo millièmes de la liqueur décime en font un de la liqueur normale. Lorsqu'on évalue la quantité des liqueurs en volume , la température exerce sur les résultats une influence qu'on ne doit pas négliger, mais dont il est facile de tenir compte en déterminant, une fois pour toutes , la dilatation des deux liqueurs pour chaque variation de température. A cet effet, Gay^LMssac a calculé et publié des tables qui indiquent les changements de volume au-dessus et au-dessous delà température de + i5 degrés, prise pour température normale. Le même chimiste a également imaginé des vaisseaux particuliers et très-commodes pour mesurer les volumes qu'on doit prendre dans ces essais. Cette méthode permet d'atteindre à une plus grande exactitude que la coupellation. On épargne aussi du temps lorsqu'on fait plusieurs essais à la fois. En revanche, les essais par la voie humide ne peuvent être opérés sur des échantillons aussi petits que par la voie sèche, et conviennent par conséquent mieux pour l'analyse de grands lin« gots et des monnaies d'argent. Du reste, l'exactitude des résultats fournis par cette méthode dépend non-seulement de la dextérité et de l'habitude de l'essayeur, mais encore de l'observation rigoureuse du moment où la précipitation est achevée.
Il existe encore plusieurs autres méthodes pour purifier l'argent en séparant le cuivre.
i^ La liquation. Cette méthode est employée en grand; elle consiste à fondre du cuivre argentifère avec deux parties et demie de plomb, et à couler la masse fondue en gâteaux épais et ronds. On introduit ces gâteaux dans un fourneau particulier, où la chaleur est suffisante pour fondre l'alliage d'argent'et de plomb, mais non pour fondre le cuivre. Le plomb et l'argent s'écoulent alors, . et le cuivre, contenant un peu de plomb, reste sans être fondu. On purifie ensuite l'argent par la coupellation.
MERGORC. 4g^
2^ On dissout 1 argent cuprifère dans Tacide liitriqtie y et on précipite la dissolution à laide du cuivre. Cette méthode est trèsgénéralement pratiquée en grand; mais alors on substitue Tacide sulfurique pour dissoudre l'argent. Cette dissolution se fait ordinairement dans de grands vaisseaux de platine. Le cuivre, précipité de la dissolution du sulfate argentique cuprifère au moyen de lames du cuivré, se présente sous forme d'une poudre métallique grise, qu'on lave bien, et que Ion fond dans un creuset, après lavoir triturée avec un mélange de nkre et de borax. Le nitre brftle le cuivre, qui a été entraîné par l'argent pendant la précipitation, et le régule reste pur. Cette méthode a deux avantages : d'abord, la dissolution de sulfate cuivrique, évaporée jusqu'au point de cristalliser, donne, comme produit secondaire, une quantité de vitriol de cuivre (sulfate cuivrique), qui compense une grande partie des frais de l'opération; ensuite, on gagne encore une légère proportion d'or contenu dans l'argent, et qui est de xéôô ^ îieô' Peiidant que le cuivre et l'argent se dissolvent, l'or reste.
3° On dissout l'alliage dans l'acide nitrique , et on précipite la dissolution par le sel marin. Ce procédé a déjà été indiqué.
4^ On dissout l'alliage dans l'acide nitrique^ et on précipite foxyde cuivrique par un carbonate alcalin ; mais il est difBcile d'arriver exactement au point où la dissolution ne renferme plus de cuivre,' sans que le précipité contienne de l'argent. A la vérité, tous deux sS précipitent ensemble ; mais quand ils ont été pendant quelque temps en digestion dans la liqueur, le carbonate argentique précipite l'oxyde cuivrique dissous.
Pour rendre la surface de la monnaie ou des ustensiles d'argent plus blanche qu'elle ne l'est, en raison du cuivre qu'elle contient, on a recours à une opération particulière; elle consiste à les faire bouillir avec une dissolution de tartre et de sel marin, ou avec de l'acide sulfurique étendu, qui üissout le cuivre, et laisse l'argent pur à la superficie de la pièce. En petit, on obtient le même résultat par le lavage avec l'ammoniaque caustique.
Les usages de l'argent métallique sont connus. Le nitrate argentique est employé en médecine.
8. Mercure ( hydrargyrum ), Le mercure est connu de toute antiquité. Il ne se rencontre